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| Volume 12, numéro 4 / mars-avril 2009 |
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En 2009 on repart à 9
Chaque petit geste compte
À la Soupe !
Guérir sa vie
Quelle famille !
Lettre à Jean
Une salle de classe exceptionnelle |
La Biodanza... vous connaissez ?
L’arbre de vie
Créer en famille, créer sa famille,
en toute simplicité.
La famille : tremplin ou étouffoir ?
Tout se met en place
Une robe de soi |
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Édito Les visages multiples de la famille Par Manon Duguay
Osez Vivre dans la Loi du Temps !
Le vocabulaire qui
Les nouveaux enfants et l’école
Le cadeau de ma mère |
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ÉDITO Les visages multiples de la famille
Quelle est la signification « d'oser être soi au quotidien » ? Pour moi, la famille se résume à des sœurs et un frère. Dans ma famille, bien que nous nous aimions, les interactions sont plutôt rares. Quelques rencontres par année, quelques appels ici et là. C'est tout. L'histoire de ma famille dysfonctionnelle remplirait un livre et comblerait les besoins d'un psychothérapeute pour des années à venir. Il y a trop de mémoires que nous choisissons d'ignorer et dont nous ne voulons pas parler. Les ancêtres y ont pris trop de place et leur mémoire ne nous tient pas à cœur. Il y a de ces histoires qui prennent toute une vie à transformer en histoires heureuses. Entre mes sœurs, mon frère et moi, il y a un pacte que nous ne suivrons pas le chemin tracé par les générations précédentes. En ce sens, nous avons brisé la chaîne et nous ne reproduirons pas le passé. Je suis fière de ce que nous avons accompli, de nos choix. Divorcée et sans enfants par choix, mes préoccupations sont loin de la famille. Ma quête personnelle, dans les mots de Guy Corneau, est d'être le meilleur de moi-même, d'oser être moi. Ma vraie famille est celle de l'être intérieur en quête de sa Source. On ne vit pas en vase clos Selon nos expériences personnelles la famille a plus, ou moins, d'importance. Prend plus, ou moins, de place dans nos vies. Pour plusieurs d'entre vous, jugeant selon les articles reçus, la famille est très importante et vos expériences personnelles très diversifiées. Certains ont osé une franchise pas toujours bien reçue au pays du non-dit et des tabous. Le texte d'Anabelle Laflamme, De Terre en fille, dans les témoignages sur notre site web exprime ouvertement et avec authenticité une situation personnelle très dure qu'elle a su comprendre et transformer au cours des années. À ma première lecture, je me suis dit que nous ne pouvions publier cet article. C'était trop dur ! Mais la croissance personnelle et la recherche d'une vraie spiritualité ne passe-t-elle pas d'abord par le courage de reconnaître nos démons et d'y faire face avec authenticité ? D'autres, comme Daniel Lacombe avec son texte Lettre à Jean, publié dans la revue, parlent d'amour. Nous préférons ces textes, doux, chaleureux et rassurants qui nous touchent par leur humanité et leur beauté. Nous naissons tous avec un bagage et des expériences à vivre pour nous ramener à la Source. La loi de l'attraction fait bien les choses pour nous attirer les situations qui nous permettront de grandir vers la sérénité dans l'authenticité. La vie a une manière unique de nous faire dépasser les tabous et les non-dits qui peuvent empoisonner nos relations… si nous choisissons d'être soi et acceptons le défi de grandir vers la joie. Manon Duguay, Rédactrice |
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Osez Vivre dans la Loi du Temps ! De tout les temps, nous sommes en temps, disait la Chamane à une dame nommée Simonne, venue la consulter. Vous venez de me raconter les tourments de votre vie de couple et j'observe que vous énoncez le temps passé comme si vous aviez oublié d'avancer dans le temps. Vous semblez si enchaînée à ces jours de bonheur perdus selon vous sans jamais exprimer les joies de votre vie actuelle avec votre conjoint. La Médecine que je vous propose demande de comprendre et d'appliquer la Loi du Temps. Loi veut dire : Ordre et Harmonie. Si vous contemplez le cosmos c'est exactement ce que vous observez. Les astres avancent dans l'Espace-Temps sans jamais reculer d'un iota. Le contraire manifesterait un chaos ce qui provoquerait une rupture des cycles d'évolution. Tous les astres suivent la direction, le mouvement de l'instant présent. Ce sont nos grands maîtres, ceux qui nous enseignent la Loi du Temps. Le Temps est en réalité une grande pensée créatrice dans laquelle nous évoluons en avançant dans l'Espace-Temps. Si l'Homme déroge à ce mouvement, il crée inévitablement le chaos dans sa vie. Lorsque vous reculez dans le temps pour revivre des instants passés, vous venez de quitter l'instant présent. Cela provoque des émotions illusoires de tristesse, de colère, de regret, de remords, de culpabilité, d'incertitude, etc. En parlant de votre conjoint vous dites ceci : avant, il était si gentil, avant, il faisait attention à moi, avant, il était plus joyeux, plus amoureux, plus agréable. Cela démontre que vous vivez dans l'espoir que le passé revienne. Donc, vous ne pouvez aucunement vivre à deux endroits à la fois, c'est-à-dire dans le passé et le présent au même moment. Vous avez choisi de vivre dans le passé en projetant celui-ci dans votre futur. « Il redeviendra comme avant ». C'est ce que vous pensez. Chère Dame, vous dérogez à la Loi du Temps et le mauvais esprit qui vous ronge n'est autre que vous-même car vous êtes perdue dans l'Espace-Temps. L'Homme est la seule espèce animale disposée à défier la Loi Cosmique. Lorsque la Connaissance attire son attention, il acquiert enfin la sagesse de suivre le mouvement de la vie. Il ose vivre au lieu de survivre dans la mort du passé ! Osez vivre votre instant présent pleinement et vous trouverez la paix et la joie. Pour cela vous devez vous souvenir de la Loi de l'Espace et du Temps qui demande d'appliquer ceci : « Laissez chaque chose, chaque évènement, chaque pensée là où ils furent créés, séparés les uns des autres dans le Temps et avancez dans l'Espace-Temps ». Cela vous demandera de porter une attention particulière à vos formes pensées car ce sont celles-ci qui sont la cause première de cette dérogation à la Loi du Temps. À l'instant où vous observez que vos pensées se projettent en arrière de vous, dans votre passé, arrêtez immédiatement en vous disant ceci : « Avance, avance dans le Temps Simonne ». Vous remarquerez que toute forme de nostalgie, de ressentiment, de colère et les fantômes de la peur disparaîtront à l'instant même. Votre esprit se tournera vers la Lumière instantanément. Osez faire l'effort de maintenir votre attention au présent. Je viens de vous transmettre la Médecine des Ancêtres. Dans les Nations amérindiennes et aborigènes notre mode d'éducation est basé davantage sur l'observation plus que les mots. Durant des années, ma grand-mère m'apprit à observer la nature. Lorsque je lui posais une question, en guise de réponse elle m'invitait à observer ce qui attirait mon attention. Par exemple, elle me disait souvent : « regarde en toi, observe d'où vient ta colère, ton mécontentement, ta tristesse ou ta peur ». Chaque fois, que j'osais suivre sa sagesse, je me rendais bien compte que je nourrissais le mauvais esprit dans mes pensées. Elle me regardait avec ce sourire radieux et me disait tendrement : « Tu as encore perdu le Nord ». Cette expression peut vous paraître anodine mais en réalité elle enseigne le détachement. La Porte du Nord dans la Roue de Médecine est pour nous l'enseignement de croissance spirituelle le plus puissant. Cette Direction ou Porte représente la mort, le détachement et la sagesse. En se détachant consciemment des pensées rattachées au passé, nous pouvons ainsi avancer vers la Porte de l'Est qui est le renouveau, la naissance d'un nouveau cycle, la création d'une vie nouvelle, etc. Revenons maintenant à vos soucis, ceux que vous craignez le plus, c'est-à-dire la dissolution de votre couple. Je crois que vous pouvez faire un grand pas en avant si vous osez regarder, observer vos formes pensées. Remarquez que le pouvoir d'observation provient de votre esprit. Car si vous pouvez observer vos pensées, qui observe ? Nous sommes l'ESPRIT (Spirit) habitant un corps animal. Pourtant nous perdons souvent le Nord et croyons que nous sommes les pensées qui circulent dans notre cerveau. Finalement, la situation conflictuelle qui sévit dans votre couple reflète vos propres rivalités intérieures. Commencez par remettre de l'Ordre et de l'Harmonie en vous sans rien demander à votre conjoint. En appliquant la Loi du Temps, vous serez présente lorsqu'il vous sourira. Vous remarquerez les petites attentions qu'il a à votre égard et certainement que vous verrez encore plus ses qualités et deviendrez indifférente à ses défauts. Ma grand-mère me répétait sans cesse de rechercher la beauté, de l'observer en tout temps et elle ajoutait : « Le mauvais esprit mourra de ton indifférence ». Oser être vous-même au lieu d'être les « pensées du passé ». Vous constaterez alors que le véritable amour existe seulement à l'instant présent. Que la Joie est le reflet parfait de l'instant présent. Osez être joyeuse, c'est tellement plus vivant que le passé. Osez vivre Simonne, osez demeurer dans la bonne direction, celle qui est Ici & Maintenant et vous découvrirez que vous n'êtes pas ce que vous pensez être… Puisse le Grand Esprit illuminer vos pensées de Joie !
Chamane Luma |
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Le vocabulaire qui transforme la vie La Loi de l'Attraction répond à toute vibration que vous émettez, qu'elle soit positive ou négative, en la renforçant. Sa réponse sera de vous donner davantage encore de ce qui vous fait vibrer. - Michael. J. Losier (2007). La Loi de l'attraction. Auxerre : Éd. des 3 Monts.
Les mots que nous employons
Que voulez-vous vraiment ? « Je vais essayer de le faire. Je vais cesser de me dévaloriser. Je ne sais pas si je vais y arriver ! Je ne suis pas très doué. Je dois le faire. Je n'y arriverai pas à temps. Je suis idiot et ridicule de penser ainsi. C'est trop beau pour moi. Je manque d'expérience pour bien le faire. Ma vie est toujours difficile. Je ne veux plus vivre avec une personne qui me contrôle tout le temps. » Les mots que nous associons aux événements colorent l'événement et deviennent l'événement. -A. Robbins (2006). Progresser à pas de géant. Brossard : Éd. Un monde différent. • Ne. Pas. Ne… pas. Penser et parler de ce que l'on ne veut pas, nous l'attire presque immanquablement parce que nous fixons notre attention sur le contraire de ce que nous voulons et imprimons alors ce contraire dans notre esprit (notre inconscient). Celui-ci ne comprend d'ailleurs pas les tournures de phrases négatives et exécute tout simplement les ordres qui lui sont ainsi donnés en omettant les « ne, ne pas », etc. Chaque fois que vous vous surprenez à employer ces mots négatifs, Michael Losier suggère de vous poser cette question : qu'est ce que je veux vraiment ? puis de reformuler votre objectif, votre pensée ou votre phrase. Par exemple, si vous affirmez que vous ne voulez plus vivre avec une personne qui contrôle tout ce que vous faites, vous risquez de retomber exactement dans le « même panneau ». Dites plutôt que vous souhaitez une personne qui vous laisse libre de choisir ce qui est bon pour vous ou qui tient compte de votre avis pour prendre des décisions. Vous verrez, c'est magique ! • Trop. Vous ne vous attendez pas à recevoir ce que vous souhaitez ou méritez, mais moins, voire pas du tout. Quand vous élaborez votre objectif et y pensez, terminez toujours vos phrases par « Je m'attends à recevoir cela, ou MIEUX encore ». Là aussi, c'est magique ! • Jamais. Toujours. Tout le temps. Vraiment ? Vous croyez vraiment que c'est ainsi que cela se passe habituellement ? Il n'y a pas d'exception ? Si cela ne se passe jamais, comment croyez-vous que cela puisse se produire dans votre cas, même si vous le souhaitez de toutes vos forces ? • Essayer. Probablement. Vous n'entrevoyez pas la possibilité de réussir, mais d'échouer. Vous ne croyez pas vraiment en vous et en votre potentiel. Comment voulez-vous alors trouver la motivation et l'énergie nécessaires pour réussir ? Dites plutôt : JE VEUX. Je suis en train de… • Je vais. Je dois. Voulez-vous vraiment le faire ou vous sentez-vous plutôt obligé de le faire ? Quelle contrainte vous créez-vous en parlant ainsi ? Que se passerait-il si vous ne le faisiez pas ? Quelles en seraient les conséquences ? • Idiot. Ridicule. Pas doué. Que pensez-vous que les autres vont retenir de vous, même si vous ne croyez pas vraiment que vous êtes idiot, ridicule ou peu doué ? Et vous ? Que pensez-vous vraiment de vous quand vous dites ou pensez cela ? Quelle confiance en vos capacités de réussir manifestez-vous ainsi ? Changer les mots et y croire… En modifiant notre vocabulaire, nous modifions par la même occasion notre façon de penser et d'aborder chaque situation, ainsi que nos sentiments et le regard que notre entourage porte sur nous. Toutefois, faire des affirmations positives tout en n'y croyant pas vraiment (toujours ce petit discours intérieur !) ne donne pas de fameux résultats, bien au contraire. Demandez-vous quelle peur de réussir vous pousse à penser ainsi. Alors ? Quels mots allez-vous bannir de votre vocabulaire et quels nouveaux mots allez-vous adopter dès aujourd'hui ? Quels sont les mots les plus souvent employés par les personnes à qui la vie semble sourire ? Pourriez-vous vous inspirer d'elles ? Pour finir… Savez-vous pourquoi un automobiliste dont la voiture dérape sur une route déserte où il n'y qu'un seul arbre, finit généralement sa course sur cet arbre ? C'est simple ! Il a fixé son attention sur l'arbre (l'obstacle) et non sur l'objectif qu'il cherche à atteindre : la bonne direction. Comment pouvez-vous mettre cela en pratique dans votre propre vie ? Au fait ! Vous ai-je dit combien de fois par semaine, je me surprends à utiliser des Ne. Ne pas. Toujours, etc. ?
Marie-Paule Dessaint |
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Les nouveaux enfants et l’école Les enfants sont maintenant différents. Je les nomme les nouveaux humains. Ils sont intuitifs. Ils appréhendent le monde différemment. Ils ont besoin de beaucoup d'amour. Ils veulent être respectés et connaître le pourquoi de nos demandes et exigences. Ils sont très sensibles, ils ressentent les émotions des personnes qui les entourent. Les plus âgés ont une vision de ce que devrait être notre monde, si différent de ce qu'ils observent autour d'eux qu'ils sont souvent incapables de s'adapter à l'école d'abord et au monde du travail ensuite. Ils ont besoin d'être traités en êtres humains évolués. Notre monde est en grande mutation. Comment peut-on le mieux aider nos enfants à vivre les grands bouleversements que nous observons déjà ? Je vous convie à une petite réflexion bien humaine sur l'éducation de nos enfants. L'enfant naît, on le traite comme un roi. Qu'il est beau ce bébé ! Notre bébé est toujours le plus beau n'est-ce pas ? Et c'est très bien comme ça. C'est l'amour inconditionnel des parents et de la famille immédiate qui se manifeste. Puis nous le couvrons beaucoup de soins. Nous le protégeons pour qu'il ne se blesse pas. Nous le nourrissons avec ce qu'il y a de mieux pour lui. Il nous fait souvent passer des nuits blanches, il pleure, c'est sa façon de communiquer. Malgré la fatigue, les parents ne le contraignent pas. Puis il commence à être autonome. Il sourit, il bouge, il rampe, il se tourne et voilà qu'il commence à se lever et un jour à marcher. Il fait des sons et à un moment les mots viennent. Quelle merveille ! Pendant tout ce temps, nous l'observons et nous respectons son rythme d'apprentissage. Nous ne le forçons jamais à faire avant le temps les prouesses que nous souhaiterions qu'il fasse. Il a rampé quand il a été prêt et il a marché de la même façon. Nous l'avons soutenu et motivé. Nous l'avons placé en situation d'apprentissage. Nous l'avons aimé dans ses essais et dans ses incapacités momentanées. Nous avons été témoins de ses hésitations aussi bien que de ses prouesses. Nous le respectons. Nous l'éduquons en accord avec sa personnalité. Jusqu'ici, il n'y a pas de norme, d'obligation d'apprendre, ni de programme obligatoire à suivre. Il a pourtant, par le jeu, appréhendé les fondements de la vie humaine. Puis c'est l'entrée à l'école. Pour les grands, il doit être contraint à apprendre. Son rythme d'apprentissage, ses capacités et ses goûts n'ont plus d'importance. Les grands ont décidé, de la hauteur de leur science, que l'enfant devait se conduire comme un adulte. Il doit passer des heures sur une chaise dans une classe avec de nombreux autres jeunes de son âge. Il doit apprendre ce qu'on a décidé qu'il devait apprendre. On n'a pas demandé au jeune ce qu'il en pensait ni comment il se sentait dans cette situation. Il doit se plier aux normes et s'il en est incapable, il est vite pris à part et on trouve un remède à cette « anormalité », c'est alors la médication et les services spéciaux. Le but, le faire entrer dans la « norme ». Que se passe-t-il dans nos têtes d'adultes pour accepter que notre enfant devienne ainsi l'objet d'un système qui, au lieu de l'aider à développer ses dons, ses habiletés, sa personnalité, ses goûts et ses aptitudes, le place en observation constante et en étude de sa performance en regard de normes arbitraires. Nous sommes très sévères pour nos jeunes. Nous prétendons qu'ils sont paresseux, qu'ils sont des enfants roi à qui on a tout donné et qui ne savent pas qu'il faut se sacrifier, faire des efforts et travailler pour réussir dans la vie. On fait de l'instruction. L'éducation, la partie humaine, a été laissée de côté. On accepte que nos enfants entrent, dès l'âge de 6 ans, dans la grosse machine du système économique. Notre enfant doit se préparer à la vie, il doit avoir un diplôme qui va lui permettre de trouver un emploi bien rémunéré. Quand on regarde autour de nous, on voit de plus en plus de personnes, les grands eux-mêmes, qui sont mal en point. Les désarrois de toute nature nous sautent aux yeux. Les gens sont malades physiquement, psychologiquement et émotionnellement. Ils font des fautes en écrivant et en parlant. Ces personnes sont pourtant passées par ce système scolaire qu'on a jugé si performant qu'on cherche encore à le reproduire. On doit bien se rendre compte que ça n'a pas fonctionné. J'ai moi aussi fait partie de ce système. J'ai enseigné et dirigé des écoles à l'élémentaire. J'ai été directeur général de commissions scolaires dans la région de Québec. J'ai beaucoup de respect pour toutes les personnes qui travaillent dans le système scolaire et pour les parents qui ont choisi d'élever des enfants à cette époque de l'évolution humaine. Je veux ici provoquer la réflexion et pourquoi pas l'action. N'est-il pas le temps d'humaniser nos valeurs éducatives ? Nous sommes conviés à faire le premier pas vers l'humanisation de notre société. C'est un des grands défis que les nouveaux humains viennent nous demander de relever.
Jacques Samson |
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Le cadeau de ma mère Le travail que l'on fait sur soi, pour essayer de comprendre ce que l'on vit et guérir nos blessures intérieures, finit toujours par porter ses fruits. J'en reçus la preuve au moment du décès de ma mère. Au cours des deux derniers mois de sa vie, j'ai vécu auprès d'elle des moments d'une infinie douceur qui effacèrent les quarante années de conflits que nous avions vécues. Très jeune, je voyais ma mère comme une personne austère et contrôlante, qui exigeait que je lui obéisse et qui ne m'écoutait jamais. Je ne me souviens pas qu'elle m'ait serré dans ses bras ou qu'elle m'ait dit qu'elle m'aimait. Ce manque de communication me poussa à être incapable de lui parler de mes sentiments réels, j'étais en conflit permanent avec elle. À vingt-sept ans, mon corps se rebella à son tour, face à toutes ces émotions refoulées. J'entrepris alors une recherche personnelle pour comprendre l'origine de cette maladie. Pendant des années, mon cheminement évolutif se poursuivit à l'intérieur de plusieurs formations et consultations, dont la psychothérapie et la métamédecine. Je découvrais des pistes intéressantes pouvant expliquer mon conflit face à ma mère, pistes qui remontaient à l'événement le plus traumatisant de ma vie : ma naissance. Mais lorsque je questionnais maman, je n'obtenais jamais de réponses corroborant mes découvertes. Ma mère me consultait de temps à autre, en tant que chiropraticien. Comme elle ne se sentait pas bien depuis plusieurs mois, mon père me demanda de la voir à mon bureau. En posant mes mains sur elle, je perçus immédiatement que son corps était très mal en point et lui conseillai de se rendre de toute urgence à l'hôpital pour des examens. On lui fit une chirurgie abdominale exploratrice le jour même pour découvrir qu'il était trop tard pour intervenir. Le cancer avait rongé ses intestins et s'était propagé aux autres organes. Elle refusa la chimiothérapie et choisi de mourir à la maison, entourée des siens. Nous étions en état de choc, mon père, mon frère, mes sœurs. Voyant à quel point la famille était ébranlée, je proposai de nous réunir et de partager nos sentiments, afin de nous épauler mutuellement à travers cette épreuve. Tout en nous relayant au chevet de maman, nous avons donc pris le temps de nous asseoir régulièrement ensemble pour échanger sur ce que nous vivions individuellement. Petit à petit, en parlant ouvertement de la mort, nous sommes arrivés à l'apprivoiser, à libérer nos émotions douloureuses et à diminuer notre sentiment de perte. Ces échanges contribuèrent aussi à resserrer les liens entre nous, à créer un véritable clan familial. Pour ma part, ces deux mois passés au chevet de maman m'ont permis d'amorcer, pour la première fois de ma vie, un dialogue très intime avec elle. Elle me révéla enfin la vérité au sujet de ma naissance. Elle me raconta que je m'étais présenté plus vite que prévu et que le médecin n'était pas encore à l'hôpital. Voyant cela, les infirmières paniquèrent et lui refermèrent les jambes en lui demandant de me retenir jusqu'à ce que le médecin soit sur place. Maman m'a donc retenu la tête coincée dans son vagin pendant une vingtaine de minutes, avant de sombrer dans l'inconscience à l'arrivée du médecin. Mon cerveau de nouveau-né a interprété ces événements à sa façon : maman me retient parce qu'elle a honte de moi. J'ai donc eu une peur viscérale. Maman me confirma ce jour-là que je ne m'étais pas trompé. Cela me rassura en me prouvant que j'avais suivi le bon chemin et que toutes ces années de recherche intérieure et de thérapies diverses n'avaient pas été inutiles. La veille de sa mort, j'étais au chevet de maman. Elle reposait sur le côté, me tournant le dos, tandis que j'étais assis près de son lit. Le moment me semblait propice pour lui ouvrir mon cœur, et boucler la boucle avec elle avant qu'il soit trop tard. Je lui dressai le bilan de notre vie passée ensemble, prenant le temps de lui expliquer tout ce qu'elle m'avait offert. Je lui mentionnai les parties d'elle que j'avais aimées et celles que j'avais détestées sur le moment, mais que je percevais différemment aujourd'hui. Par exemple, en jouant le rôle d'une mère contrôlante, elle m'avait incité à devenir autonome. Son manque de tendresse à mon égard m'avait forcé à aller vers les autres. Son attitude rigide et ses non-dits m'avaient stimulé à développer la communication avec les gens, et ainsi de suite. Je lui étais infiniment reconnaissant, car je réalisais que sans elle, je ne serais pas devenu l'homme que je suis aujourd'hui. Je partageais mes sentiments avec elle, sans aucune attente, mais elle m'offrit en retour un cadeau inestimable. Dans un ultime effort, elle tourna la tête vers moi et prononça pour la première fois, ces mots merveilleux que je croyais ne jamais entendre de sa bouche : « Yves, je t'aime ! » Pleurant de gratitude, je la pris alors dans mes bras et la remerciai sincèrement. Je la bordai tendrement ce soir-là et le lendemain matin, je sus en la voyant, qu'elle ne passerait pas la journée. J'en avisai mon père. Constatant qu'elle respirait difficilement, je la pris dans mes bras et lui soufflai doucement à l'oreille : « Maman il est temps de partir. » Elle cessa de respirer à l'instant même. Tout était désormais accompli entre elle et moi. Malgré mon chagrin, je me sentais paisible intérieurement. Je ressentais une immense gratitude face à ma mère qui m'avait offert le privilège de mourir dans mes bras. Je la gardai tout contre moi un moment, la remerciant encore une fois pour tout ce qu'elle m'avait apporté dans cette vie, puis je cédai la place à mon père afin qu'il puisse lui faire ses adieux à son tour. Les derniers instants de ma mère ainsi que son décès furent la partie la plus apaisante de ma relation avec elle. Quarante années d'incompréhension firent place à une ouverture du cœur incroyable. Cela a permis de rééquilibrer le mouvement naturel mère-enfant, faussé dès le départ par une perception basée sur la survie. Cette expérience fut très enrichissante dans ma vie. Je suis conscient que ce moment de grâce, vécu avec ma mère dans les derniers instants de sa vie, n'est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe du travail intérieur que j'ai effectué pendant des années.
Yves Sévigny |
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En 2009 on repart à 9 - 9 objectifs alimentaires pour toute la famille À titre de porte-parole d'Expo Manger Santé et vivre vert 2009, j'aimerais vous proposer quelques concepts alimentaires importants pour tous les membres de votre famille. Et dans ces temps de crise économique, les seuls placements vraiment rentables sont les RÉÉS : Régime Équilibré d'Épargne Santé.
1. Soyons éco-responsables
2. Les légumineuses
3. Penser boissons de soya
4. Recoloniser sa flore intestinale
5. Apprivoiser les herbes et épices Des méthodes scientifiques ont mis au point un indice (appelé ORAC) mesurant le pouvoir antioxydant des aliments. Comparez vous-même :
clou de girofle 5g 15772 Alors dorénavant n'oubliez pas d'ajouter des herbes et épices à vos recettes de vinaigrettes, desserts, smooties, ragoûts, soupes, sautés asiatiques, casseroles variées… Fait important, les herbes et épices biologiques ne sont pas irradiées ou fumigées. Et pourquoi pas les acheter d'une compagnie québécoise comme La Clef des Champs.
6. Du prêt-à-manger
de bonne qualité
7. Penser verdures
8. Choisir les bon…bons sucres Pour ce qui est du sucre blanc raffiné, non seulement il ne contient aucun élément nutritif, mais il nous en vole pour se métaboliser. Ainsi au lieu de nourrir, le sucre raffiné nous « dénourrit ». Pour se sucrer le bec naturellement :
Fruits, smooties, jus de fruit
9. Opter pour le bio…logique
Anne-Marie Roy | ||
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Chaque petit geste compte Notre demeure c'est plus qu'une maison, c'est plus qu'un lieu où l'on pose la tête, c'est l'endroit où l'on se retrouve en famille ou entre amis, c'est notre cocon. Il faut en prendre soin pour assurer la qualité de vie de ses habitants. Les quatre murs ont aussi une façade extérieure et malgré qu'une fois à l'intérieur avec les rideaux fermés on l'oublie, notre maison fait partie d'une communauté. C'est donc dire que les gestes que l'on pose ont un impact sur notre noyau familial et sur les autres. Comment améliorer alors la qualité de notre milieu pour notre famille et notre voisinage ? Il s'agit de réunir le Conseil de famille pour discuter des gestes à poser et des rôles de chacun. Tous les habitants du logement doivent participer sinon il y aura des tensions et du mécontentement. Il faut ensuite établir une liste des gestes à poser pour améliorer notre environnement. Il y a plusieurs domaines d'intervention : les matières résiduelles, l'efficacité énergétique, les produits de nettoyage, de beauté et de lessive, les modes et produits utilisés pour l'entretien extérieur et intérieur, les matériaux de rénovation, les modes de transport et les déplacements, la consommation de l'eau. Il est évident que l'on ne peut s'attaquer à tous de front, donc il faut choisir soit un domaine soit quelques gestes de chacun des grands domaines. Les gestes peuvent aller du plus simple au plus complexe. Prenons l'exemple de l'eau : du plus simple, réduire le temps de douche, cesser de faire couler l'eau pendant le brossage de dents; au plus complexe, remplacer les toilettes de 13L par des 6L (à deux débits de jet différents c'est encore mieux). L'efficacité énergétique : du plus simple, fermer les lumières quand on quitte la pièce, remplacer les ampoules incandescentes par des fluo compacts, réduire la température; au plus complexe, installer un chauffe-eau solaire ou l'eau chaude sur demande et des thermostats électroniques. Faire sécher les vêtements sur une corde à linge intérieure ou extérieure ne prend pas plus de son temps, il suffit d'avoir de l'organisation. Une brassée par soir plutôt que le lavage au complet en une fois libère beaucoup plus de temps qu'il n'y paraît à première vue, si chacun fait sa part. Enfin tout appareil (cafetière, etc.) qui a un petit voyant vert, bleu, rouge consomme de l'énergie. Très peu direz-vous mais à 4 ou 5 par maison ça s'additionne ! Débranchez-les. Les matières résiduelles : À vos bacs, prêts recyclage, et compostage. Pour les déchets, le mot d'ordre c'est réduire. Tout le monde a compris le principe du recyclage mais encore faut-il le faire selon les indications de sa municipalité et de façon systématique. Le compost, cette bête qui fait peur. Pour les propriétaires de maison, il s'agit d'acheter ou de fabriquer un bac à compost que l'on place à l'extérieur (et un seau ouvert sous le comptoir à l'intérieur pour ne pas aller dehors à chaque fois). Pour les gens en appartement, un vermicomposteur ou composteur artisanal sur le balcon. Le compost mature peut servir sur le gazon dans les plates-bandes, le bois, etc. Un compost équilibré sec/ mouillé ne dégage pas d'odeurs. Petites mouches à fruit : rabattez avec papier journal en lanières. Les produits de nettoyage et de lessive : il en existe plusieurs sans ingrédients chimiques. En général, si vous avez du bicarbonate de soude (soda) et du vinaigre vous pouvez nettoyer pas mal tout. Lave-vaisselle : évitez les savons phosphatés. Pour les produits de beauté moins il y a d'ingrédients, et plus il y a d'huiles naturelles et extraits de plantes, moins ils sont nocifs. Cherchez ceux qui ne sont pas testés sur des animaux. Pour la rénovation, utilisez des matériaux recyclés, non traités avec des produits chimiques, pas de colles nocives; cherchez des couvre-planchers et planchers en matériaux naturels. Utilisez des peintures et teintures écologiques autant que possible à l'intérieur et à l'extérieur, et débarrassez-vous des pots chez les Réno et RONA. Comment diminuer ses impacts à l'extérieur ? Ne pas utiliser de pesticides sur le gazon et dans le jardin; diminuer la surface en herbe afin de planter des espèces indigènes qui attirent les pollinisateurs. C'est aussi plus attrayant pour les humains, ça crée un écosystème local et ça permet un meilleur écoulement des eaux. Faire un potager et offrir le surplus de légumes au voisin, faire des échanges, etc. Enfin déplacez-vous à pied, à vélo, en autobus, covoiturez, voyagez en groupe et planifiez vos déplacements pour minimiser les distances à parcourir. Bref réduisez votre empreinte écologique, il n'y a de limites que celles de votre imagination.
Nicole DesRoches | ||
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À la soupe ! Lancé en 2007 par Équiterre, À la soupe ! Pour une alimentation institutionnelle responsable est un projet-pilote innovateur qui vise à créer un lien entre un établissement et un fermier local qui approvisionne ses cuisiniers afin de favoriser la santé, environnement et solidarité. Ainsi, chaque année, les établissements scolaires et de santé qui se joignent au projet expérimentent la création d'un partenariat alimentaire solidaire et bénéficient de légumes et fruits écologiques fraîchement cueillis par « leur » agriculteur. Un volet éducatif permet aussi de sensibiliser les parents, les élèves et le personnel des établissements à l'importance de faire des choix alimentaires plus responsables. Jusqu'à maintenant, 15 établissements québécois ont répondu à l'appel : six écoles primaires, une école secondaire, un hôpital, un CHSLD et six garderies, créant des liens avec quelque 15 fermes locales. Le projet a connu un tel engouement de la part des établissements que le projet est maintenant à la recherche de nouvelles fermes pour les approvisionner de fruits et légumes frais. Plus qu'un simple approvisionnement Le projet À la Soupe permet aux établissements d'offrir une alimentation saine exempte de pesticides et d'intrants chimiques et de soutenir une agriculture de proximité respectueuse de l'environnement. Il amène également petits et grands à s'intéresser au processus de production des aliments qui nous relient à la terre et à ceux qui la travaillent ainsi qu'à devenir parties prenantes d'un cycle agroalimentaire à dimension humaine. Il accroît, chez les jeunes et les adultes, un sentiment de responsabilité à l'égard de l'environnement, de l'économie, de la santé, de l'équité sociale et des habiletés culinaires. Le jumelage avec une ferme permet aussi de faire découvrir de nouveaux fruits et légumes, tels que la cerise de terre, le kale ou le topinambour. Des outils éducatifs Le projet À la Soupe comporte aussi un volet qui s'adresse directement aux jeunes. On le sait, l'enfance et l'adolescence sont des périodes clés dans le développement des habitudes de vie et de consommation. Malheureusement, il n'existe que peu de ressources scolaires sur l'alimentation responsable, durable et solidaire. C'est pour répondre à cet enjeu, qu'Équiterre, en collaboration avec ENvironnement JEUnesse, a développé une trousse d'activités pédagogiques destinées aux élèves du primaire et du secondaire. Cette trousse clé en main permet aux enseignants de sensibiliser leurs élèves aux impacts de leurs choix alimentaires sur la santé, l'environnement et les producteurs et de les aider à faire des choix plus responsables favorisant les produits plus frais, moins transformés et issus de l'agriculture biologique et locale. Testée jusqu'à maintenant par près de 300 élèves provenant de six écoles de différents milieux, la trousse connaît beaucoup de succès auprès des jeunes. Les enfants sont très heureux de déguster les bons légumes provenant d'une ferme locale. Les parents sont aussi satisfaits des efforts effectués dans les écoles participantes pour sensibiliser et conscientiser concrètement leurs enfants à une alimentation plus responsable. Certains jeunes ont été très surpris des ingrédients que renfermaient leurs produits de tous les jours. Par exemple, certains ont découvert qu'ils ne mangeaient que du sel, du sucre et du gras, après avoir réalisé ce qui se cache dans certains aliments transformés populaires. Ainsi, la trousse contient des activités qui encouragent les jeunes à découvrir certains fruits et légumes du Québec méconnus, à analyser le cycle de vie des aliments, à découvrir le trajet d'un aliment du champ à l'assiette, à comprendre les effets néfastes du suremballage sur l'environnement ou à explorer le métier d'agriculteur. Cet outil suggère ainsi plusieurs pistes pour encourager les élèves à devenir des consomm'acteurs responsables et peut-être même à influencer positivement les choix de leur entourage. Équiterre, à travers ce projet, s'est donc donné pour mission de soutenir les fermes et les établissements intéressés à faire le virage « alimentation saine et locale » en offrant notamment des ateliers d'information et de sensibilisation pour les parents et employés; des activités et outils éducatifs pour les enfants et les jeunes; des formations et outils pratiques pour les responsables de cuisine ainsi qu'un carrefour d'information, d'échange et de réseautage. Comme le projet-pilote prend fin cette année, Équiterre réfléchit déjà aux suites du projet À la Soupe et espère mettre l'alimentation saine et durable au menu des écoles et des établissements de santé du Québec dans les années à venir.
Eveline Trudel-Fugère | ||
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Guérir sa vie Toutes mes années de réflexion ainsi que toutes les découvertes que j'avais faites, je me devais de les partager avec le plus grand nombre de personnes possible, mais comment ? Il fallait que je réussisse à mettre en place un concept de santé globale adapté. Après des heures de réflexion dans la nature, l'application de ce concept m'est apparu comme étant la solution. L'objectif premier de cette approche ne se résume pas uniquement à guérir une maladie comme étant un élément isolé, mais bien comme le symptôme d'un déséquilibre touchant la personne dans son entier. Ce concept aurait pour nom Guérir sa vie. Son but est d'aider la personne à reprendre le volant de sa vie bien en mains en comprenant pourquoi cette maladie a pris place en elle, ce qu'elle doit faire pour en stopper la progression, pour se guérir et mettre en place une hygiène de vie capable de prévenir l'apparition de nouvelles maladies.
La santé en six points
1- L'alimentation
2- Le stress
3- Le mouvement
4- L'environnement
5- La spiritualité
6- La génétique Dans les chroniques qui vont suivre, nous allons explorer ensemble ces points un à un, nous allons même les décortiquer afin de vous aider à mieux les maîtriser, à jouer avec chacun d'eux pour vous permettre de maintenir l'équilibre dans votre vie, pour vous aider à guérir votre vie.
Dr Jean Drouin | ||
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Quelle famille ! - La famille doit-elle passer avant tout ? Comment se respecter en demeurant authentique tout en valorisant sa vie familiale ? Encore faut-il déterminer de quelle famille on parle. Votre noyau familial ? C'est-à-dire votre conjoint et vos enfants. Ou vos parents ? Père, mère, frères et sœurs. Et que dire des centaines de variations à cette composante qu'on appelle « famille reconstituée » et ses « beaux-parents ». La connotation du mot « famille » a plus « évolué » dans les 20 dernières années que dans les 500 auparavant ! C'est donc important de s'y retrouver. Établissons d'abord que personnellement, je crois que les parents sont avant-tout redevables à leurs enfants. Du moins, jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'âge adulte. J'y ai longuement réfléchi. Toute ma vie, à vrai dire. Du point de vue d'un enfant heureux, venant de parents divorcés. Du point de vue d'un père de famille monoparentale aussi. Il est raisonnable de penser que nos enfants sont des « âmes » qui se trouvent dans le calme le plus serein et le bonheur total. Puis soudainement, si on regarde les faits froidement, ils se font « inviter » ou aspirer dans le monde physique par deux êtres humains fertiles qui s'accouplent. Certains ont certes une belle histoire d'amour durant le moment et par la suite, mais pour plusieurs, les circonstances sont tout autre. Ce qui fait que ces petits êtres qui n'ont pas demandé à venir au monde se retrouvent totalement dépendants du jugement et des valeurs de ces deux individus. L'ironie, c'est que le monde entier s'entend pour dire que le rôle de parent est le plus important qui soit mais en même temps, pour ce qui est de la « formation », les géniteurs sont totalement laissés à eux-mêmes sans expérience - à part la leur comme enfant- pour relever ce défi monumental. Ah ! Non, madame, pour ce qui est des formulaires à remplir, les tests d'aptitudes, les frais et les permis, on les garde pour les choses vraiment importantes. Comme obtenir un droit de pêche ou pouvoir vendre des hot-dogs sur le coin d'une rue. On n'accorde pas ce genre de « responsabilité » à n'importe qui. N'est-ce pas étrange ? « La biologie est la moindre chose pour faire de quelqu'un une mère. » - Oprah Winfrey
Nos ascendants Je crois qu'avant tout, nos ascendants vont récolter plus souvent qu'autrement ce qu'ils ont semé. Si nos parents prêchaient par l'exemple en ayant des liens tissés serrés, des rapports fréquents et chaleureux, les chances sont fortes que leur progéniture continuera dans ce sens. À l'inverse, des enfants laissés à eux-mêmes ou carrément maltraités risquent de se rebeller d'une façon ou d'une autre éventuellement. Il faut donc tenter de ne pas vous en faire trop, avec la pression sociale de ce qu'une relation avec vos parents - ou les grands-parents de vos enfants - doit, ou devrait avoir l'air. Mes recommandations: • Soyez maître de votre vie. De votre propre relation « ascendants/descendants » et de votre propre noyau familial (conjoint-enfants). Sachez non seulement tirer le bon de l'enseignement de vos parents, mais oubliez le mauvais. Et pourquoi pas initier du nouveau ! Avec la panoplie de livres et d'exemples inspirants dans notre entourage, les parents d'aujourd'hui sont mieux équipés que jamais. • Bref, agissez comme vous auriez aimé qu'on agisse avec vous. Trop de parents se cachent derrière les excuses du passé. « Je ne sais pas comment t'aimer mieux ! J'ai moi-même été mal aimé ! » Foutaise. Si vous savez que vous « pouvez » aimer mieux, faites-le. Ceux qui ne le savent pas ne se donnent pas d'excuses. Ils font tout bonnement de leur mieux. Si vous n'êtes pas certain où vous vous situez dans tout ça, vous pouvez toujours consulter un professionnel de la santé ! • Écoutez votre cœur et votre tête. Ils ne se trompent jamais. Ils vous dicteront comment agir. Les problèmes surviennent quand on écoute n'importe qui. Doctrines religieuses, parents, amis ou pire, les téléromans. • Prenez soin de vos enfants. En serviteurs soumis ? Absolument pas. En facilitateurs et guides de vie équilibrée ? Tout à fait. C'est naturel et instinctif d'être redevables à nos enfants. Aimer doit être sans efforts. Et sans attentes d'auto-gratification instantanée. J'ai la conviction profonde que tous et chacun sait différencier dans son for intérieur le bien du mal. Hormis, bien sûr, les enseignements religieux archaïques. Par exemple : « le père a toujours raison » donc « écoute ton père » ou « tais-toi et prends la baffe que ton père te donne, après tout, c'est ton père ». Idéalement, nous devrions avoir d'excellentes relations avec tous les gens qui nous entourent. Mais en fait, il est impossible d'être « tout le temps » authentique, de se respecter et de bien nous entendre avec tous les êtres humains de notre entourage. Voir même seul à seul les membres dans notre propre famille peut être un défi. L'important, c'est de faire de son mieux. Et malheureusement, vousêtes le seul à savoir si vous faites vraiment de votre mieux ou non. Tout est une question d'équilibre. D'ailleurs, quand je me questionne à savoir si un sentiment ou une idée existentielle est correct ou non, je fais une réflexion en rapport avec la nature et les animaux. Difficile de se tromper. Ces derniers, qui ont très peu de pressions « sociales », agissent selon ce qui vient « naturellement ». En ce qui a trait à leurs petits, ils surveillent le nid jalousement et prennent bien soin d'équiper leur progéniture de tous les outils nécessaires à leur survie et à leur épanouissement. À votre tour de passer à l'action.
Yannick Therrien | ||
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Lettre à Jean Selon la tradition, si on en croit les aïeuls, tu es mon fils. J'ai entendu un jour un dicton qui disait : « les enfants nous sont seulement prêtés ». Aujourd'hui, Je commence à comprendre pourquoi. Tu as déjà, avant tes 5 ans, une petite personnalité qui se développe rapidement. Tu as tes propres conclusions et elles me plaisent davantage que les miennes. Tu me demandes couramment cette question redondante : « Pourquoi ? » Lorsque je veux répondre, je réalise que j'ai paré mon être de plusieurs conclusions extérieures afin de pouvoir pare-être meilleur. Puis, de cette prise de conscience je peux laisser tomber un poids qui se trouvait sur mes épaules grâce à toi petit ange. Tu fais diluer tout dilemme sans que je n'aie eu à trouver de solution pour toi et tu résous avec simplicité en rendant universel tout ce qui est emprisonné, fini ou défini. Parfois tu me dis : « je suis comme toi Papa » ou « je fais comme toi Papa », c'est alors que mon ego est tellement heureux d'être un modèle pour toi. Ensuite, lorsque j'y pense et que je regarde profondément en moi, je vois combien tu es en fait naturellement toi, un miroir du meilleur de moi-même. C'est alors qu'à mon tour je désire te dire : « Regarde Jean, je suis comme toi, une bonne personne ». Je désire que tu sois plus que moi, plus que con-plaît, au-delà d'être en-tier, être un tout qui fait partie intégrale du tout. Je remarque comme tu n'as pas encore été influencé par cette supposée bienséance civilisée qui semble vouloir s'attacher à ces rangs sociaux préétablis par un compte en banque bien garni et une position professionnelle de statut élevé. Tu ne veux en aucun cas acheter ta place, cependant, tu désires t'y introduire et laisser les autres s'asseoir à cette même table et y partager tout. Tu as déjà un esprit universel ou chacun est ami(e), peu importe la couleur de la peau ou la langue parlée. Pour toi Jean, je désire que tu trouves ton être en regardant à l'intérieur de ton âme et que tu bâtisses ta vie comme tu l'entends dans le respect et l'amour de tout. Quand la confusion régnait dans mon esprit et dans mon cœur, par le passé, je demandais souvent à l'Univers, à Dieu, de placer sur mon chemin un grand maître ou une grande enseignante, quelqu'un afin que je puisse apprendre comment grandir et devenir meilleur que cette image à laquelle les autres semblaient toujours vouloir me peindre et me repeindre. Je cherchais encore et toujours ailleurs que dans mon cœur. Lorsqu'un jour j’ai rencontré ta maman sur les plaines de l'amour, j'étais loin de me douter de ce qui m'attendait. Ensuite, d'un partage d'amour nous avons eu le privilège et le bonheur de te voir apparaître dans nos vies avec cette bonne vieille recette « fusionné d'amour ». Alors, je vis grandir ce petit être qui, plus grand que nature, est devenu un enseignement de la maîtrise universelle et un bel exemple d'amour. Dans certain cas, ce sont les parents qui servent d'inspiration à leur enfant et dans d'autres cas c'est l'inverse. Merci à toi, petit amour de Jean, d'être là pour partager ta vie avec la nôtre. Je t'aime énormément Jean.
Daniel Lacombe | ||
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Une salle de classe exceptionnelle Une des plus belles opportunités que nous avons dans cette réalité que nous percevons est celle de la relation avec les autres. La famille, le conjoint, les enfants, les amis, les collègues de travail sont tous des cadeaux de transformation intérieure qui nous amènent à nous percevoir et à percevoir ce monde autrement. Sans cette occasion de se voir à travers l'autre, les relations particulières n'auraient aucune valeur dans ce monde. Ces relations sont une salle de classe exceptionnelle où l'on peut découvrir les secrets de notre inconscient puis amener ces secrets à notre conscience et ainsi s'en libérer. Les principes du Cours en Miracles nous enseignent que le monde dans lequel nous vivons est créé par/dans notre esprit. Nous sommes donc les projecteurs/créateurs de nos vies et tout ce que nous percevons est en fait une projection de notre esprit inconscient (comme une projection au cinéma, l'esprit étant le projecteur et le film étant le monde que nous percevons). Nous avons donc projeté tout ce monde, incluant naturellement toutes les relations avec lesquelles nous interagissons. J'apprends donc à me connaître à travers l'autre, j'apprends à découvrir qui je suis par le miroir que l'autre me reflète. Cette vision différente de la vie nous donne une importante clé de guérison intérieure. Par le fait que tout notre inconscient est projeté à l'extérieur de nous, nous avons donc une opportunité majeure de cesser de blâmer les autres, l'économie, la société, pour notre malheur, notre tristesse, notre pauvreté, notre désarroi. Si l'unité seule existe, il devient évident que mon conjoint, mes enfants et tout ce monde que je perçois ne sont en réalité qu'une partie de moi, rien de plus, rien de moins. Nous ne faisons qu'Un. Le non-dualisme pur est justement une attitude qui englobe le fait que nous sommes tous unis, non pas physiquement mais en esprit. « Condamne et tu es fait prisonnier, pardonne et tu es libéré. » Alors, si on passe tout notre temps à juger et à condamner les autres, ce que l'on fait en réalité est que l'on envoie directement le message à notre inconscient que l'on est digne d'être jugé, condamné et que l'on n'est pas digne d'être aimé. L'autre étant notre reflet, notre projection (ça c'est toujours un peu difficile à avaler), il est certain que la perception de ce que l'on voit est réellement l'outil avec lequel on peut travailler pour transformer nos relations et les améliorer. Au fond, ce n'est pas la relation qui va changer mais plutôt notre vision de la relation et surtout de la personne qui est impliquée avec nous dans celle-ci. Et c'est dans le changement de notre propre interprétation des gens et des situations que réside notre vrai pouvoir. Le non-dualisme pur nous fait prendre conscience qu'au niveau de l'esprit et de la forme, nous n'existons pas individuellement. Mais nous attachons tellement d'importance à notre existence individuelle, que nous oublions que celui qui est devant nous est une partie de notre soi, un frère, une soeur et que nous sommes tous unis par la même source. Chercher à changer l'autre, chercher à changer le monde sans changer son esprit à leur sujet est inutile. Le problème n'est pas dans le monde mais il est dans l'esprit. Lorsque nous changeons la façon dont nous pensons, nous regardons, nous percevons, nous interprétons, ceci doit littéralement changer notre propre expérience de qui nous sommes vraiment. Notre perception est directement liée à notre esprit et c'est justement dans le contrôle de cet esprit que se trouve notre vrai pouvoir. Le Cours en miracles est un cours d'entrainement de l'esprit. Un esprit inexercé ne peut rien accomplir. Faisons de nos relations une expérience sacrée et ainsi profitons de celles-ci pour découvrir réellement qui nous sommes. Par la reconnaissance de l'autre comme une partie de soi et encore plus loin, une partie du Soi, nous choisissons de voir la vérité à travers l'unité.
Louise Nassif | ||
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La Biodanza... vous connaissez ? Depuis quelques temps, une nouvelle discipline fait parler d'elle dans le milieu des approches alternatives et de la danse. Développement personnel, travail thérapeutique, éducation somatique ? Qu'est-ce au juste que cette approche qui prétend nous faire danser pour nous aider à mieux vivre ?
Qu'est-ce que la Biodanza ? Prenant sa source dans une pensée philosophique, le principe biocentrique, la Biodanza propose de remettre la vie au centre, de lui redonner sa pleine valeur et de développer notre capacité à être pleinement et intensément vivant, ici et maintenant. Contrairement aux disciplines dites thérapeutiques, la Biodanza ne s'attarde pas aux problématiques, déséquilibres ou dysfonctions de l'individu. C'est plutôt en stimulant la partie saine, lumineuse de l'être, en favorisant le développement de nouveaux potentiels et en nourrissant la pulsion de vie propre à tout être vivant qu'elle provoque une transformation merveilleuse dans la réalité de ceux et celles qui la pratiquent. Réhabiliter l'élan vital, retrouver le chemin de l'expression spontanée, récupérer notre habileté à être en lien avec les autres, reprendre contact avec nos instincts et les moduler avec affectivité et sensibilité, développer un mouvement plein de sens et redonner au mouvement sa dimension affective, voilà ce que propose la Biodanza.
Potentialités génétiques
et lignes de vivencia La séance de Biodanza se veut un bombardement d'écofacteurs positifs favorisant le développement de potentialités jusque là inexprimées. Elle propose d'explorer ces cinq lignes de vivencia en toute liberté dans un contexte sécuritaire : le groupe. En effet, la Biodanza ne peut se pratiquer sous forme individuelle. Elle est essentiellement une discipline de groupe. Le groupe, selon Rolando Toro, constitue un environnement enrichi favorisant l'accélération des processus d'intégration. La Biodanza nous invite à récupérer l'ensemble du champ des expériences humaines, à les intégrer, et à, ainsi, devenir plus pleinement nous-mêmes, plus vivants, plus vibrants. C'est par des exercices en musique, des situations de rencontres, des espaces d'expression et d'intériorisation que la Biodanza nous amène, progressivement, à nous libérer de nos conditionnements pour retrouver le plaisir simple et intense d'être soi, d'être vivant. Chaque cours, chaque atelier, se veut une cérémonie de célébration de la vie, un retour à l'état d'enchantement, de ravissement, au sens du merveilleux et du sacré, au plaisir d'être en vie. Joyeuse et ludique, la Biodanza, discipline non verbale et non analytique, propose de laisser la parole céder sa place, de permettre à l'espace de s'ouvrir au silence, à l'émotion, à de nouvelles formes de communication. Elle nous propose de sentir avant de réfléchir, d'écouter les messages profonds de notre être et de les utiliser comme moteur de nos actions et de nos choix. Autrement dit, la Biodanza est une fantastique invitation à devenir des porteurs(euses)de vie, à retrouver le bonheur profond et vrai de sentir et de profiter sans réserve de cette vie qui nous habite, qui nous entoure, que nous sommes. Progressivement, marcher hors des pudeurs apprises et accepter de vivre chaque instant avec sa pleine charge de sensations, de ressentis, de sentiments. Honorer la dimension sacrée de la vie en retrouvant le plaisir du mouvement naturel et laisser ce plaisir recréer les chemins qui mènent vers notre liberté, vers notre capacité à être nous-mêmes, avec l'autre, avec et en ce monde autour de nous. Consentir, con-sentir, sentir avec, unir notre sensibilité à cette force de vie et dire oui ! S'offrir la pleine permission de vivre de tout son cœur et de tout son corps. Non plus à corps perdu mais bien à corps retrouvé. Danser et conjuguer nos libertés pour multiplier tous nos possibles à être et laisser naître au plus profond de nous la douce ivresse de la vie qui se déploie… Voilà l'essence de la proposition ! Tant de choses restent à dire sur cette magnifique approche et… la Biodanza, c'est avant tout une expérience à vivre. Au plaisir de danser avec vous !
Maira Martinez | ||
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L’arbre de vie Je vous convie à l'envers des mailles de l'Histoire du Canada. Précédemment, j'introduisais une « princesse », voici donc la suite de l'autre réalité. J'étais consternée par le mot « scorbut » dans le texte sous le dessin de Jacques-Cartier plantant une croix. La croix, une possession et la maladie étaient liées, mais comment ? J'avais beau tourner les pages, dans les images et les textes subséquents il n'y avait aucune réponse satisfaisante. - « C'est quoi le SCORBUT ? Pourquoi une croix ? C'est qui les Iroquois ? Y en a encore? Y sont dangereux ? » Personne ne savait RIEN. Tout aussi impossible à savoir que la question « d'où viennent les bébés ? » Dans l'Histoire du Canada de 4e année, les « méchants sauvages » vêtus bizarrement ou presque nus, portaient aussi des plumes sur la tête. Les « les bons Français » en costume d'Halloween, m'amusaient avec leurs dentelles, leurs bas longs et leurs courtes jupettes... À l'époque, la norme c'était mon père habillé d'un complet gris avec cravate et chapeau muni de petites plumes colorées. Qui étaient donc ces personnes qui donnaient naissance à « mon pays » en attrapant le SCORBUT en hiver... Où était mon pays avant ? Les adultes, allergiques aux questions de naissance, m'évitaient. À 9 ans, le mystère s'épaississait depuis l'arrivée de mon petit frère et celle des gens aux gros canons. Assise à la table de cuisine, pendant que « matante » préparait le repas, j'écorchais une fois de plus le mot « scorbut ». Tout près, Hélène Robert s'occupait de ma plus jeune sœur en m'écoutant distraitement. En croisant mon regard, elle vit mes yeux implorants ... « 1534, arrivée à Gaspé... Hiver, 1535-1536 scorbut. Iroquois ». Ce soir, papa et maman sont sortis, elle aide « matante » avec la marmaille nombreuse de la maisonnée. Dans le jour, Hélène travaille au commerce de mes parents, attenant à la demeure familiale. Elle est belle comme une princesse. - « Ah ! Tu étudies l'Histoire ? Veux-tu savoir ce qui s'est passé ? » - « OUI!!! » C'est alors que commence mon éducation. J'apprends que le scorbut est une maladie de carence alimentaire que les « sauvages » soignent depuis toujours. En fait, « le jus dégoûtant » décrit dans mon bouquin est un thé de thuyas qui compense l'absence de fruits frais. Et comme les Iroquois et les peuples « sauvages » habitent et connaissent le pays de fond en comble, ils n'ont pas besoin de le découvrir... Et, pourquoi posséder et délimiter avec une croix ? Aucune raison ! Toute la Terre est leur Mère ! Vendre, séparer et acheter Sa Mère ne se fait tout simplement pas ! Elle appartient à TOUS1. En 1534, les « sauvages » ne saisissaient pas l'idée saugrenue des « visages pâles » qui voulaient AVOIR et posséder2. Malgré qu'ils aient été jugés incultes puisqu'ils ne connaissaient pas Jésus et la religion des étrangers, les « sauvages » avaient généreusement partagé le secret du jus de thuya pour stopper le scorbut chez les « nouveaux arrivants ». À l'été 1536, sans gratitude, Cartier et les quelques survivants de l'hiver enlevèrent les deux fils de Donnacona le grand chef Iroquois de Stadacona3 pour les parader devant le Roi de France. Cartier prouvait ainsi sa prise de possession du nouveau territoire4. Et comme il se croyait tout près des richesses de Satay5, il donna donc le nom « d'Indiens » aux « sauvages ». Le pauvre, il se pensait en Inde ! La nourriture et les conditions infectes des navires, les rues en pierre, les édifices et le grouillis de Versailles ont été un choc pour ces deux Iroquois. Être en otage chez des hommes aux us et coutumes étranges et barbares qui de plus maltraitent femmes et enfants, était insupportable. Chez eux, à Stadacona, les enfants étaient précieux et la femme importante puisqu'elle occupe la place d' « une mère de clan » et désigne au mérite les chefs de la Nation. Avec émotion, Hélène poursuit, car le mot « sauvage » la rebute et la blesse6. - « Sais-tu qu'à l'arrivée de Cartier, le Québec était déjà peuplé de plus de 11 nations aux coutumes et langues distinctes ? » - « Non... !» Depuis toujours, ces grandes Nations coopèrent et échangent biens et outils entre elles et avec toutes les nations du continent au-delà des Grands Lacs et jusqu'en Amérique du Sud. Certaines Nations se déplacent au gré des saisons pour suivre le gibier ou le temps plus clément, d'autres cultivent la terre et vivent en villages. « Wow !»... L'univers restreint de mon école, de ma religion et de ma famille éclate en nouveaux questionnements. Dehors les thuyas7 de la haie me nourrissent d'une nouvelle VIE. En les regardant, j'apprends qu'Hélène Robert est un nom d'emprunt. Pourquoi ? Dans la prochaine édition, la suite !
Références | ||
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Créer en famille, créer sa famille, en toute simplicité. La réussite d'une rencontre créative en famille nécessite la réunion de plusieurs conditions, comme pour tout acte de création. L'une d'elles consiste bien sûr à se réserver un lieu adéquat (séjour, chambre, sous-sol,...) et une plage de temps suffisante pour ne pas étouffer dans l'oeuf une activité qui a besoin de prendre son envol. Il s'agit également de se faire plaisir et de miser sur la confiance, en soi et dans nos proches. L'importance de cette démarche familiale réside bien moins dans l'objectif à atteindre, que dans l'écoute de notre processus créatif, un pas après l'autre et en toute simplicité avec ceux que l'on aime. Enfin, les encouragements, l'esprit du jeu et la spontanéité sont de fidèles alliés pour éviter le sabotage de l'autocritique et des jugements de valeur sur autrui. Très nombreux sont ceux qui dénigrent leur propre potentiel créateur. J'ai fait partie, moi-même, de ceux dont le verdict est en général sans appel, aussi tranchant que la lame du bourreau : « Moi, je ne suis vraiment pas doué en dessin ! » ou « Je ne sais pas écrire ». Il est étonnant de constater à quel point l'autocritique - et l'autocensure qui peut en écouler - sont des modes de pensée pour esquels tant de gens développent presque du talent. Une sorte de conditionnement dès le plus jeune âge a relégué la création à une pratique secondaire, voire tout simplement inutile, et réservée à une élite d'intouchables. Pourtant, faire du beau m'apparaît totalement accessoire, tandis que risquer d'être vrai, au diapason de soi-même, constitue le défi majeur de la vitalité. C'est en devenant père que j'ai expérimenté des jeux créatifs au sein de la famille, afin de tisser des liens plus subtils entre parents et enfants, mais aussi à l'intérieur du couple. Cela a confirmé une fois de plus que la créativité, cet élan vital qui caractérise l'être humain, coexiste autant chez l'enfant que chez le parent adulte. Dans un univers où le travail et le temps prennent beaucoup de place, la créativité rapproche et consolide. Depuis que notre enfant, le plus grand, est en âge de nous accompagner dans nos créations, nous nous retrouvons régulièrement pour du dessin, des collages, de la peinture et des créations originales autour de la table de la cuisine. Ces moments exceptionnels font aujourd'hui partie de notre quotidien. Pour réaliser des cadeaux, bien sûr, mais surtout sans objectif particulier, pour passer un moment de détente et de plaisir, ensemble. L'avantage est aussi de reléguer aux oubliettes pour quelques heures l'omnipotence des écrans de télévision, de jeux et de téléphonie, capables d'aspirer toute une famille dans son gouffre de passivité et d'individualisme. Cette initiative créative est aussi venue bousculer des traditions ancrées depuis des générations, comme Noël et les fêtes d'anniversaire. La croissance de nos enfants a coïncidé avec une surabondance de cadeaux souvent inutiles et dispendieux. Cette tendance ne cesse de s'accroître, avec à chaque fois la torture quasi obligatoire, pour nous autant que pour les autres, de « faire plaisir » et de trouver une bébelle à chacun. En particulier, cette tradition de fêter on ne sait plus trop quoi - le changement d'année, la naissance d'un messie ou l'arrivée du gros barbu par la cheminée - me pèse de plus en plus péniblement. La question s'est posée et se pose encore avec acuité : comment sortir de la spirale infernale du cadeau obligé ? Cela n'a pas été facile et ce n'est pas encore gagné, nous avons pourtant introduit l'idée d'offrir « autre chose » à nos proches. Quelque chose de plus humain, dans lequel nous investissons temps, passion et bonne humeur. Nous risquons une attitude différente, démontrant à chaque fois qu'il est possible de s'amuser, et de grandir aussi, dans une activité de créativité familiale. La dernière fois, nous avons ainsi disposé de vieilles chutes de contreplaqué, de colle et de restants de peinture, auxquels se sont rajoutés roches, bois flotté et morceaux de verre dépolis ramassés sur la grève de Tadoussac. Cet assemblage magique a permis la fabrication de cadres à photo très originaux. Dans ces moments-là, plus besoin de parler, car ce sont les mains qui se mettent à raconter, les pinceaux qui chuchotent et les sourires qui créent la connivence. Notre oeuvre collective est surprenante, inattendue et n'apparaîtra sûrement pas dans une galerie d'art. Pourtant, elle a été remise par mon fils à ses grands-parents, et je sais que ce présent « fait maison » représente bien plus qu'un cadeau ordinaire. Imparfait, croche, mais unique.
François Mathieu | ||
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La famille : tremplin ou étouffoir ? Des demandes plus grandes que nature On demande bien des choses à la famille : d'être à la fois un havre de paix, un lieu où l'on se ressource et où l'on se sent en sécurité, mais aussi où l'on sera stimulé, et où, comme enfant, on trouvera les forces nécessaires pour quitter le nid, prendre son envol et aller voir ailleurs. Au sein de sa famille, chaque individu, père, mère ou enfant, aspire à être aimé de façon inconditionnelle et à réaliser pleinement tous ses désirs. Mais chacun sait, par expérience, qu'il n'y a pas d'amour qui ne soit teinté d'ambivalence, pas de désir qui ne s'accompagne aussi de souffrance. Des changements historiques et une constante La famille a de tout temps été un lieu de socialisation, mais sa structure a beaucoup changé. La famille dite « élargie », a été ébranlée par l'industrialisation massive et la profonde mutation des rapports de travail. L'urbanisation à outrance, de plus en plus de déplacements de la main-d'œuvre, l'apparition d'une classe moyenne de plus en plus consumériste ont, entre autres, contribué à l'éclatement de la famille traditionnelle. La famille a aussi subi des changements dans la mesure où l'institution du mariage elle-même a cessé d'être un arrangement garantissant la stabilité sociale et la perpétuation du nom par la descendance. Le contrat de mariage s'est doublé d'un pacte d'amour considéré comme la panacée. À partir des années 1960, avec l'indépendance économique et le contrôle des naissances, un autre changement s'est produit puisque les femmes ont commencé à demander le divorce lorsqu'elles ne trouvaient pas dans le couple les facteurs propices à leur épanouissement. Il reste cependant un fait que le modèle patriarcal est encore très présent, et profondément intériorisé par les femmes, sans compter que le besoin de sécurité matérielle se calque souvent sur le besoin de sécurité affective présent chez tous les individus. D'étendue, la famille est devenue souvent nucléaire, monoparentale voire recomposée. Entre ces configurations diverses règne pourtant une constante : il semble bien que la lente conquête de l'autonomie s'applique en fait tout autant aux dits « adultes » qu'aux enfants ! Les tiraillements de la construction de soi Depuis l'avènement de la psychanalyse et de la psychologie cognitive, puis l'apport des neurosciences, on sait que la structure psychique d'un individu n'est ni totalement innée ou acquise mais un mélange des deux. Chaque personne se retrouve aux prises avec des pulsions, traverse des stades et des complexes. Dès la naissance, des conflits se jouent avec le monde extérieur, ce qui met en place des modes d'attachement aux autres qui laissent des traces biologiques dans le monde intime du sujet. Les neurosciences nous apprennent qu'il existe une certaine plasticité du cerveau et que donc, même si les premières années de l'enfance sont très formatrices, il existe des possibilités de soigner les traumatismes. Nous aurions donc tous une certaine marge de manœuvre pour nous développer et nous épanouir au-delà des blessures de l'enfance. Les héritages Qu'on les appelle des valises ou des casseroles, il semble parfois que nous traînions des maux qui nous dépassent, qui nous viennent de loin. Nous sommes tous plus ou moins conditionnés par les modèles que nous ont imposés nos parents; et la prise de conscience et le démêlage de ce qui nous fait nous et de ce qui nous programme inconsciemment représente souvent le travail d'une vie entière. Mais au-delà de ce bagage génétique et intergénérationnel, il existe aussi un héritage que l'on peut appeler le transgénérationnel. Cet héritage peut se manifester par des loyautés invisibles, des répétitions d'accidents apparemment incompréhensibles qui font partie de ce que l'on appelle le syndrome d'anniversaire. En se penchant sur sa généalogie, on peut travailler certaines étapes du deuil, renoncer à certains schémas et adopter une nouvelle perspective sur la complexité familiale. Même si on n'a pas l'impression d'avoir choisi sa famille, on peut consentir d'y être né et finir par se réapproprier son histoire. Développer des compétences pour devenir l'artisan de sa vie. Pris dans ce champ de forces, entre nos bagages plus ou moins encombrants et nos pulsions primitives, et sans les rites de passage qui aidaient autrefois l'individu à prendre sa place, il devient difficile de se construire et dépasser ses ardeurs et ses contradictions. Construire sa vie est exigeant et réclame avant tout que l'on puisse tourner son regard vers l'intérieur. À l'image des consignes reçues à bord des avions en cas d'alerte, il est essentiel de bien ajuster son masque à oxygène avant d'aider son voisin. Il en va de la survie des deux. Si le « je » est faible, il sera incapable de se comporter de façon éthique avec autrui; en étant conscient de nos tensions intérieures, leur impact est moins dévastateur. Gérer ses émotions, accepter les tensions, négocier sans nier l'autre, faire des compromis, passer des contrats et les respecter, c'est tout un art et cela s'apprend. Cet apprentissage peut se faire, dans le meilleur des cas, au sein de la famille mais il est aussi tributaire de choix de société. Il est crucial d'investir dans l'éducation et plus particulièrement dans le développement précoce des compétences qui tournent autour du savoir-être. C'est une étape indispensable dans le cheminement vers l'autonomie. On ne peut pas tout demander à la famille sans quoi elle deviendrait effectivement plus un étouffoir qu'un tremplin…
Sophie Dassy | ||
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Tout se met en place Selon une vision astrologique Année 2009 Pour voir un peu plus loin que la peur C'est de plus en plus évident que les hautes instances financières sont très ébranlées et en mode dégringolade. Si on regarde cette situation d'un point de vue astrologique, on peut voir que nous voici à l'aube d'un long processus de transformation radicale. Laissez-moi vous raconter. Pluton, dans la mythologie grecque, c'est le dieu des enfers ! L'astrologie voit donc son action comme extrêmement puissante. Pluton, c'est l'énergie qui mène à une transformation radicale. Le changement visé est si important qu'on l'appelle une mort. Le but de cette mort est la renaissance et le renouvellement qui va s'en suivre. Dans ma vision holistique du cosmos, Pluton - jusqu'à très récemment la planète la plus éloignée dans notre système solaire- agit en dernier ressort. Son action intervient quand c'est devenu absolument nécessaire, que c'est une question de survie à long terme. Et quand Pluton entre en Capricorne, il va agir concrètement sur la Terre, le Pouvoir, le matériel, l'argent : les spécialités du Capricorne. Le cycle de Pluton est de 248 ans. Il faut donc retourner dans les années 1760 - 1778 pour avoir une idée de son action en Capricorne. Il y a eu plusieurs changements de régimes politiques, de l'autorité qui mène le monde et dans plusieurs pays à part ça. Vus d'aujourd'hui, les renversements politiques des années 1760 et suivantes ont fait du bien, ils ont réparti plus équitablement le pouvoir. Le travail de Pluton, c'est de transmuter ce qui est devenu abusif. Est- ce si étonnant que ce soit les pouvoirs financiers qui sont ébranlés maintenant. Tout le monde le dit : l'argent mène le monde ! Si on regarde à très court terme, on peut seulement dire qu'on entrevoit une crise économique. Si on regarde ce qui grandit, on pourra sentir le grand remaniement qui se prépare à travers cette crise. Soyez confiants ! Même si l'action de Pluton est inexorable, tout vient par étapes et à son heure. Et comme dans toutes les situations touchant groupes et sociétés, rééquilibrer prend beaucoup de temps. Pluton va demeurer en Capricorne jusqu'en 2024. La position des autres planètes, à ce moment-ci, montre qu'à travers tous ces soubresauts, la Conscience continue de grandir. Gardez le focus ! En 2011, Uranus va entrer en Bélier - à tous les 84 ans : très grand signe de renouveau. De plus, nous y arrivons, à cette ère du Verseau, plus créative sur le plan des idées et des systèmes. Est-ce un petit clin d'oeil cosmique ? Le 20 janvier, date d'accession au pouvoir d'Obama - espoir de changement actuel - Le Soleil entre en Verseau ! Rappelez-vous aussi comment la pensée est toute puissante. Visualisez la transformation de notre monde, la renaissance qui va suivre sans imaginer drames et catastrophes ! Elles ne sont pas nécessaires. Soyez de cet esprit de renouveau : améliorez un petit quelque chose chaque jour en vous ou autour de vous. Et surtout ! Prenez le temps d'arrêter, de respirer et de ressentir de la gratitude pour ce que vous êtes, pour ce que vous vivez, pour ce que vous avez. En février, commencera l'année du Buffle. Force, courage, créativité feront toute la différence... Bonne année à tous ! Auteur anonyme |
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Une robe de soi J'étais à peine endormie dans le berceau familial, après une longue nuit de tempête, que déjà les fées se bousculaient avec leurs dons pour écrire ma vie. - Elle aura le nez crochu de sa tante Émilie, les épaules larges de son grand-père qui a vécu la guerre. - Elle aura le courage de sa grand-mère, veuve avant que son visage n'attende les rides du temps; elle aura aussi la colère qui va avec les chagrins et la misère. - Elle aura la légèreté de sa tante Aurore, l'artiste qui a vécu sa vie comme une pièce inédite dans un théâtre aux multiples décors. - Elle aura les yeux verts des lacs de montagne dans lesquels se miroitent les vieilles pierres des sommets intacts. Sur ma peau s'est inscrit donc très tôt une histoire que je connaissais par cœur car la famille la répétait depuis si longtemps que les répliques sortaient spontanément. Quand j'oubliais quelques passages, je montais dans le grenier de ma grand-mère, et soulevait la poussière des âges pour ressortir une aïeule oubliée, un fantôme devenu gris, une poupée toute cassée. C'est là que je trouvais la robe fleurie de tante Rose, celle qui avait eu le cœur brisé au milieu d'une valse et quand je me rendis compte qu'elle était à ma taille, j'entendis dans le miroir, les notes d'un soir de bal. Ma mère aussi sans le savoir, cousait sur les voiles de mon innocence, les patchworks de son inconscience. Arrivée aux portes de la jeunesse, j'avais perdu mes tresses, la grâce des enfantillages, les rêves d'une autre vie dont il n'y avait plus aucune trace. J'étais une créature avec la crinière de lion d'un grand-père militaire, les pattes élancées d'une autruche comme tante Aurore qui aimait danser; j'avais le cou gracile d'une girafe et la voix posée de ma mère quand elle avait la joie de chanter. La peau de la panthère rappelait le velours dévoré de la robe d'une tante Rose trop vite délaissée. J'étais une chimère, une personne construite de pièces rapportées qui avaient toutes leur histoire et leur part de vérité mais que j'avais du mal à faire tenir ensemble. J'aurais eu besoin de plusieurs chirurgies esthétiques pour rendre à l'ensemble une cohérence décente. Mais aucun médecin ne voulut prendre ce risque. Seul un artiste peintre dont je tombais amoureuse, réussit à faire mon portrait en tentant de dissimuler sous les couches de couleurs, un passé qui s'obstinait à vouloir durer. Il fut le premier à révéler une partie de moi-même que j'avais complètement occultée. Mais la chimère ne fut pas très contente de voir que sous les doigts habiles d'un amour magicien, les traces du temps indélébiles pouvaient disparaître en moins de rien. L'autruche voulait danser tandis que le lion cherchait à faire la loi. La panthère restait couchée au soleil alors que la girafe cherchait dans les hauteurs, les feuilles du bonheur. Ce fut le chaos initial, l'anarchie intérieure, une bourrasque de contraires qui se leva un matin de juin et coucha à terre, la chimère épuisée. Au milieu des morceaux, je restais endormie comme au premier jour de ma vie et de nouveau, les fées arrivèrent en faisant beaucoup de bruit. Elles n'avaient pas vieillies, contrairement à moi qui avais eu besoin de traverser les années pour être capable de me voir avec lucidité, au milieu de cette chimère déchirée. Les fées me firent les mêmes dons, force, courage et légèreté, envie de chanter et de m'alanguir mais vu que les morceaux étaient éparpillés sur le seuil de ma personnalité, je les accueillis différemment, sans m'approprier quoi que ce soit. Ils étaient une partie de moi mais j'étais plus qu'eux tous réunis. J'acceptais tous ces dons en remerciant les fées et me relevais, fatiguée et légère à la fois, comme si le poids de la chimère avait changé. J'avais certes toujours une crinière de lion et une tendance à dire facilement non, des jambes fines et habiles pour danser ou parfois fuir quand c'était trop risqué, je gardais le parler girafe pour communiquer sans violence et la peau douce de la panthère pour les soirées tendres. Mais dans le miroir du bazar familial, je voyais une nouvelle image; j'avais perdu quelques patchworks de ma mère et les voiles d'innocence réapparurent autour de moi. Cependant, ils ne flottaient plus comme la mousseline de l'enfance; ils avaient la tenue de l'organza et je sentais dans ce nouvel apparat, les étincelles du discernement qui habille ceux et celles qui ont traversé le tourment. Je ne laissais personne à terre, ramassais tous les morceaux de la chimère et avec ma propre baguette magique, je dessinais ma nouvelle robe de Soi. Elle était élastique, s'adaptait à tous mes mouvements et à mes changements de taille. Quelques accessoires suffisaient pour varier son usage. Un parfum de présence pour les cocktails mondains, des gants de velours pour les peaux de satin et des perles précieuses pour être belle en plein jour. C'est une robe inachevée, que je crée à chaque instant, comme si j'étais un grand couturier inspiré par l'amour. C'est une robe de Soi pour les toujours momentanés.
Isabelle Burnier |