Le clown et le sacré

La méthode Pochinko
Le nez rouge représente notre relation à Dieu, et le chapeau, notre protection. Voilà ce que Sue Morrison explique à son cours « Clown Through Mask ». La méthode a été créée par Richard Pochinko dans les années 80, à Toronto. Il voulait réinventer la formation d’acteurs pour donner plus de vérité au théâtre canadien. Il développa sa pédagogie en utilisant l’univers du clown. Chacun des étu­diants fabriquera six masques qui le représenteront. Ces masques seront associés à six directions : nord, sud, est, ouest, en dessous et au-dessus. L’idée est que, si nous pouvions nous regarder dans toutes les directions, nous ririons du ridicule de nos problèmes.

Le sens du sacré dans la méthode
Pochinko inclura des masques dans ses cours, comme les gens des Premières Nations les utilisent lors de cérémonies rituelles. Ils permettront d’accéder à un espace reliant le réel et l’au-delà, le conscient et l’inconscient, la terre et le ciel. Pour ce faire, les étudiants devront se libérer de leur intellect et de leur ego pour dévoiler leur histoire, le masque facilitant l’entrée dans leur propre mythologie. Ils porteront leur masque lors de plusieurs rituels; ils développeront en ce faisant leur mythologie. Un espace intérieur se créera, donnant accès aux archétypes nous reliant à l’univers. Une grande humilité et gratitude s’ensuivront.

Les bienfaits de cette méthode
Ce cours nous invite au plaisir de jouer. On joue à « Jean dit », à la tague et ainsi de suite. On redevient enfant en riant et en se déplaçant spontanément. La préparation du corps est essentielle; de la perception des différentes partie du corps au sang qui circule, du souffle qui nous habite à la visualisation des couleurs, nous nous habitons, mieux centrés, plus disponibles. Divers exercices nous rendent plus conscients de notre ressenti, de nos pensées. Dans « Present Yourself », un à un, debout devant le groupe, nous nous regardons chacun dans les yeux, en silence : une expérience d’une rare intensité. Rien à faire, simplement être témoin de nos émotions, de celles des autres et partager. C’est une occasion de se montrer tel que nous sommes, sans artifice, une expérience libératrice.

Le clown en nous, le langage du cœur
Le nez rouge est rond. Il est complet. Il contient toute la vie, naissance et mort. Le clown relâche et transforme. Contrairement à l’acteur qui apprend son texte et interprète son rôle, le clown ne sait pas ce qu’il va exprimer. Dans la spontanéité du moment, il se surprendra. Quand le corps est bien préparé, vibrant, détendu, un espace se crée intérieurement, et le cœur s’ouvre. Les clowns sont ensuite invités à choisir des vêtements dans la boîte de costumes. La créativité du clown dans le choix des costumes et des accessoires étonne toujours. Il peut utiliser une sacoche comme chapeau, mettre une cravate à ses pieds, tout est permis. Pendant son improvisation, tous les participants bénéficieront de cette ouverture du cœur, ce partage direct d’émotions créant une connexion rafraîchissante, un relâchement pour lui et pour les autres et une liberté.

Les clowns professionnels, les clowns thérapeutiques et les clowns sociaux interviennent pour amener dans notre société stressée un brin de tendresse, de plaisir, de vérité, exposant vulnérabilité et ouverture du cœur pour rappeler à tous notre humanité. Si vous désirez explorer certains aspects de cet univers dans un contexte de développement personnel, j’offre des cours dans l’Outaouais pour faire partager ce monde merveilleux.
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1Veronica Coburn and Sue Morrison, Clown Through Mask, Bell & Bain Ltd, Glasgow, 2013

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