Retrouver l’Unité, le lien avec la terre nourricière et avec le Tout

En affirmant son égocentrisme, l’homme se place sur un plan de domination de la nature et s’en éloigne. Il est pourtant impératif de rétablir ce rapport harmonieux (et harmonique), bienveillant, et en symbiose avec tout ce qui existe à l’échelle du visible comme de l’invisible.

Le plan du visible, pour nous, les humains, comprend les mondes animal, végétal et minéral révélés à nos sens par la lumière, les couleurs, les sons, les formes géométriques et l’espace qui nous entoure. Mais, à l’échelle de l’invisible et de l’infiniment petit, échelle de la cons­cience et de la pensée, tout semble interrelié. C’est ce que la physique appelle désormais la toile cosmique.

Cette interconnexion est proclamée depuis des millénaires par les spiritualités orientales et elle est confirmée aujourd’hui par la physi­que moderne qui avance que cette connexion pourrait être de nature quantique. Tout l’Univers est Un, inséparable, et nous, les humains, sommes des éléments actifs de ce réseau. En conséquence, notre rapport de cohabitation avec le vivant, dans son infinie diversité, mais aussi avec le genre minéral, notamment l’eau, source de vie, devrait parfois être reconsidéré.

En raison de cette interconnexion, notre comportement envers les humains et les autres êtres vivants a un impact sur eux et sur nous-mêmes, et c’est dans cette optique que les mots compassion et générosité prennent tout leur sens. Ainsi, notre dévouement pour le bien-être de la communauté et celui de tout le vivant nous apporte souvent un bienfait insoupçonné. Mais comment migrer vers un rapport de cohabitation symbiotique avec tout ce qui construit la vie sur notre planète?

Les études démontrent, par exem­ple, un lien entre la dégradation de l’environnement et le niveau de pauvreté des populations ainsi que l’apparition de certaines pathologies. D’autres études semblent indiquer que les plantes possèdent une forme de conscience de leur propre existence. Notamment, lorsqu’elles sont mises en situation de danger, elles réagissent en créant de surprenantes réponses de survie. Peut-être nous arrive-t-il d’avoir une certaine forme de communication avec les plantes? Il reste que s’entourer de quelques plantes intérieures a un effet bénéfique sur notre bien-être global, tout comme flâner dans la nature.

Quant à notre rapport à l’eau, indis­pensable au maintien de la vie, il est éminemment troublant. Nous souillons l’eau, la traitons souvent avec négligence, la combattons et, simultanément, nous réclamons qu’elle soit impeccable et pure, pour notre survie et nos besoins quotidiens (consommation, agriculture, pêche). À l’occasion, nous lui attribuons un caractère sacré ou même des miracles. Soixante-quinze pour cent de la surface de la terre est recouverte d’eau, tout comme nous, êtres humains, sommes constitués d’environ 75 % d’eau. Tout cela est-il fortuit?

L’eau possède des particularités physiques et biochimiques étonnantes, notamment des capacités de mémorisation des matériaux avec lesquels elle est en contact (d’où l’intérêt de privilégier des conte­nants de verre plutôt qu’en plastique). Cette mémoire, qui est à la base de l’homéopathie, est probablement liée à la capacité de l’eau de créer des assemblages de molécules en réseaux tridimensionnels infiniment complexes, variés et durables. L’eau possède également une très large plage d’absorption des ondes électro­magnétiques, telle une antenne de communication, d’où l’importance de limiter les ondes wifi dans son environnement. De nombreuses études montrent également que l’eau est sensible à la pensée, probablement par des phénomènes quantiques impliquant les spins des protons. En conséquence, il y a de nombreux bénéfices à reconnaître le caractère précieux de l’eau, que ce soit comme source de vie, sur le plan environnemental ou pour son mystérieux potentiel thérapeutique.

Nous avons un impact sur l’environnement, et notre environnement a une influence sur nous, tel un échange constant d’informations dont il est impératif de rétablir l’équilibre.

La simplicité volontaire : acte de foi et conscience environnementale

La simplicité volontaire est un choix délibéré, une initiative généralement individuelle, quelques fois associative. Elle n’est ni la pauvreté ni le sacrifice. Elle est un mode de vie qui consiste à réduire volontairement sa consommation et les répercussions que celle-ci engendre en vue de mener une vie plus centrée sur des valeurs familiales, communautaires, écologiques ou spirituelles. Courant social, art de vivre ou philosophie, la simplicité volontaire privilégie le bonheur intérieur, de préférence à l’aliénation consumériste qui est incompatible avec la préservation de l’environnement.

Plus que jamais, la portée la plus évidente d’un tel engagement est peut-être son incidence écologique. Et si la solution à l’impasse environnementale que nous avons créée passait par ce choix du minimalisme, cette conscience planétaire, cet engagement citoyen? Les scientifiques ne cessent de sonner l’alarme, et la planète ne cesse de nous envoyer des messages que notre système capitaliste égocentrique feint d’ignorer. Le Rapport Planète Vivante 2016 du Fonds mondial pour la nature établit qu’en moyenne 58 % des espèces animales ont disparu depuis 1970. Insidieusement, nous nous sommes habitués à cet environ­nement de plus en plus stérile où papillons, grenouilles, oiseaux et autres abeilles deviennent rarissimes, où les cours d’eau et les océans se dépeuplent à un rythme effarant.

S’engager à réduire sa consommation consiste parfois à naviguer à contre courant, mais quel acte de bravoure, de fierté intérieure, de responsabilité morale face à ceux et celles qui nous suivront! Discerner le nécessaire du superflu, être en harmonie avec ses valeurs, réduire son empreinte écologique et réaliser qu’une croissance infinie dans notre espace géographique limité est une utopie. Réduire sa consommation a également plusieurs avantages sur le plan personnel. En effet, avoir besoin de moins d’argent peut nous permettre de travailler moins, d’avoir plus de temps pour soi, sa famille et ses amis, de réduire son niveau de stress, d’améliorer sa qualité de vie, de recycler et de réparer les objets plutôt que de les jeter ou de les remplacer, d’entretenir son réseau social et de s’impliquer dans sa communauté.

La consommation excessive de biens matériels est une course au bonheur, un bonheur illusoire et inaccessible puisqu’extérieur et non durable, donc toujours à renouveler. Pourtant, le vrai bonheur n’a pas de cause, et celui là, c’est à l’intérieur de soi qu’il faut le chercher. Et dans le tohu-bohu trépidant de nos villes, il semble que les espaces verts et les moments de silence soient de plus en plus rares, deux éléments dont les êtres humains ont fondamentalement et naturellement besoin.

La simplicité volontaire est pourtant un luxe puisqu’il est un choix délibéré généralement fait par les classes moyennes ou aisées. Mais il y a aussi ceux pour qui la simpli­cité est involontaire, ceux parmi les moins nantis qui n’ont d’autre option que de vivre avec le strict minimum, ceux pour qui le destin a été moins généreux, ceux dont le lieu de naissance a réduit les possibilités. Ces gens-là méritent tout autant la dignité, la considération, le respect et la solidarité des hommes.

Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas! Cette phrase qu’André Malraux a prononcée dans les années 1950-1960 pourrait bien se révéler prophétique. En effet, le ralentissement de l’économie mondiale et la popularité sans cesse croissante en Occident des philosophies orientales, notamment le bouddhisme, semblent aller dans ce sens.

Puissions-nous vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre. Mahatma Gandhi

Réduire notre empreinte écologique pour notre bien commun et pour celui de notre unique refuge : la planète bleue

Les signes et les symptômes de l’impact des activités humaines sur la biosphère sont apparents : dérèglements climatiques, disparition de la biodiversité, pollution, espèces envahissantes, etc. Les écosystèmes marins sont aussi affectés, notamment par les déchets plastiques et par la surpêche, qui sont des consé­quences directes de notre surconsommation. J’ai traversé cette année l’Indonésie en sac à dos, et l’état des océans et, surtout, celui des coraux m’a bouleversé. Les organismes vivants ont avant tout besoin d’air pur et d’eau potable, et ni l’argent ni la technologie ne pourront les remplacer. En divers lieux sur notre planète, ces ressources fondamentales sont en péril.

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À la suite des nombreuses rencontres internationales sur le climat, le changement social attendu peut nous paraître lent, voire dérisoire. ­ Les gouvernements sont plus réceptifs aux doléances de l’industrie et des multinationales qu’aux impératifs environnementaux. Trop occupés à préserver un système économique à bout de souffle qui profite à une minorité, ils donnent à leurs programmes environnementaux une envergure trop limitée. Cela veut dire que le véritable pouvoir de décision revient aux citoyens. Par conséquent, un peu partout sur la planète, des mouvements s’organisent, des associations se créent et des personnes se mobilisent afin de promouvoir un système social plus solidaire, une agriculture saine et respectueuse de l’environnement et des actions citoyennes basées sur les 3 R (réduire, recycler, réutiliser). Cette tendance est en cours; elle est nécessaire, et son influence fait boule de neige. Les pays scandinaves, entre autres, posent des jalons (voir le documentaire « Demain », de Mélanie Laurent et Cyril Dion), et nos élus devraient suivre leur exemple.

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Chaque geste compte pour freiner et, si possible, renverser cette surconsommation qui est à l’origine de nombreux problèmes qui affectent notre santé et notre environnement. Le simple citoyen a le pouvoir de décider de consommer moins et d’agir de façon responsable, forçant ainsi l’industrie à produire et à proposer des produits moins dommageables pour l’environnement. Ces gestes quotidiens pourront, à terme, inverser la tendance. On pourrait, par exemple, réduire et réutiliser les sacs de plastique (et les produits en matières plastiques en général) qui peuvent subsister dans l’environnement durant plusieurs centaines d’années (les sacs en plastique sont aujourd’hui interdits dans plusieurs pays); éviter le gaspillage alimentaire; réduire la consommation de produits tels que les pesticides, les herbicides, les nettoyants de tous genres et les cosmétiques, qui aboutissent inéluctablement dans nos cours d’eau et, par conséquent, dans l’eau que nous buvons, et en disposer de façon adéquate; préférer des produits réutilisables aux produits jetables; réduire la consommation des énergies non renouvelables et le gaspil­lage de l’eau; choisir les produits avec le minimum d’emballage; favoriser les produits locaux à faible bilan carbone; louer ou emprunter les matériaux et les équipements qu’on n’utilise pas au quotidien au lieu de les acheter; réparer au lieu de jeter à la première panne; éviter l’achat frénétique des plus récents modèles, car le bilan carbone dépend beaucoup de leur durée de vie; offrir plutôt des cadeaux dématérialisés tels que des billets de spectacle, de concert, d’événement sportif ou encore une invitation au restaurant, un abonnement ou une carte-cadeau pour une activité particulière; utiliser les transports publics ou le vélo; choisir des automobiles moins énergivores (pourquoi tant de VUS sur la route?).

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Un nouveau mouvement de conscientisation environnementale est en marche à l’échelle planétaire. L’avenir nous dira si nous avons été suffisam­ment proactifs. En attendant, nous sommes tous liés par un destin commun, une cause supérieure que nous avons en commun. Toute action privilégiant l’égoïsme ou la cupidité est contre nature.

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