Vos peurs peuvent vous inspirer!

Qui n’a pas déjà ressenti les tourments de la peur? Apparemment personne puisque la peur est un mécanisme de survie nécessaire et utile qui apparaît lorsque le corps est en danger. Ce type de peur est une peur véritable, vraie. Par exemple, si je rencontre un ours en marchant dans la forêt, tous mes sens seront en alerte face à cette menace potentielle. J’ai trois choix possibles : fuir, attaquer ou figer sur place. Tout dépendra de notre personnalité, des croyances qui nous ont été inculquées dans notre enfance et de notre perception d’une menace réelle, probable et éminente. Ce type de peur est présent pour nous maintenir en vie.

On retrouve également un deuxième type de peur, soit la peur irrationnelle. Il existe une gamme quasi infinie de peurs irrationnelles, telles la peur d’un animal en particulier (souris, couleuvre, chien, etc.), la peur de la mort, la peur de parler en public, la peur de l’avion, la peur de la solitude ou au contraire la peur de se retrouver avec des inconnus, la peur de ne pas dormir, la peur d’engraisser ou la peur de maigrir, la peur de l’engagement, la peur de manquer d’argent, la peur de la maladie, etc. Finalement, on peut avoir peur de tout et de rien et ces peurs sont différentes pour chacun d’entre nous. Malgré qu’elles sont loin de représenter une menace réelle, ces peurs irrationnelles contrôlent notre vie. Jusqu’à maintenant, rien de très inspirant dans ces propos. Toutefois, la bonne nouvelle est que la peur irrationnelle porte en elle un message de dépassement personnel et non de limite. Si un individu ressent ce type de peur face à un événement ou une situation quelconque, cela signifie qu’il y a une limitation. La personne est conviée, parfois ardemment (!) à dépasser cette peur pour évoluer et s’accomplir.

Pour ma part, je ressens les effets de ces peurs irrationnelles depuis un bout de temps. Si vous m’aviez demandé lorsque j’avais 19 ans si j’avais des peurs, je vous aurais ri sarcastiquement au visage en affichant mon plus beau sourire. Aujourd’hui, je fais preuve de plus d’humilité…

Cet été, mon dépassement a été de voyager en moto, avec mon conjoint. Nous sommes partis de Vancouver, avons traversé les Rocheuses canadiennes pour ensuite terminer à Edmonton. Peut-être très banal pour certains d’entre vous, mais pour ceux qui me connaissent, cela représente un très très (ai-je mentionné très?!!) grand défi. J’ai peur de tout déplacement sur la route que ce soit en automobile ou à moto. Alors traverser les Rocheuses en moto pendant deux semaines, je ne vous dis pas l’anxiété que j’ai ressentie… Néanmoins, savez-vous ce qui m’a le plus aidé à profiter grandement de ce voyage? Une théorie apprise pendant mes études et que j’ai voulu valider personnellement. Cette théorie provient de la thérapie cognitive-comportementale (TCC) qui affirme qu’une personne souffrant d’anxiété, suite à ses pensées déformées de la réalité, doit s’exposer aux situations qu’elle évite habituellement. Cette exposition doit être graduelle, répétée régulièrement et d’une durée de 45 minutes minimum. Ce laps de temps est requis afin d’amener une diminution graduelle de l’anxiété. Il est très important lors de l’exercice de ne pas éviter ce qui cause cette anxiété, car cela ne fait que renforcer la peur ou la croyance erronée. Les recherches démontrent que si la personne reste suffisamment longtemps confrontée à la situation redoutée, son anxiété finit toujours par diminuer considérablement. Connaître cette théorie m’a beaucoup servi, car à tous les matins avant de repartir en moto, je ressentais cette fameuse anxiété. Cependant, je savais qu’après avoir été exposée pendant plus de 45 minutes à ce qui m’effrayait, l’anxiété finirait par diminuer. Alors, une prise de conscience se produisait, car ce qui m’effrayait, ne se produisait pas, ainsi je suis parvenue totalement à lâcher prise. J’ai ressenti l’harmonie à chaque journée et j’ai pu profiter pleinement de la beauté de notre magnifique pays.

En dépassant cette fausse peur, j’ai pris conscience que toute limite peut être dorénavant franchie et que je peux réaliser chacun des rêves qui m’inspirent et qui me tiennent à cœur. Oui, la peur sera présente dans tout dépassement, mais elle peut vous guider et vous rendre conscient des limites et des croyances non supportantes que vous vous répétez depuis tellement d’années. Je vous encourage donc à dépasser ces peurs qui vous freinent dans votre vie. Ce peut être banal pour une autre personne, mais pour vous, vous aurez fait un premier pas dans l’actualisation de votre moi profond. Transcender ses peurs est une invitation à vous dépasser, à réaliser ce qui est important dans votre vie. Expérimentez ce que vous n’avez jamais fait auparavant ou depuis très longtemps. Oui, vous ressentirez de la peur, mais seulement parce que vous accomplissez quelque chose de nouveau. Ce n’est pas un signal d’arrêter, mais plutôt de continuer et de vivre pleinement votre vie. Ressentez la peur et faites-le quand même. Prenez aujourd’hui la décision d’effectuer le premier pas vers l’accomplissement de vos rêves!

Crise d’ado : Les cheminements nécessaires

Lorsque l’enfant franchit le cap de l’adolescence et qu’il rejette valeurs et éducation reçue, comment agir adéquatement? De quelle manière les parents peuvent-ils demeurer eux-mêmes tout en favorisant l’autonomie de l’ado?

Voici des questions incontournables lorsque la crise de l’adolescence se pointe au tournant. Même si tous les parents savent que la période charnière qu’est l’adolescence sert au développement et à l’affirmation de l’identité de l’enfant, parents et ados perdent l’harmonie de leur relation et par le fait même perdent pied lorsque le jour se lève sur cette période nébuleuse. Faut-il s’accrocher à la relation passée, quitte à s’oublier?

Accepter que la relation change

Le défi repose sur la volonté de comprendre une situation très souvent incompréhensible. Le désir ou l’habitude de vouloir contrôler l’ado est difficile à perdre et pour cause. Le parent a dirigé et orienté les valeurs de l’enfant, lui a transmis des connaissances et a sollicité des prises de conscience. Il a également favorisé son développement physique et intellectuel par des expériences enrichissantes à travers des voyages, la pratique de sports et bien d’autres. Tout ça pour lui donner des outils afin qu’il devienne un adulte responsable et heureux.

Le danger est de s’accrocher à la perception que nous avons de notre enfant même lorsqu’il tente de devenir un adulte. La tâche est colossale, car certains ados sont plus récalcitrants et réactifs devant les parents… et la réciprocité est valable. Est-ce possible de trouver l’équilibre entre le lâcher-prise et la supervision à distance? Oui, et dans le meilleur des cas, reconnaître les besoins de son ado tout en respectant les siens aide grandement.

La première chose à faire est certainement d’accepter que la relation avec notre enfant change une fois l’adolescence venue. Nous avons remarqué qu’il est passé d’un être doux, affectueux, adorable, charmant et sportif à un humain étrange qui ne cherche que le plaisir, l’absence d’exercices et d’efforts. Le mode interventions-conseils ne fonctionne plus, au contraire, cela ne fait que jeter de l’huile sur le feu. Alors, comment modifier votre interaction? En restant à l’écoute de nos besoins et des siens.

Comment demeurer ancré durant les crises?

Même avec la plus grande volonté du monde, les crises sont importantes et nécessaires, car il faut bien admettre que nous ne pouvons faire une omelette sans casser des œufs. Alors, toute métamorphose nécessite des révoltes, des ajustements, des mises au point et des conflits.

L’ado se voit coincé dans une période très difficile également. Le changement hormonal, les difficultés à l’école, les prises de bec avec l’entourage au complet – y compris les parents, – et les journées où il se sent perdu. Ces journées sont plus fréquentes que les parents ne le pensent.

Il choisit de ne plus se fondre avec les parents puisqu’il cherche son autonomie et son identité au travers de ses amis. Il tente de faire le point entre l’éducation reçue et ses propres désirs. Pour ce faire, il fait éclater tout ce qui l’entoure pour tenter de reconstruire à son goût. Pas facile de garder son sang-froid durant les crises, n’est-ce pas? L’envie nous vient de reprendre nos anciennes habitudes, de reprendre le contrôle et de sévir. Si l’ado est en danger, cette intervention peut être nécessaire, sinon le laisser faire ses propres expériences est souhaitable.

Dans le livre « Mon ado n’est pas un cadeau », l’auteur recommande, à juste titre, d’aimer son ado même si cela ne va pas de soi tous les jours. En demeurant dans l’amour, nous évitons de verser dans le jugement. Durant cette période, la dernière chose dont notre enfant a besoin, c’est bien d’être jugé.

Respecter les différences

Ce qui semble le plus difficile, c’est de ne pas se perdre dans les dédales de l’adolescence, ne pas périr au détriment d’une volonté de comprendre notre ado à tout prix. L’aider à cheminer est une attitude tout à fait louable, mais se rendre malade en mettant en veilleuse nos propres désirs, nos besoins et nos heures de sommeil n’est pas une voie à emprunter.

Cette période arrive souvent pour nous faire cheminer justement en nous permettant de nous recentrer afin de faire de nouveaux choix de vie. Nous devons forcément nous questionner sur nos valeurs réelles si nous ne voulons pas nous faire happer par la tempête qui va et vient selon l’humeur du jour. Une excellente façon d’apporter support et appui à notre enfant est certainement de garder notre énergie et de rester ancré dans l’essence même de notre être. Ce n’est pas toujours simple!

Il est de bon ton de chercher, encore une fois, l’équilibre en ne dépassant pas nos limites. Le fait de nous respecter dans nos valeurs et dans nos actions qui sont en harmonie avec notre discours offre un exemple magnifique à notre ado quant à la solidité d’une personnalité. Il y a fort à parier que nous deviendrons – à long terme, c’est bien possible –, une source d’inspiration pour lui.

À trop vouloir respecter les exigences de l’autre, combien de fois nous sommes-nous perdus?

Quand la crise d’identité se terminera-t-elle?

La recherche de l’identité est plus intense à l’adolescence, c’est vrai. Pourtant, une fois adulte, certains se cherchent toujours. Bien sûr, il est souhaitable de poursuivre son cheminement, son évolution, afin de s’améliorer sans cesse. Pour certaines personnes, la recherche de l’identité ne se termine jamais, tandis que pour d’autres après la période de l’adolescence s’installent une paix, une quiétude certaine. Peu importe la durée, l’important, c’est de demeurer centré afin de ne pas se perdre ni perdre l’autre. Aider son ado à trouver son identité en respectant ses différences, c’est un pas de plus vers l’amour et la compréhension pour nous-mêmes et envers autrui.