Célébrer le sacré de la vie

Ah! La voilà enfin la belle saison… celle où la nature se pare de toute sa beauté sous nos yeux d’humains émerveillés. Au cours d’une promenade, voilà que les couleurs nuancées d’une fleur nous vont droit au cœur. Mine de rien, quelque chose d’important se passe dans l’invisible : nous sommes touchés par la qualité sacrée de la vie. En effet, c’est bien le regard que nous portons sur les choses qui leur accorde leur dimension sacrée. Or, tout de la vie est sacré, sommes-nous en train de l’oublier?

À nous regarder vivre en société, il est facile de constater que celle-ci n’agit pas en cohérence avec les valeurs de la vie. Des forces très puissantes, une espèce de culture antivie nous éloignent progressivement de tout ce qui est vivant. De la surcon­sommation d’objets inanimés à l’intelligence artificielle, des produits alimentaires vides de nutriments à nos amitiés désincarnées en médias sociaux… tout contribue à créer un écart grandissant entre nous et ce qui est vivant. Déjà, en 1934, Albert Schweitzer, médecin, pasteur et théologien, sonnait l’alarme en rappelant l’urgence de retrouver « la révérence à la vie ». Déjà, il tentait d’éveiller les consciences à cette réalisation : tout de la vie a de la valeur, et nous sommes unis à tout le vivant. 

Le sacré de la vie ne se trouve pas uniquement dans les églises et dans les temples. Il est partout autour de nous et surtout dans la simplicité de notre quotidien d’humains. Un grand mensonge culturel a-t-il réussi à désacraliser la vie? Car ce n’est que lorsque la vie est privée de sa qualité sacrée qu’elle perd sa valeur intrinsèque et qu’elle peut alors être malmenée, exploitée, même détruite. Il n’existe aucune séparation entre le sacré et le profane, car, encore une fois, tout de la vie est sacré affirme aussi Rolando Toro, créateur de la Biodanza (danse de la vie).

C’est en nous offrant des moments­ de pleine présence à la beauté du vivant que peut renaître cette révérence. Un seul moment d’émer­veillement peut suffire à nous rame­ner à cette sensation émouvante de faire partie intégrante de cette vie vivante qui nous entoure et nous contient. Prendre le temps de contempler un ciel étoilé a le pouvoir de rétablir immédiatement la connexion au mystère de la vie et d’éveiller en nous un sentiment de profond respect. Alors nos gestes, nos paroles, nos choix existentiels peuvent sortir de l’inconscience et replacer notre nature d’humain au cœur de la Nature. En effet, mettre le respect de la vie au centre de nos valeurs et des motivations qui orga­nisent nos comportements est, dans notre société, révolte pure. C’est pourtant le seul antidote qui ait du sens. Ainsi, une nouvelle définition s’impose : est bien ce qui protège la vie et est mal ce qui l’anéantit. C’est simple et subversif. Notre quête humaine d’une existence cohérente et gratifiante dépendrait largement d’une relation intime avec la nature. C’est en offrant notre regard attentif et rempli de respect que l’expérience du sacré de la vie viendra d’emblée inspirer nos efforts conscients de sauvegarder et de chérir notre magnifique planète vivante. 

Et si cet été nous nous attardions­ davantage en silence dans la nature…et ouvrions nos sens à l’émerveille­ment? Si nous disions un grand oui à être ravi par la beauté ineffable de tout ce qui vit? Après tout, nous sommes les enfants de ce paradis terres­tre, et notre destin est lié à toute la vie de la planète. Si nous faisions chacun une place en soi pour laisser entrer les merveilles de l’Univers? C’est ainsi que notre humanité renoue en un instant son pacte intime avec la vie.

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