La chance de notre vie

À travers nos activités quotidiennes, on se demande quelquefois pourquoi on est ici sur terre, dans cette vie qui est la nôtre, avec notre entourage personnel, conjoint, enfants, belle-famille, amis, et notre entourage professionnel presque aussi important.

On se demande pourquoi il nous faut vivre cette vie-là; tantôt poser des gestes qu’il faut refaire constamment : gagner sa vie, tenir la maison, encourager les enfants à faire leurs devoirs, prendre l’autobus, faire l’épicerie; ou tantôt vivre des situations exceptionnelles dans le bonheur ou la douleur : la naissance d’un enfant, la maladie et la mort d’un proche, l’accident d’un ami. Toutes ces situations peuvent sembler n’avoir aucun sens et pourtant, elles en ont un.

Un sage améridien de la nation cree dit dans un de ses poèmes : « Nous sommes venus sur cette terre pour bénéficier des leçons de la vie. » 1

Oui, la vie, c’est fait pour la vivre. Cela semble une évidence… On vit pour faire des expériences qui nous rendent toujours plus conscients, toujours plus capables de ressentir ce qui est essentiel. On « se pratique » à vivre de mieux en mieux, à discerner l’important de ce qui ne l’est pas. Et quelquefois ce qui est important n’apparaît pas au premier coup d’œil. Un exemple : les personnes qui reviennent d’une expérience de mort approchée (NDE) disent qu’elles ont pu voir le film de leur vie; ce qui les a frappées dans ce retour sur leur vie, c’est que les gestes qui témoignaient de leur égard pour les autres avaient été les plus valables, et les avaient fait progresser.

Nous sommes des apprentis à l’école de la vie; notre temps d’apprentissage sur la terre est court, il faut en profiter pleinement pour accomplir ce qui est demandé de nous : devenir des êtres humains qui respectent les autres, incluant notre environnement naturel, et qui ce faisant se respectent eux-mêmes. Il faut être capable d’être fier de nous. Comment savoir ce qui est le bon choix à faire pour nous et pour les autres? Comment ne pas céder à la facilité de se dire : « Ce n’est pas mon affaire, je ne m’en mêle pas. » ou « Personne ne le saura, je le fais quand même!»?

Voici ce qu’en dit le même sage amérindien : « Notre existence terrestre n’est qu’une partie de notre voyage vers le monde des esprits, et il est essentiel de bien le préparer. […] Selon nos enseignements traditionnels, la façon dont nous vivons notre existence terrestre influence notre voyage spirituel. Si nous sommes amers, coléreux et pleins de remords, notre voyage s’en ressentira. C’est pourquoi nous pensons que l’existence terrestre est sacrée. Chaque jour doit être un bon jour, avec plein de pensées et de sentiments positifs, car nous ne savons pas quand nous devrons quitter cette terre. […] » 2

Dans son message du Graal, Abd-ru-shin est très précis : « Il vous est donné de parcourir consciemment la Création. Toutefois, au cours de votre périple, vous n’avez pas le droit d’infliger la moindre peine à autrui pour satisfaire vos propres désirs! Vivez en conséquence, et vous serez heureux! Votre chemin ascendant vous conduira vers les lumineux jardins de votre Dieu afin que vous puissiez contribuer dans la joie au développement ultérieur de cette Création. » 3

Notre bonheur passe par l’effort qu’on fait pour rendre les autres heureux. La petite voix en nous est une alliée sûre pour savoir si on a fait le bon choix. Si on l’écoute, oui, on peut déjà être heureux dans cette vie; par nos efforts au jour le jour, nous augmentons notre capacité à nous activer pour la construction d’un monde plus harmonieux. Cette chance qu’est la vie, c’est la possibilité de collaborer à cette Création, de nous transformer pour mieux jouer le rôle important demandé du véritable être humain.

Références :
1- Vernon Harper, (XX siècle), Le Livre des Anciens, p. 202, poème n° 498 (Sagesse et traditions amérindiennes, Tribu des Cree)

2- Idem, p.p. 200-202, poème n° 519

3- Abd-ru-shin, Dans la lumière de la vérité – Message du Graal, Tome III, Conférence 16, p. 110.

La gratitude

Petit mot sans prétention, mais combien important dans la vie. La gratitude n’est-elle pas la première étape de l’abondance? Comment souhaiter plus, si on ne reconnaît pas déjà ce que nous avons?

Comment désirer plus, si on ne voit pas déjà ce qui est en place, et que nous n’éprouvons pas de gratitude pour cette abondance dans notre vie et dans la vie? Avez-vous remarqué, que sans la gratitude sincère du cœur, l’humain a tendance à prendre pour un droit ce qui est en fait un privilège?

Combien de fois par jour, prenons-nous le temps de remercier pour ce que nous avons? Combien de fois par jour, portons-nous attention aux petits miracles, aux petits bonheurs qui nous arrivent? Et pourtant, les exemples sont nombreux : l’eau, la nourriture, se loger, se vêtir, voir, penser, écrire, un sourire, un rire, un regard, une douce mélodie, un oiseau, recevoir une preuve d’amour, d’affection… Les exemples sont infinis si on le veut. Toutefois, notre rythme de vie, nos obligations, installent comme un voile qui nous empêche de tout voir, d’avoir le temps de tout voir. C’est humain et cela fait partie de notre époque. Nous le vivons tous et toutes à différents moments, à différents niveaux.

N’est-ce pas normal de vouloir améliorer son sort, de vouloir améliorer sa condition? Bien entendu, c’est souhaitable pour chacun d’entre nous. Mais, n’est-il pas logique et souhaitable également, de regarder ce que nous avons déjà, ne serait-ce que pour constater d’où nous partons? La route de l’abondance, ne commence-t-elle pas par le fait de tracer l’inventaire de ce que nous avons et de ce que nous sommes en tout premier lieu? Avant d’aller s’acheter des nouveaux vêtements, ne regardons-nous pas ce que nous avons déjà et ce que nous aurons besoin principalement? Avant d’aller à l’épicerie, ne regardons-nous pas ce que contient notre réfrigérateur et notre garde-manger? Pourquoi, la recherche de l’abondance serait-elle différente? Il n’est pas aisé d’avoir plus, si on ne sait pas ce que nous avons déjà, pas vrai? Comment souhaiter plus de la vie, si nous ne sommes pas reconnaissants de ce qui est déjà là? Quel est le message que nous envoyons ainsi à la vie? Reconnaître ce que nous sommes et ce que nous avons, ne serait-il pas un outil du bonheur et de l’estime de soi? Ne faudrait-il pas, en tout premier lieu, Être pour Avoir et non l’inverse? Combien de fois, avons-nous posé des gestes d’amour envers notre prochain, et qu’avons-nous reçu en retour? De la gratitude du cœur? N’avez-vous jamais entendu une merci qui sonnait comme arachide, pomme de terre, pizza,… De la gratitude du cœur?

L’humain n’aurait-il pas tendance à ressentir la gratitude avec sa tête non avec son cœur? Et pourtant, le cœur ne serait-il pas la résidence permanente de la gratitude? Je vous invite, aujourd’hui, à prendre quelques instants, et à ressentir dans votre cœur de la gratitude pour ce que vous avez, pour ce qui vous entoure et pour ce que vous êtes de plus beau et de meilleur en vous. Peut-être serez-vous surpris de ce que cela pourra créer à l’intérieur de vous. Imaginez maintenant ce que cela peut et pourra créer dans votre vie de tous les jours!

Je vous souhaite une merveilleuse journée remplie de magnifiques moments de joie, de bonheur et d’amour. Je vous souhaite de vivre tout plein d’instants magiques. Merci de m’avoir lu et à bientôt.

La magie d’être soi-même : une histoire de nombril qui en dit long… (Le cerf musqué du Cachemire)

Lors d’un voyage en Inde où j’accompagnais un groupe de voyageurs, nous sommes allés méditer dans une grotte millénaire, située aux portes de l’Himalaya, tout près de la ville sacrée de Rishikesh.

Tout au long du sentier menant à cette caverne mystérieuse, qui a accueilli en son sein de grands maîtres dont certains y ont même terminé leur vie, mon ami et très sage guide indien K. D. (Kanwar Dhananjai Singh) nous raconta avec tout son humour une bizarre histoire de cerf… La voici, celle du cerf musqué et de son nombril parfumé…

Le Musk Deer ou Moschus Moschiferus se retrouve dans plusieurs forêts du Jammu et du Cachemire. À mi-chemin entre le cerf et l’antilope, on le distingue par de longues canines qui ressortent de la bouche du mâle. Le cerf musqué est en voie d’extinction, car il est très recherché pour ce qu’il a de plus précieux… son nombril.

En effet, le nombril de ce cervidé des montagnes dégage un parfum très recherché qu’on appelle le musc. Cette odeur envoûtante sera d’ailleurs ce qui fera courir l’animal toute sa vie durant. Elle sera en quelque sorte sa raison de vivre. Eh oui! le cerf musqué recherchera durant toute son existence l’origine de ce parfum qu’il porte pourtant en lui dans une glande située sous son abdomen. Vous vous imaginez l’ironie de la chose? Il courra un nombre incalculable de kilomètres à la recherche d’un parfum dont il est pourtant l’origine, dont il porte la source. S’il savait qu’il était le porteur de cette source aromatique qui l’enchante tant, il pourrait cesser de chercher, s’arrêter enfin et en jouir pleinement.

« Ainsi en est-il de l’être humain, conclut notre sage guide indien. Ce dernier porte en lui sa divinité, mais il s’entête à la chercher toute sa vie à l’extérieur de lui, sans jamais la trouver, évidemment. La raison est qu’il ne regarde pas au bon endroit, qu’il cherche sa source ailleurs qu’en son propre centre, comme le cerf musqué de cette histoire. »

Quelle sagesse peut-on trouver dans cette histoire, n’est-ce pas? Et dire que je suis allé de l’autre côté de la terre pour entendre ça, pour comprendre que je recherchais moi-même depuis toujours ce que je portais en moi. Enfin… personne n’est parfait… ou croit qu’il ne l’est pas, devrais-je rajouter. Mais quand on se fait dire depuis notre petite enfance qu’il faut cesser de se contempler le nombril, cela peut porter à confusion, n’est-ce pas? Et si au contraire, nous commencions à nous le regarder tous ensemble, pour faire taire les mauvaises langues qui ne veulent pas qu’on découvre qui nous sommes vraiment?

Je ne parle évidemment pas ici d’« egocratie », mais d’amour de soi, de reconnaissance de soi. Comme me le disait un de mes grands amis, il y a peut-être danger de narcissisme à amplifier son « petit moi », mais il est beaucoup plus louable de le sublimer dans sa Divinité, ce qui est un acte d’amour désintéressé.

Chacun de nous porte Dieu en son centre. Chacun de nous est Dieu – comme a osé l’écrire un jour Lise Bourbeau dans son livre Je suis Dieu. Wow! Vous vous souvenez comment ce titre avait soulevé la controverse à cette époque? Aujourd’hui, je reconnais qu’elle avait raison, et bien du courage de crier ainsi sa vérité au risque de se faire juger. Nous possédons tous les pouvoirs de Dieu, ils sont là. Il n’y a rien à faire, juste les utiliser. Subito presto, simplement, en criant lapin… ou cerf.

On nous a dit à la petite école que nous étions faits à Son image, une copie. Mais nous ne sommes pas une copie, nous sommes un original. Et au lieu d’assumer cette vérité pourtant si simple, je dirais même plus, cette responsabilité, on la renie constamment en courant ici et là, comme le cerf musqué, à la recherche de techniques miraculeuses, d’un sauveur, d’un gourou ou d’une religion qui nous apportera la solution à tous nos problèmes, d’une pierre précieuse ou d’un mantra qui nous mènera vers Dieu. On recherche ailleurs l’odeur de sainteté, alors qu’on la possède tous en nous.

Pourquoi donc aller chercher à l’extérieur ce que nous possédons en nous depuis notre naissance? Pourquoi courir inlassablement après Dieu, le chercher dans les innombrables églises, dans le regard d’un nouveau papus benoîtus, dans des écrits sacrés (ou sacrés écrits), etc.? Pourquoi le prier pour qu’il se manifeste? Il est là, à notre porte, il est même la porte elle-même… Cette quête extérieure m’apparaît aussi inutile que d’aller s’acheter de l’eau en bouteille à l’épicerie, quand une source intarissable d’eau fraîche coule à notre porte. Ah! ce que nous pouvons être bizarroïdes et compliqués, nous les humains! Nous préférons courir comme le cerf musqué, nous épuiser à chercher notre divinité, au lieu de s’arrêter et… puiser à même notre divinité.

Durant la brève demi-heure où j’ai médité dans la grotte de Rishikesh, je me suis enfin arrêté et je me suis contenté de contempler mon propre rayonnement au centre de ma poitrine. Pour quelques minutes, j’étais devenu Dieu, wow! un immense soleil rayonnait en moi et tout autour de moi.

Et maintenant, je dois vous quitter, j’ai un nombril à aller contempler… hihihi!

Mon Amour – Hymne à la vie

Aujourd’hui, j’ai tellement envie de te dire combien je t’aime. Toi, qui à chaque instant est là, présente en moi. Toi qui habite mon cœur, nourrit mon âme. Toi qui sans artifice, m’aimes, m’accompagnes.

Je te regarde, et mes yeux s’animent. Des étincelles de joie, de vie sont perceptibles. Mon cœur palpite. Mon sang circule à une vitesse folle. J’ai toujours le goût de toi. Le goût d’être là avec toi, de te sentir, de te vivre. Je te regarde et je me sens vivre, presque ivre.

Parfois, tu me perturbes. D’autres fois, tu me fais pleurer. Certaines fois, tu me blesses profondément. Tu touches mes valeurs, mes croyances. Tu m’ébranles. Tu me chavires. Tu me rends, parfois, un peu fou. Mais, au fond, je t’aime.

Je t’ai toujours aimé. Tu me fais rire. Sans cesse, tu crées, juste pour moi, de merveilleux bouquets d’émotions. Tu es là, tu me prends la main, et tu m’amènes sur des sentiers inexplorés. Tu me guides, car tu m’aimes vraiment, totalement, inconditionnellement. Tu me parles d’éternité quand je me sens limité. Tu me dis, crois, espère, avance à ton rythme, mais marche mon amour. Sans fin, tu souffles, tu respires pour moi, en moi.

Parfois, je désespère de toi. Tu me quittes, l’espace d’un instant, et je ne suis plus le même. Tu sais si bien m’amener vers le meilleur. Le meilleur de moi. Le meilleur de toi. Je t’aime tant. Tu te fais belle, charmante, charmeuse. Tu me séduis. Tu m’ensorcelles. Tu te présentes, toute naturelle, vraie, authentique. Je perds pied. Je cède, car je t’aime mon amour. Aujourd’hui, je romps le silence. Je veux que le monde entier le sache. Je ne peux plus me cacher, te cacher. Je t’aime trop. Je veux le crier sans fin, sans cesse; je t’aime, toi, la vie.

Ce que la vie m’a appris

Je devrais plutôt tenter de dire ce que les rencontres, les séparations, les découvertes, les éblouissements comme les désespérances m’ont appris dans le sens de me découvrir, de me construire, d’influencer le déroulement de mon existence.

J’ai ainsi appris que la vie n’est faite que de rencontres et de séparations et qu’il nous appartient de les vivre en acceptant de nous responsabiliser face à chacune.

J’ai appris encore qu’il y a toujours une part d’imprévisible dans le déroulement des jours et donc qu’il m’appartenait de savoir accueillir les cadeaux inouïs ou les blessures qui peuvent surgir dans l’immensité d’un jour.

J’ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l’instant, à ne pas rester enfermé dans mon passé ou me laisser envahir par des projections sur un futur trop chimérique.

J’ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la Vie d’être présente en moi et autour de moi, à l’honorer chaque fois que cela m’est possible, à la respecter en toute occasion, à la dynamiser avec mes ressources et mes limites.

J’ai appris difficilement à m’aimer, non d’un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation était grande) mais d’un amour de bienveillance, de respect et de tolérance.

J’ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma sensibilité.

J’ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d’un oiseau, comme dans le geste d’un enfant pour tenter de capter le vol d’un papillon ou encore dans le sourire d’un vieillard qui croise mon chemin.

J’ai appris patiemment que nul ne sait à l’avance la durée de vie d’un amour et que toute relation amoureuse est une relation à risques. Des risques que j’ai pris.

J’ai appris douloureusement que je n’avais pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j’aurais dû savoir jouer et rire avec eux, plus souvent et surtout chaque fois qu’ils me sollicitaient, que je n’avais pas su toujours les entendre et les accueillir dans leurs attentes profondes et surtout que j’avais trop souvent confondu mon amour pour eux avec quelques-unes de mes peurs tant je voulais le meilleur pour eux, tant je désirais les protéger des risques (que j’imaginais) de la vie.

J’ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s’accélérait en vieillissant et qu’il était important non pas d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années.

J’ai appris malgré moi que je savais beaucoup de choses avec ma tête et peu de choses avec mon cœur.

J’ai appris que je pouvais oser demander si je prenais le risque de la réponse de l’autre aussi frustrante ou décevante qu’elle puisse être, que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre, que je pouvais donner sans envahir l’autre et refuser sans le blesser.

J’ai appris sans même le vouloir, que j’avais des besoins et qu’il ne fallait pas les confondre avec des désirs.

J’ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre tout l’inutile dont je me suis encombré pendant des années.

J’ai appris joyeusement à planter des arbres, c’est le cadeau le plus vivant que je peux faire jusqu’à ma mort à cette planète merveilleuse qui a accueilli mes ancêtres et surtout mes géniteurs.

J’ai appris doucement à recevoir le silence et à méditer quelques minutes chaque jour pour laisser aux vibrations de l’univers la possibilité de me rejoindre et de m’apprivoiser encore un peu. Oui, j’ai appris beaucoup et pourtant je cherche encore l’essentiel.