Tous les articles de Arielle Paiement

| Une des membres fondateurs du Manoir, une communauté intentionnelle à revenu partagé en démarrage dans la Baie-des-Chaleurs. Visitez http://manoir.community pour plus d’infos.

Communauté, simplicité et non-violence

Dans cette chronique, nous vous présentons différentes initiatives relatives au mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans le monde. Ces initiatives représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problèmes environnementaux et sociaux.

Je viens de recevoir une lettre d’une communauté amie super inspirante, et cela me donne envie de vous la faire connaître. Il s’agit des randonnées à bicyclette des super-héros du Sanctuaire Stillwater, qui fait partie de l’Alliance des possi¬bilités (traduction libre de Stillwater Sanctuary/Possibility Alliance Superhero Bike Rides).

Mission et vision

Mission simple et concise : « to uplift life ». En français, on dirait quelque chose comme « soutenir la vie, l’aider à s’épanouir ».

Cinq principes guident le développement :

1. Simplicité, toujours plus de simplicité;
2. Service et aide;
3. Engagement social et activisme non-violent;
4. Transformation personnelle et travail sur soi (la communauté est décrite comme « intoxication-free », c’est-à-dire libre de sources d’intoxication;
5. Joie, plaisir, folie, gratitude et célébration.

La simplicité en trois actes

1. Communauté n’utilisant aucun produit pétrolier
Les membres du Sanctuaire ne consomment que des produits locaux (rayon de 100 miles), ils fabriquent leurs vêtements, n’ont pas d’électricité et ne consomment pas de combustibles fossiles. Les résidents se promènent à vélo, utilisent des chariots ou autres tirés par des chevaux et voyagent par train. Ils ont un four solaire et un poêle à bois, mais pas de frigo, et leur alimentation est principa¬lement crue, dans toute la mesure du possible. De plus, ils sont très « low-tech ». Leur recours à des moyens technologiques est très limité. Ils dorment sur des lits de paille et aiguisent leurs outils à la main, leurs malaxeurs sont manu¬els, ils fabriquent leur propre peinture à base de lait, ils s’éclairent aux bougies et n’ont pas d’accès Internet. Ils sont friands de musique, même s’ils ne disposent d’aucun système de son : alors, ils jouent eux-mêmes les instruments et ils chantent!

2. Économie du don
La communauté du Sanctuaire s’inspire d’une communauté établie en France et appelée l’Arche, projet¬ basé notamment sur les valeurs gandhiennes de non-violence et sur des principes radicaux de simplicité : chaque année, toutes ses ressources sont distribuées. Comme cette communauté, le fonctionnement du Sanctuaire repose sur des dons. C’est ainsi qu’elle a obtenu la terre et la plupart des choses qu’elle possède.

3. Permaculture
Les membres du Sanctuaire possèdent 110 acres de terre qui sont exploités selon les principes de la permaculture :
• une portion est réservée aux bâtiments, à l’agriculture, à l’étang et à la vie quotidienne;
• la deuxième est une forêt exploitée pour ses ressources en bois et en nourriture;
• la troisième est un secteur protégé.

Mon impression
Lors de ma courte visite, en 2008, la communauté naissante m’a éblouie par les valeurs qu’elle défendait, par les principes mis en application jour après jour, par le courage et la force des gens qui mettaient sur pied, au prix de beaucoup d’énergie et avec peu de ressources, un projet si ambitieux et si merveilleux. Malgré leurs positions radicales face à la consommation de produits pétroliers, à l’économie, à l’orientation de l’agriculture, ces personnes étaient lumineuses, heureuses, pleines d’amour, de sourires et de chansons à partager!
Cette communauté compte aujourd’hui sept adultes et deux enfants qui vivent grâce à un budget annuel de 9 000 $. Elle reçoit chaque année près de 1 500 visiteurs qui assistent à des ateliers, à des formations ou à des évènements qui sont tous gratuits (même la formation en permaculture!), et tous ces visiteurs sont logés et nourris. Vingt pour cent des dons recueillis sont dirigés vers des personnes et des organismes dans le besoin.

Cette communauté, située dans le Nord du Missouri, déménagera dans le Maine, afin de mieux déployer son activisme.

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La communauté Twin Oaks fête ses 50 ans!

Dans cette chronique, nous vous présentons différentes initiatives relatives au mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans le monde. Ces initiatives représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problè¬mes environnementaux et sociaux.

Imaginez un univers sans monnaie, où vous n’auriez pas de porte-monnaie, pas de carte de crédit, pas de facture ou de compte de banque, pas de chèques à faire ou de placements à gérer. Imaginez avoir faim et manger; avoir froid et vous habiller; avoir envie de vous amuser et danser; avoir envie de créer et peindre; avoir envie d’apprendre et recevoir un enseignement; être tendu et recevoir un massage. Et tout cela, sans jamais mettre la main dans vos poches ou vous demander si vous pouvez vraiment vous le permettre. Eh bien, ce n’est pas qu’un rêve! À Twin Oaks, c’est ça la vie!

Twin Oaks est l’une des plus ancien¬nes et des plus importantes communautés intentionnelles d’Amérique du Nord. Elle a été fondée en
1967, en Virginie, aux États-Unis.

Le 17 juin 2017, elle fêtera donc ses 50 ans! La population actuelle de Twin Oaks est d’une centaine d’individus âgés de quelques jours à 80 ans.
Twin Oaks est une communauté intentionnelle à revenus partagés dont les membres possèdent collectivement une terre de plus de 350 acres arborant une magni¬fique forêt, des ruisseaux et des champs. On y trouve également huit grandes maisons collectives (de 10 à 15 cham¬¬¬bres chacune), un centre communautaire, des bâtiments industriels et plusieurs autres infrastructures.
Les membres génèrent leurs revenus par le biais de nombreuses entrepri¬ses qu’ils gèrent sur place. Les deux plus importantes sont la fabrication de tofu biologique et la fabrication de hamacs.

Twin Oaks est une communauté très organisée, dont le système de travail structuré et flexible est basé sur la confiance. Chaque membre doit travailler 42 heures par semaine. Dans un système capitaliste et patriarcal où une grande partie du travail n’est pas reconnu, travailler 42 heures par semaine peut être aliénant. À Twin Oaks toutefois, le « travail invisible » est comptabilisé dans les heures travaillées : soin et éducation des enfants, cuisine, vaisselle et ménage sont reconnus au même titre que la plomberie, la coupe de bois ou le travail dans les champs.

Twin Oaks a des jardins d’environ trois acres et une grande serre produisant de la nourriture à longueur d’année. On y cultive une grande variété de légumes
bio¬logiques. On y élève des bœufs, des vaches laitières et des volailles. Les aliments proviennent à 70 % de leur terre.

Vivre en communauté à revenus partagés permet de diminuer la quantité d’argent nécessaire pour bien vivre. En effet, Twin Oaks offre un niveau de vie très confortable en comparaison de la classe moyenne : un excellent filet social qui procure aux membres trois semaines de vacances par année, un congé parent de près de trois ans, des congés de maladie illimités, un travail produisant un revenu adéquat et un horaire de travail flexible. La communauté offre notamment deux délicieux repas biologiques par jour, un sauna et un étang pour se baigner. Il en coûte annuellement de 4 000 $ à 6 000 $ par membre pour tout cela!
Références : http://www.twinoaks.org

Arielle Paiement et Audrey Boisvert
sont membres du Manoir, une communauté intentionnelle à revenu partagé située
dans la Baie-des-Chaleurs. Visitez
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Arielle Paiement| Une des membres fondateurs du Manoir, une communauté intentionnelle à revenu partagé en démarrage dans la Baie-des-Chaleurs. Visitez http://manoir.community pour plus d’infos.

South Knowlesville

Dans cette chronique, je vous présente différentes initiatives relatives au mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans le monde. Ces initiatives représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problèmes environnementaux et sociaux.

Aux confins du Nouveau-Brunswick, loin des côtes acadiennes et des grandes villes, aux abords de la frontière canado-américaine, se trouve un petit coin qui vaut le détour… D’abord attirée à Knowlesville par mon intérêt pour la construction écologique et pour le projet de cons­truction de bâtiments à charpente en bois, dite « timber frame », du couple Leland et Tegan, c’est une communauté en émergence qui a le plus retenu mon attention.

À la venue de leur premier enfant, ils construisent leur première maison en ballots de paille en utilisant la technique des « murs en paille porteurs ». Le troisième enfant en route, ils terminent la construction d’une plus grande maison en paille, utilisant cette fois une charpente en bois de type poutres et poteaux assemblés.

Les Wong-Daugherty, eux, ont des aspirations qui vont au-delà du développement de leur propre milieu de vie : un voisinage vivant, écologique et solidaire. Lorsque l’occasion se présente d’acheter une terre devant chez eux, ils n’hésitent pas à le faire et à y investir leurs économies. Sur ce terrain, le premier projet qui voit le jour est le Knowlesville Art and Nature Center, projet d’école alternative basée sur les principes des écoles Waldorf, qui prend forme dans une vieille chapelle qui a été déménagée, rénovée et agrandie (en utilisant des ballots de paille, il va sans dire…).
Tous les bâtiments et infrastructures sont alimentés à l’énergie solaire et chauffés au bois. Toutes les toilettes sont à compost.

Le Land Trust

Le but avoué de ces démarches d’acquisition de terrain est très altruiste, tout en étant très intéressé. Il s’agit de rendre des terrains accessibles par la création d’une fiducie foncière communautaire pour que des gens puissent venir s’installer à côté de chez eux, et ce, à peu de frais, en vue de créer un voisinage de proxi­mité axé sur l’amitié et l’entraide.

Deux caractéristiques principales du groupe contribuent à attirer les gens. D’abord, il existe déjà, au sein du groupe, une belle diversité d’origines ethniques, ce qui permet à des gens de tous horizons de s’y trouver une place. De plus, la dimension familiale est très présente : le couple Tegan et Leland a quatre enfants, et une école et un camp d’été ont déjà été mis sur pied. Ainsi, d’autres parents voient un intérêt à venir s’établir dans cette collectivité et à y élever leurs enfants. À cela s’ajoute un bel équilibre intergénérationnel, car des adultes plus âgés, qui ont déjà élevé leurs enfants, sont heureux de venir s’y établir et de retrouver cette énergie; certains choisissent d’acheter une terre avoisinante et de contribuer à créer un voisinage solidaire sans se joindre directement au projet.

Ces projets phares, portés par le leadership et la détermination de gens rassembleurs, créent un pôle d’attraction étonnamment puissant. Ainsi, au fond d’une campagne isolée et dévitalisée, des dizaines de personnes sont venues chercher l’inspiration et faire l’expérience d’une façon différente de vivre.
Comme cela fait plusieurs années que le bal a été lancé, beaucoup d’infrastructures, physiques et autres, ont déjà été mises en place, dont un groupe d’alliés aux aspirations semblables et un réseau de sentiers forestiers, témoins de ces liens maintes fois renforcés, parsemés de buissons de petits fruits et de grands arbres fruitiers bien garnis. Déjà, un espace communautaire existe. Déjà, des petites maisons permettent d’accueillir des visiteurs et des membres potentiels, le temps pour eux
de s’installer.

Et cela, ça a une très grande valeur!
Références South Knowlesville Community Land Trust : http://www.back2land.ca/
Knowlesville Art and Nature Center : http://knowlesvillenature.ca

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Cohabitat Québec

Dans cette chronique, je vous présente différents projets au sujet du mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans le monde. Ces projets représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problè­mes environnementaux et sociaux.

Le cohabitat (cohousing en anglais) est un type de communauté intentionnelle composée d’unités d’habitation privées ayant des aires collectives. Ainsi, à la différence d’une coopérative d’habitation, les membres sont propriétaires de leur unité d’habitation qui peut être un condo ou une maison.

Le projet de Cohabitat Québec est situé dans le quartier Saint Sacrement de Québec, à deux pas du cégep Garneau. Il est constitué de
42 unités d’habitation, soit 32 logements de 1 à 3 chambres et de 10 maisons de ville de 3 ou 4 chambres.

Dix ans avant le début du projet, Michel Desgagnés visite plusieurs projets de cohabitat aux États-Unis et en Europe et il prend beaucoup de notes et plusieurs photos. L’un des éléments importants qu’il retient de ses visites est l’importance de construire la maison commune en même temps que les habitations afin de s’assurer que l’espace de convivialité et de confiance entre les voisins s’établit dès le départ.

À la suite de ces visites, un premier groupe se constitue pour bâtir un projet au Québec. Au bout de quelques années, les gens se rendent compte que certains voient le projet en campagne, d’autres en ville, et d’autres encore en banlieue. Pour Michel Desgagnés, il est clair que le projet doit se développer en ville. Il démarre donc un nouveau noyau sur cette base. Le groupe achète un terrain en juillet 2010, et la construction commence en 2012. La fin de la construction et l’emménagement des premiers membres ont lieu en juin 2013, quelques mois après le triste décès de son fondateur.

La construction est certifiée LEED Platine. Il n’y a que 22 places de stationnement pour les 42 unités d’habitation, dont l’une est dédiée à Communauto. On récupère les eaux de pluie et on en fait un jardin d’eau. On a fortifié la structure de l’un des toits pour accueillir éventuellement un toit végétal. En outre, on a conçu de petites unités d’habitation parce que les résidents ont accès à des espaces communs. Parmi ceux-ci, on compte des chambres d’amis, une salle de jeu pour les tout-petits, une autre pour les ados, une salle de lavage, des ateliers, du rangement, une grande cuisine collective et une salle commune.

Des résidents nous ont confirmé que la vie collective est vraiment active : pédibus, aide aux devoirs, repas communautaires une ou deux fois par semaine, prêts et emprunts de voitures et entre 9 et 12 heures de tâches communes chaque mois. La vie en cohabitat semble vraiment géniale. Parmi les voisins, il y en a qui s’occupent de choses spécifiques, comme une agronome qui travaille dans les jardins, des enseignants à la retraite qui offrent de l’aide aux devoirs, un menuisier qui aide dans l’atelier, etc. Les unités d’habitation sont bien situées pour les gens qui travaillent en ville. Les résidents ont une bonne conscience environnementale (ils habitent dans un bâtiment LEED Platine!). On sait que les enfants grandissent dans un environnement stimulant. Finalement, le projet est si bien conçu que quiconque peut envisager la vie en commun sans faire trop de concessions sur son mode de vie.
Le moment est parfait puisque des unités sont actuellement disponibles.
Référence : site Web de Cohabitat Québec :
http://www.cohabitat.ca

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La communauté de jeunes retraités du presbytère de Saint-Alphonse

Dans cette chronique, je vous pré­sente différentes initiatives relatives au mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans
le monde. Ces initiatives représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problèmes environnementaux et sociaux.

Bertin nous accueille sur place par un après-midi brumeux. L’intérieur du presbytère est un vrai chantier. Les premiers résidents ne pourront y emménager qu’à l’automne. « Une commune, oui, dit Bertin, mais une commune de vieux. On n’aménage pas tant notre vie que notre fin de vie. »

Le nom de l’organisme, la part des anges, s’inspire de la fabrication d’alcool, plus particulièrement du fait que, du tonneau à la bouteille, il y a toujours une partie de l’alcool qui s’évapore : c’est ce qu’on appelle la part des anges. On a affaire à des gens qui aiment rire et avoir du plaisir, des gens qui ont de l’humour et qui aiment jouer sur les frontières du politically correct. De vieux margi­naux, quoi!

Au départ, le projet est celui d’une bande d’amis, des gens très proches qui s’aiment et qui aiment refaire le monde en faisant bombance. La plupart des gens viennent de Saint-Alphonse (en Gaspésie) ou y ont habité pendant de nombreuses années. Ils ont un fort attachement au village et à son histoire, une grande volonté de le protéger, de le voir se développer, de participer à son rayonnement et au développement régional. Tout cela en se tournant vers l’avenir tout en trouvant racine dans son histoire. Il y a six ans, ils ont acheté le presbytère du village.

 

Plusieurs ententes ont été conclues, mais la part des anges n’est pas encore une entité à part entière. La structure juridique, « ce n’est pas pour nous autres, on n’en a pas besoin. […] Si c’était un ‘campe’ dans le bois, pas un presbytère, personne ne nous achalerait avec ça. Au fond, on fonctionne un peu comme une OBNL. Le presbytère est détenu en copropriété indivise dont chacun détient une part égale puisque tout le monde investit le même montant ».

 

La recette secrète de la part des anges, c’est :
• une bande d’amis
• une grande ouverture
• un fonctionnement par consensus
• une confiance grandissante

 

Ils fonctionnent donc par consensus, « ce qui facilite beaucoup de choses, affirme Bertin. On propose quelque chose. On ne peut jamais mettre une idée à la poubelle, on l’améliore ».

 

À force de bâtir leur rêve en s’écoutant les uns les autres, tout se déroule plus facilement : par exemple, parmi les cinq chambres disponibles, tous en ont choisi une différente sans s’en parler.

 

Bertin nous rappelle que « consensus, autogestion, écologie sont des concepts nouveaux, mais [que] vivre ensemble, ça fait quelques milliers d’années que ça existe ».

 

Les soins de santé sont collectifs et seront adaptés en fonction des besoins et de la réalité de chacun. Il a d’ailleurs fallu rédiger des mandats d’inaptitude et nommer des mandataires. « On a eu des conversations qu’on n’avait pas envie d’avoir : du genre, on ne veut pas se torcher. » Afin de protéger le patrimoine fami­lial des résidents tout en s’assurant que le presbytère puisse continuer d’exister de façon autonome, ils ont ouvert leur testament, et ceux qui n’en avaient pas en ont rédigé un.

Si la perspective de devenir membre vous intéresse, sachez que le processus d’intégration prévoit que les membres présentent à l’ensemble du groupe toute nouvelle personne intéressée. Il faut donc qu’au moins une personne vous connaisse et ait suffisamment envie de vivre avec vous pour vous inviter à rencontrer officiellement tous les membres du groupe.

 

Quelques pistes à explorer

Émission radio « Au cœur du monde », Radio Canada, sur le projet du presbytère de Saint Alphonse, 26 novembre 2015

« Pas banale, la vie! », par Isabelle Craig, baladodiffusion de Radio Canada sur la vie en commun dans le quartier Rosemont et un projet de communauté nouveau genre, 22 décembre 2015

 

Sources

1. « Ni yeux ni maîtres », une bande dessinée anarchiste de vieux recommandée par Bertin.

2. Christian Côté, Sylvie Onraet et Bertin St-Onge font partie des cinq personnes qui ont acheté le presbytère pour y vivre leur retraite.­ Photo : Radio-Canada/Isabelle Larose, tirée­ de http://ici.radio canada.ca/emissions/Au_coeur_du_monde/2015-2016/chronique.asp?idChronique=391175.

3. Photo que j’ai prise de la cuisine lors de ma visite du presbytère avec Bertin.

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Vivre autrement

 

Dans cette chronique, je vous présente différentes initiatives ou pistes d’information pour vous faire découvrir le mouvement des communautés intentionnelles, au Québec et dans le monde, comme une solution aux problèmes environnementaux et sociaux et comme un mode de vie épanouis­sant et porteur de sens.

Colibris est une initiative française pour la Terre et l’Humanisme lancée en 2007 par Pierre Rabhi. Beaucoup de chemin a été fait depuis, et l’association fait un excellent travail de diffusion, de transmission et de réseautage autour de projets inno­vants, axés vers les solutions et la construction d’un mode de vie plus solidaire et intégré à la nature.

Colibri, c’est le petit oiseau qui choisit d’aller chercher de l’eau pour éteindre un feu de forêt alors que tous les animaux observent, impuissants, leur habitat partir en fumée, sachant qu’il ne l’éteindra pas à lui tout seul, mais qu’il « fait sa part ».

La conférence sur « le sens dela communauté »

Le samedi 16 janvier, sur l’invitation de Colibris, cinq personnalités se rencontraient à Paris pour discuter de la question du sens de la communauté au XXIe siècle et pour redécouvrir le « vivre ensemble » et le « faire ensemble » :

1. Bernard Werber, écrivain

2. Margalida Reus, responsablegénérale internationale de laCommunauté de l’Arche,Non-Violence et Spiritualité

3. Thierry Kuhn, présidentd’Emmaüs France

4. Pierre Rabhi, paysan, philosophe, fondateur de Colibris

5. Mathieu Labonne, directeur de Colibris et coordinateur du centre Amma France

Ce beau mélange diversifié, tant par le point de vue que par l’expérience de chacun en ce qui concerne la vie collective, donne un résultat des plus inspirants! C’était une des premières fois que j’assistais à une table ronde où tous les participants et toutes les participantes considèrent la vie en communauté comme la solution la plus évidente aux problèmes du XXIe siècle.

Margalida Reus s’intéresse à la personne au sein de la communauté, à l’impact de la vie communautaire sur la transformation de l’individu et à l’importance de ces transformations personnelles comme indice de la santé d’une communauté. Wow, ça goûte bon! Ça fait du bien d’entendre quelqu’un qui a vécu en communauté­ pendant 33 ans nous le dire et en faire une analyse réaliste et pleine d’empathie.

Bernard Werber se penche, avec toute la curiosité d’un scientifique et toute l’imagination d’un écrivain de science fiction, sur la vie de groupe et analyse le thème du “sens des communautés” selon la perspective de l’histoire de la vie, et même celle de l’univers,, pour en arriver à la conclusion que la coopération et la vie collective constituent la meilleure manière envisagée par la vie pour se reproduire, croître et s’adapter. Rafraîchissant!

Enfin, Pierre Rabhi nous rappelle que « vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire et exploiter votre prochain! Ce n’est pas incompatible. Le pro­blème, il est en nous, et s’il n’est pas résolu en nous, je ne vois vraiment pas comment il peut être résolu dans le monde ».

Les Oasis

Un des objectifs de Colibris est de soutenir la création de 100 nouvelles oasis dans les cinq prochaines années. Une oasis, c’est un lieu écologique et solidaire, en milieu rural ou urbain, qui peut prendre des formes différentes : écohabitat partagé, écoquartier, écohameau, écovillage, commune en transition…

En janvier, Colibri a lancé une formation en ligne, gratuite, ouverte à tout le monde et explorant toutes les dimensions de la conception d’une oasis : facteur humain, gouvernance, modèle juridique, montage financier, conception en permaculture…

Cette formation a connu un succès inattendu : 27 300 personnes s’y sont inscrites! Cela prouve bien que la soif de solutions est grande!

À consulter

La conférence sur le sens de la communauté. Le site Web du mouvement : https://www.colibris-lemouvement.org

Les films d’Anne Barth, tournés au Hameau des Buis : Vous pouvez visionner la bande-annonce de « Quels enfants laisserons-nous à la planète? », et l’entièreté du film « Les enfants de demain ».

Soutenez son film à venir, « L’arbre de l’enfance, aux racines de l’être ». 

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