South Knowlesville

Dans cette chronique, je vous présente différentes initiatives relatives au mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans le monde. Ces initiatives représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problèmes environnementaux et sociaux.

Aux confins du Nouveau-Brunswick, loin des côtes acadiennes et des grandes villes, aux abords de la frontière canado-américaine, se trouve un petit coin qui vaut le détour… D’abord attirée à Knowlesville par mon intérêt pour la construction écologique et pour le projet de cons­truction de bâtiments à charpente en bois, dite « timber frame », du couple Leland et Tegan, c’est une communauté en émergence qui a le plus retenu mon attention.

À la venue de leur premier enfant, ils construisent leur première maison en ballots de paille en utilisant la technique des « murs en paille porteurs ». Le troisième enfant en route, ils terminent la construction d’une plus grande maison en paille, utilisant cette fois une charpente en bois de type poutres et poteaux assemblés.

Les Wong-Daugherty, eux, ont des aspirations qui vont au-delà du développement de leur propre milieu de vie : un voisinage vivant, écologique et solidaire. Lorsque l’occasion se présente d’acheter une terre devant chez eux, ils n’hésitent pas à le faire et à y investir leurs économies. Sur ce terrain, le premier projet qui voit le jour est le Knowlesville Art and Nature Center, projet d’école alternative basée sur les principes des écoles Waldorf, qui prend forme dans une vieille chapelle qui a été déménagée, rénovée et agrandie (en utilisant des ballots de paille, il va sans dire…).

Tous les bâtiments et infrastructures sont alimentés à l’énergie solaire et chauffés au bois. Toutes les toilettes sont à compost.

Le Land Trust
Le but avoué de ces démarches d’acquisition de terrain est très altruiste, tout en étant très intéressé. Il s’agit de rendre des terrains accessibles par la création d’une fiducie foncière communautaire pour que des gens puissent venir s’installer à côté de chez eux, et ce, à peu de frais, en vue de créer un voisinage de proxi­mité axé sur l’amitié et l’entraide.

Deux caractéristiques principales du groupe contribuent à attirer les gens. D’abord, il existe déjà, au sein du groupe, une belle diversité d’origines ethniques, ce qui permet à des gens de tous horizons de s’y trouver une place. De plus, la dimension familiale est très présente : le couple Tegan et Leland a quatre enfants, et une école et un camp d’été ont déjà été mis sur pied. Ainsi, d’autres parents voient un intérêt à venir s’établir dans cette collectivité et à y élever leurs enfants. À cela s’ajoute un bel équilibre intergénérationnel, car des adultes plus âgés, qui ont déjà élevé leurs enfants, sont heureux de venir s’y établir et de retrouver cette énergie; certains choisissent d’acheter une terre avoisinante et de contribuer à créer un voisinage solidaire sans se joindre directement au projet.

Ces projets phares, portés par le leadership et la détermination de gens rassembleurs, créent un pôle d’attraction étonnamment puissant. Ainsi, au fond d’une campagne isolée et dévitalisée, des dizaines de personnes sont venues chercher l’inspiration et faire l’expérience d’une façon différente de vivre.

Comme cela fait plusieurs années que le bal a été lancé, beaucoup d’infrastructures, physiques et autres, ont déjà été mises en place, dont un groupe d’alliés aux aspirations semblables et un réseau de sentiers forestiers, témoins de ces liens maintes fois renforcés, parsemés de buissons de petits fruits et de grands arbres fruitiers bien garnis. Déjà, un espace communautaire existe. Déjà, des petites maisons permettent d’accueillir des visiteurs et des membres potentiels, le temps pour eux de s’installer.

Et cela, ça a une très grande valeur!

Références South Knowlesville Community Land Trust : http://www.back2land.ca/
Knowlesville Art and Nature Center : http://knowlesvillenature.ca

Vivre autrement

Dans cette chronique, je vous présente différentes initiatives ou pistes d’information pour vous faire découvrir le mouvement des communautés intentionnelles, au Québec et dans le monde, comme une solution aux problèmes environnementaux et sociaux et comme un mode de vie épanouis­sant et porteur de sens.

Colibris est une initiative française pour la Terre et l’Humanisme lancée en 2007 par Pierre Rabhi. Beaucoup de chemin a été fait depuis, et l’association fait un excellent travail de diffusion, de transmission et de réseautage autour de projets inno­vants, axés vers les solutions et la construction d’un mode de vie plus solidaire et intégré à la nature.

Colibri, c’est le petit oiseau qui choisit d’aller chercher de l’eau pour éteindre un feu de forêt alors que tous les animaux observent, impuissants, leur habitat partir en fumée, sachant qu’il ne l’éteindra pas à lui tout seul, mais qu’il « fait sa part ».

La conférence sur « le sens dela communauté »
Le samedi 16 janvier, sur l’invitation de Colibris, cinq personnalités se rencontraient à Paris pour discuter de la question du sens de la communauté au XXIe siècle et pour redécouvrir le « vivre ensemble » et le « faire ensemble » :

1. Bernard Werber, écrivain
2. Margalida Reus, responsable générale internationale de la Communauté de l’Arche, Non-Violence et Spiritualité
3. Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France
4. Pierre Rabhi, paysan, philosophe, fondateur de Colibris
5. Mathieu Labonne, directeur de Colibris et coordinateur du centre Amma France

Ce beau mélange diversifié, tant par le point de vue que par l’expérience de chacun en ce qui concerne la vie collective, donne un résultat des plus inspirants! C’était une des premières fois que j’assistais à une table ronde où tous les participants et toutes les participantes considèrent la vie en communauté comme la solution la plus évidente aux problèmes du XXIe siècle.

Margalida Reus s’intéresse à la personne au sein de la communauté, à l’impact de la vie communautaire sur la transformation de l’individu et à l’importance de ces transformations personnelles comme indice de la santé d’une communauté. Wow, ça goûte bon! Ça fait du bien d’entendre quelqu’un qui a vécu en communauté­ pendant 33 ans nous le dire et en faire une analyse réaliste et pleine d’empathie.

Bernard Werber se penche, avec toute la curiosité d’un scientifique et toute l’imagination d’un écrivain de science fiction, sur la vie de groupe et analyse le thème du “sens des communautés” selon la perspective de l’histoire de la vie, et même celle de l’univers, pour en arriver à la conclusion que la coopération et la vie collective constituent la meilleure manière envisagée par la vie pour se reproduire, croître et s’adapter. Rafraîchissant!

Enfin, Pierre Rabhi nous rappelle que « vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire et exploiter votre prochain! Ce n’est pas incompatible. Le pro­blème, il est en nous, et s’il n’est pas résolu en nous, je ne vois vraiment pas comment il peut être résolu dans le monde ».

Les Oasis
Un des objectifs de Colibris est de soutenir la création de 100 nouvelles oasis dans les cinq prochaines années. Une oasis, c’est un lieu écologique et solidaire, en milieu rural ou urbain, qui peut prendre des formes différentes : écohabitat partagé, écoquartier, écohameau, écovillage, commune en transition…

En janvier, Colibri a lancé une formation en ligne, gratuite, ouverte à tout le monde et explorant toutes les dimensions de la conception d’une oasis : facteur humain, gouvernance, modèle juridique, montage financier, conception en permaculture…

Cette formation a connu un succès inattendu : 27 300 personnes s’y sont inscrites! Cela prouve bien que la soif de solutions est grande!

À consulter
La conférence sur le sens de la communauté. Le site Web du mouvement : https://www.colibris-lemouvement.org

Les films d’Anne Barth, tournés au Hameau des Buis : Vous pouvez visionner la bande-annonce de « Quels enfants laisserons-nous à la planète? », et l’entièreté du film « Les enfants de demain ».

Soutenez son film à venir, « L’arbre de l’enfance, aux racines de l’être ».