Réduire notre empreinte écologique pour notre bien commun et pour celui de notre unique refuge : la planète bleue

Les signes et les symptômes de l’impact des activités humaines sur la biosphère sont apparents : dérèglements climatiques, disparition de la biodiversité, pollution, espèces envahissantes, etc. Les écosystèmes marins sont aussi affectés, notamment par les déchets plastiques et par la surpêche, qui sont des consé­quences directes de notre surconsommation. J’ai traversé cette année l’Indonésie en sac à dos, et l’état des océans et, surtout, celui des coraux m’a bouleversé. Les organismes vivants ont avant tout besoin d’air pur et d’eau potable, et ni l’argent ni la technologie ne pourront les remplacer. En divers lieux sur notre planète, ces ressources fondamentales sont en péril.

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À la suite des nombreuses rencontres internationales sur le climat, le changement social attendu peut nous paraître lent, voire dérisoire. ­ Les gouvernements sont plus réceptifs aux doléances de l’industrie et des multinationales qu’aux impératifs environnementaux. Trop occupés à préserver un système économique à bout de souffle qui profite à une minorité, ils donnent à leurs programmes environnementaux une envergure trop limitée. Cela veut dire que le véritable pouvoir de décision revient aux citoyens. Par conséquent, un peu partout sur la planète, des mouvements s’organisent, des associations se créent et des personnes se mobilisent afin de promouvoir un système social plus solidaire, une agriculture saine et respectueuse de l’environnement et des actions citoyennes basées sur les 3 R (réduire, recycler, réutiliser). Cette tendance est en cours; elle est nécessaire, et son influence fait boule de neige. Les pays scandinaves, entre autres, posent des jalons (voir le documentaire « Demain », de Mélanie Laurent et Cyril Dion), et nos élus devraient suivre leur exemple.

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Chaque geste compte pour freiner et, si possible, renverser cette surconsommation qui est à l’origine de nombreux problèmes qui affectent notre santé et notre environnement. Le simple citoyen a le pouvoir de décider de consommer moins et d’agir de façon responsable, forçant ainsi l’industrie à produire et à proposer des produits moins dommageables pour l’environnement. Ces gestes quotidiens pourront, à terme, inverser la tendance. On pourrait, par exemple, réduire et réutiliser les sacs de plastique (et les produits en matières plastiques en général) qui peuvent subsister dans l’environnement durant plusieurs centaines d’années (les sacs en plastique sont aujourd’hui interdits dans plusieurs pays); éviter le gaspillage alimentaire; réduire la consommation de produits tels que les pesticides, les herbicides, les nettoyants de tous genres et les cosmétiques, qui aboutissent inéluctablement dans nos cours d’eau et, par conséquent, dans l’eau que nous buvons, et en disposer de façon adéquate; préférer des produits réutilisables aux produits jetables; réduire la consommation des énergies non renouvelables et le gaspil­lage de l’eau; choisir les produits avec le minimum d’emballage; favoriser les produits locaux à faible bilan carbone; louer ou emprunter les matériaux et les équipements qu’on n’utilise pas au quotidien au lieu de les acheter; réparer au lieu de jeter à la première panne; éviter l’achat frénétique des plus récents modèles, car le bilan carbone dépend beaucoup de leur durée de vie; offrir plutôt des cadeaux dématérialisés tels que des billets de spectacle, de concert, d’événement sportif ou encore une invitation au restaurant, un abonnement ou une carte-cadeau pour une activité particulière; utiliser les transports publics ou le vélo; choisir des automobiles moins énergivores (pourquoi tant de VUS sur la route?).

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Un nouveau mouvement de conscientisation environnementale est en marche à l’échelle planétaire. L’avenir nous dira si nous avons été suffisam­ment proactifs. En attendant, nous sommes tous liés par un destin commun, une cause supérieure que nous avons en commun. Toute action privilégiant l’égoïsme ou la cupidité est contre nature.

Consultez : Avaaz, le monde en action (https://secure.avaaz.org/fr/)

Fini le gaspillage!

Quatre trucs pour affamer nos poubelles et assurer une consommation responsable
De la pomme ridée au poireau desséché, en passant par la pinte de lait « passée date », chaque jour, on jette des aliments. Ce problème se présente à toutes les étapes de la chaîne alimentaire, de la ferme à la table; malgré tout, c’est nous, les consommateurs, qui jetons le plus d’aliments. Ce geste coûte très cher aux Canadiens puisque chaque consommateur perdrait près de 800 $ par année à cause du gaspillage alimentaire qu’il fait à la maison. Et c’est sans compter toutes les ressources (eau, engrais, pesticides, pétrole, emballages) qui entrent dans la production, la transformation et le transport de ces aliments. Voici donc quatre trucs simples afin de moins nourrir vos poubelles et d’éviter de gaspiller les aliments.

Cuisiner les aliments fatigués
Vous arrive-t-il parfois de tomber sur de véritables découvertes archéologiques dans le fond de votre réfrigérateur? Les fruits et légumes ratatinés ont certes connu des jours meilleurs, mais ils ne méritent pas nécessairement de se faire balancer directement à la poubelle. Les fruits plus âgés se prêtent à merveille à la confection de compotes et de confitures. Une fois en purée, les rides seront choses du passé ! Les légumes fanés ne laissent pas non plus leur place quand vient le temps d’apprêter des soupes et des potages réconfortants.

Congeler tout, tout, tout
À peu près tous les aliments se congèlent : fruits, légumes, céréales, viandes, poissons … C’est une méthode de conservation qui permet de réduire efficacement le gaspillage.

Dès que vous revenez du supermarché, placez vos pains au congélateur. C’est là qu’ils se conserveront le plus longtemps. Il suffit de les décongeler pour qu’ils redeviennent aussi frais que le jour de leur cuisson!

Les restes de repas peuvent être divisés en portions individuelles dans des contenants destinés à la congélation. Il suffira ensuite de les décongeler au fur et à mesure pour créer un lunch rapide, prêt à manger.

Faire un bouillon avec les restes de légumes
Lorsqu’on prépare des légumes, il est inévitable de se retrouver avec des bouts de tige, des pelures et d’autres épluchures. Plutôt que d’engraisser votre poubelle avec ces précieuses retailles, conservez-les dans un sac hermétique placé au congélateur. Une fois le sac plein, vous pourrez faire un bouillon de légumes. Il suffit de faire revenir un oignon dans l’huile. Ajoutez-y les retailles et faites cuire le tout. Recouvrez ensuite les légumes d’eau, assaisonnez avec des herbes fraîches ou sèches et laissez mijoter doucement une trentaine de minutes. Filtrez le tout, et vous obtiendrez un bouillon de légumes maison.

Se calmer en ce qui concerne les dates de péremption
Les dates de péremption sont les mentions « best before » (meilleur avant) que l’on peut voir sur certains produits alimentaires. Ces dates sont valides tant que l’emballage n’a pas été ouvert. Leur rôle n’est pas d’indiquer qu’un produit n’est plus propre à la consommation une fois passée une date donnée mais plutôt que le fabricant ne peut pas garantir que l’aliment sera encore au meilleur de sa forme du point de vue du goût, de l’apparence, de la texture ou de la valeur nutritive. Certains aliments, comme les œufs, le yogourt et les fromages fermes tels le cheddar peuvent être consommés sans problème après la date de péremption, s’ils ont été conservés dans les bonnes conditions. Nous avons tous, chaque jour, le pouvoir de lutter contre le gaspillage alimentaire. Intégrer quelques-uns de ces trucs dans son quotidien est une façon facile d’économiser de l’argent et de faire du bien à la planète.

Le gaspillage alimentaire : honte et scandale!

DES CHIFFRES QUI EN DISENT LONG
Au Canada, seulement 11 % du gaspillage alimentaire est attribuable aux détaillants et 51 % aux consommateurs. Annuellement, au Québec, c’est plus de 32 000 tonnes d’aliments comestibles qui sont jetées aux ordures par l’industrie agroalimentaire. Les Québécois perdent en moyenne 771 $ par année en nourriture jetée, soit 2,5 fois plus que chez nos voisins du sud.

Selon une étude publiée en 2010, les Canadiens jettent pour 27 milliards de dollars de nourriture chaque année et 1 item sur 4 est jeté sans avoir été consommé.

Le secteur agroalimentaire a évolué à vitesse grand V ces dernières décennies, laissant dans son sillage un triste constat : le tiers des aliments produits mondialement est perdu ou gaspillé (FAO, 2011). Bien que la nécessité de réduire le gaspillage fasse plutôt consensus, nous sommes en droit de nous demander si les citoyens, les citoyennes et le système agroalimentaire sont prêts à changer.

Surconsommation et mode de vie
Peu d’études ont été faites au sujet du gaspillage alimentaire, que ce soit au Québec, au Canada ou dans le monde. Toutefois, celles qui existent s’entendent quant à l’impact des habitudes de consommation des citoyens et citoyennes sur l’ampleur de la problématique du gaspillage alimentaire. En effet, dans les pays industrialisés, les plus grands gaspilleurs sont les consommateurs et consommatrices. D’abord, notre société valorise beaucoup le travail rémunéré et son pendant, la consommation. L’acte d’acheter est bien vu, il est signe d’opulence et procure une certaine envergure sociale. Afin de répondre aux attentes de leur famille et entourage, les consommateurs vont avoir tendance à acheter plus que ce dont ils et elles ont réellement besoin. Ceci, sans parler des horaires souvent chargés et contraignants qui limitent leur capacité à bien gérer les achats. Dans le cas qui nous intéresse, les aliments périssables n’ont pas une durée de vie infinie et doivent être entreposés, congelés ou transformés adéquatement.

Ensuite, l’annulation des cours d’économie familiale au secondaire, conjugué à l’éclatement des familles et à l’arrivée des femmes sur le marché du travail ont eu pour effet de faire diminuer le temps accordé à la transmission des savoirs culinaires. Ces derniers sont essentiels à la bonne gestion des aliments, mais sont aussi importants étant donné l’influence qu’ils exercent sur la perception de la cuisine : un moment passé en famille, qui nous permet de manger sainement sans gaspiller la nourriture que l’on a à la maison.

Matière à réflexion
Si la moitié du gaspillage alimentaire au Canada est la responsabilité des consommateurs et consommatrices, l’autre moitié relève de l’industrie à tous les niveaux de la chaîne alimentaire (production, transport, transformation et vente). En quelques décennies, nous sommes passés d’un système d’agriculture traditionnel de proximité à un système d’« agrobusiness » (agroentreprise) comptant beaucoup d’acteurs qui ont leurs propres attentes, normes et demandes.

« Un milliard d’êtres humains souffrent de malnutrition et pourtant, un tiers de la production mondiale de nourriture est jeté ».Tristram Stuart

Si une partie des milliers de tonnes d’aliments se retrouvant à la poubelle pouvait se retrouver sur les tablettes à moindre prix, ou dans les banques alimentaires, cela permettrait certainement de mieux répondre aux 1,6 millions de demandes d’aide alimentaire d’urgence mensuelles que reçoivent les Banques alimentaires du Québec.

1 En septembre 2013, une pétition portant 18 097 signatures a été déposée à l’Assemblée nationale du Québec pour demander au gouvernement d’obliger les supermarchés tels Maxi, IGA ou Métro à donner leurs invendus encore consommables à des banques alimentaires.