Choisir le bonheur

Le but de toute éducation et de nous apprendre à aimer la beauté. Platon, La République

Bonheur et environnement

Y a-t-il une relation entre bonheur et environnement, entre bonheur et écologie? Bien sûr que oui! Il y a du bonheur dans le fait de nous sentir en harmonie avec notre environnement et de sentir que nous participons à créer un environnement sain, beau et prometteur de vie. Qui de nous n’a jamais ressenti le bien-être que procure une marche dans la nature, l’appréciation d’un beau coucher de soleil ou la joie de respirer l’air pur de la montagne ou de la mer? Le contact avec la nature nous met en contact avec nous-mêmes, il nous aide à atteindre la paix intérieure et représente une source de joie.

Mais, il y a certaines conditions pour que cette relation humain/environnement soit harmonieuse. La première condition et d’être conscient de cette loi de l’écologie qui dit que « tout est dépendant, la séparation n’existe pas ». Le bonheur obéit aussi à cette loi. Nous sommes liés à ce qui nous entoure, nous réagissons à notre environnement et nous l’influençons, que cet environnement soit physique, psychologique, intellectuel ou spirituel. Pour arriver au bonheur, il faut accepter d’entrer en communication, je dirais même en communion avec notre environnement, avec la vie sur notre planète, avec tout ce qui nous entoure et tout ce qui se passe à chaque instant. Communion, c’est-à-dire ouverture, partage, sensibilité à l’environnement, à l’influence de l’environnement sur soi et à notre influence sur l’environnement.

Une de mes clientes atteinte d’un cancer du foie était venue me consulter pour apprendre à visualiser. Cette cliente, partie de rien, avait consacré presque toute l’énergie de sa vie à devenir multimillionnaire, ce qu’elle avait réussi. En visualisation, elle a fait des promenades dans la nature, elle s’est détendue, elle a appris à apprécier la vie. Elle a aussi appris à devenir attentive à ce qu’elle ressentait dans son corps et à utiliser l’énergie de la nature pour stimuler sa propre énergie. De ces séances de visualisation, elle ressortait calmée, énergisée, plus heureuse. Elle a survécu près de deux ans au lieu du trois mois annoncé par le médecin. Et peu avant sa mort, je lui demandais si elle croyait que sa thérapie avait valu la peine puisqu’elle allait mourir de toute façon. Elle m’a répondu : « Jamais le ciel ne m’a paru si bleu et les fleurs si belles. Je reviens de chez moi, en Gaspésie, et la mer m’a parlé comme jamais. J’ai enfin pu me sentir attachée à cet univers, j’ai pu l’apprécier. Non! Ces deux ans de sursis m’ont permis de reconnaître ce qui est vraiment important dans la vie. Le monde est beau et j’avais oublié de le remarquer ».

Cette cliente avait appris à ne plus vivre « dans » l’univers, mais à vivre « avec » l’univers et elle en avait retiré beaucoup de joie.

Un autre avantage est que plus cette communion est active et impliquée, plus elle nous apportera de bonheur. Admirer la beauté est une source de joie. Créer de la beauté est une source de joie encore plus importante, c’est un antidépresseur naturel. J’ai souvent observé combien moi-même, mes amies et des clients dépressifs ou malheureux tiraient du plaisir à produire une pièce d’artisanat, une peinture, un vitrail, un meuble, à redécorer ou créer de leur main un nouvel environnement. Les plaisirs de l’horticulture ou du jardinage sont connus de bien de gens et leur éloge n’est plus à faire. Toute interaction avec la vie, la nature, la beauté, l’environnement élève notre âme, la transporte et augmente notre capacité à nous sentir heureux, en paix, bien dans notre peau. Lorsque j’enseignais à l’université, je donnais un cours de créativité et l’un des travaux impliquait la création d’une œuvre d’art avec des matériaux cueillis dans la nature. J’étais toujours surprise et enchantée des résultats. Au début, les étudiants doutaient de leur talent : « Je ne connais rien à l’art. Je ne suis pas un artiste ». Puis ils s’attaquaient à la tâche et découvraient la joie que procure la création et l’interaction… Avec des matériaux tout simples, ils créaient de la beauté. Ils apprenaient à mieux observer et admirer la nature et certains gardent encore leur production avec fierté après de nombreuses années. Plonger les deux mains dans la terre, l’eau ou le sable nous aide à concrétiser et à rendre plus vivante notre relation à l’environnement.

Nous sommes affectés par la beauté et par la laideur. De la même façon que nous sommes calmés et régénérés par un bel environnement ou par un beau paysage, nous sommes déprimés par une maison sale et désordonnée, par un spectacle de laideur ou de destruction. Nous sommes mieux dans notre peau dans un environnement harmonieux et nous ressentons négativement les effets du bruit, de la pollution et d’un environnement dénaturé. Je m’efforce de faire de ma maison un lieu de beauté et un havre de paix et j’en suis bien récompensée quand les gens en entrant me disent : « Je me sens mieux, apaisé, plus calme tout simplement en mettant les pieds ici ». Un psychologue qui loue mon bureau à l’occasion m’a même affirmé : « J’ai l’impression de faire de meilleures interventions ici qu’aux autres endroits où je travaille. L’atmosphère de cette maison est tellement propice au calme et à la réflexion ». Nous interagissons avec la beauté et elle nous crée de la même façon que nous la créons.

La beauté est aussi dans le regard de celui qui regarde. Nous savons tous que nous trouvons les gens et les événements plus beaux lorsque nous sommes heureux et ouverts au moment présent. Lorsque nous sommes en amour, nous trouvons tout le monde beau. C’est pourquoi il est important de choisir et d’embellir notre environnement, mais il est aussi important d’éduquer notre regard, de devenir sensible à la beauté. Léonard de Vinci donnait le conseil suivant aux aspirants peintres : « Regardez les murs rongés par l’humidité et les roches aux couleurs inégales. Vous y trouverez des montagnes, des rochers, des ruines, des vallées, des batailles, des gens, une infinité de choses et de paysages ». En d’autres mots, apprenez à regarder et vous trouverez la beauté dans tout ce que vous regardez, et cette beauté vous rendra heureux.

Les environnements trop froids et encadrés, trop éloignés de la nature, trop bruyants ou trop semblables les uns aux autres ne nous stimulent pas au niveau sensoriel, affectif et intellectuel. Notre cœur, notre esprit a besoin de beauté, d’harmonie, de silence, de contact et d’interaction avec la nature et avec la beauté. Nous ne sommes pas séparés de notre environnement, nous sommes intégrés à lui et affectés par lui. Notre bonheur dépend aussi de notre lien, de notre interaction avec un univers vivant, mouvant, stimulant dont nous pouvons percevoir l’harmonie et la beauté.

Et voici mes petits conseils pour vous aider à profiter de votre environnement et être plus heureux :

  1. Allez prendre des marches dans la nature et prenez le temps de regarder autour de vous, d’être présent à votre environnement, de le contempler.
  2. Faites de la beauté une valeur, prenez le temps de vous entourer de beauté et de remarquer la beauté autour de vous.
  3. Cultivez un jardin et plantez des fleurs ou allez regarder les jardins de l’univers.
  4. Mettez des plantes dans votre maison et prenez le temps de la décorer à votre goût. Votre environnement contribue à votre bonheur.
  5. Développez votre regard et apprenez à voir la beauté dans chaque objet, dans chaque paysage, dans chaque personne, de façon délibérée.
  6. Entrez en communion avec l’univers, avec les autres, de la façon la plus impliquée possible. Il y a plus de plaisir à faire pousser des fleurs qu’à les acheter chez le fleuriste.
  7. Soyez curieux : explorez des choses nouvelles, stimulantes et différentes. La beauté vient aussi de la diversité. Nous ne remarquons plus ce qui est trop habituel. Nous avons besoin de nouveauté. Il faut changer d’air de temps en temps.
  8. Ouvrez vos fenêtres au sens propre et au sens figuré. Laissez entrer de l’air dans votre maison et dans votre vie. Prenez le temps de respirer.
  9. Développez ou entretenez un passe-temps qui vous met en contact avec le plaisir de créer de la beauté autour de vous.
  10. Souvenez-vous que vous êtes interdépendant avec l’air, avec l’eau, avec la terre, autant qu’avec les animaux, les plantes et les personnes qui vous entourent et que prendre soin de tout cela, c’est prendre soin de vous-mêmes.

Coacher les transitions de vie

Certaines personnes ont une excellente capacité d’adaptation et, seules, elles réalisent assez facilement et rapidement les changements qu’elles ont choisi d’opérer dans leur vie. Elles se tirent aussi assez bien de leurs difficultés. Lorsqu’elles consultent un coach, c’est pour pour accélérer le processus et trouver un écho à leur réflexion et cherchent plutôt un témoin. En revanche, d’autres personnes se sentent davantage dépourvues et ont besoin de quelqu’un pour les aider à affronter la transition de vie dans laquelle elles se trouvent. Si tel est votre cas, vous pourriez vous « autocoacher » en suivant les étapes que je propose dans cet article.

Se sentir en sécurité
Un coach offre surtout un « havre de paix », une « bulle de sérénité » dans laquelle les personnes se sentent protégées lorsque l’orage gronde trop au-dehors. Déstabilisées, inquiètes, parfois dépassées par les événements, elles ont davantage besoin d’être écoutées, comprises, acceptées et même aimées que d’être dirigées, conseillées et parfois jugées ou critiquées. C’est pour cette raison que je recommande à mes clients d’éviter de solliciter l’avis de certaines personnes de leur entourage (mais pas toutes), au moment où ils doivent prendre des décisions importantes. Des éteignoirs ou d’autres qui ont intérêt à les voir rester dans leur ancienne vie et leurs anciennes habitudes pourraient les amener à douter d’eux-mêmes et du bien-fondé de leur projet. Dans cette bulle de sérénité, en compagnie de leur coach, ils feront mûrir leur projet de changement et en évalueront tous les risques et les avantages et confronteront aussi leurs résistances.

La première phase : la « fin »
Au cours de cette première phase du changement, l’idée est de préciser par écrit son intention de changer, à « ventiler » les émotions qui les envahissent, à bien évaluer la situation, à se fixer des objectifs précis et à établir un plan d’action. Il est bien de commencer par dresser un bilan de vie et tout particulièrement de vérifier quelle est notre identité profonde, notre vraie nature, cachée derrière ce que les autres connaissent de vous. Il est important de découvrir les forces insoupçonnées sur lesquelles s’appuyer dans le changement, sa personnalité (la vraie), ses valeurs, ses talents, ses compétences, ses passions et même… ses « démons ».

Il faut tenter aussi de débusquer les résistances qui risquent de bloquer dans l’action : croyances qui limitent, réticences, a priori, justifications, peurs, etc. (« Je n’y arriverai pas, c’est trop beau pour moi, je suis trop âgée, ils n’apprécient pas mon travail et mes efforts, il va me rejeter… »).

Une identité claire permet non seulement de faire des choix… éclairés et d’éviter de se cramponner à des rêves inatteignables, mais elle permet surtout de réduire le nombre d’erreurs de parcours, en plus d’inciter à aller au-delà de nos croyances de pouvoir faire et accomplir. Une identité claire rend aussi plus fort face aux aléas de la vie, plus sûr de soi, plus libre et plus authentique.

La deuxième phase : la transition, l’adaptation
Le changement doit s’appuyer sur un socle solide. Le travail s’effectue donc surtout sur les freins à l’action (mentionnés plus haut), ainsi que sur la réduction des tensions :  anxiété, angoisse, stress, remises en question, doutes, etc. C’est le moment aussi de consolider les aspects matériels et affectifs de la vie en transition afin de se sentir davantage en sécurité.

Puisque cette phase est exigeante et consomme beaucoup d’énergie, j’incite aussi à se maintenir en forme physique et, si elle en prend, à réduire sa consommation de certains médicaments, notamment les antidépresseurs et les somnifères. Si votre médecin est d’accord; bien entendu.

Il importe aussi d’éviter de précipiter les choses sur un coup de tête parce que vous n’en pouvez plus d’attendre, d’être seul sur votre radeau et de ne pas savoir comment votre vie sera à destination. Faire marche-arrière, démissionner, prendre une retraite anticipée, déménager dans un endroit qui ne convient pas, quitter l’autre et parfois aussi penser mettre fin à sa vie font partie de ces idées qui peuvent hanter.

La troisième phase : l’arrivée à destination
Vous voilà arrivés sur l’autre rive. C’est le moment de faire un bilan, de vérifier notamment si le changement s’est opéré de façon satisfaisante, si l’écart entre la situation de départ et la situation envisagée s’est comblé et s’il est nécessaire d’aller chercher des ressources supplémentaires pour mener totalement à bien le changement.

Êtes-vous installé solidement dans votre nouvelle vie?

Le stress et la dépression

La vie est pleine de surprises ou est comme une boîte de chocolat, comme dirait Forest Gump.

Elle a ses hauts et ses bas. Elle nous fait vivre des moments difficiles, et plusieurs personnes ont des symptômes s’apparentant à la dépression. Toutefois, il est possible de surmonter ces moments difficiles sans pour autant devenir dépressif. Malgré cela, le taux de dépression augmente depuis les 50 dernières années.

Vous connaissez les symptômes : fatigue, sommeil de mauvaise qualité, cauchemars, manque d’intérêt, manque d’énergie, difficulté de concentration, irritabilité. Les gens dépressifs ont également de la difficulté à se motiver, à se nourrir sainement et à socialiser. Quant à elles, l’anxiété et l’exténuation contribuent à entretenir la dépression. Malgré ces symptômes connus, seul un médecin peut établir un diagnostic de dépression.

Les causes les plus souvent citées de la dépression sont des expériences négatives et un déséquilibre chimique ou hormonal causé par une certaine manière de penser. Il a été établi qu’un déséquilibre chimique ou des facteurs génétiques ne sont pas en cause dans la plupart des dépressions. Un bas niveau de sérotonine est l’effet et non la cause de la dépression.

Pour ce qui est des expériences négatives, certaines personnes ayant vécu des expériences traumatisantes ne sont pas forcément dépressives, tandis que d’autres ayant tout pour être heureuses ne le sont pas. Les évènements semblent être un déclencheur, mais ne causent pas la dépression. Il semble plutôt que ce soit la façon dont nous répondons aux événements ou la signification que nous leur donnons qui cause la dépression.

Le Journal of the American Medical Association (États Unis) rapporte une étude où des médecins ont revu des dossiers médicaux couvrant une période de 10 ans, de même que des ordonnances d’antidépresseurs pour la même période. Ils ont pu constater que, dans 50 p. 100 des cas, les gens se sont vus prescrire une médication sans même avoir les symptômes de dépression, mais pour la seule raison qu’ils étaient anxieux ou souffraient d’insomnie.

Lorsque les gens ruminent ou font de l’introspection de manière négative, ils créent une excitation émotionnelle qui provoque la sécrétion des hormones de stress. Et lorsque les gens sont stressés, leur cerveau fonctionne différemment, ce qui va créer un schéma de pensée excessif ou une tendance à dramatiser. Difficile de résoudre des problèmes dans pareil cas.

Certains croient que l’origine de la dépression est d’ordre génétique. Elle est plutôt liée aux pensées, au comportement et aux relations interpersonnelles. La famille contribue beaucoup à l’apprentissage : les enfants observent les adultes et leur réaction face au stress. Même si une personne avait une prédisposition génétique, il ne s’agit que d’une prédisposition et non d’une certitude.

L’alimentation a également une incidence importante sur l’humeur. Les aliments sucrés ou raffinés affectent le corps. Certains se sentent mieux lorsqu’ils éliminent de leur alimentation le gluten, les produits laitiers, les œufs, le soya, les additifs alimentaires et le sucre. Souvent, les gens ont le goût de manger des aliments sucrés; toutefois, ces aliments provoquent des réactions opposées et extrêmes. De fait, les aliments sucrés vont causer une sécrétion accrue d’insuline et, conséquemment, une chute rapide de glycémie. Et s’enchaîne l’envie de manger à nouveau du sucre pour compenser la baisse soudaine d’énergie. Manger des aliments sains et naturels contribue à réduire ces réactions opposées et extrêmes et assure un apport régulier d’énergie. Les gens qui s’alimentent sainement pourront voir une amélioration de leur état et se sentir plus calmes qu’avant.

Certaines recherches démontrent que le cerveau d’une personne dépressive contient de faibles concentrations d’oméga 3. Ainsi il semble que l’apport de suppléments d’oméga 3 soit bénéfique dans pareil cas.

En sachant que la dépression est liée aux pensées et aux réactions face aux évènements de la vie, il y a de l’espoir. En misant sur ce que nous faisons, sur ce que nous pensons ou sur la manière dont nous pensons et en prenant soin de répondre à nos besoins physiologiques, il est possible de se sortir de la dépression. Chacun possède l’habileté de se sortir d’une dépression et de prévenir sa récurrence. Il suffit de suivre un processus pour y arriver.