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Volume 12, numéro 5 / mai-juin 2009

La magie des plantes
Par Tahnie Parent

Mal dans son corps,
bien dans sa tête ?

Par Dr Jean Drouin

Manger bio-local,
un plaisir incomparable !

Par Geneviève Grossenbacher

Le plaisir de cuisiner
Par Sylvie Asselin

Où est donc le plaisir ?
Par Louise Nassif

La spiritualité laïque
Par Andréa Richard

Ces relations éclairées...
qui nous allument

Par André Harvey

La vivance, une qualité
d’être au monde

Par Jacques Salomé

La chose la plus
précieuse au monde

Par Yannick Therrien

Maisons vertes

Quand notre rêve
peut se vivre en famille

Par Élise Lacroix & François Parent

Découvrir ce qui donne
une âme à sa maison

Par Thierry Sieurre

Les émotions, ces mal-aimées !
Par Elaine Guilbault

Les vacances :
le bonheur de s’évader

Par Marthe St-Laurent


Édito

Douces observations
Par Denis Manseau

Avec plaisir !
Par Maira Martinez

La liberté d’être soi
par l’expression créative

Par Nathalie Ritord

Le plaisir au quotidien !
Par Carole Miville

L’état de plaisir
Par Nicole Dumont

Oser s’amuser
Par Sophie Bérubé

Le dialogue du Djembé
Par Martin Ruel

Dans le silence du désert
Par Claudie Pfeifer


ÉDITO Douces observations

C'est curieux comme ce printemps-ci, j'ai vraiment le sentiment d'être mon cultivateur intérieur. Je tourne la terre du jardin qu'est ma vie et j'observe et évalue ce qui fonctionne pour moi. Je choisis ce que j'aime et souhaite embellir et je tourne le sol des espaces qui sont moins réjouissants et productifs. Mes idées ne sont pas toutes formulées alors je ralentis et cultive l'écoute toute simple en prenant des moments d'observation souhaitant que cette intériorité m'inspire à semer ce qui m'amènera une récolte au reflet de mes valeurs les plus chères.

« La folie, c'est se comporter de la même manière et s'attendre à un résultat différent. » - Albert Einstein

Nous participions aux Salons Expo Manger Santé et vivre vert de Montréal et de Québec ainsi qu'au Salon de la Femme en Outaouais en mars dernier. C'était merveilleux de voir l'engouement de ces gens de tous âges animés par la curiosité de trouver de nouvelles façons d'enrichir leur vie. Et ils étaient nombreux à y être, surtout pour l'alimentation bien sûr, mais aussi afin de dénicher des nouvelles façons de prendre soin d'eux-mêmes et de leur famille pour une santé globale. Ces gestes démontrent clairement un engagement concret des individus face à une plus grande ouverture et responsabilisation sociale.

Ce renouveau est inspirant. La potentialité de créer du beau et du bon est énorme dans notre monde en grand changement. Des gens conscients créent des entreprises inédites qui répondent à de nouvelles valeurs sociales qui se sont forgées dans la conscience collective. Que ce soit le bio, l'écolo, le local, le corps physique, le corps énergétique, l'écoute active, le ici et maintenant, la sensibilité, la spiritualité…tout nous démontre un cheminement vers nous-mêmes et vers cette conscience à faire des choix éco socialement responsables.

Déjà, depuis que je cultive plus d'écoute et d'observation active dans mon quotidien et que je fais des choix nouveaux, je ressens une confiance et un plaisir renouvelés au jour le jour. Et de plus en plus, je participe à de nouvelles conversations authentiques avec des êtres qui vibrent au même diapason que moi. Et ces gens cherchent à s'exprimer socialement dans leur unicité et selon leurs valeurs personnelles. Ce genre d'ouverture est pour moi la voie à explorer dans notre tentative de construire des affiliations durables qui reposent sur cette union d'idées. Et cette écoute active réciproque stimule la créativité…

« Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d'hommes capables d'imaginer ce qui n'a jamais existé. » - John F. Kennedy

En osant être soi socialement en collaboration avec les autres, nous cheminerons vers l'harmonie et plus de plaisir dans nos vies.

Que votre printemps soit créatif et heureux ! Merci d'être là et de cheminer avec nous !

Denis Manseau, Éditeur


Avec plaisir !

Avec plaisir, par pur plaisir, pour le plaisir, sur le plaisir, dans le plaisir…. Une petite réflexion à propos du plaisir.

La saveur des framboises encore chaudes de soleil; l'odeur délicieuse des fraises des bois qui s'écrasent sous mes petits pieds nus; la sensation voluptueuse des coulées de jus de nectarine sur mes lèvres de gourmande; le parfum enivrant des seringas dans la douceur des nuits de juin; la caresse délicate du vent chaud de l'été; la splendeur des magnolias; la beauté des cieux étoilés, des aurores boréales; l'inoubliable expérience de mon corps immergé dans les eaux limpides d'un lac du nord, d'une mer du sud, d'une froide rivière ou d'un bon bain chaud; l'émouvante grandeur de la musique de Gustave Mahler; le réconfort irremplaçable des bras de l'aimé, la merveille de son toucher, la profondeur de nos jouissances; le rire et la tendresse contagieuse de mon cercle de femmes; le jeu insouciant des enfants; par où commencer pour parler de plaisir ?

Qu'est-ce que le plaisir ?

« Le plaisir est parfait. C'est pourquoi le plaisir perfectionne, embellit, réconforte, gratifie. »André Moreau

Bien sûr nous savons ce qu'est le plaisir ! Expérience bienheureuse, sensation voluptueuse… Mais si on allait un peu plus loin, histoire de comprendre l'importance du plaisir dans notre réalité d'humain moderne.

Le plaisir est, en fait, une réaction organique c'est-à-dire une réponse physiologique nous indiquant un état de satisfaction de l'organisme. Selon Antonio R. Damasio, neurologue et chercheur américain, les états de plaisir et de joie « …signifient que la coordination physiologique est optimale et que le cours des opérations glisse. Non seulement ils favorisent la survie mais aussi la survie dans le bien-être. » Il prétend aussi que ces états de plaisir et de joie nous prédisposent à une plus grande aisance à agir. Le plaisir serait donc non seulement agréable mais il constituerait une voie royale vers la réalisation de soi. Génial non ? La réaction de plaisir, peu importe son déclencheur, demeure une expérience profondément physique et est liée à la production d'opiacés endogènes ou endomorphines. Ce sont ces substances biochimiques qui produisent en nous la sensation de bien-être qui définit l'état de plaisir. Mais, ce qui est vraiment merveilleux, c'est que comme le dit le Dr Gérard Leleu dans son Traité du désir, ces endomorphines «… non contentes de nous offrir l'état de jouissance, nous réservent d'autres bienfaits : elles apaisent l'anxiété, stimulent la bonne humeur, atténuent les effets du stress, calment la douleur et stimulent les facultés intellectuelles ». En plus, il semblerait que ces merveilleuses petites drogues autoproduites favoriseraient la régénération organique et la réparation des tissus. Un bain de jouvence !

Le pouvoir intégrateur du plaisir

Le plaisir est donc un mouvement fondamental de la vie, un instinct, un fantastique mécanisme que la vie elle-même a posé au cœur de nous pour assurer sa propre survie. Malheureusement, des millénaires de civilisation, de judéo-christianisme et de culture dualiste nous invitant à dissocier corps et esprit, ont eu raison de cet instinct de plaisir. Plaisir démonisé ou banalisé, plusieurs d'entre nous en avons perdu soit le respect, soit le chemin.

Recréer ce chemin, retrouver cet accès et ce respect me semble une priorité absolue pour chacun d'entre nous. En fait, retrouver ce droit fondamental au plaisir, c'est récupérer notre discernement, notre capacité à choisir ce qui est bon pour nous. C'est ce qui nous permet de construire notre vie à l'image de nos rêves et de nos désirs. C'est ce qui nous permet de sortir des impératifs sociaux, des modèles imposés ou appris pour enfin suivre les enseignements de la vie elle-même. Retrouver cette pleine permission au plaisir, c'est récupérer un droit de naissance, celui de la liberté.

Le plaisir nous permet d'appréhender la réalité par le biais de l'expérience personnelle. Le plaisir dont je parle ici n'est pas d'ordre intellectuel, ce n'est pas un concept ni une idée mais une expérience vécue dans l'instant, profonde et unique à chacun. Bien sûr, dans une société où la raison a préséance et la réalité corporelle, le ressenti n'a plus ou peu de valeur, la notion de plaisir s'est pervertie et nous sommes passés du plaisir d'être au plaisir d'avoir ou de savoir…

Et Dieu vit que cela était bon…

Retrouver cette sagesse, celle du dieu créateur de la genèse qui constate la perfection du monde qu'il crée à partir du plaisir qu'il éprouve : l'invitation est lancée ! Une invitation à revenir profondément habiter nos corps de chair, de sang et de mystère, à cultiver notre habilité à éprouver du plaisir, à rechercher le plaisir, à le débusquer dans les moindres gestes et événements de notre vie quotidienne. Trouver l'extra dans l'ordinaire et créer l'enchantement à chaque instant ! La clef se trouve dans l'instant, dans le plaisir d'être plutôt que dans celui d'avoir. Et ce plaisir d'être vient nous guérir de bien des misères. Il nous permet de nous percevoir de l'intérieur.

De l'expérience du plaisir, de la réhabilitation de ce que j'aime nommer le corps de plaisir, naît l'émouvante sensation de gratitude d'être soi-même. Lorsque je jouis vraiment, je n'ai plus envie d'être quelqu'un d'autre.

La récupération de ce corps de plaisir nourrit l'amour du propre corps. Un corps de jouissance est un corps pour lequel nous éprouverons facilement de la reconnaissance et cette reconnaissance facilite grandement la reconstruction de l'image positive du corps. Et ce corps aimé nous procure plus de plaisir !

En fait, le plaisir nous amène à sortir de la tyrannie de l'image imposée, qu'elle soit culturelle ou sociale, de l'esthétique plastique pour entrer dans la perception de la beauté qui naît de l'expérience, l'esthétique anthropologique.

Retrouver notre sensibilité face à l'existence, nous abreuver de chaque source de plaisir, profiter de la douceur des draps sur notre peau, de l'onctuosité d'une crème de corps, de la chaleur du soleil, de la saveur des aliments, de la tendresse d'un regard, être touché, caressé tous les jours… faire comme le dieu de la genèse et constater que cela est bon… Beau projet de printemps ! Au plaisir !

Bibliographie :
« Spinoza avait raison »- Antonio Damasio - ed. Odile Jacob
« Le traité du désir »- Gérard Leleu - ed. J'ai lu
« Orgasme et être »- André Moreau - ed. André Moreau

Maira Martinez
Facilitatrice titulaire de Biodanza
Cours hebdomadaires, ateliers et journées thématiques à Montréal, Québec, Gatineau et Toronto.
Pour la rejoindre : maira@biodanza.ca ou 514-274-0474
Pour la liste des activités de Biodanza au Québec, visitez le www.biodanza.ca


La liberté d’être soi par l’expression créative

Alors que la société nous invite à nous fondre dans la masse, et à adopter un mode de vie calqué sur la norme, de plus en plus le désir de vivre hors du moule s'impose à nous.

Comment exister en tant qu'individu dans un milieu qui standardise les comportements ? La réponse est loin d'être si évidente et, contrairement à notre mode de fonctionnement en société, elle mérite une approche personnelle. Chacun d'entre nous doit trouver un mode d'expression qui lui est propre. Pour ce faire, il faut explorer différents sentiers et demeurer sincère dans notre démarche.

Nous sommes happés par toutes sortes de distractions extérieures diluant le temps en une unité de mesure qui nous échappe. L'humain hyperactif se voit obligé de repousser constamment l'instant de la rencontre avec son monde intérieur. Il est donc primordial de consacrer des moments au ressourcement, à l'analyse de nos désirs et à l'expression des ressentis de manière stimulante. Toute énergie créative refoulée engendre une accumulation énergétique qui peut aisément se transformer en frustration.

Des outils pour une rencontre créative avec soi-même ? L'écriture, la peinture, le collage, le jardinage, la cuisine : toute activité libératrice permettant une déconnexion avec un quotidien surchargé. Nous ne nous soucions plus alors du produit fini et créons un lien direct avec le plaisir du moment présent.

Pour que l'activité soit bénéfique, nous devons repousser la voix culpabilisante de l'égo comparant nos créations à celles des artistes professionnels. L'expérience doit être abordée comme un jeu, une aventure sans risque, sinon celui de s'y replonger à nouveau.

Peu importe l'activité retenue, c'est dans la pratique régulière que l'aisance expressive se manifeste. Alors qu'au début les mots, les formes, les couleurs et les ingrédients paraissent hésitants, ils émergent ensuite avec une facilité procurant détente, satisfaction et engouement.

Afin que notre personnalité puisse s'épanouir, il faut accepter d'être vrai au moment de poser le geste créatif. Admettre que notre expression puisse parfois être plus sombre encourage l'acceptation des différents pôles de notre caractère. Évitons alors toute analyse qui pourrait freiner l'élan créateur et accueillons l'émotion telle qu'elle se présente. La libérer nous rapprochera davantage de l'essence de notre être.

Des gens vrais, connectés à eux-mêmes : c'est ce dont la société a besoin afin de dépasser l'uniformité et encourager l'expression de la différence.

Nathalie Ristord
Conceptrice et animatrice d'ateliers d'écriture et d'exploration créative pour le Studio créativité.
A ce jour, elle a animé près de 30 ateliers lui ayant permis de mieux cerner le processus d'expression créative.
http://www.studiocreativite.com


Le plaisir au quotidien !

Plus de plaisir et de loisir au quotidien…Comment faire ?

En 1970, j'ai tellement acheté l'idée de la société des loisirs que j'ai fait mon cours en techniques de loisirs. Vous dire comment l'idée me séduisait ! Le plaisir et le loisir, j'en ai fait une profession !

Et du temps de loisir, j'en ai toujours eu à vendre ! Encore aujourd'hui! Comment est-ce possible ?

La plus grande source de plaisir à mon avis est dans la réalisation de soi et dans les relations que nous entretenons. D'où l'importance de faire un travail qui nous plaît vraiment au lieu de choisir une carrière, un conjoint, des amis (si, si, si… !!!) en fonction du salaire et des avantages sociaux qui y sont rattachés. Tôt ou tard, ces choix nous amènent devant un cul-de-sac !

Il faut ensuite tenter de le faire à son propre compte, nous libérant ainsi de la frustration reliée à la dépendance envers des gens qui nous disent quoi faire, comment le faire, à quelle heure le faire et avec qui le faire ! (Conjoint, famille et soi-disant amis compris :)

Bien sûr, il faut apprendre à sortir de notre zone de confort car … le confort, ça endort le corps ! Quelle satisfaction d'être le capitaine de son bateau ! Par le fait même vous gérez votre temps entièrement et libre à vous d'y mettre le nombre d'heures de loisirs que vous voulez. Et vous serez surpris de découvrir qu'avec le temps il y en a beaucoup !

J'ai renoncé à trouver un partenaire qui répond à tous mes goûts !

J'ai développé des amitiés à travers lesquelles je m'épanouis dans différents secteurs de ma vie ! Ainsi, je suis toujours en compagnie stimulante pour l'activité du moment !

J'ai toujours occupé mes moments de loisirs pour développer de nouveaux talents selon mes goûts … Baignant encore dans l'amour et le plaisir, ça me détend et ça m'énergise ! J'avoue que plusieurs de ces talents me servent ensuite dans mon travail.

Prendre plaisir à cuisiner, à jardiner, à peindre, à chanter, à méditer pour se ressourcer. À aller à vélo, en ski, en patin… Que sais-je ?

Faites-vous triper !

Acceptez d'affronter vos peurs et de sortir de votre zone de confort !

Le plaisir se trouve là : dans la découverte de soi ! La première personne avec qui vous êtes en relation 24 heures sur 24, c'est vous !

Je suis toujours étonnée d'entendre des gens me dire que ce qui les empêche d'avoir du plaisir dans la vie, c'est la routine, le conjoint, le travail… Mais en même temps ils rebutent à essayer des choses nouvelles. Trop épeurant ! Trop fatiguant !

Laissez tomber le pâté chinois et essayez autre chose !

Changez de pays à chaque année pour votre voyage dans le sud !

Changez de terrain de camping à chaque été !

Essayez de nouvelles pistes cyclables, de nouvelles patinoires. De nouveaux genres de livres, de films, de jeux !

Apprenez une nouvelle langue !

Faites-vous de nouveaux amis, de nouvelles relations.

Changez de conjoint si ça ne fait plus votre affaire !

Laissez vivre ce ti-cul intérieur qui vous habite !

Si nos choix de vie sont basés en premier lieu sur le matériel et le confort à court terme, on se met un doigt dans l'œil…. Si on fait des choix de vie en fonction des choses que l'on aime et qui nous passionnent, alors tôt ou tard, l'argent se pointe et le temps aussi pour en faire encore plus !

J'en suis la preuve vivante !

Carole Miville
Conférencière, formatrice et auteure du livre « Rire et grandir »
Événements : Devant un public... Je communique et ça clique les 14 et 15 mai et Rire et Grandir le 30 mai.
Info : http://www.formationpersonnelle.com
Courriel : info@formationpersonnelle.com


L’état de plaisir

Il y a LES plaisirs et il y a LE plaisir. Le 1er suggère une panoplie d'activités qui nous procurent de l'agrément, tandis que le 2e nous ramène plutôt à un état, à quelque chose qui est généré de l'intérieur.

Il n'y a pas de plaisir sans état de légèreté, ni aucune légèreté possible tant que l'on est absorbé par le passé ou le futur. Comme ces derniers constituent le champ d'activité du mental, on en vient au constat que le plaisir, en tant qu'état, ne peut exister qu'en dehors de la tête et surtout au présent.

Avec la vie que nous menons, pas étonnant de devoir en arriver à se réserver des plages de temps (quelle expression relaxante !…) qui seront consacrées uniquement au plaisir.

D'ici à ce que nous redevenions comme des enfants qui passent avec légèreté d'un moment présent à l'autre, nous risquons souvent de faire passer le plaisir sous la table, si nous ne posons pas des gestes concrets pour lui faire une place.

S'arrêter est vital

En effet, il faut d'abord reconnaître son besoin de s'arrêter, de s'amuser, de prendre soin de soi comme prioritaire à celui de prendre soin des autres, avant de décider de libérer du temps pour le faire.

Nous sommes à ce point conditionnés à performer et axés sur les tâches que nous avons besoin de moyens concrets pour nous rappeler que la non-action, la détente et le plaisir sont des éléments essentiels à notre équilibre, non seulement physique mais aussi émotionnel et psychique.

Vous souvenez-vous de l'adage : « il n'y a pas de mal à se faire du bien ! » ? N'y a-t-il pas une saveur de culpabilité dans cette phrase ? Avons-nous besoin de nous justifier pour nous accorder le droit au plaisir, à la jouissance d'être en vie, sans lien avec l'obligation d'un résultat ?

Pourtant, les vibrations du plaisir sont encore là, dans la mémoire cellulaire des enfants que nous avons été et elles ne demandent qu'à être réactivées.

Les incidences d'épuisement professionnel ayant monté en flèche ces dernières décennies ne sont certes pas étrangères à la popularité grandissante des Spa domestiques, des Spas Nordiques, des Relais Santé et des établissements qui dispensent des soins corporels.

Nous avons besoin de nous évader du tourbillon du quotidien (dans un bon bain tourbillon…) car souvent nos bonnes intentions de nous réserver du temps se font gruger par les imprévus. Ainsi les moments pour soi se retrouvent tout au bas de la liste des priorités, ne faisant qu'élargir le cercle vicieux.

À notre défense, il faut bien reconnaître que notre éducation ne nous a, en général, pas beaucoup orientés vers la notion de plaisir; ce qui fait que plusieurs vivent le paradoxe d'avoir à faire un effort afin de créer une place pour le plaisir dans leur vie.

À la rencontre de soi

En tant que personne ressource « jouvaillant » dans un Spa (mot sandwich de mon cru alliant jeu et travail), je rencontre bien des gens qui s'offrent un séjour pour la première fois. Je n'ai encore entendu personne dire qu'ils ont trouvé le temps long; au contraire, ils souhaitent revenir !

Que se passe-t-il quand on s'accorde une pause de ce type ?

On se donne l'occasion de se rencontrer soi-même, de prendre le temps de se ressentir, de vraiment se reposer, de prendre du recul pour faire le point.

Bien sûr, une cabane en forêt ferait aussi bien l'affaire, mais comme nous vivons dans une société de performance et de pression, le premier besoin qui émerge est souvent de se dorloter et de se faire dorloter quand on le peut. Toute cette approche de cocooning est bien plus qu'une mode; elle répond à un besoin profond de trouver un équilibre à nos vies trépidantes.

Se donner du temps, se faire masser, flâner dans un bain, tout cela prend soin des signaux d'alarme lancés par le corps.

Cependant, bien des gens arrivent sur la table de massage en état de contraction tellement avancé, qu'ils devront expérimenter douleurs, malaises et grande fatigue avant de pouvoir ressentir les réels bienfaits d'un massage. En effet, quand on a dépassé ses limites, c'est la fatigue qui ressort aussitôt que l'on s'arrête pour prendre de petites vacances…

C'est au moment où l'on accorde un peu plus de temps aux choses « non productives » qu'on se rend compte à quel point le bien-être et le plaisir sont essentiels à un état de bonheur, celui qui n'a rien à voir avec les facteurs extérieurs.

C'est au-dedans que ça se passe…

Ce n'est pas par hasard que la tendance des Spa innovateurs soit axée depuis une dizaine d'années sur un bien-être plus intérieur. On n'hésite pas à parler de l'âme et de l'être dans les publicités, ce qui est devenu une recherche d'équilibre dans notre monde occidental.

Continuons de chercher, car il y a un plaisir bien plus profond et durable que les multiples plaisirs que notre civilisation du loisir tente de nous vendre comme étant essentiels à notre bonheur.

S'arrêter et se donner l'espace de se ressentir est une première étape et les moyens que l'on choisira pour atteindre ce but doivent passer par la facilité et le plaisir, car si vous pensez : il faut que je me mette en forme, il faut que je me trouve du temps, vous passez à côté du plaisir.

Alors demandez-vous : qu'est ce que je pourrais inclure dans mon quotidien que j'aurais du plaisir à refaire ? Est-ce de prendre des bains relaxants, de me faire masser régulièrement, de pratiquer le tai chi, le chi Kung, le yoga, la méditation ? Ou est-ce qu'une activité créative me permettrait mieux de laisser ma tête de côté pour quelques heures ?

La régularité dans quoi que ce soit mène à une habitude, ou au mieux, une seconde nature. En arriver au point de sentir un malaise dès qu'on est à côté de ses pompes est une grande victoire car cela révèle que c'est enfin l'être qui mène et non le faire. Notre société moderne cherche à redécouvrir une vérité si simple : la joie et la légèreté font partie intégrante de l'être. Après tout, nous ne sommes pas des « faire » humains, mais bien des êtres humains !

Nicole Dumont
Coach de vie, Animatrice, Instructeure de Yoga et auteure de « Ô Miroirs dites-moi » et de « Dire Adieu aux Illusions ».
Coaching par téléphone : 514-808-8137
Le Yoga un Art de Vivre, atelier de 3 jours au Spa Eastman, www.spa-eastman.com, Ateliers en région sur demande.
Consultez le www.nicoledumont.alchymed.com


Oser s’amuser

« Le sens de la vie, c'est justement de s'amuser avec la vie. » Milan Kundera

Comme plusieurs travailleurs autonomes, j'ai ressenti beaucoup de culpabilité à faire plus de place à l'amusement dans ma vie. Est-ce que j'ai assez travaillé aujourd'hui ? Est-ce que je devrais solliciter plus de contrats ? Voilà deux questions qui me perturbent quotidiennement depuis que j'ai quitté mon emploi régulier. Après quatre années de pratique intense, j'ai découvert qu'en faisant un petit pas par jour vers mon idéal professionnel, je pouvais avancer rapidement sans me priver de délicieux moments de plaisir dans ma journée.

Mais comment s'amuser ? En interviewant de nombreuses personnalités féminines aux vies extraordinaires, j'en suis venue à la conclusion que fatalement, les plus grands plaisirs sont souvent les plus ordinaires. Que ce soit la lecture, prendre une marche dans la nature, écrire un journal ou aller au cinéma, on n'a pas besoin de la grosse vie pour s'amuser. Contrairement à bien des hommes qui cherchent davantage à améliorer constamment leur situation professionnelle, les femmes ont cette merveilleuse aptitude à accorder plus d'importance à leur vie personnelle. On découvre alors qu'en s'amusant dans leur vie personnelle, leur travail devient inévitablement moins ardu ! Et surtout, ces femmes développent l'énergie et la force qui donnent sens à leur vie.

Car dans toute démarche personnelle, il y a cette recherche constante de sens. À mon humble avis, la vie n'a d'autre sens que celui qu'on lui donne, que nous sommes l'artiste de notre propre vie, de notre réalité. Dès lors qu'on en vient à croire cela, on peut se donner le choix entre vivre une vie de souffrances et d'obstacles ou vivre une vie agréable remplie de plaisirs. Oui, oui, je sais, tout n'est pas rose, il y a les responsabilités, les obligations et les épreuves. Mais tout est dans l'importance qu'on leur accorde.

Chaque jour, je fais le choix de mener une vie riche en plaisirs. La meilleure façon d'y arriver pour moi a été de retrouver mon côté enfant et de développer mon aptitude à ressentir le moment présent.

Tout comme l'enfant, j'aime patauger dans ma baignoire, me plonger la tête sous l'eau en faisant des bulles. Ma salle de bain est en sorte devenue mon carré de sable. Et je dois l'avouer mes jouets se sont transformés en petits pots-de-crème… Je ne les considère pas comme des outils m'aidant à conserver une éternelle jeunesse auprès des miens mais bien comme des éléments pour me dorloter et exacerber mes sens grâce à leur odeur ou leur onctuosité rassurante.

Tout comme l'enfant, quand un ami me propose d'aller marcher dans le parc en plein mercredi après-midi, je dis oui tout naturellement, même si j'ai de la vaisselle ou du lavage à faire. Je n'hésite pas à me balancer dans la balançoire des grands pour refaire le monde avec lui. On oublie alors le jour et l'heure, en se concentrant sur le vertige que nous procure la hauteur. Je ne peux vous dire à quel point ces moments d'insouciance remplissent ma vie d'inspiration et de ce bonheur qui permet de soulever les montagnes.

Tout comme l'enfant, je ne me casse pas la tête à lire des livres qui m'ennuient. Je me plonge dans des romans qui me passionnent et me font vivre par procuration toutes sortes d'aventures. Avec un bon livre pour me distraire, comment puis-je me plaindre de la vie ? Et quand mon amoureux se plaint de la lumière dans la chambre, je m'installe sous les couvertures, avec ma petite lampe de lecture, et je lis jusque tard dans la nuit… hi hi hi ! Quoi ? Il faut bien que la vie d'adulte ait ses avantages !

Tout comme l'enfant, je passe des heures à observer la nature et les animaux. Le héron qui veut dominer mon étang, la petite famille de canard qui semble faire de la nage synchronisée et mes deux chiens pour qui le temps n'existe pas. C'est dans ces moments de totale évasion que je redécouvre une façon positive de percevoir le monde.

Quand j'arrive comme l'enfant ou le héron, à me concentrer uniquement sur le présent, mes besoins deviennent pratiquement inexistants et mon temps lui, devient infini. C'est vraiment dans cet espace que je me divertis le plus, car tout est permis, sans aucune limite.

Et une fois que j'ai fini de jouer, eh bien, je remets mon chapeau d'adulte, je regarde ma montre et j'attaque ma liste de choses à faire. Et je me mets à la tâche avec le sourire, car je sais qu'il y aura toujours le moment présent pour m'amuser…

Sophie Bérubé
Auteure de « S'amuser au féminin », Éditions Les Intouchables
Animatrice de Sans Filtre, sur les ondes de VOX : www.sansfiltre.com


La magie des plantes

Au moment où vous me lisez, les arbres sont probablement couronnés d'un vert profond. J'espère que vous avez été de ceux qui ont pris le temps d'assister à la magie du printemps. C'est au moment de cette renaissance que j'ai la pleine certitude que nous sommes tous des enfants de la terre.

Aux premiers signes de chaleur, alors que nous ne savons encore que faire de nos mitaines et de nos tuques, les rues se remettent à vivre, les couples s'y promènent, les rires des enfants nous parviennent des ruelles, les amis se rencontrent, les oiseaux gazouillent… Nous sommes alors emplis d'une énergie montante, de bonheur, de vitalité.

Nous ne sommes pas les seuls à être ébranlés par ces changements, la nature attendait elle aussi cette occasion de se montrer le bout du nez. Les crocus sont les premiers à colorer nos pelouses encore inertes, puis suivent les tulipes et une multitude de plantes décoratives que je ne pourrais nommer. Je dois vous avouer que j'ai plus d'affinités avec les mauvaises herbes !

La sève monte dans les arbres tout comme la vie monte en nous. C'est lorsque leurs bourgeons éclosent que l'on peut assister, selon moi, à l'une des plus belles expressions de la vie. Avez-vous déjà remarqué la beauté de la luminosité matinale à travers le vert tendre des feuilles nouvelles ? Et bien je vous suggère d'y être plus attentif l'an prochain.

Cela faisait un moment que je rêvais de pique-niques et de robes à bretelles lorsque la vie s'est métamorphosée de la sorte. Les saisons passent si vite, j'ai bien peur de me réveiller demain sous un drap de neige immaculée.

En tant qu'herboriste en devenir, j'avais bien hâte de pouvoir renouer avec nos chers pissenlits, orties, trèfle rouges et compagnie. Je sais que pour certains les herbes sauvages sont plutôt dérangeantes. Nous avons oublié que, dans sa générosité, la mère nature a pensé à tout, elle a mis à notre disposition des remèdes accessibles, gratuits et inoffensifs. Je tiens à préciser par contre, qu'effectivement certaines plantes sont toxiques et que leur usage est à prohiber. Mais j'ai la ferme conviction que ce qui pousse autour de nous a sa raison d'être.

Effectivement, nous sommes de plus en plus intoxiqués en raison de l'air que nous respirons, des pesticides, produits chimiques et autres, pas étonnant que nous ayons de la difficulté à nous départir des pissenlits et du trèfle rouge. Ce dernier est utilisé depuis des lustres pour remettre en circulation les toxines que nos cellules accumulent, mais comme il ne favorise pas leur élimination du corps, on le jumelle souvent avec le pissenlit, celui-ci est un excellent diurétique et favorise l'excrétion des toxines via les reins.

Par contre, avant d'entreprendre un traitement de la sorte, il faut s'assurer que les reins sont en mesure d'accomplir leurs fonctions, et c'est là que l'ortie entre en jeu. C'est une des seules plantes qui a la capacité de reconstruire les cellules des reins et donc de les tonifier. En plus, elle apporte beaucoup de minéraux, donc diminue le taux d'acidité du corps et le nourrit.

Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à venir me rencontrer lors de l'évènement Flora en Fête qui aura lieu à Montréal le 20 juin 2009, entre-temps, j'espère que j'ai pu vous convaincre que les mauvaises herbes ne sont pas seulement bonnes à être désherbées et que vous profiterez pleinement de votre été !!

Tahnie Parent
Apprentie herboriste, Flora Medicina
Invitation : Célébration des dix ans de Flora Medicina, Flora en fête, samedi 20 juin à partir de 9 h au Carrefour communautaire l'Entre-Gens de Rosemont.
www.floramedicina.com.
Flora Medicina vise à conjuguer les visions ancestrales, modernes, scientifiques et énergétiques des plantes avec des approches différentes de la santé, de la maladie et de la guérison.


Mal dans son corps, bien dans sa tête ?

La détérioration qui s'est produite au niveau de notre alimentation n'affecte pas seulement notre santé physique, mais aussi notre santé psychologique. Si l'on regarde de plus près la subtile chimie du cerveau, on réalise bien vite que les neurotransmetteurs sont de plus en plus perturbés. « Qu'est-ce qu'un neurotransmetteur ? », me direz-vous.

Un neurotransmetteur est un médiateur chimique qui assure la transmission d'informations aussi bien au niveau du cerveau que dans le corps en entier. Les plus connus sont la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. C'est précisément sur la sérotonine qu'agissent les antidépresseurs utilisés couramment comme le Prozac, le Paxil, l'Effexor, etc.

Rôle de la sérotonine :

• Régulation de l'humeur
• Contrôle de la satiété
• Contrôle de l'irritabilité
• Contrôle de l'impatience
• Contrôle de la vulnérabilité au stress

L'alimentation raffinée, la présence de pesticides dans les aliments et le fastfood affectent-ils la qualité du travail effectué par les neurotransmetteurs dans le cerveau ? La science ne peut pas encore répondre de façon précise à cette question. Lorsque les neurotransmetteurs ne sont plus aptes à livrer leurs messages adéquatement - ou pire encore, s'ils transmettent des informations inexactes - il peut en résulter de nombreux dysfonctionnements. Par exemple, en consultation je rencontre de plus en plus de gens qui sont « sympathicotoniques », c'est-à-dire des gens qui sont en perpétuel mouvement, dormant peu et étant toujours en état de tension ou de stress. Il en résulte de l'hypertension, une prédisposition aux maladies cardiovasculaires, de l'anxiété et des troubles du sommeil. Ces personnes ont un taux d'hormone du stress élevé dans le sang (cortisol plasmatique).

Un cercle vicieux s'installe peu à peu : les neurotransmetteurs ne fonctionnant plus normalement, la personne a de plus en plus de difficulté à prendre des décisions, elle mange moins bien et elle peut même en venir à une perte du sens de sa vie… Arrive un temps où il se produit un « court-circuit » dans le cerveau et tout saute ! C'est l'épuisement, souvent appelé « burnout », un état qui flirte dangereusement avec la dépression.

Pour ma part, j'ai toujours cru qu'il existait un lien entre le dérèglement des neurotransmetteurs et le sens de la vie. Si notre « computer central » est décentré et que nos systèmes nerveux et hormonal sont déséquilibrés, il y a de fortes chances pour que nous soyons décentrés physiquement et que nous perdions le contrôle de notre existence. Et si nous mangeons de plus en plus mal, la chimie du cerveau ne peut faire autrement que de réagir devant la détérioration de la qualité des aliments.

Reprendre le volant de notre existence

Si nous reprenons le concept de santé globale - qui veut que la santé soit la résultante de plusieurs facteurs - nous devons développer le réflexe de compenser la diminution de la qualité des aliments en posant des gestes concrets dans les autres domaines de notre existence.

Prenons l'exemple d'une personne qui se sent totalement décentrée après avoir vécu une période de stress intense et durant laquelle elle a consommé du fastfood. Comment pourrait-elle retrouver son équilibre en portant une attention plus particulière aux six facettes du concept de santé globale ? Voici ce que je lui conseillerais :

• Alimentation : devenir consciente du déséquilibre et amorcer la correction en privilégiant une alimentation vivante.

• Mouvement : marcher quotidiennement 30 minutes en pleine nature et en profiter pour respirer consciemment et contacter le moment présent.

• Stress : identifier les stresseurs de sa vie et apporter des modifications là où cela est possible pour les diminuer.

• Spiritualité : ajouter la méditation et le silence à son hygiène de vie ou pratiquer régulièrement l'exercice 6-3-6.

Cette petite progression de conscience pourrait la remettre sur son chemin de vie.

Exercice pour induire un état de relaxation : La respiration 6-3-6

• S'asseoir.
• La tête doit être bien centrée.
• Faire le calme.
• Inspirer en comptant 1-2-3-4-5-6.
• Maintenir et compter 1-2-3.
• Expirer lentement en comptant 1-2-3-4-5-6.
• Répéter trois fois.

En apprenant ainsi à jouer avec les différentes composantes de notre vie, nous réalisons peu à peu que lorsque viennent des périodes plus difficiles, nous réussissons à les traverser avec plus de facilité. Il faut toujours mettre les six indicateurs de la santé en interaction et en complémentarité les uns avec les autres.

C'est ce que j'appelle guérir sa vie !

Dr Jean Drouin
Médecin, conférencier et auteur : « Guérir sa vie : les six clés essentielles pour gérer sa santé » aux Éditions du Dauphin Blanc.


Manger bio-local, un plaisir incomparable !

Pendant de nombreuses années, l'action de manger n'était pour moi qu'une activité quotidienne banale à laquelle j'accordais peu d'importance. Puis, j'ai peu à peu réalisé que se nourrir était en fait le geste ayant le plus grand impact sur l'environnement, la société et la santé. Depuis, par souci de réduction de mon empreinte écologique, les aliments frais, biologiques et locaux ont pris d'assaut ma cuisine. Contrairement à ce que certains pourraient penser, ces changements alimentaires n'ont rien eu de contraignants; ils ne m'ont amenée qu'à découvrir de nouveaux aliments et à créer de nouvelles recettes ! Cuisiner des aliments biologiques d'ici est un pur plaisir d'autant plus qu'il est de plus en plus facile, surtout pendant la période des récoltes, d'avoir accès à une panoplie de produits.

Pour le respect de l'environnement

L'une des premières joies que j'éprouve à manger des aliments bio-locaux est incontestablement le fait que cette action contribue à réduire mon empreinte écologique. D'abord, étant strictement réglementés au Québec, les aliments biologiques sont exempts de pesticides, d'hormones de synthèses et d'organismes génétiquement modifiés (OGM). Ils sont donc davantage respectueux de l'environnement que ceux issus de l'agriculture conventionnelle. De plus, les aliments locaux, ne voyageant en moyenne que 100 km du champ à l'assiette, émettent beaucoup moins de gaz à effet de serre que les produits importés qui parcourent entre 2 400 et 4 000 km. En plus, ces derniers sont de plus en plus transportés par avion qui constitue le mode de transport le plus polluant ! Pour le soutien de ma communauté.

Compte tenu du contexte économique actuel, je suis heureuse de soutenir concrètement l'économie locale en achetant des produits bio-locaux. En fait, si chaque consommateur achetait chaque semaine pour 20 $ de produits du Québec, plus de 100 000 emplois seraient créés chez nous. Même si je reste en ville, je m'assure d'acheter le plus de produits possible directement des producteurs afin de savoir d'où ils proviennent. L'achat local me permet également de garder contact avec la réalité des producteurs locaux tout en tissant des liens avec eux, ce qui rend l'expérience beaucoup plus agréable et humaine !

Pour ma santé

La satisfaction de protéger ma santé, ainsi que celle des producteurs et des générations futures, est manifestement un autre avantage de la consommation d'aliments bio-locaux. Je privilégie particulièrement les aliments biologiques suivants car leurs équivalents conventionnels recèlent beaucoup de résidus de pesticides : pommes, fraises, cerises, framboises, épinards, poivrons, céleris, pommes de terre, piments forts, et tofu. Plusieurs études révèlent que 80 % des pesticides retrouvés dans le corps des enfants proviennent de l'alimentation1, une raison de plus pour consommer bio.

Où trouver des aliments bio-locaux ?

Les produits bio-locaux sont très accessibles, dans les marchés publics ainsi que les petites épiceries de quartier qui encouragent davantage les producteurs locaux. Évidemment, l'idéal est d'acheter nos produits directement auprès de nos fermiers locaux. Le réseau d'Agriculture soutenue par la communauté (ASC) coordonné par Équiterre au Québec aide notamment les consommateurs à trouver un fermier de famille. En échange d'une part de récolte achetée à l'avance, le fermier livre chaque semaine un panier de légumes d'ici, cultivés dans le respect de l'environnement, à un point de chute déterminé (www.equiterre.org).

Manger bio-local c'est abordable : trucs pratiques

Contrairement à la croyance populaire, manger des aliments biologiques et locaux peut être abordable, spécialement si on achète directement des producteurs. Voici quelques-uns de mes petits trucs pour vous aider à économiser tout en savourant les délicieux produits biologiques d'ici :

• remplacer lors de chaque épicerie un fruit ou légume conventionnel par un fruit ou légume biologique en saison ;

• remplacer une portion de viande par semaine par du tofu certifié biologique ou par des légumineuses bio-locales (fèves rouges, pois cassés, lentilles, etc.) ;

• favoriser l'achat de farine biologique moulue au Québec;

• substituer certains produits locaux dans les recettes préférées en laissant libre cours à l'imagination (ex. : remplacer le sucre blanc par le miel ou le sirop d'érable, le vinaigre balsamique par du vinaigre de pomme, les patates douces par de la courge, etc.);

• cultiver sa propre jardinière avec des plants, fines herbes et semences non-traitées et biologiques souvent disponibles à faible coût dans plusieurs marchés publics au printemps.

Mot de la faim

Manger de façon plus responsable est facile, amusant et gratifiant. Le simple fait de savoir que les aliments bio-locaux ont une faible empreinte écologique et permettent de soutenir directement les fermiers d'ici leur donne bien meilleur goût ! Alors, pourquoi ne pas les incorporer plus souvent au menu ? Mettez le Québec bio dans votre assiette ! Des découvertes et du plaisir assuré !

Geneviève Grossenbacher
Équiterre contribue à bâtir un mouvement de société en incitant citoyens, organisations et gouvernements à faire des choix écologiques, équitables et solidaires.
www.equiterre.org


Le plaisir de cuisiner

Adopter un nouveau regard…et renouer avec le plaisir d'être en santé.

L'alimentation est premièrement une question de perception. Dans le rythme de vie empressé qui est le nôtre, nous cherchons à sauver du temps. Malheureusement c'est souvent au détriment de besoins essentiels de la vie quotidienne que nous récupérons des minutes : par exemple, emprunter du temps dans la préparation des repas ce qui définitivement en diminue la qualité. On rectifie le tir par un « rapido presto » sur un coin de table lundi, suivi d'un « tout préparé » dans la voiture mardi et peut-être un petit liquide protéiné tard en soirée mercredi. Ce qu'on oublie dans ces gestes banals c'est que pour générer la santé et le plaisir, le facteur alimentation doit respecter les concepts de base qui contribuent à la croissance, à l'entretien et à la reconstruction du corps et du mental.

Difficile me direz-vous ! Bien manger est un vrai casse-tête ! J'ai de bonnes intentions, c'est un grand désir chez moi de bien me nourrir et de bien nourrir ma famille. Mais il arrive toujours quelque chose qui me fait abandonner mes bonnes résolutions. Le problème se trouve majoritairement dans la perception que nous avons face aux choix des aliments ainsi qu'à la préparation des repas. Il est essentiel de reconstruire notre regard face à notre alimentation. Notre perception a été altérée pour plein de raisons et ça n'a pas vraiment d'importance de les connaître.

Ce qui importe c'est d'arrêter ce dérapage qui nous amène tout droit dans une impasse. La période des repas est un moment de plaisir, comme une nouvelle histoire à inventer, non comme une routine terne et ardue à affronter. C'est un temps privilégié pour se retrouver, communiquer, relaxer et profiter de l'abondance des odeurs, des goûts, des textures et de la variété colorée des aliments que nous avons consciemment choisis et préparés. Le plaisir ou le désagrément de cuisiner santé se trouve dans l'intention qui nous habite face à la préparation des repas : l'intention étant pour moi le but à atteindre, le résultat de ma capacité à imaginer.

Cette capacité d'imaginer étant unique à chacun, voici en exemple mon intention, animée par la valeur des nutriments générant la santé.

Quand je me retrouve devant les comptoirs de ma cuisine et que je choisis des aliments qui vont faire partie de la préparation de notre repas, mon regard est :

• Je pense toujours aux bienfaits que chacun de ces aliments nous procurent ainsi que les particularités qui les représentent et ce qu'ils génèrent dans notre organisme.

• En regardant les poivrons orange remplis de lutéine qui nourrit la macula de mes yeux, l'avocat gorgé d'acides gras essentiels qui nourrissent le muscle cardiaque, le cerveau, nos glandes, etc. je remercie pour l'abondance des choix qui nous sont offerts.

• Je m'inspire de toutes les couleurs, des odeurs, des aromates et des légumes que je prépare et qui accompagneront parfaitement des lentilles aux milles vertus, déposées sur un lit de couscous de blé intégral, cuit dans un bouillon de Miso, reminéralisant par excellence, le tout rehaussé de fines herbes fraîches et curatives.

• Ce plat mérite bien sûr que je crée une atmosphère : qu'il soit présenté dans une belle assiette, sur une table habillée d'une nappe colorée à souhait et accompagné d'un éclairage qui favorisera la paix et les discussions, prédisposition essentielle à la digestion et au plaisir de manger. L'intention qui m'habite face à l'alimentation et à la préparation des repas est une intention de plaisir de générer la santé, de découvrir de nouveaux aliments, d'inventer de nouvelles recettes, de réunir ceux que j'aime, de partager mon quotidien, de ralentir mon rythme et de vivre le moment présent avec les gens qui partagent cette table.

Et vous, par quelle intention êtes-vous habités quand vous vous retrouvez face à votre comptoir de cuisine ?

Ce texte est tiré du livre « Choisir la Santé une belle façon de s'aimer » Éditions grand vent.

Sylvie Asselin, n.d.
Gérontologue, Naturopathe, membre du Collège des naturopathes du Québec, elle intervient dans le respect de l'approche Hygionomiste. Consultation, coaching, école d'alimentation santé, conférencière, coauteure du livre « Choisir la santé une belle façon de s'aimer » coanimatrice de l'atelier « Choisir la santé »
www.sylvieasselinnaturopathe.com
514-891-8618


Où est donc le plaisir ?

Bon Dieu que j'ai cherché…pendant 20 ans, j'ai cherché le plaisir partout, dans tout et surtout, dans la spiritualité. Parfois, je le trouvais, certaine de l'avoir bien ancré en moi et hop, après un certain temps il m'échappait. À certains moments, j'étais convaincue que je l'avais trouvé pour de bon, après toutes ces recherches spirituelles, après avoir goûté tout le buffet du nouvel-âge, je l'avais enfin trouvé, je le dégustais finalement et hop, les problèmes se manifestaient et vlan, tout était à recommencer. C'était à n'y rien comprendre.

Et, il y a un an et demi, j'ai compris. J'ai compris ce monde dans lequel nous vivons, un monde duel où les pôles se marient autant qu'ils s'entrechoquent. J'ai également compris la non-dualité, le principe de l'unité où tout est relié jusque dans l'infiniment petit. Et j'ai finalement compris le non-dualisme pur où ce monde dans lequel nous vivons et le monde de Dieu s'excluent mutuellement. Le plaisir n'était plus très loin, je le sentais, mais allait-il s'échapper encore une fois ?

Le plaisir est toujours relié à une recherche, une sensation, une émotion, un besoin. Est-ce possible que le plaisir soit utilisé pour combler un vide ? Est-ce possible d'être en paix avec le plaisir dans un monde où le plaisir est l'ultime but ?

Ce monde dans lequel nous vivons demande une attention spéciale et toujours incessante, notre corps demande également une attention particulière. Le corps a constamment des besoins, c'est une machine à besoins (le mot machine est plutôt faible ici) : besoin de manger, besoin d'oxygène, besoin de repos, besoin d'affection, besoin d'attention, besoin de plaisir, besoin d'exercice, besoin d'amour, besoin d'argent, besoin de protection contre les éléments…

Je ne suis jamais en paix avec le monde de la forme, il m'en demande toujours. Même avec le minimum de la simplicité volontaire, les demandes sont toujours là pour nous éloigner continuellement de l'essentiel, l'esprit. Tout existe dans ce monde pour nous détourner de l'esprit, là où la paix peut réellement habiter et où le plaisir a un sens. Vous pouvez vous retrouver sur une montagne verdoyante où le soleil chatouille tendrement vos orteils et votre corps repose sur une herbe veloutée, les oiseaux caressant avec harmonie vos oreilles, mais si votre esprit est perturbé, tout cet attirail devient une simple illusion de paix. Mais vous pouvez également vous retrouver dans ce même endroit thérapeutique et après plusieurs jours en ressortir paisible et détendu. Malgré tout, force est d'admettre que cela ne durera pas. Le monde dans lequel nous vivons est dysfonctionnel, les problèmes vont refaire surface. Rien dans ce monde ne peut apporter en permanence la paix d'esprit recherchée, le plaisir de la béatitude, le sourire satisfait de la Joconde. La paix de l'esprit n'est pas de ce monde, elle est dans notre esprit et c'est là que réside le vrai pouvoir.

Il est important de découvrir le but derrière notre poursuite de plaisir, même derrière ces petits plaisirs simples du quotidien tant encouragés par la psychothérapie. Aussi longtemps que l'on va rechercher le plaisir dans les choses extérieures (objets, personnes, situations…), la recherche va continuer. Le seul plaisir durable et profond n'est-il pas celui de la paix intérieure, celle que l'on acquiert justement en ne cherchant pas dans le monde, mais en soi ? Cet état d'esprit paisible est justement le point de départ vers le plaisir, car il ne dépend pas d'un état extérieur, mais plutôt d'une attitude intérieure.

Ce n'est plus important si j'écoute un magnifique concert au clair de lune avec mon amoureux ou si je suis prise dans le trafic en retard d'une heure pour le rendez-vous de ma vie. La paix intérieure m'habite, m'inonde, et c'est elle qui m'apporte du plaisir, c'est elle qui me fait sourire, c'est elle qui me nourrit et m'émerveille, peu importe ce que je vis extérieurement. Je ne dépends plus des situations de ma vie pour être en paix, je suis libérée, je suis libre. Et en affirmant ceci, je ne nie pas pour autant le plaisir dans ce monde. Mais je sais qu'il est impermanent et changeant. Je choisis de ne pas en dépendre. Je peux ainsi l'apprécier davantage sans y mettre une charge émotionnelle importante, sans y rechercher quoi que ce soit. Je suis détachée et en paix.

Donc, est-ce si important de savoir si le monde fonctionnera mieux ou non ? Est-ce primordial de changer ce qui se passe à l'extérieur de nous quand le réel changement n'appartient pas à ce monde ? Le plaisir vient de mon esprit, mon attitude, ma perception. Le système de pensée auquel je vais adhérer va réellement déterminer mon expérience. Un esprit inexercé ne peut rien accomplir. Un esprit en paix amène inévitablement un monde en paix. Tant que nous chercherons à l'extérieur de nous pour acquérir un état d'être intérieur, nous ne trouverons pas. La solution n'est pas dans ce monde, mais dans notre esprit. Que le plaisir soit avec vous…et avec votre esprit !

Louise Nassif
Louise Nassif est l'organisatrice d'un groupe d'études sur le non-dualisme pur à Montréal basé sur les principes du Cours en miracles et du livre de Gary Renard, « Et l'univers disparaîtra » aux éditions Ariane.
infos: louise.nassif@gmail.com


Le dialogue du Djembé

Je regarde les aiguilles de l'horloge... Dix-huit heures trente-cinq. Je suis sur scène, prêt à entamer le cours de percussions africaines à l'école Samajam. Autour de moi, un capharnaüm sonore retentit... Les quelques quatre-vingts étudiants positionnent leur djembé, et se mettent à frapper la peau, parfois avec grâce, parfois avec violence, mais toujours avec le désir ardent de produire un maximum de son possible. J'éprouve toujours un vif plaisir à scruter la scène qui s'offre devant moi. De la plate-forme surélevée, c'est quasi surréaliste de voir comment l'humain, dans un contexte précis, renoue avec la bête en lui.

Il faut cependant ramener cette « meute » à l'ordre afin de réussir à faire parler le djembé, et non pas laisser planer la cacophonie actuelle. Mais, les gens ont l'air d'être tellement dans leur élément, que je pourrais disparaître de la pièce pendant une heure complète, revenir et rien n'aurait changé... Phénomène fascinant où le temps n'a plus aucune importance.

Un des aspects les plus fascinants et les plus intéressants de la percussion africaine, c'est le sentiment d'appartenance à un groupe, à un clan. Bien sûr, le djembé tire ses racines de cette observation. Le rythme n'existe que parce que plusieurs djembéistes le créent. Chacun y va de sa contribution, chacun joue son propre accompagnement, et les notes s'imbriquent les unes dans les autres comme si elles ne formaient qu'un tout cohérent et vraiment mélodieux à l'oreille.

Par contre, cette simple mise en commun de capacités musicales va beaucoup plus loin. Le djembé apporte beaucoup plus que le simple fait de garnir notre existence avec des notes de musique. Outre le fait d'être extrêmement libérateur en faisant relâcher la tension intérieure (qui n'a jamais voulu frapper sur quelque chose pour se défouler), il permet de pouvoir entrer en contact avec son prochain, de reconnecter complètement avec la fameuse « bête sociale » qui sommeille en nous. C'est une courroie de rapprochement qui n'a pas son pareil, qui permet de vivre des activités sociales primordiales et de vivre des expériences de groupe inoubliables.

Le djembé permet de rencontrer des gens qui autrement seraient passés complètement inaperçus. Il fait tomber les masques sociaux. Le réseau social s'enrichit donc de personnes qui exercent des métiers différents, qui ont des pensées et des mentalités complètement différentes de soi-même, qui ont un train de vie qu'on n'oserait même pas imaginer. Mais, une passion, un intérêt et un désir commun nous habite tous, celui de renouer avec l'esprit de groupe, de clan. C'est un besoin fondamental de l'être humain. Et cela est rendu possible grâce au djembé.

Dix-huit heures trente-sept et cinquante secondes... cinquante- quatre....cinquante-sept...Dix-huit heures trente-huit. C'est à ce moment que je frappe à mon tour sur mon tambour, juché sur son support, les sons crevant les multiples bulles qui se sont formées durant le dernier quart d'heure. Les roulements, les tapes, les chauffés se succèdent de plus en plus vite, je laisse mes mains parler, puis, j'effectue l'appel classique des rythmes (pra-pi-pi-pi-pipi-papapa!) et... Plus rien... Malaise... Déstabilisation... Les peaux se taisent, les gens se tournent dans ma direction, et c'est ainsi que démarre une autre soirée de percussions inoubliable à l'école Samajam, où les bouches se ferment afin que les djembés puissent enfin se mettre à parler...

Incroyable et fascinant de voir qu'un simple morceau de tronc d'arbre recouvert d'une peau de chèvre peut avoir autant d'impact...

Martin Ruel
Professeur de percussions, École de percussions Samajam, la plus grande école de percussions du Canada. Interventions en entreprise / Spectacles / Œuvres sociales et humanitaires... et beaucoup de plaisir et d'énergie !
www.Samajam.biz / (514) 598-1554


Dans le silence du désert

Marche et ressourcement dans le silence du désert

Qui n'a pas rêvé de partir dans un désert ?

J'ai eu ce privilège de vivre un voyage de ressourcement dans le Sahara marocain avec un groupe de douze personnes, en tant qu'animatrice.

Je souhaite partager quelques moments précieux qui emplissent mon cœur encore aujourd'hui.

La découverte

Lorsque je me retrouve dans l'avion pour Casablanca, je dois me pincer. Et oui, je pars marcher dans le désert pendant plus d'une semaine. Ce rêve est en train de devenir réalité !

Neuf heures plus tard, nous nous retrouvons dans un dépaysement qui ne fait que commencer. La langue arabe sonne délicieusement à mes oreilles. Lors de la récupération des bagages, je vois arriver un homme habillé dans une magnifique gandoura bleue avec un turban sur la tête. C'est notre guide Mohamed, un berbère, qui est venu nous chercher à l'aéroport. Après les salutations d'usage, nous voilà tous dans une grande jeep, en route vers Zagora.

Les paysages défilent, tous plus grandioses les uns que les autres. Les maisons sont en terre séchée couleur ocre. Les dattiers sont gorgés de fruits prêts à être cueillis.

Un premier choc culturel

Lors de notre arrivée à Zagora, dans un hôtel décoré de tapis et de coussins brodés, nous sommes tous invités dans la famille de notre guide pour y déguster un couscous royal.

Avez-vous déjà mangé un couscous sans ustensiles ? Je regarde la dextérité de nos hôtes; cela n'a pas l'air si compliqué. Il s'agit de prendre un peu de couscous dans les mains, les rouler dans ses doigts pour en faire une belle boule et ensuite s'organiser pour que cette boulette atteigne votre bouche sans dégât. Nous sommes plusieurs à faire nos expériences. Quant à moi, j'ai plus de couscous sur mes bras que dans ma bouche ce qui ne m'empêche pas d'avoir du plaisir, d’éclater de rire et de continuer mon apprentissage.

Très subtilement, nos hôtes ont compris que des cuillères sont les bienvenues. De nouvelles habitudes culturelles ont besoin de temps pour être intégrées.

L'entrée dans le désert un pas à la fois

Le lendemain nous faisons route vers le désert. Nous rejoignons les dromadaires et les chameliers au pied des montagnes Jbel Bani. Je propose le rituel quotidien avec quelques exercices pour nous ramener à l'intérieur de nous-mêmes, réveiller la flexibilité et demander à chacun de réfléchir à l'intention du jour avec laquelle sera vécue notre première traversée. Je les invite à prendre conscience de leur corps, à entrer en résonnance avec ce paysage grandiose qui nous entoure et à apprivoiser le silence lors de la marche.

Nous franchissons notre premier col et commençons à entrer dans le désert de pierres. Le rythme est lent mais la montée est difficile pour certains. La devise d'un pas à la fois prend alors tout son sens. La beauté du paysage reste indescriptible. Nous paraissons si petits dans cette immensité. Le désert enseigne sa première leçon d'humilité.

Une expérience solidaire et généreuse

Chaque soir, nous prenons un moment pour partager nos expériences en lien avec notre intention du jour. Le désert offre une belle opportunité de lâcher ce qui nous pèse pour retrouver la simplicité et la légèreté. Chacun en témoigne à sa façon. La démarche est individuelle pourtant la solidarité est présente en permanence.

Lors de nos marches silencieuses, certains vivaient diverses émotions. Je me souviens avoir été très touchée lorsqu'une des participantes est venue donner la main à une autre qui vivait beaucoup de peine et pour laquelle chaque pas était difficile. Il en fut de même lorsque nous devions franchir des dunes; il y avait toujours une ou deux mains charitables qui nous attendaient pour nous hisser vers le haut. Ces élans de solidarité ont contribué à souder le groupe.

La générosité était aussi présente dans l'équipe marocaine. Ces hommes du désert étaient heureux de partager avec nous leur amour de cet environnement familier. Un jour, arrêtée en haut d'une dune, je regardais au loin s'approcher les chameliers qui chantaient des chants berbères. Je me suis mise à pleurer de gratitude envers ces hommes qui prenaient tant de soin pour nous rendre le voyage agréable. À la grande surprise et satisfaction de nos guides, effectuer une corvée de ramassage de déchets laissés par des humains non scrupuleux a été une belle façon de témoigner à notre tour notre solidarité envers eux.

En conclusion

Lors de nos retrouvailles quelques mois après notre retour, chacun restait encore habité par les prises de conscience révélées par l'expérience du désert. Les témoignages de solidarité et ces rendez-vous avec la lenteur et le silence avaient suscité des apprentissages marquants. Ce voyage aura été une belle opportunité de cheminer au cœur de soi tout en rencontrant l'autre différent de soi. Cela pourrait être ma définition de la spiritualité. Spiritours me donne la chance d'y retourner cet automne et j'ai bien hâte !

Claudie Pfeifer
Éducatrice physique, professeur d'éducation somatique et de danse fonctionnelle, massothérapeute et auteure du livre « Vivre en forme sans violence, les micro- mouvements pour bouger au quotidien », IQ éditrice, collection COACH.
Claudie Pfeifer est fondatrice et directrice du centre Emballons-nous,
www.centre-emballons-nous.com, Spiritours,
www.spiritours.com


La chose la plus précieuse au monde

Le temps est plus précieux que l'argent

On peut toujours gagner plus d'argent, mais jamais plus de temps.

En pleine récession, où nous sommes tous touchés de près ou de loin par cette crise, je ne peux voir que des opportunités. Bien que remplie de compassion pour les gens qui se font déstabiliser par la perte de clients ou la perte de leur emploi, je vois cette période creuse comme l'opportunité rêvée de réajuster notre tir. Non seulement au niveau du travail, mais sur la qualité de notre vie dans son ensemble. D'ailleurs, on ne le fait jamais assez souvent.

La nature humaine est ainsi faite qu'on doit se retrouver en situation de crise pour réagir ou bouger. Le confort ou « pseudo-confort » endort. Le fait que l'essence se retrouve à 1,50$ a fait qu'on s'est tous préoccupés de l'environnement et des moteurs à essence. Quand notre conjoint nous annonce qu'il ou qu'elle nous quitte, on dit être prêt à tout faire pour changer ! Notre patron veut couper notre poste ou un client veut partir ? Encore ici, on est prêt à tout pour améliorer la situation.

Je vous invite à prendre cette période plus difficile pour vous poser des questions sur vos relations. Surtout, sur la qualité de vos relations. Relations familiales, relation amoureuse, relations amicales et relations d'affaires. Passez-vous du temps de qualité avec des gens qui vous inspirent et qui partagent vos valeurs profondes ? Ou passez-vous plutôt beaucoup de temps avec un peu tout le monde qui est sur votre passage ?

On serait porté à croire qu'en affaires, tous les clients sont les bienvenus. Mais je me suis aperçu, après quelques années, que 20 % de mes clients drainaient 80 % de mon énergie. Et que 20 % de mes clients apportaient 80 % des revenus à l'entreprise. J'ai toujours tout fait ce que j'ai pu pour plaire à tous mes clients. C'est dans ma nature et dans la nature, je crois, de tous les entrepreneurs qui ont le souci du service à la clientèle et qui veulent réussir. Mais j'ai réalisé que certains clients étaient impossibles à satisfaire. Le meilleur de notre entreprise, nos meilleurs efforts collectifs, n'étaient pas encore assez bon pour eux. Je devais donc corriger la situation.

Je vous concède que je me trouvais complètement fou de considérer congédier un client. Mais la première fois que je suis passé à l'action, c'était comme si on avait enlevé un poids énorme de mes épaules. Et pour ceux qui s'interrogent, les revenus perdus ont été remplacés plus vite que je ne l'aurais imaginé. J'étais revenu aux principes de base de la loi d'attraction qui enseigne de focaliser sur le bon, le positif. Et depuis, j'hésite beaucoup moins avant de laisser aller un client.

Dernièrement j'ai même écouté un client potentiel pendant 20 minutes nous expliquer dans nos bureaux ce qu'il faisait et comment nous devrions faire notre travail pour l'aider. Oui oui ! Il nous disait ce qu'il attendait de nous et ce que les autres, avant nous, avaient fait. Alors à la seule occasion où j'ai pu émettre mon opinion, il s'est vite empressé de me couper la parole pour reprendre son monologue. Il a rejeté du revers de la main ce que j'avançais comme piste de solution. Finalement, quand il n'avait plus de souffle ou de mots à dire, j'ai pris mon courage à deux mains pour lui avouer que je ne croyais pas que nous étions un bon fournisseur pour lui. Vous auriez dû lui voir la « fraise » ! Je l'ai senti insulté. Mais je peux vous assurer que nous nous sommes tous les deux sauvés beaucoup de temps et de complications futures en ne faisant pas affaires ensemble.

« Plus grand est l'obstacle, et plus grande est la gloire de le surmonter. » Molière

Avez-vous besoin de « congédier » un ami ? Un conjoint ? Un patron ? Un membre de votre famille ? Le temps est précieux et les heures que vous perdez à tenter de « passer au travers » de certaines situations ne seront jamais récupérables. Surtout que ce temps précieux est gaspillé et pourrait être utilisé à vous faire plaisir. À vous rapprocher de gens qui vous ressemblent et que vous aimez. Autant dans votre travail, avec des clients qui vous font confiance et qui veulent progresser dans la direction que vous proposez, qu'avec des amis qui vous sont chers et qui ont des valeurs que vous partagez.

Jimmy Sévigny, un conférencier-motivateur, a perdu plus de 300 livres après avoir frôlé la mort alors qu'il était adolescent et que son poids était hors de contrôle. Il demandait à une famille lors d'une consultation, qu'est-ce que vous feriez avec 86 000 $ par jour si je vous disais que rien de ce montant ne peut être gardé pour le lendemain ? Tous ont répondus : « on dépenserait tout ! » Et Jimmy de répondre, c'est exactement ce que vous devez faire avec le temps. 86 000 secondes à tous les jours et quand la journée est finie, rien n'est transférable ou récupérable. Réfléchissez bien à comment vous « dépensez » vos 86 000 secondes.

Bon courage et n'attendez plus pour passer à l'action. Bâtissez la vie dont vous rêvez dès maintenant.

Yannick Therrien
Yannick est père de famille monoparentale et reconstituée, dirigeant d'entreprise, conférencier, auteur et professeur à l'université. Son propre processus de résolution de problèmes et son désir de venir en aide aux gens l'ont motivé à écrire son livre « Tout Pour Réussir ».
www.ToutPourReussir.net


Quand notre rêve peut se vivre en famille

Pourquoi pas ?

On a tous rêvé d'avoir sa maison de rêve, celle qui répondrait à nos besoins et qui serait un havre de paix. Et en plus qui serait en harmonie avec nos valeurs de faire attention à la planète et à la santé des gens qui vivent dans cette maison.

J'avais ce rêve, je le chérissais depuis plusieurs années, mais cela ne semblait jamais le bon moment, ou d'autres rêves semblaient plus urgents comme de voir le monde et de voyager aussi souvent que possible. J'avais donc certains petits problèmes de logistique, tels que le manque d'argent, pas de famille et pas de copain qui voulait exactement la même chose que moi.

Finalement, en 2005, je fais le premier pas. Après avoir cherché pendant presque 2 ans un terrain idéal, j'ai enfin trouvé et décidé d'acheter à deux, 35 acres de terrain en Estrie, un retour à mes sources.

Le temps passe, je veux bâtir tout de suite et voir enfin mon rêve se réaliser. Mon compagnon veut plutôt attendre à la retraite et n'a pas du tout la même vision que moi. Finalement, après avoir discuté de plusieurs idées, après plusieurs saisons, après avoir couché sous la tente sur le terrain, après s'être remis à visiter des maisons et des terrains plus petits, je saute seule sur la construction de ma première maison.

Le plus dur pour moi est de décider que c'est un projet qui m'est important et que je le fais maintenant. Quand j'ai pris ma décision, tout semble se placer et se réaliser d'une façon plus fluide.

J'ai donc racheté la part du terrain de mon compagnon d'alors et entrepris mon rêve avec toute l'ardeur qui m'est typique. J'ai pris des cours, des ateliers sur la construction durable et les maisons écologiques et saines. Dans mon processus, j'ai même rencontré un homme qui avait la même vision que moi et voulait partager ce rêve avec moi.

Il est donc venu se joindre à moi en cours de projet et c'est en couple et ensuite en famille avec son fils qu'on a bâti cette maison et déménagé dans l'Estrie.

Est-ce possible pour tous ? Je crois que oui, je crois sincèrement que lorsqu'on veut atteindre ses rêves et qu'on met toutes ses pensées et ses émotions dans son projet, alors oui, c'est possible.

Je vous entends déjà me répondre, cela a semblé facile pour vous, mais moi, j'ai telle ou telle embûche. Alors j'oublie mes rêves, car c'est impossible qu'il arrive en tête de mes priorités !

Je ne vous crois pas, j'en suis la preuve vivante. Tous mes rêves, auxquels je n'ai pas cru, sont encore en plan et non réalisés, et ceux que j'ai réussi à visualiser, à ressentir et à mettre en priorité, ceux-là sont réalisés : comme faire le tour du monde, vivre et travailler à l'étranger, bâtir sa maison de rêve en couple.

Chacun de mes accomplissements a suivi cette démarche :

• Le rêve - Le voir, le sentir, l'amplifier, et y croire

• La recherche et la planification - Lire, s'informer, prendre des cours, se faire aider, poser des questions - Faire un plan et un budget - Continuer de rêver et de voir sa réalisation

• Le maintien en vie de son rêve - Faire des actions au quotidien

• La réalisation de son rêve - Suivre la réalisation, le budget et s'assurer de prendre les bonnes décisions

• L'accomplissement de son rêve

• La préparation de son prochain rêve à réaliser

Et voilà, j'ai partagé avec vous ma démarche et c'est à votre tour, quel rêve allez-vous réaliser en 2009 ? Quels seront vos premiers pas ou premières démarches, avez-vous écrit dans votre agenda ce que vous ferez cette semaine et ce mois-ci ? Avez-vous un groupe de support et rêvez-vous en vous couchant et en vous levant le matin ?

Élise Lacroix et François Parent
Coach et Gestionnaires de Projets www.batirsamaisonverte.com
Passionnés de construction et d'écologie. Ateliers : Bâtir sa maison verte.
Coaching individuel offert. Nous vous offrons de l'accompagnement pour vous aider à réaliser votre projet de construction de maison verte.


Découvrir ce qui donne une âme à sa maison

En pénétrant dans une maison (le terme maison englobe ici tout lieu de vie ou de travail), on peut parfois arriver à ressentir l'énergie qu'elle dégage. On peut même y ressentir la vie. Cette notion d'énergie vitale est importante quand on sait que la qualité de l'énergie qui circule dans une maison peut affecter notre bien-être en tant qu'habitant.

Cette notion d'énergie, appelée Feng Shui (mot qui signifie « vent et eau ») n'est d'ailleurs pas récente puisque les Chinois l'utilisait déjà il y a 2 500 ans dans les cimetières pour la disposition des tombes. Ce n'est que plus tard qu'il s'est étendu aux demeures des vivants, abordant la maison sous l'angle de l'énergie vitale.

L'énergie vitale ! Car il s'agit bien ici de vie ! Ne serait-ce pas cette vie qui confère à la maison sa propre couleur, son ambiance, son essence, son âme !

Mais comment rendre une maison vivante ?

Habiter une maison, c'est avant tout considérer son lieu de vie (ou de travail) comme un « être vivant » avec qui l'on va entamer une relation à plus ou moins longue échéance. Comme on ne rencontre pas quelqu'un par hasard, on n'habite pas une maison par hasard. Dans cette optique, il peut être intéressant de se demander pourquoi l'on vit dans telle type de maison plutôt qu'une autre et de considérer notre maison comme une image-miroir de nous-mêmes.

Le phénomène miroir part du principe qu'on ne peut être « touché » que par quelque chose qu'on porte en soi, et que toutes les personnes que nous rencontrons - et situations que nous vivons - ne sont pas le fruit du hasard. Qu'elles soient agréables ou désagréables, elles nous reflètent, comme un miroir, les bonnes et les moins bonnes parties de nous-mêmes (pour en savoir plus sur le phénomène miroir, voir le livre de Pierre Lassalle « Astrologie et relations humaines » aux éd. De Mortagne).

En ce qui concerne la maison, c'est la même chose. Notre maison est porteuse de « qualités » et de « défauts » dont nous sommes également porteurs intérieurement.

Aussi, pour rendre une maison vivante, il faut que la relation habitant/maison soit vivante c'est-à-dire qu'on accepte de s'ouvrir à l'image-miroir qu'elle nous renvoie de nous-mêmes.

Pour cela, on peut regarder comment l'énergie y circule. Est-elle trop rapide ou trop lente ? Au niveau de la polarité, notre maison est-elle plutôt ouverte ou plutôt fermée ? Une maison « ouverte » pourra être caractérisée par les éléments suivants : maison à un niveau, grandes fenêtres, absence de clôture entourant le terrain, pas ou peu de séparation entre les pièces de vie, pas d'entrée, salon donnant directement sur la rue, etc. Une maison « fermée » pourra être caractérisée par les éléments suivants : maison à plusieurs niveaux, petites fenêtres, clôture importante entourant la maison, présence d'une entrée, pièces de vie séparées les unes des autres, etc. Comment les pièces s'organisent-elles les unes par rapport aux autres ? Y a-t-il une entrée ? Est-elle petite et sombre ou grande et lumineuse ? La cuisine est-elle plutôt à aire ouverte donnant sur le salon ou indépendante et fermée ? Etc.

Ainsi, après avoir énuméré les « qualités » et « défauts » de notre maison, nous pourrons essayer de voir en quoi nous portons ces mêmes qualités et défauts. Dans notre exemple de maison « ouverte », cela pourra renvoyer en positif aux occupants des qualités d'ouverture et d'accueil. En négatif, ils pourront avoir tendance à se disperser ou à se laisser envahir par les autres n'osant pas leur imposer certaines limites.

Dans le cas d'une maison « fermée », l'image positive du lieu pourra renvoyer aux occupants par exemple des qualités de concentration et une capacité à délimiter leur propre espace. En négatif, ils pourront avoir tendance à se refermer sur eux-mêmes et à rejeter les autres.

C'est en faisant cet effort de se découvrir grâce à l'image-miroir que nous renvoie notre maison qu'il se crée alors un lien privilégié avec elle. Connaissant nos points forts et nos points faibles, nous pourrons alors entamer en toute conscience des transformations dans notre maison en fonction de nos transformations intérieures. Ainsi, en décidant de transformer tel défaut ou de développer telle qualité, nous saurons comment transformer notre maison de façon harmonieuse puisque cette transformation fera écho à notre être intérieur.

Et c'est de cette conscience entre l'âme de la maison et l'individualité de l'habitant que naîtra une relation vivante et que notre maison deviendra vivante. Et de cette relation intime, naîtra l'harmonie.

Thierry Seurre
Thierry Seurre est technologue professionnel en architecture et consultant en Feng Shui à l'Occidentale.
Courriel : tseu@delasagesse.qc.ca
www.delasagesse.qc.ca/fengshui.htm
Pour toute information, vous pouvez le joindre au
(450) 670-3573


Les émotions, ces mal-aimées !

« Je suis trop sensible ...» « Tu es trop émotif ...» Sur quoi se base-t-on pour évaluer que quelqu'un est trop sensible?

D'abord, à quoi servent les émotions? Question relativement simple, mais plusieurs restent perplexes quand on la pose. Les émotions, c'est le chemin que prend mon organisme, mon âme, mon sage intérieur, la partie divine en moi... pour me communiquer un message sur mes limites ou mes besoins psychologiques. Si je suis fière ou contente, cela me parle d'une limite respectée ou d'un besoin comblé, généralement parce que j'ai posé une action en ce sens. Si je suis triste ou en colère, cela me parle d'un besoin en manque, d'une limite dépassée. De plus, l'intensité de l'émotion me parle de l'importance du besoin à ce moment-là.

Alors, est-ce que je suis trop triste ? Non ! Ma tristesse me parle d'un besoin en manque. Quel est-il ? C'est en me permettant de vivre cette tristesse, comme tout autre émotion, dans toute son intensité que la réponse m'apparaîtra. Il est probable que ce soit en lien avec un des trois grands groupes de besoins vitaux : l'affection, l'affirmation et la réalisation de soi ? Plus je me permettrai de vivre mes émotions, plus je répondrai aux besoins et respecterai les limites qu'elles m'indiquent, plus je me sentirai vivante.

Et ma colère, est-ce que cela signifie que je dois la crier à l'autre ? Bien sûr que non ! Vivre complètement mon émotion ne signifie pas la jeter sur l'autre. Il est préférable de se retirer en soi, ou dans un autre lieu pour la sentir complètement, saisir le message, puis poser l'action pour prendre soin de moi, ce qui pourrait être : m'affirmer sainement auprès de la personne concernée.

Qu'est-ce que s'affirmer sainement ? Pour que mon affirmation soit saine, je dois m'affirmer de façon personnelle, responsable et respectueuse. Reprenons chacun de ces éléments. M'affirmer signifie oser me montrer et nommer mes émotions, mes goûts, mes opinions, mes valeurs, mes besoins, mes limites et mes aspirations. Lorsque je parle de façon personnelle : je parle de moi au « je », sans me cacher. De façon responsable : en affrontant la réaction de l'autre à ce que je suis, ce que je dis ou fais; sans me sauver ou chercher à éviter les conséquences. Et enfin, de façon respectueuse : en acceptant que l'autre soit ce qu'il est, même s'il est différent de moi, sans le juger ou l'attaquer.

C'est un chemin efficace permettant d'oser être soi socialement.

Elaine Guilbault
Travailleuse sociale se spécialisant en auto-développement, elle offre des ateliers, conférences et psychothérapie de groupe ou individuelle favorisant le développement personnel.
Prochaine session intensive de groupe : Vivre avec mes émotions, du 5 au 7 juin.
514 717-3111


Les vacances : le bonheur de s’évader

Le mot « vacances » se définit comme «un repos marqué par l'absence des activités habituelles». Peu importe l'avenue empruntée quant au choix de la destination, l'important c'est de lâcher prise !

Selon les moyens financiers dont chacun dispose, l'envie de découvrir d'autres horizons tout en pratiquant un sport (vélo, ski, marche, etc.) ou encore l'urgence de se prélasser au chaud ayant comme préoccupations principales le bronzage, le sommeil et l'alimentation - dans l'ordre -, le seul moyen d'apprécier les vacances choisies demeure l'abandon total de l'esprit.

Adieu la culpabilité !

Parmi les nombreux facteurs qui nourrissent le sentiment de culpabilité, le chantage et les punitions occupent une place prédominante. Rares sont ceux qui se penchent sur les causes profondes, présentes dans la vie quotidienne de bon nombre de personnes, d'une sensation tellement intégrée qu'il devient presque impensable de remettre en question cette notion. Et pourtant ! Pour être heureux en vacances, il faut décrocher complètement du quotidien afin d'expérimenter des moments inoubliables.

Pour ce faire, il est essentiel de laisser les ennuis, les soucis, les préoccupations dans une boîte au grenier, avec le passé et l'avenir, afin de partir la tête vide. Oui, oui… la tête VIDE. Se libérer de tout tourment pour nettoyer le disque dur du cerveau et faire place à la nouveauté, la beauté, les découvertes pour laisser pénétrer des moments magiques et, surtout, pour expérimenter le plaisir unique de respirer le BONHEUR et la LIBERTÉ.

N'est-ce pas formidable d'être libre de tout conditionnement, de contrainte, d'horaire, de plan, de rendez-vous pour laisser monter une énergie vierge qui nous permet de repartir à neuf, de se recentrer ? Une solution à la portée de tous : choisir de se départir de tout stress quant aux tâches accomplies ou celles à venir au retour et… l'affaire est dans le sac. Facile à dire, n'est-ce pas ? Et pourtant, pas si compliqué à faire.

Pour y arriver, nous pouvons utiliser le processus de deuil avant chaque départ pour les vacances. En d'autres mots, laisser derrière soi l'année passée sans se sentir coupable de se lancer dans une nouvelle aventure en oubliant les collègues, le patron, la charge de travail au retour, les problèmes financiers et quoi d'autres, pour seulement se concentrer sur soi-même, ses besoins, ses désirs, son bien-être et être à l'affût de découvertes multiples. Même si le voyage s'effectue en famille, ne jamais oublier de réserver des périodes durant la journée pour se ressourcer.

Le simple fait de décrocher de la routine quotidienne, la sensation VACANCES fait son œuvre.

Sans horaire ni rendez-vous

D'aucuns craignent de ressentir la solitude s'ils ne partent pas en voyage sans être accompagnés. Erreur magistrale ! Le besoin d'être ENCORE en groupe ne fait que reproduire le quotidien. Incidemment, pour apprécier les vacances dans son sens le plus pur du terme, il est recommandé de désamorcer tout conditionnement quant aux routines déjà établies au cours de l'année.

Ainsi, se fixer des rendez-vous avec des amis pour l'heure des repas n'est pas souhaité. Établir un itinéraire très serré afin de programmer les déplacements risque de stresser davantage. Oui, il est possible de prévoir des destinations à l'avance, mais demeurer ouvert à l'imprévue favorise des vacances de découvertes, donc réussies.

Le bonheur en vacances, c'est également s'ouvrir à l'inattendu, ce qui englobe aussi les déceptions et les incidents. Il faut laisser la vie suivre son cours et l'univers offrir ce dont chacun a besoin. Être ouvert sur le monde veut aussi dire être réceptif à ce qui nous entoure. Savoir accueillir des événements nouveaux contribue à l'évolution de chacun d'entre nous, et les effets bénéfiques ne sont pas nécessairement perceptibles au moment même où l'événement se produit. S'offrir à l'aventure est synonyme de lâcher prise.

Destination bonheur

La meilleure destination est certainement celle qui convient aux besoins immédiats : calme et repos (plage), changement d'air et découvertes (culture), activités et action (sports) ou simplement visites d'amis et farniente (cocooning). Il est important de se sentir en paix avec la décision finale. Le simple fait de décrocher de la routine quotidienne, et la sensation VACANCES fait son œuvre. Ne plus chercher à contrôler, être détendu, écouter le silence, apprécier ce qui se présente ne sont que quelques moyens faciles à utiliser pour être heureux lors des périodes de relâche. Qu'il s'agisse d'un week-end, d'une ou trois semaines de repos, la capacité que nous avons de regarder autour de nous avec un œil différent sera un gage de bonheur.

Si les vacances se passent chez soi, que ce soit par choix ou par obligation, il ne faut pas se sentir misérable. Si, au contraire, la destination plus coûteuse d'une croisière se présente comme un choix judicieux, le calcul de chacune des dépenses ne doit pas faire ombrage à notre plaisir. Tout compte fait, peu importe la destination, le meilleur choix demeure l'attitude sereine et l'ouverture sur le monde extérieur sans culpabilité.

À bien y penser, le simple fait d'être en VACANCES signifie avoir l'esprit VACANT. Aucune attente, sauf celle d'être heureux pour expérimenter la sensation d'être libre… de tout.

Marthe St-Laurent
Conférencière et auteure de « La femme sexuée » et de « Ces femmes qui détruisent les femmes - Les ravages du bitchage », Béliveau éditeur.
www.marthestlaurent.com/


La spiritualité laïque

Pour une spiritualité de la vie en mouvement…

Des religions ont enseigné une spiritualité de la mort. Vivre en fonction d'un ciel et l'évitement d'un enfer ainsi que la stagnation des doctrines et des dogmes ne favorisent pas un cheminement évolutif et épanouissant. En vivant une laïcité saine, une spiritualité de la vie surgit. Travailler à faire son bonheur sur terre et celui des autres, c'est cela la spiritualité de la vie. Ce n'est pas préparer quelque chose qui ne sera pas ou sera peut-être…mais embellir quelque chose qui est.

Tout en étant présents de corps, nous pouvons être des grands absents. Pour cheminer et grandir, il nous faut être - présent - cultiver une présence de qualité à soi jusqu'à être bien dans sa peau et s'aimer vraiment. Présence aux autres, chaque personne est unique et peut dégager des ondes positives insoupçonnées. Présent à tout ce qui nous entoure, aux objets, à la nature, aux paysages, aux évènements, à la vie. Savoir être. Prendre le temps d'être et c'est tout… pour regarder, sentir, écouter, toucher, goûter, par nos cinq sens externes et internes qui nous font découvrir l'immensité qui libère, la beauté apaisante, les vraies richesses, les priorités de la vie, l'essence de la vie. Laisser ce que nous découvrons nous envahir, nous imbiber de bien-être. De corps, d'âme et d'esprit présent en ce qui unit et qui est Vie. Contempler, c'est regarder un paysage, une fleur, un arbre, un petit caillou, une peinture ou un tableau, mais le regarder assez longtemps pour qu'il nous parle… Ce que l'on contemple entre en soi. La contemplation aide à retrouver son cœur d'enfant qui ne se questionne pas mais se laisse pénétrer. Par la contemplation, je ne pense pas, je ne réfléchis pas, l'idée ne prédomine pas, c'est le cœur qui s'ouvre. La contemplation s'implante par l'habitude de la méditation.

Cette plénitude de - présence - envahira notre esprit qui ensuite guidera nos pensées et nos comportements.

Il importe de prendre le temps qu'il faut. On vit au siècle de la vitesse, on court, on a toujours quelque chose qui presse, on n'a pas le temps de méditer. Pourtant, quand on juge que quelque chose a de l'importance, on trouve le temps. Les personnes qui s'accordent des temps de méditation quotidienne - se sentent plus spirituelles, c'est-à-dire qu'elles ressentent une énergie, une force qui immerge de l'intérieur. La méditation étant, selon moi, une pratique importante pour atteindre l'équilibre, la santé et la sagesse, il devient tout aussi important de lui accorder tout le temps qui lui est essentiel.

Le but de la méditation est de cultiver les états d'esprit qui contribuent à la paix et au bien-être et d'éliminer ceux qui n'ont pas ces effets. La source du véritable bonheur réside dans un état d'esprit plutôt que dans des conditions extérieures à nous. La méditation, c'est aussi la réflexion raisonnable sur un point particulier. C'est la phase en laquelle l'intellect s'active. C'est l'arrêt pour réfléchir sur les réalités de ce monde visible par rapport à nos valeurs ou à notre idéal de vie. C'est le temps que l'on prend pour se pencher sur un problème personnel ou particulier, pour laisser monter en soi ce que l'esprit suggère, insufflant quelque chose de meilleur que les décisions hâtives et sans réflexion. Méditer, c'est aussi se mettre à l'écoute de la petite voix intérieure qui nous interpelle lors d'un événement particulier.

Vivre sa spiritualité, c'est aussi se référer à ses valeurs et à ses balises.

En ces moments de méditation passive, il ne faut pas tenter de dire ou de faire quelque chose, ne plus agir, mais être agie…. C'est le ver à soie qui se transforme en papillon, ouvrant ses sens internes qui sont du domaine de l'esprit. On se sent alors aimé, travaillé, amené à un calme et à un repos insoupçonnés, à demi conscient. Les fruits : goûter la paix, sentir une providence, percevoir une lumière pour sa vie future ou pour une situation présente, entendre l'espérance, et que sais-je encore…

Quelque fois, au début, il peut arriver qu'on ait l'impression de perdre son temps, mais il arrive aussi qu'à la dernière minute, juste au moment d'abandonner pour se consacrer à autre chose, on ressente un courage nouveau pour entreprendre la tâche qui nous attend. On peut aussi se sentir investi d'un sentiment de bonté, de profonde gratitude envers la vie, etc.

Lorsque se terminent ces moments sublimes d'intériorisation, une sérénité inaltérable nous habite et nous fait cheminer dans la voie du bonheur.

S'envoler vers les sphères de l'esprit et de l'âme pour y être pétri d'humanité, c'est ça la spiritualité laïque.

Andréa Richard
Auteure de « Femme après le cloître », « Au-delà de la religion » et « l'Essence de la vie », Éditions du Septentrion.


Ces relations éclairées... qui nous allument

À la lumière de ce que nous faisons avec nos expériences, nous évoluons au fil des jours en devenant plus conscients. Réalisez-vous que nous sommes en changement constant et qu'entre chaque coucher et chaque lever de soleil, nous devenons des personnes différentes ?

Chacun chemine à son propre rythme. Certains avancent à pas de tortue tandis que d'autres courent comme des lièvres. Une chose est sûre, c'est que tous arriveront un jour au même point. C'est pourquoi, si nous appartenons à la catégorie des « petits rapides » qui n'ont pas de temps à perdre, il n'est pas rare de constater que certains de nos proches au rythme plus lent deviennent pour nous de lourds fardeaux à porter ou se transforment tôt ou tard en boulets aux pieds nous empêchant de nous envoler. Dans le fond de notre coeur, on sait pertinemment qu'on devrait s'en détacher pour accélérer notre course, mais on n'ose pas le faire de peur de causer de la peine. Alors, on s'oublie et on abdique nos aspirations profondes. On devient infidèle envers soi, ce qui est peut-être la pire infidélité, car on ne peut alors accuser personne d'autre. La passion de vivre est très difficile à maintenir élevée quand on se sent constamment tiré vers le bas, et c'est pourtant ce que l'on permet à certaines personnes de faire à notre égard. C'est pourquoi, dans ce monde où l'évolution est probablement à son plus fort depuis des siècles, nos relations changent tant au fil des ans, et cela, qu'on le veuille ou non.

Rendus à certains carrefours de nos vies, nous prenons des chemins différents...

Ces changements de cap, quoique très dérangeants, font partie du cours normal de la vie et c'est pourquoi on sera parfois porté - et c'est plus fort que nous - à délaisser la compagnie de gens qui ne nous allument plus, ce qui aura pour effet positif de nous faire découvrir d'autres perles qui, par leur brillance, nous aideront à nous alléger et à nous élever. Si on met un bout de bois mort dans une cheminée et qu'on le place tout près d'une bûche ardente, lequel à votre avis influencera l'autre ? Le tison ardent s'éteindra-t-il au contact du bois mort ou est-ce plutôt ce dernier qui s'enflammera ? Évidemment, le second. Par cet exemple, vous pouvez voir l'importance de s'efforcer de côtoyer des gens allumés afin qu'à leur seul contact et par l'intensité de leur présence, ils attisent notre propre feu. C'est d'ailleurs ce qui se produit à notre insu lorsqu'on rencontre une personne dégageant une grande sagesse. En entrant dans son champ énergétique, on se transforme sans même avoir à lui parler. Personnellement, lorsque de tels êtres sont placés sur ma route, je me fais un devoir et un plaisir d'aller me balader dans leur entourage. Peu importe ce qu'elles ont à dire, car c'est ce qu'elles « sont » qui me nourrit le plus, pas ce qu'elles ont à dire. Côtoyer du bois mort qui, par surcroît, ne veut même plus s'allumer, c'est prendre le risque de s'éteindre à son tour.

Cherchez plutôt dans votre entourage, dans votre famille, parmi vos proches, des bûches ardentes...

Il y en a beaucoup plus que vous ne le croyez, mais elles ne font pas de bruit. Puis, allez puiser auprès d'elles la lumière dont vous avez besoin pour revivifier votre feu intérieur. Ne craignez surtout pas de leur enlever quoi que ce soit, car elles n'ont que ça à faire : rayonner, partager leur lumière, transmettre leur passion de vivre. Ensuite, faites de même avec les autres. Passez au suivant ce que vous avez reçu, devenez à votre tour des bûches ardentes disponibles pour allumer ceux qui auront besoin de votre étincelle...

André Harvey
Auteur de 17 livres dont le best-seller « L'ultime pardon ».
Il partage son temps entre les voyages, les conférences, l'écriture et la musique. Il a à son actif deux CDs de chansons à texte dont il est l'auteur, le compositeur et l'interprète. « Renaître par la passion de vivre » et « Les yeux du cœur ».
Il vient de faire paraître un nouveau livre disque intitulé « En route vers l'illimité ».
Conférences et récital sur demande. Contactez-le pour un événement dans votre région.
www.andreharvey.info