Le jardinier

Le jardinier raconte métaphoriquement l’accomplissement joyeux, déterminé et patient de l’être qui prépare et cultive sa condition humaine, sa terre bénie, pour y faire germer puis épanouir sa nature première. Ce texte exprime, selon notre inspiration, le parcours de celui qui entreprend consciemment et activement la voie sacrée, celle de la grande libération.

Puisse le jardinier vous donner l’élan d’amorcer le défrichement de votre terre bénie ou vous motiver à poursuivre avec enthousiasme son ameublissement et sa culture.

Quelques inimaginables soient es fruits que vous récoltiez, s’ils sont cultivés avec foi, amour et reconnaissance nous avons la conviction qu’ils sauront vous nourrir, vous et les autres, au-delà de vos espérances les plus audacieuses.

Je suis jardinier
Je cultive l’âme
Sans gagne-pain
Ni denier
Incalculables
Sont les retombées

Je cultive sa noblesse
M’y consacre entièrement
Avec foi et ardeur
Celles de découvrir
Le potentiel pressenti
La splendeur endormie

Mon cœur résonne
À cet appel
Je m’abandonne
À ce courant
Ma vie je donne
Intégralement

Je sens l’inspiration
La vibre en profondeur
À force de volonté
De patience, de doigté
Je vois poindre du dedans
Ce qui déjà est

J’aspire à l’éclosion
Des beautés infinies
En perpétuel devenir
En amour avec tout
Avec l’univers entier
Je cultive cette terre bénie

Je laboure mon âme
Qui enserre en elle
Depuis si longtemps
L’essence divine
Je trace des sillons
Ouvre cette terre bénie

Je sarcle mon âme
Arrache les préjugés
Les attitudes erronées
Enracinées en profondeur
Je brise les lacis enfouis
Nettoie cette terre bénie

J’épierre mon âme
De ses grosses masses
Lourdes et gênantes
Freinant mon élan
J’ôte les obstacles
Dégage cette terre bénie

Je herse mon âme
Dense et grossière
Défais les mottes durcies
Par les siècles, les intempéries
J’affine la texture
Assouplis cette terre bénie

Je fume mon âme
Des meilleurs engrais
Épands à profusion
Accueil et compréhension
J’enrichis la matrice
Nourris cette terre bénie

J’ensemence mon âme
De graines sélectionnées
De pensées de paix
D’amour, de compassion
Je choisis mes cultures
Les dédie à cette terre bénie
J’arrose mon âme
De sources cristallines
Les pluies célestes
La lumière divine
Complètent l’œuvre
Je remercie

Je vois alors germer
L’essence de mon âme
Sagesse
Force et amour
Paix et joie
Elle s’ennoblit

Vient la floraison
Les parfums embaument
Les multiples coloris
Fusent de toute part
Cette joyeuse féérie
Annonce la moisson

Suit la fructification
Partout apparaissent
De nombreux joyaux
Les premières cueillettes
Offrent leurs délices
Je les reçois avec bonheur

Pousse continuellement
Ce jardin de fleurs
Un jardin de cœur
Ce jardin de fruits
Un jardin d’esprit
Riche et abondant

La maturation s’accomplit
Les joyaux foisonnent
Se diversifient
La récolte perdure
Je donne à tous les vents
Généreusement

Je suis nourri
De ces fruits bénis
Mon quotidien
S’est imprégné
De cette foi absolue
En la nature de cette terre
Je m’abreuve enfin
À la coupe de vie
De l’élixir divin
Projetée dans l’immensité
Mon âme exulte
Revient à la vie

C’est la grande fête
Des jardiniers du devenir
La célébration
De l’amour, de la vie
La consécration
De la terre bénie

En collaboration avec José Mateus

Apprivoiser et aimer la vie

Aujourd’hui, je vous ouvre mon cœur en vous témoignant que la vie nous amène quelques fois des épreuves, mais il y a toujours une belle lumière et le bonheur qui vous attendent.

Ayant perdu mon père dans un accident de voiture alors que je n’étais encore qu’une enfant. Je me suis révoltée vers l’âge de 11 ans. Il était hors de question pour moi de faire ma confirmation puisqu’on m’avait enlevé mon père, à quoi bon faire cette partie de cheminement, ça n’avait aucun sens pour moi. Dans ces années, il n’y avait pas de question, pas de choix. Aussi, durant mon très jeune âge, j’ai subi des abus sexuels, je ne réalisais pas que ces épreuves changeraient le parcours de ma vie. Ces épreuves terribles que j’ai surmontées, font de moi, maintenant, une femme épanouie avec une belle personnalité que j’apprécie de jour en jour. Ceci a été un long cheminement, même quelques années de travail personnel, mais je n’ai jamais abandonné, je voyais toujours cette lueur d’espoir. Durant mon cheminement de guérison, j’ai rencontré la personne qui avait abusé de moi, je voulais aller au fond de choses, connaître les raisons qui l’avait poussé à commettre ces gestes. J’ai appris le pardon souvent pas facile à faire, mais qui nous libère de cette grande haine qui avait empoisonné ma vie jusqu’à ce jour. Dans cette même période, l’acceptation de la mort de mon père s’est faite de façon presque magique. La mort est difficile, imprévisible, mais aujourd’hui, mon père est mon ange, mon protecteur, mon guide… il me suit partout et me protège. Perdre un être cher ou vivre des moments tels que les abus, séparation, violence, etc. font partie de notre cheminement de vie. Aimer la vie, c’est vivre pleinement, c’est croquer dans chaque petit bonheur aussi petit qu’il soit, un sourire, un compliment, une caresse et j’en passe.

Fleur épanouie

La puissance du lâcher prise

Ce matin-là, je devais me rendre à la gare d’autobus, les bras remplis de bagages : une valise sur roulettes, un sac à dos rempli de souliers et une boîte de métal importante. Tout était massif et pesant pour mon dos, mes épaules, mon corps. Je pris d’abord le tramway pour me rendre jusqu’au Subway (métro de Toronto) le plus proche. Les corridors menant à l’embarquement me paraissent longs de plusieurs kilomètres. J’avais soif! J’avais chaud! Je sortis du métro pour marcher dans la rue, dans le froid, jusqu’à la gare. J’achetai mon billet et m’assis sur un banc en attendant le départ.

C’est sur ce banc que je réalisai que le sac à souliers était ouvert et… il manquait un soulier. Malheur! Ces souliers étaient tout neufs! Je les aimais tellement! Ce n’était pas possible! La rage au cœur, je tournai en rond! Je détestai la vie!

En jetant un coup d’œil sur ma montre, je réalisai qu’il restait vingt minutes avant le départ de l’autobus. Sans trop réfléchir, je repris tous mes bagages sur mes épaules et dans mes bras et décidai de rebrousser chemin pendant dix minutes et de revenir. J’aurais au moins fait un petit effort pour retrouver le fameux soulier perdu.

L’effort ne fut pas moindre. Les bagages étaient de plus en plus accablants. La fatigue et la rage les avaient alourdis. Je sortis de la gare scrutant les moindres replis sur le trottoir, sur les rues, sur les bords de trottoirs, sur les pelouses environnantes. Je n’étais que yeux! Je me rendis jusqu’à la station de métro sans succès. Aucun soulier!

Tout à coup, une étrange sensation me traversa. Je me mis à penser autrement. La rage avait disparu. Je me disais :

  • Si j’ai perdu ce soulier, c’est qu’il y a une bonne raison que je ne connais pas encore. Mieux vaut oublier ce soulier… La vie continue…

J’avais lâché prise, totalement. Puis, lentement, je rebroussai chemin vers la gare pour prendre l’autobus.

Sur ce même trajet, j’aperçus, sur le mur d’un édifice voisin, une lumière qui projetait ses rayons en formant un grand cercle éclairé sur le sol. Et, au centre de ce cercle, gisait… mon soulier. Je remerciai!

Victor, Toronto

Choisir le bonheur

Le bonheur, c’est savoir ce que l’on veut et le vouloir passionnément. F. Marceau

Les gens heureux sont des gens actifs. Ils ont des projets, des buts, des idéaux. Ils ont une vision de ce qu’ils veulent accomplir et consacrent du temps à réaliser concrètement cette vision aussi humble et quotidienne qu’elle soit.

Combien de personnes âgées avons-nous vu lutter contre la mort parce qu’elles avaient tel projet à finir ou parce qu’elles ne voulaient pas mourir avant d’avoir vu leur futur petit-enfant, une telle se marier, etc. Non seulement nos projets nous tiennent en vie, mais ils sont liés de façon très proche à notre bonheur. C’est pourquoi il est important de se créer des buts personnels, professionnels, sociaux et spirituels.

Je me souviens d’un emploi de jeunesse. Nous enveloppions des paquets pour la distribution. Un emploi assez ennuyeux et répétitif en soi. Nous étions jumelés par équipe de deux. L’autre équipe accomplissait son travail d’un air blasé en se traînant les pieds et trouvait la vie « plate ». Moi et mon associé cherchions des moyens d’aller plus vite, de faire le moins de mouvements inutiles possible en plaçant les choses différemment, en changeant une séquence, en répartissant les mouvements autrement. Nous nous minutions et nous criions victoire chaque fois que nous améliorions notre temps. Nous étions stimulés, heureux, rieurs et en éveil. Nous avons réussi à doubler notre production, ce qui était en soi peu important puisque nous étions payés à l’heure, mais je n’ai jamais oublié l’excitation d’affronter un défi avec un cœur léger et un engagement total.

Il est important de se fixer des buts, d’avoir une vision de ce qu’on veut être, faire et avoir. Il est aussi important de mettre cette vision en action, de la maintenir réelle et présente par des petits gestes. La différence entre une vision et une illusion, c’est l’action. Les grands rêves qui ne sont pas accompagnés d’actions dans la même direction ne sont que des histoires que l’on se raconte pour passer le temps. C’est Mireille et Fernand Dansereau qui me donnèrent un jour ce conseil : « Fais chaque jour quelque chose pour ton amour ». Si par exemple, tu désires aller en Italie, apprends un mot d’italien ou, lis un article sur le sujet ou, mets quelques sous de côté spécialement pour le voyage. Ce n’est pas obligé d’être beaucoup, ce qui est important, c’est que cette action va maintenir ton rêve vivant et lui donner une réalité qui l’amènera à s’accomplir. En bougeant vers ton objectif, tu rends ton objectif important.

Les gens heureux sont en action. Ils savent qu’ils font une différence, si petite soit-elle. Chacun de nos gestes, chacune de nos pensées ont des conséquences sur nous-même et sur les autres.

J’aime beaucoup cette histoire du petit garçon qui remettait à l’eau les étoiles de mer échouées par la marée. Un plus vieux lui dit : « À quoi ça sert? Il y en a des milliers comme celle-là et ton geste ne compte pas ». Le petit réfléchit un peu et continue doucement son travail en disant : « Pour celle-là, ça compte ».

Ce que nous faisons et ce que nous pensons est important. Parfois le contenu ne l’est pas, mais l’esprit avec lequel nous le faisons est super important. Gandhi disait : « Ce que nous faisons n’est pas important, mais il est important que nous le fassions ». Chaque geste, chaque pensée d’amour a un effet transformateur.

Durant la tempête de verglas, en panne d’électricité, je décide donc d’aller déjeuner chez Burger King. Il y a foule, tout le monde étant dans la même situation, et le serveur est débordé. Quand il me sert, il a l’air exténué, mais radieux. Je lui dis : « Vous devez être fatigué avec tout ce monde! ». Il me répond avec un grand sourire : « Non, en servant à manger à ceux qui n’ont pas d’électricité, j’ai l’impression de faire ma part et d’aider. Je n’ai jamais autant aimé travailler ».

Ce sentiment de participer à une cause qui nous dépasse et nous transcende augmente notre énergie et notre plaisir à faire quoi que ce soit. Tous nous désirons et aimons sentir que nous aidons, que nous sommes utiles. Quand nous perdons notre connexion à cette vision, notre tâche se fait plus lourde et perd tout son sens. Nous devenons des robots accomplissant des gestes obligés, répétitifs et banals. Nous perdons notre sens.

Trois maçons posent de briques. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils font, le premier dit : « Vous voyez bien, je mets une brique puis du mortier, une brique puis du mortier, une brique puis du mortier ». Le second dit : « Je gagne de l’argent pour nous nourrir moi, ma femme et mes enfants ». Le troisième dit : « Je participe à construire une belle maison dans laquelle des gens seront bien et en sécurité ». Lorsque je demande aux participants lequel des trois est le plus heureux d’après eux, je n’ai jamais entendu personne répondre : « le premier ».

Beaucoup d’entre nous s’empêchent d’agir parce qu’ils ont peur. Peur de se tromper, peur de ne pas savoir, d’échouer, d’être jugé. Le fait même d’avoir une vision de soi en train de réussir quelque chose nous donne de l’énergie pour passer à travers nos peurs et dépasser nos limites. Nos rêves, nos passions nous donnent des ailes et le courage de passer à travers les obstacles. Il s’agit de centrer son attention, de focusser non pas sur les obstacles, mais sur une vision très claire de ce que l’on veut accomplir. Nourrir sa vision avec des gestes, mais aussi avec des images, des écrits, des visualisations qui l’énergisent et la précisent. Il n’y a pas de réalisation sans cette vision, sans action et sans acceptation des risques inhérents à toute entreprise.

Une autre condition pour que notre vision nous apporte du bonheur est de se battre « pour » et non se battre « contre ». Lorsque je me bats contre quelque chose, par exemple « contre la violence », je vis souvent de la frustration, de la colère et des défaites parce que la violence continue malgré mes efforts et je deviens moi-même agressive face à ceux qui sont violents. Mais si je me bats « pour », chaque petit progrès est une victoire. Par exemple, si je me bats pour la tolérance, pour l’aide aux victimes de violence, pour la compassion et le changement de la société, chaque geste que je fais me rapproche de mon idéal, me donne la joie et un sentiment de victoire, Il est donc important de bien clarifier et de bien cibler ses visions.

Soyez visionnaire (oui, oui, vous, pas un autre), soyez créateur, permettez-vous de faire ce qui vous plaît, consacrez-vous à des causes qui vous tiennent à cœur, voyez-vous comme un être en cheminement perpétuel et vous serez en bonne voie sur le chemin du bonheur.

Je vous soumets donc mes petits conseils pour développer la troisième condition du bonheur : avoir une vision réaliste.

  1. Ayez des buts, des projets sur le plan de l’être, du faire, de l’avoir.
  2. Bougez physiquement et psychologiquement pour atteindre ces objectifs.
  3. « Faites chaque jour quelque chose pour votre amour ». Cultivez vos rêves en agissant pour les réaliser.
  4. Prenez des risques, mettez-vous au défi, dépassez vos peurs, expérimentez, apprenez sans cesse.
  5. Prenez conscience que vous travaillez à un idéal qui vous dépasse et vous transcende.
  6. Osez faire ce qui vous plaît et prenez du temps pour réaliser vos rêves.
  7. Soyez créateur dans tous les domaines. Ne vous laissez pas dévorer par la routine.
  8. Ayez des « passions », nourrissez-les et osez agir face à ces passions (recherchez votre passion et non votre pension).
  9. Faites-vous confiance et passez à l’action.
  10. Battez-vous pour ce que vous voulez réaliser et non contre ceux qui n’adhèrent pas à votre idéal.

Les livres de la vie

La poursuite du bonheur

Ça sert à quoi, une vie? Quelle est notre raison d’être? Pourquoi sommes-nous sur terre? Bien des philosophes et des experts de toute sorte ont essayé de répondre à ces questions sans pourtant nous satisfaire. Cette chronique vous propose d’explorer ces questions essentielles en vous offrant diverses expériences transformatrices racontées par divers individus qui se sont tous posé cette question : Elle sert à quoi ma vie?

Merci au lecteur Gilles Caron d’avoir répondu à l’appel lors de la dernière chronique.

Je pourrais parler de bonheur, mais le bonheur, c’est pour les autres. D’ailleurs, il existe seulement aussi longtemps qu’on ne le connaît pas à plein temps.

Je pourrais parler de passion, mais je me contenterai de dire que le bonheur n’existe pas sans elle. Je pourrais aussi ajouter que si vous ne connaissez ni ne vivez vos passions, vous avez tout un défi en avant de vous.

Je pourrais parler d‘objectifs de vie, mais je me limiterai à oser vous dire que si vous ne vivez pas vos passions, vos objectifs ne valent pas grand-chose…

Alors, fermez vos yeux… mais non… parce que vous ne pourrez pas continuer à lire… mais vous savez ce que je veux dire… Simplement imaginez que votre vie est simplement le cheminement de la réalisation de vos rêves et de vos passions et que le reste n’a qu’une importance secondaire. Imaginez les moments de bonheur qui feraient partie de votre existence…

Mais évidemment, on dira que les passions, c’est pour les autres parce que vous devez gagner votre pain, vous occuper des enfants, vous occuper de vos souffrances et des gens qui souffrent autour de vous. Mais se pourrait-il que ceci ne soit que de belles excuses pour éviter le bonheur…

Parce que le bonheur, ça fait peur! Ça demande des efforts! Ça demande de prendre le temps de comprendre ce qu’on aime et de trouver comment faire sa vie de ça! Alors, c’est pour les autres, pour les chanceux qui ont le temps, eux!

Mais vous vous demandez peut-être qu’est-ce que tout ça a à voir avec « Les livres de la vie ». Je me risque à répondre que je ne connais personne dont le livre de la vie n’est pas une quête de bonheur. Par contre, il semble que peu de gens aient le courage de vraiment entreprendre la merveilleuse aventure sur le sentier qui y mène.

Parce que l’inconnu fait peur, parce que les risques semblent énormes. Imaginez que votre cheminement vous amène à remettre en question votre travail, certaines de vos habitudes, certains de vos amis… C’est insécurisant! Imaginez qu’ensuite, votre travail soit une aventure de plaisir et de croissance chaque jour, que vos habitudes néfastes soient disparues, que votre vie soit devenue l’exaltation du moment présent et de la gratitude envers l’univers qui vous entoure. Pensez-vous vraiment que c’est pour les autres? Pensez-vous vraiment que notre présence sur cette terre soit pour autre chose que d’aller au bout de soi-même?

Un petit secret. Il y a une espèce de magie à tendre vers nos rêves et nos passions. Plus on lâche prise, plus on se laisse couler dans ce que nous sommes vraiment, plus la vie elle-même se met de notre côté et nous aide. Et nos grandes peurs s’évanouissent et la vie prend soin d’elle-même.

D’ailleurs connaissez-vous des personnes qui ont bâti des fortunes sans au préalable être passionnées et avoir un rêve? Il y a cette espèce de bonus qui fait que la santé financière accompagne celui (ou celle) qui poursuit la grande aventure de ses passions.

Le hic, c’est qu’il n’y a pas de recette magique que l’on peut simplement suivre. On peut s’inspirer de l’expérience des grands, et on devrait le faire. Mais nous devons trouver notre propre voie, notre propre cheminement, et c’est ce qui rend l’aventure si extraordinaire.

Enfin, pourquoi se casser la tête avec toutes ces histoires? Je suis bien dans ma petite vie. Tiens, je vais allumer la télé et oublier tout ça! Ou peut-être que dirais-tu de prendre un crayon, un papier et faire la liste de ce que tu aimes, tes rêves, tes projets…?

Est-ce que tu continues avec moi? D’abord, as-tu fait ta liste?… Je savais!

Notre vie est la construction de notre biographie. Il n’est pas important qu’on la publie. Il est surtout important qu’elle serve au mieux-être de ceux qui nous entourent. C’est là que l’on retrouve la magie : c’est en donnant que l’on reçoit et que le bonheur s’en mêle. En d’autres mots, c’est par la générosité que l’on connaît le succès et la prospérité, et que le bonheur s’en mêle.

Mais attention, ça ne commence pas là! Ça commence par avoir le courage de bien cerner tes rêves et de décider de les poursuivre! Je le sais – je me répète! Mais ce n’est qu’en se mettant à la poursuite de nos rêves que l’on devient authentique, que ça prend un sens, que nos objectifs réels prennent forme, et que le bonheur s’en mêle! Et ça ne commence pas là non plus! Ça commence par le courage de décider simplement de cesser de vivre sa vie à s’occuper de choses qui ne correspondent pas à ce que nous sommes. Et la joie et la libération qui accompagnent ce geste font partie des plus beaux moments de la vie. Et c’est à partir de là que l’on peut encore mieux identifier nos passions et nos rêves. Mais ça fait peur, c’est comme lâcher prise sur l’inutile – AYOYE!

Bon, assez de paroles sages! Le modèle qui guide mon livre de vie est, comme un bon marin, de faire le point, chaque jour, avec toutes les coordonnées disponibles, pour m’assurer de bien garder le cap, même au travers des tempêtes. À partir des objectifs fixés ou de la liste mentionnée plus haut – (celle que tu n’as pas encore complétée!!!) – réserve-toi un moment chaque jour pour prendre conscience de ton état d’être – évalue comment bien tu as rencontré tes objectifs d’hier – absorbe les leçons apprises – précise ta vision de vie – définis tes objectifs pour le prochain jour – sois reconnaissant envers les êtres et les événements – établis un objectif de santé. En accomplissant cette démarche chaque jour, tu tiendras toujours le cap et progressera très rapidement vers la réalisation de tes rêves. Et le bonheur va s’en mêler!

Mais ce sont 100 000 mots qui seraient nécessaires pour bien exprimer le fond de cette approche. En attendant, quel est ton rêve le plus profond qui pourrait devenir le centre de ta vie – tout de suite? Tu vas pas allumer la télé!

La solitude pour un rendez-vous avec soi

Une pause salutaire

S’offrir un moment privilégié, se permettre un tête-à-tête avec soi-même est une expérience précieuse. Ce temps de retrait de la vie quotidienne peut être motivé par le simple besoin de repos, l’espérance de se dépasser, ou encore par le désir de résoudre un problème précis ou un malaise vague. Il y a peu d’occasions et de lieux dans notre société où cette rencontre intime et dépouillée est possible. Et pourtant… Depuis longtemps on a compris les bienfaits de l’isolement et c’est ainsi qu’ermites et moines en ont fait leur vie. Sans envisager de se dédier totalement et longuement à l’ermitage, leur exemple nous indique ce qu’il peut nous apporter quand, dans nos vies modernes trépidantes, on décide d’y consacrer quelques jours.

Une rencontre amoureuse avec soi-même

C’est en côtoyant l’autre intimement qu’on apprend à l’aimer, que la relation amoureuse se construit. Ermiter c’est se côtoyer soi-même intimement, c’est se donner les conditions propices pour apprendre à s’aimer, à construire le rapport amoureux avec soi; c’est donc se diviniser puisque Dieu = amour. Mais l’amour sans compréhension n’est que mièvrerie. Se comprendre, c’est devenir conscient, c’est accéder à sa vérité au-delà de ses faussetés. Et comprendre le monde, la vie, l’autre, ne peut être que la projection de la compréhension ou amour de soi-même dans les autres, dans les objets. Pour parvenir à cet amour-conscience, il faut que je me fréquente intimement en me retirant dans la solitude et le silence « afin que je bannisse de mon cœur toutes les sollicitudes vaines qui le tourmentent et que je ne sois emporté par le désir d’aucune chose ou précieuse ou méprisable, mais plutôt que j’apprécie [désire] toutes choses pour ce qu’elles sont » (Imitation de Jésus-Christ).

L’ermitage permet de sortir de ses habitudes et de ses compulsions, c’est-à-dire de son système de défenses et de compensations. Ce système refoule les souffrances, mais peut aussi provoquer maladies, dysfonctionnalités et frustrations dont on veut se guérir ou se reposer dans la solitude et le silence. En sortant ainsi de ses systèmes qui protègent de la conscience de son « moi réel » et douloureux, on entre dans son intériorité. On y rencontre la souffrance de son « moi réel » au sens où l’entend Arthur Janov, « moi réel » que Jung nomme « l’ombre », Freud « l’inconscient », et le chaman « l’invisible ».

Au-delà de ses souffrances

Le moi réel n’est pas que souffrance, l’ombre ne cache pas que des démons, l’inconscient ne recèle pas que des névroses, et l’invisible ne fourmille pas seulement d’esprits maléfiques. On y rencontre certes tout cela, mais bien plus encore. Nos souffrances, nos démons, nos névroses marquent les limites à dépasser, les barrières à défoncer pour accéder à la jouissance, aux dieux, à l’épanouissement, aux esprits bénéfiques. Libérer nos souffrances permet de dynamiser nos ressources, notre créativité, notre génie propre, notre identité. On y parvient en cessant de les refouler par nos mécanismes de défenses que sont nos habitudes quotidiennes compulsives et dysfonctionnelles, nos valeurs et nos croyances, nos dépendances affectives, alimentaires, alcooliques, tabagiques, etc.

L’âme se découvre

Par l’ermitage, on expérimente une ascèse des sens (privation des habitudes, des compulsions) et de l’esprit (renoncement à nos valeurs et croyances). Il ne s’agit pas d’anéantir l’« ego » et d’éliminer nos désirs pour arrêter de souffrir tel que nous le proposent la plupart des grands mystiques traditionnels. Il s’agit plutôt, tel que le suggère saint Jean de la Croix, de « se débarrasser de tout le temporel [habitudes, compulsions] et de ne pas s’embarrasser avec le spirituel [valeurs, croyances] et demeurer en souveraine nudité et liberté d’esprit, laquelle est requise pour la divine union ».

Par l’ermitage, peut s’initier ou s’approfondir un grand détachement du « temporel » les « objets terrestres » (Jean de la Croix) que sont les biens matériels et les êtres humains faisant corps avec nos habitudes et compulsions, ainsi que du spirituel, les « objets célestes » que sont nos valeurs et nos croyances. Selon lui, « le détachement des objets terrestres [et célestes] donne de ces objets mêmes une connaissance plus claire qui permet d’en bien juger. Il met à même d’en jouir d’une manière tout autre que ne le fait celui qui y est attaché. L’homme détaché a sur celui qui ne l’est pas de manifestes supériorités. Il goûte les objets selon ce qu’ils ont de véritable, l’autre selon ce qu’ils ont de mensonger. Le premier, selon ce que qu’ils ont de meilleur; l’autre selon ce qu’ils ont de pire. L’esprit pénètre la vérité et la valeur des choses. »

Goûter à la vie, goûter à l’amour

C’est ainsi « qu’on ne saurait goûter que Dieu seul [amour de soi, de son centre le plus intime, le plus profond, le plus sympathique], et qu’on le goûte en toutes choses [projection de l’amour de soi] quand on l’aime véritablement » (Imitation de Jésus-Christ).

Ce que l’ermite apprécie le plus à la fin d’un ermitage, c’est l’affinement de sa sensibilité, la profondeur de son intelligence et la jouissance inconnue jusqu’alors qu’il découvre dans sa relation à lui-même, à l’autre, à la vie.