Changements durables

« Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. »

Tout comme la mort et les impôts, le changement est inévitable. Cependant, ce dernier est toujours positif et adéquat.

En effet, lorsqu’il y a changement, il y a adaptation; soit pour garder une situation intacte devant de nouveaux éléments, soit pour améliorer le résultat obtenu face à une quelconque insatisfaction. Il est une partie intégrante de la vie : même Dame Nature s’adapte et s’ajuste constamment.

Un élément de la vie qui ne change pas meurt. Il en est de même pour l’être humain : quiconque ne change pas, meurt. Quiconque n’évolue pas ou n’est pas dans l’action se laisse mourir à petit feu. Pourtant, beaucoup de gens redoutent le changement comme la peste!

Je crois sincèrement que les gens redoutant le changement ont une réaction basée sur une peur de perdre les éléments positifs qu’ils ont déjà : ils ne veulent pas tenter une nouvelle approche, même si elle semble davantage favorable, par crainte de ne pas récolter autant d’éléments avantageux et ainsi ressentir une insatisfaction plus grande qu’en présence de la première situation.

Alors, ils « procrastinent », se créent des excuses et/ou racontent des histoires telle que « Je suis bien quand même. » ou « Ce n’est pas si pire que ça. ».

J’ai la solution pour vous!

En fait, il y a plusieurs solutions pour améliorer une situation tout en s’assurant de gagner davantage que l’on perd. Ce que je vous propose est une démarche de 7 questions qui vous permettra d’y voir plus clair tant qu’aux points saillants assurant un changement durable, de qualité et positif pour tous.

Répondez à ces questions calmement et en privé (vos réponses sont personnelles) et notez le tout afin de vous y référer plus tard.

  1.  Quelle est la situation problématique et qu’est-ce que je veux obtenir en termes de résolution?

Répondez à cette question en une seule phrase contenant les points les plus importants de façon à bien cerner le problème tout en gardant un regard positif sur les résultats voulus. Utilisez une formulation positive : « J’ai xyz, mais je veux abc parce que def! ».

Vous devez inclure les éléments nécessaires pour qu’un lecteur puisse clairement identifier « Qu’est-ce qui cloche? » et « Que veut-il/elle? ».

  •  Pourquoi je veux obtenir ces résultats?

Identifiez LA raison qui vous pousse à vouloir changer votre situation et à obtenir ces résultats spécifiques. Qu’allez-vous en tirer? Élaborez les résultats souhaités ainsi que les émotions que vous allez ressentir lorsque vous obtiendrez la résolution désirée.

  •  Qu’est-ce qui m’empêche de régler la situation dès maintenant?

Soyez honnête! La première réponse qui vous viendra à l’esprit sera « En fait, rien. Je manque seulement de motivation. » ou un style semblable. C’est de la foutaise!! Vous ne manquez pas de motivation pour vous faire à manger lorsque vous avez faim, n’est-ce pas?!? Ce n’est pas un surplus de motivation qui vous manque, c’est un changement de priorité. Lorsque l’atteinte de vos résultats sera en première place de vos priorités, vous adapterez votre situation beaucoup plus facilement.

Donc, identifiez ce qui vous empêche d’atteindre votre but. Est-ce une gestion de votre horaire qui laisse à désirer ou bien une liste de priorités désuète? Peut-être qu’il vous manque un soutien familial ou que votre environnement immédiat est voué à votre échec (par exemple, si vous voulez mieux gérer votre poids, est-ce que vos placards sont remplis de « chips », de friandises et de calories vides?).

  •  Qu’est-ce que je veux exactement?

Assurez-vous de répondre à cette question de façon positive avec des termes bien précis et un baromètre de réussite mesurable et réaliste pour vous.

Pour la perte de poids, décidez un poids-cible ainsi qu’un temps limite pour l’atteindre.

Pour un redressement de finances, choisissez un montant exact à une date précise.

Peu importe l’ampleur de votre défi, il doit être positif, mesurable et réaliste pour vous (non pas selon l’opinion des autres… qui vous sous-estiment de toute façon!).

  •  Comment puis-je atteindre mon objectif?

Élaborez toutes les façons qui vous viennent à l’esprit pour réaliser votre objectif, même si ces solutions peuvent vous sembler inadéquates ou impossibles. En période de remue-méninge (« brainstorming »), une idée folle conduit souvent à un nouveau compromis très acceptable. Notez une dizaine (10) d’alternatives pour votre défi.

Ensuite, classez ces solutions en trois catégories d’importance : « Pas mon style. », « C’est difficile, mais réalisable! » et « FACILE!! ». Assurez-vous d’en avoir au minimum 5 pour la deuxième catégorie ainsi que 2 « FACILE!! ».

Maintenant, éliminez la première catégorie, prenez un engagement envers les solutions de la deuxième (par exemple : solution pour gérer mon poids = courir, engagement = « Je vais courir 3 fois par semaine pendant 30 min! ») et PASSEZ À L’ACTION DÈS MAINTENANT POUR VOS 2 « FACILE!! ».

  •  Comment est-ce que je me sens lorsque j’avance vers votre objectif?

Prenez le temps de savourer votre progrès, aussi minime qu’il peut sembler.

Après une bonne période d’exercices, prenez le temps de masser vos muscles endoloris. Suite à votre dépôt dans un compte d’épargne ou à un paiement pour régler vos dettes, saisissez l’opportunité de ressentir de la fierté en vous.

L’important est de faire du progrès. Aussi longtemps que vous l’apprécierez, vous continuerez d’avancer.

  •  Comment l’atteinte de mon objectif servira à mon environnement?

Élaborez plusieurs résultats positifs et agréables que vous et votre environnement obtenez à chaque gain que vous faites. Qu’apportez-vous à votre entourage? Une nouvelle motivation? Un exemple de persévérance?

Et lorsque vous aurez atteint votre objectif, qui l’appréciera avec vous?

Comment allez-vous vous sentir lorsque ces personnes célèbreront avec vous?

EXERCICE
Vous vous doutez probablement de l’exercice que je vous propose de faire en ce début de Nouvel An!!

Allez-y : choisissez une situation qui vous semble problématique, où vous vivez quelques insatisfactions et répondez aux 7 questions.

Agissez DÈS MAINTENANT avec vos « FACILE!! » et appréciez votre progrès envers vos engagements et aucun obstacle, aucune situation problématique vous semblera insurmontable à nouveau.

Sur ce, je vous souhaite un excellent début d’année 2011 remplie d’atteintes d’objectifs!!

Prenez bien soin de vous, cher(e) ami(e)!

La nouvelle année sera-t-elle nouvelle?

Les cadeaux ont été déballés et les sans-abris bien gavés. Le champagne a coulé et les amoureux ont célébré. Les solitaires sont demeurés seuls et les familles ont fêté. Certains auront cessé de fumer à minuit et des prisonniers retiendront leurs larmes. Il y aura eu des feux d’artifice et des vœux échangés. Il y a des espérances et des souffrances, des joies et des enfants heureux, des lunes pleines et d’autres printemps…

Des soldes dans les magasins, des iPod, des iPhone, des iPad à moitié prix. Des hommes et des femmes qui prendront leur retraite, des artistes qui gagneront des trophées et le premier bébé de l’année dans le journal. Des retrouvailles, des inattendus, des attentats, des décès de personnes inconnues et la disparition de certaines célébrités, des mariages et des divorces et une prochaine Saint-Valentin… Un été trop chaud, d’autres inondations, des famines, la terre tremblera et les informations seront diffusées jour et nuit. On récoltera beaucoup de dollars et des euros pour d’autres pays. Nous irons au cinéma ou en Floride ou en Italie.

Certains souhaiteront connaître leur avenir, certains s’adonneront au yoga et liront des commentaires du Tao, tandis que d’autres mangeront des sushis et se feront masser. Les chats continueront de ronronner et les chiens à donner la patte.

Puis le temps d’une respiration, nous nous sentirons aimés et aimants, le temps d’un instant, nous serons sans regret ni amertume, disposés à accueillir l’impensable, le nouveau, l’impossible, l’extraordinaire des jours ordinaires, sous la pluie, dans la neige, couchés sur le ventre ou près du feu, au cœur des bois, seul ou avec d’autres, comblés, bouche bée, si heureux de vivre encore et de pouvoir donner, partager et recevoir, si heureux d’avoir aimé et d’aimer encore, sans raison…

L’aube apaisera les inquiétudes, le silence parlera haut et fort, de nos accomplissements, de nos rêves, de la vie toute simple, toute simple, tellement simple que nous aurons la certitude d’entrer dans une année nouvelle… tout en douceur, le cœur en feu, les yeux ouverts, la tête en fête, l’âme méditante, nous embrasserons ce moment unique comme on embrasse une dernière fois celui qui va mourir pour s’unir à l’éternel. Des chants se feront entendre dans toutes les chaumières et nous danserons longtemps, longtemps, joyeux d’écouter battre le sang dans nos veines comme des tambours au solstice d’été.

L’année sera nouvelle au moment même où la vie sera nouvelle…

Être en relation

J’en ai plein les bras, pourtant j’ai des idées plein la tête. Wow, il est possible de sortir de la spirale quotidienne des relations souffrantes!

Créer de nouvelles manières d’être en relation. Tout un contrat quand nous sommes envahis par le temps, la politique, le travail, l’ordinateur, les enfants, etc.

Voici quelques idées rafraîchissantes :

  • Vouloir nous rapprocher des autres et ne pas attendre qu’ils viennent vers nous.
  • Cesser les attentes.
  • Choisir au lieu d’être choisi.
  • Mettez-vous de l’humour, du plaisir dans votre quotidien?
  • Il n’y a pas de couple parfait ou d’harmonie parfaite, mais que des couples en devenir.
  • Créer de petites attentions sans penser recevoir quelque chose en retour.
  • Envoyer des petits mots de gratitude sans raison.
  • Exprimer nos sensations et nos émotions en parlant en JE.
  • Être honnête.
  • Osons être vulnérable.
  • Acceptons que chaque personne dans un couple à son sac à dos rempli d’histoires de son passé qui peuvent se réveiller à tout moment.
  • Un couple, c’est un investissement à deux, pour les bonnes raisons. Quelles sont les vôtres?
  • Mettez votre juge de côté, évitez le jugement et la critique.
  • Aimer, c’est aller vers le besoin de l’autre sans se perdre dans l’autre.
  • Attention aux scénarios de prince ou princesse charmante, de cas dramatique non dramatique. Ils jouent contre vous très souvent.
  • Est-ce que mon amour est conditionnel?
  • Êtes-vous un à côté de l’autre dans vos projets? L’important, ce n’est pas juste d’aller dans la même direction comme couple, mais d’aller à la même vitesse : sans cela, il y aura une trop grande tension d’où l’importance de la communication.
  • Planifions-nous notre intimité autant que nous le faisons pour nos vacances?
  • Nous organiser pour ne pas nous créer, ni créer à l’autre, la pression du performant et du perfectionniste.
  • Laissons bâtir et grandir l’intimité sous toutes ses facettes.
  • Cesser de penser pour l’autre. Nous ne le répéterons pas assez, car souvent nous interprétons au lieu d’aller vérifier auprès de l’autre.
  • La culpabilité est un jugement envers l’autre ou envers soi. Nous sommes pris entre deux décisions, celle que nous voulons prendre et celle que nous sommes obligé de prendre.
  • Arrêter de materner l’autre et de vouloir le protéger; il reprendra la responsabilité de sa vie et il sera plus apte à affronter ses propres défis.
  • Dire non ou dire oui quand nous n’avons plus peur de la réaction de l’autre.
  • Briser les tabous.
  • Accepter notre différence et nos points de vue. Laisser parler l’autre même si nous ne sommes pas d’accord, car pour cette personne, l’opinion qu’elle émet est quelquefois viscérale; elle apprendra alors qu’elle peut être authentique avec vous.
  • Si la relation nous tient à cœur, nous nous rendrons disponible pour la personne, autant émotivement que rationnellement et en disposition de temps.
  • Faire des consensus et non des compromis, car il y en a un qui perd à tout coup avec ces satanés compromis.
  • Faire des surprises.
  • Être flexibles?
  • Partager nos rêves individuels et ceux du couple.
  • Accepter l’aller et le retour dans vos discussions, de donner et recevoir dans vos échanges, éviter les monologues.
  • Ne pas entrer dans les souliers des autres, mais être sensibles, réceptifs et compatissants.
  • Ne pas vouloir que les autres entrent dans nos souliers, car nous oublions de nous retrouver et de toucher intimement notre souffrance.
  • Apprendre à le dire quand nous voulons nous engager ou nous désengager.
  • Reconnaître que même en étant avec quelqu’un, nous pouvons nous sentir seul.
  • Accepter que l’autre puisse être en réaction et en émotion, qu’il ne soit pas toujours en harmonie.
  • Accepter notre impuissance face à l’autre dans certaines circonstances.
  • Ce sont les dynamiques relationnelles tendues qui créent des malaises et des maladies de tous genres; c’est aussi par celles-ci que nous guérissons.
  • L’autre peut être un déclencheur émotionnel pour moi. Il éveille en moi des blessures non guéries.
  • Arrêtons de vouloir comprendre l’autre, mais essayons plutôt de nous connaître et de reconnaître ce que cette incompréhension nous fait vivre.
  • Cessons de projeter sur l’autre nos colères, nos insécurités et nos peurs en utilisant le vase communicant * et en nous déresponsabilisant de nos propres émotions. (* Vase communicant : c’est lorsque nous transférons notre émotion sur l’autre ou encore, n’étant pas conscient de ce que nous vivons à l’intérieur de nous, nous projetons alors sur l’autre. Voici deux exemples : j’ai peur et je fais peur à l’autre. Je suis en colère et je ne l’exprime pas. L’autre pourra le faire, amplifiant la colère que je garde ou refoule en moi).
  • Je brise le silence et le statu quo pour remettre du mouvement dans le couple.
  • Lors de chicane, s’occuper du problème et des mésententes sans mettre en péril l’amour que l’on a pour l’autre.
  • Évitons le boudage et l’isolement, car au lieu de rapprocher le couple, souvent cela le sépare.
  • Brisons les chaînes de la rancune et du ressentiment qui sont la prison des couples qui s’effritent.
  • Enterrez la hache de guerre et ramollir la tête dure pour avoir plus d’ouverture à l’autre.

Et vous, avez-vous quelques idées rafraîchissantes qui propulseront votre couple vers un amour véritable sans être dans les boucles sans fin de la souffrance relationnelle.

Les relations ne sont qu’à l’embryon des possibilités; pensons-nous réellement que nous les connaissons toutes? Utilisons notre créativité, notre imagination, notre intuition pour inventer de nouvelles façons d’être en relation et de semer la joie autour de nous. Il y a quelques théories et pratiques qui existent dans certains livres, mais le plus grand de notre travail sera de réinventer de nouvelles avenues adéquates pour le couple tout en évitant les pièges de nos parents. Si nous osons être unique, nous oserons fonctionner par essais et erreurs. C’est la meilleure façon de savoir si les idées fonctionnent pour nous. Il n’y a pas de mode d’emploi pour être en relation.

Et je termine sur cette pensée : Je t’aime trop pour ne pas réveiller ta blessure même en le faisant inconsciemment, car ce n’est pas ta blessure que je veux aimer, mais le vrai toi.

À la recherche de soi

Des émotions difficiles à vivre peuvent nous envahir et nous écraser. Ces émotions peuvent avoir une cause apparente. Il peut s’agir par exemple de la perte d’une personne aimée, d’un travail valorisant ou encore d’une trahison amoureuse. Elles peuvent aussi provenir de l’enfance et avoir été causées par exemple par un échec scolaire, de la violence subie, l’impression de déplaire, la séparation des parents ou d’autres événements dont on a perdu la trace consciente. Quoiqu’il en soit, ce qui est important, c’est de prendre conscience de ce malaise et de s’en occuper pour retrouver notre énergie vitale et notre joie de vivre.

Chaque humain rencontre des moments de souffrance qu’il cherche à soulager du mieux qu’il peut. Il est plus facile de fuir que de prendre le temps nécessaire de regarder ce qui se passe. La personne qui accepte de confronter sa souffrance fait preuve d’un grand courage qui l’aidera par la suite à mieux se développer et à ne pas répéter les erreurs du passé. Faire appel aux compétences d’un thérapeute n’est pas une marque de faiblesse, mais bien une stratégie du mieux-être.

Le cheminement vers soi n’est pas simple, car des défenses se sont mises en place avec le temps pour ne pas donner accès à la souffrance qui s’est accumulée faute d’avoir pu être exprimée. Ce cheminement doit se faire en douceur, dans un contexte sécuritaire et accueillant. À prime abord, l’atelier d’art-thérapie comme lieu pour prendre soin de soi peut paraître surprenant. Les matériaux qui sont à la vue et à la portée donnent plutôt l’impression de se retrouver à la maternelle. Pour plusieurs, cela donne le goût de redevenir un enfant et de s’amuser. C’est une façon toute simple de retrouver l’enfant intérieur et de lui redonner la place qu’il a besoin de prendre. Jouer, créer, faire des essais et des erreurs sans conséquence, trouver des solutions novatrices à des problèmes de formes et de couleurs, avoir du plaisir à découvrir la magie de la transformation des couleurs.

Certains entrent d’emblée dans des souvenirs pénibles qui peuvent tout de suite être explorés, exprimés et reprendre une place moins envahissante dans le présent. D’autres se demandent ce qu’ils viennent faire là, car ils n’ont jamais été attirés par l’art ou pensent que la thérapeute va découvrir des secrets qu’ils ne veulent pas dévoiler. Il est alors important de prendre un temps pour s’apprivoiser, se connaître, pour faire confiance. En fait, la création devient un moyen de communication qui aide à diminuer l’anxiété et les défenses, à aborder la souffrance sans la confronter directement et à prendre conscience de ses forces et de ses acquis. Imaginez juste les découvertes sur vous qui peuvent être faites lors d’un travail avec des photos de votre enfance!

Journal d’une psy

Mon ami Pierre-Marie vient de me raconter ce qui lui est arrivé durant ses vacances et cela m’a fait beaucoup réfléchir.

Ce printemps, Pierre-Marie qui est un jeune professeur d’université avait décidé d’aller faire du kayak de rivière avec un ami dans le Fjord du Saguenay. Pierre-Marie est en forme, mais ce n’est pas un athlète; son ami par contre était un sportif aguerri et en grande forme physique. La journée s’annonçait belle et nos deux jeunes héros sont partis tout fiers d’eux-mêmes et… sans veste de sauvetage. Ils avaient l’intention de rester près de la rive et tous deux étaient d’excellents nageurs. Mais, comme vous l’avez déjà deviné, ils se sont fait prendre par les vagues et… ils ont chaviré.

Ils se sont courageusement mis à nager dans l’eau glacée du printemps. Pierre-Marie m’a dit qu’il a immédiatement vu le visage de sa femme et de ses deux jeunes enfants. Il s’est dit : « Il faut que je tienne le coup, ils ont besoin de moi. Il faut absolument que je me rende au bord ». Son ami s’est mis à paniquer et à crier : « L’eau est trop froide, on n’y arrivera jamais. On va mourir, on va mourir ». Au début, Pierre-Marie a essayé de lui répondre : « Ben voyons donc, tu es en forme, n’abandonne pas si vite. La rive n’est pas si loin. Tu es capable ». Mais son ami n’entendait rien, totalement absorbé par la peur et par les images négatives qui lui remplissaient le cerveau. Puis Pierre-Marie s’est aperçu que, plus il écoutait son ami, plus il perdait ses forces, son énergie et son goût de se battre. À son grand regret, il a décidé de ne plus l’écouter ou tenter de le convaincre. Il lui a dit : « Moi, je choisis d’essayer » et il est parti vers le bord. Il y est parvenu. Il a perdu dix livres en une demi-heure et a souffert d’hypothermie, mais il s’en est sorti. Quand les secours sont arrivés, son ami était mort. Et pourtant, il était en bien meilleure forme physique que Pierre-Marie.

Cette histoire m’a amenée à penser au pouvoir de nos choix. Je crois qu’à chaque instant nous avons le choix : nous centrer sur ce qui donne un sens à notre vie ou focusser sur nos peurs et, littéralement, nous empêcher de vivre une vie riche et pleine.

Tous nos choix ne sont pas aussi dramatiques que dans l’histoire de Pierre-Marie. Ils se passent de façon quotidienne, ordinaire. Ils sont le résultat de là où nous portons notre attention à chaque instant. Nous avons à choisir entre des pensées de peur et des pensées d’amour. Toutes les peurs : peur du rejet, peur de ne pas être aimé, peur de manquer, peur de perdre, peur de vieillir, peur de la mort, peur d’être humilié, peur de l’abandon, etc. Et toutes ces minuscules petites pensées s’accumulent et créent un focus dans notre cerveau, une orientation qui nous guidera lorsque nous aurons des choix plus difficiles à faire.

Les pensées que nous cultivons à chaque jour, les images que nous nous créons, les phrases que nous nous répétons déterminent notre façon d’interpréter la réalité et d’y réagir. Notre cerveau prend l’habitude de fréquenter certains chemins, d’interpréter la réalité d’une certaine façon, de cultiver certains types de réaction et ces habitudes deviennent nous.

Je me souviens d’avoir eu à « garder » une petite fille de deux ans dont je n’aimais pas beaucoup la mère (l’ex de mon conjoint) dont les filles ne pouvaient le visiter qu’à condition d’amener leur petite sœur (fille d’un autre conjoint). Je ne pouvais m’empêcher de penser que l’ex de mon conjoint abusait de moi en me faisant garder son bébé de façon régulière. Mon conjoint voulait tellement voir ses filles qu’il était prêt à tout accepter. J’étais révoltée et j’en avais parlé à ma mère qui m’avait répondu : « Cesse de penser au fait que c’est l’enfant de Mme X et que tu le fais contre ton gré et focusse sur le fait que c’est un bébé qui a besoin de ton amour et qui t’aimeras en retour ». Maman avait raison. J’ai eu beaucoup de plaisir avec Sandrine et l’amour que nous nous sommes porté m’a nourri pendant tout le temps où j’ai eu à m’occuper d’elle.

Comme le démontre l’histoire de Pierre-Marie, notre cerveau est puissant, les pensées dont on le nourrit sont importantes et ont des conséquences sur notre santé psychologiques et physique.

J’ai vu une cliente dont une amie avait oublié la fête. Elle a vu ce fait comme une preuve de la non–importance que son amie lui accordait. Elle était si fâchée qu’elle n’en a pas dormi de la nuit en ressassant sa colère, colère dont l’amie ignore tout et qui ne change pas grand-chose à la situation.

Comme j’aime à le répéter : « la colère est un acide qui brûle le vase qui la contient » (auteur inconnu). Prenons garde aux pensées qui nourrissent notre cerveau. Les pensées de peur de colère et de désespoir nous détruisent, nous volent notre énergie et nous rendent difficile l’atteinte de nos objectifs.

Mais me direz-vous, il y a des choses contre lesquelles il faut se révolter, pour lesquelles il faut se fâcher. En effet, la colère est un signal que quelqu’un porte atteinte à un de nos besoins et c’est un signal que l’on doit respecter. Cependant, prenons bien garde de ne pas nous battre contre, mais de nous battre pour. Si je me bats pour, chaque petite victoire me nourrit de son énergie. Si je me bats contre, je suis perpétuellement dans un état de colère, de malaise. Une cliente était venue me voir, révoltée parce qu’elle n’avait pas obtenu la promotion à laquelle elle croyait avoir droit. Son patron favorisait les hommes dans son service. Je l’ai convaincue de se battre pour elle-même au lieu de se battre contre son patron. Elle a travaillé sur sa confiance en soi, sur son sentiment de compétence, et finalement a fait application dans un service connexe où elle est rapidement montée en grade avec sa nouvelle attitude. Et, deux ans plus tard, elle s’est retrouvée le patron de son ancien patron!

Comme le prouve l’histoire de Pierre-Marie, cultiver dans son cerveau des pensées de paix, de joie, d’amour est une attitude qui peut parfois nous sauver la vie. C’est aussi une attitude qui au jour le jour nous permet de mieux dormir, de mieux vivre et surtout d’être plus heureux.

Dire oui à la vie… même si…

Ah non, il n’est pas question d’avoir un chien, et encore moins deux chiens, à la maison!!!

C’est la réponse sans appel que je donnais à mon chum, suite à sa demande d’apporter avec lui ses deux chiens, lorsqu’il a aménagé chez moi avec son garçon. Bien qu’il fut déçu de ma fermeture complète sur ce sujet, il trouva donc une famille qui voulut bien accueillir ses chiens.

Plusieurs années passèrent ainsi, bien que mon conjoint glissait parfois dans la conversation que ce serait plaisant de partager nos activités quotidiennes avec un chien…

Un certain soir de février 2007, j’ouvre le téléviseur et l’émission « César, l’homme qui parle aux chiens » est diffusée à ce moment-là. J’écoute attentivement la philosophie de César et je reconnais la passion de mon chum pour les chiens. Je réalise à ce moment que j’empêche mon chum de vivre de beaux moments suite à ma fermeture à la nouveauté. Comme je suis en formation à l’extérieur, je l’appelle au téléphone, je lui dis que c’est ok, on pourra avoir un chien si ce dernier peut vivre à l’extérieur et non dans la maison.

Pendant quelques semaines, nous feuilletons différents livres sur les races canines pour savoir quel chien s’adapte bien à notre climat. Je suis confiante, je pense que comme j’ai dit oui à mon chum, ça va être comme avec les enfants, il va oublier sa demande d’avoir un chien pour passer à d’autres choses. Ben non, la même semaine, nous apprenons qu’un couple se sépare et comme ils ne peuvent pas garder leur chien, il nous demande si nous voulons l’adopter. Mon chum saute de joie, accepte immédiatement, c’est une femelle labrador, le 1er choix de mon chum…

Le 21 mars 2007, nous accueillons donc cette chienne nommée Kina. Consciencieusement, je m’applique à l’ignorer complètement. Je n’aime pas ça, point à la ligne. Un chien, ça pue dans l’auto quand on se rend au chalet, ça pleure quand je mange, ça bave, ça jappe à tout moment, c’est dépendant et bon voilà, j’aime mieux les chats…

La semaine suivante, nous sommes en route pour le chalet accompagné de la neige qui tombe doucement sur le pare-brise de l’auto. En arrivant au chalet, je verse le fond de ma tasse de café sur la neige. Kina, le chien, s’empresse d’aller lécher le café sur la neige. Aaaaahhhh… là je suis surprise, moi qui adore un bon café, le chien semble du même avis que moi. Bon ben, voilà, un point de gagné pour elle.

Quelques mois passent ainsi et j’ai peu conscience de cette chienne dans son enclos qui épie le moindre de mes gestes lorsque je sors à l’extérieur. Mais je continue ma stratégie, je la regarde peu ou pas du tout, je ne lui donne pas d’attention, sauf pour la corriger si besoin est.

Un soir, nous nous préparons, moi, mon chum, et ce chien, pour notre marche quotidienne. En attendant mon chum, qui a oublié la laisse à l’intérieur, ce chien qui était fou de joie à l’idée d’aller se promener, se calme, s’assoit face à moi et me fixe intensément. Je sens son regard intense, insistant. Pour la première fois, je tourne mon regard vers elle et je prends le temps de la regarder dans les yeux. À ma grande surprise, je n’y vois que de l’amour inconditionnel. Je suis très touchée, très émue. À cet instant, mon cœur vient de s’ouvrir pour cet animal. Je réalise tout ce que j’ai manqué en l’ignorant. J’avais dit oui avec ma tête, mais j’avais gardé mon cœur fermé à la nouveauté. J’avais permis à mon chum de retrouver ce plaisir de partager la vie avec un chien, mais j’étais restée fermée à ce changement. Si je ne m’étais pas permise d’acquiescer à cette opportunité, j’aurais manqué de beaux moments ainsi que de belles leçons transmises par ce chien. Je n’aurais jamais appris comment on peut aimer sans condition un animal tout en ayant, réciproquement, le respect.

La majorité des êtres humains appréhendent le changement, la nouveauté, l’inconnu. Nous maintenons, quitte que quitte, notre routine, nos habitudes de vie. Malheureusement, même si notre quotidien nous rassure, nous n’apprenons plus, nous n’évoluons plus. Et quand nous osons accepter, avec un cœur ouvert, ce que la vie nous présente, tel un nouvel emploi, un(e) nouveau(le) conjoint(e), une occasion d’affaire, une amitié naissante, etc., nous recevons tellement plus que ce à quoi nous nous attendions. Le mental tente de planifier l’avenir, mais la vie ou l’amour, nous réserve tellement de belles surprises et d’opportunités d’aimer encore plus.

Alors vous qui me lisez en ce moment, êtes-vous prêt(e)s à dire oui à la vie… même si…