Votre sommeil est dans votre assiette

Ce que nous mangeons influence directement notre sommeil, et la qualité de notre sommeil influence en retour ce que nous mangeons. Bien que méconnus, les liens entre l’alimentation et le sommeil sont indissociables.

L’insomnie peut être causée par divers maux liés à l’alimentation, notamment le reflux gastro-œsophagien, les carences alimentaires et les déséquilibres hormonaux. On traite alors ces maux en priorité pour soulager l’insomnie. Parfois, le simple fait de revoir ses habitudes alimentaires permet d’enrayer l’insomnie. Par ailleurs, nos choix alimentaires peuvent aussi bien favoriser le sommeil que lui nuire.

D’une part, les troubles du sommeil peuvent occasionnellement résulter d’une carence en nutriments, entraînant alors un déséquilibre de la chimie du cerveau, puis une difficulté à s’endormir ou à demeurer endormi. Ils peuvent également découler de diètes trop faibles en calories, en glucides et en eau pure. D’autre part, la science a confirmé que le manque de sommeil pousse non seulement à manger davantage, mais à choisir des aliments riches en calories, en gras, en sucre et en sel (fast food et junk food). Ces choix peuvent donner lieu à la prise de poids, laquelle nuit au sommeil. On se retrouve alors dans un cercle vicieux.

Alors, quoi manger, en quelle quantité et à quel moment pour bien dormir? Rappelons-nous cette règle d’or : ne pas faire le plein une fois rendu à destination. Bien que nous fassions souvent le contraire, le souper devrait être le repas le plus léger de la journée, autant pour ce qui est de la quantité que de la digestibilité des aliments. À l’inverse, ne pas manger suffisamment le soir risque aussi de nous empêcher de bien dormir, la faim engendrant la sécrétion d’une hormone stimulante.

Il faut donc tout mettre en œuvre pour que notre menu enclenche la sécrétion des bonnes hormones au bon moment : les hormones stimulantes le jour et les hormones apaisantes le soir. On connaît bien l’effet négatif de certains aliments sur le sommeil, comme le café, le thé, les boissons gazeuses et les boissons stimulantes. Mais savons-nous que l’orange, par exemple, qui regorge de vitamine C, est un stimulant et peut nuire au sommeil si elle est consommée en soirée, contrairement à la clémentine qui peut le favoriser grâce au brome et à la vitamine B qu’elle contient? Que la menthe, même prise en tisane pour relaxer, peut également stimuler? À l’opposé, sait-on vraiment ce qui favorise le sommeil? Qu’une banane, conte­nant du tryptophane, du magnésium, du potassium, tout en étant facilement digestible, est une excellente collation le soir? Que, contrairement à bien d’autres épices stimulantes, la sauge en assaisonnement dans certains plats favorise le sommeil et la digestion? Que certains aliments, dont les cerises, contiennent de la mélatonine, l’hormone du sommeil?

Considérer la composition des aliments nous donne les clefs pour élaborer un menu nous permettant d’être stimulé et plein d’énergie le jour et apaisé pour mieux dormir le soir venu. Outre les suppléments et facilitateurs de sommeil connus (valériane, passiflore, camomille, tilleul, verveine, fleur d’oranger, etc.), on peut miser sur un agencement stratégique d’aliments toute la journée, en se rappelant que, pour s’endormir, il faut sécréter de la mélatonine, elle-même synthétisée par la sérotonine, cette dernière l’étant à partir du tryptophane.

Nous avons le pouvoir de bien faire fonctionner les mécanismes du sommeil en apportant au cerveau les éléments indispensables à la production des hormones apaisantes. On choisira donc des aliments permettant de maximiser l’apport en tryptophane, en magnésium, en calcium et en vitamine B6 en portant une attention particulière à l’équilibre protéines-glucides. On fera le plein de protéines le matin et le midi pour stimuler l’éveil et on prendra des repas plus glucidiques le soir pour favoriser le sommeil. Bon appétit… et bonne nuit!

Formation Se nourrir pour dormir, samedi 15 octobre 2016 en Outaouais­ Guide pratique Se nourrir pour dormir­ (Institut SOMNA, 2015)

Faire ses propres tisanes fraîches, rien de plus simple!

Avec le printemps qui approche à grands pas, nombreux sont ceux qui ont commencé à planifier leur jardin potager et à acheter des semences, s’ils n’ont pas déjà démarré leurs semis à la maison. On pense géné­ralement aux légumes et aux fleurs, parfois à certaines plantes condimentaires, mais qu’en est-il des plantes médicinales? Souvent oubliées à notre époque, ces plantes furent pourtant pendant des siècles parmi les plus importantes du potager, plantes salvatrices côtoyant plantes nourricières, main dans la main pour la plus grande santé de l’homme.

Pendant la belle saison, n’aimeriez-vous pas avoir la chance de simplement parcourir vos plates-bandes afin d’y cueillir quelques feuilles ou fleurs fraîches et d’en faire immédia­tement une bonne tisane pleine de vitalité, à la fraîcheur inégalée, bio et plus que locale? Loin d’être un projet irréaliste, et peut-être même en incluant quelques plantes que vous avez déjà dans votre jardin, il est facile de planifier d’inclure dans votre aménagement quelques plantes médicinales, tant pratiques que délicieuses, que vous pourrez dégus­ter en infusion tout l’été durant.

Qu’elles soient regroupées (dans une même plate-bande, une roue de médecine ou une autre section bien à elles) ou mélangées aux autres plantes du jardin (les plantes médi­cinales font d’ailleurs très bon compagnonnage avec les légumes et les fruits du potager et sont de merveilleuses plantes « bouche-trou » pour compléter un rang ou mettre dans un coin oublié…), elles doivent être faciles d’accès pour leur récolte au fil de la saison. Souvent une ou deux plantes de chaque variété est suffi­sante pour la consommation courante d’une maisonnée, à moins qu’il ne s’agisse d’une plante qu’on ne se lasse pas de boire au quotidien! De plus, ces plantes seront faciles à cultiver, sans besoins particuliers, mis à part un bon sol et un peu d’amour. On pourra souvent trouver au centre-jardin des petits plants prêts pour la plantation ou encore, pour ceux qui veulent bien se donner la peine de faire leur propre semis, un grand choix de graines chez les semenciers spécialisés (pour de bonnes référen­ces n’hésitez pas à me contacter).

Voici quelques exemples de plantes dont l’infusion sera agréable et que je vous conseille particulièrement de garder à portée de main en les cultivant chez vous :

Simplement pour le plaisir et la détente : basilic thaï, verveine citronnée, lavande, menthe douce, stevia

Pour une meilleure digestion : fenouil, hysope à l’anis, mélisse, menthe poivrée, gingembre

Pour maman et bébé : camomille, cataire, bourrache

Pour bien dormir : camomille, scutellaire, lavande

Comme petit coup de pouce au système immunitaire : thym, romarin, sureau, tulsi

En cas de coupure, de brûlure, de piqûre d’insecte : plantain, calendule

Pour contrer les vagues de chaleur de la ménopause : sauge

Pour réduire les migraines : grande camomille

Sans oublier ces grandes alliées de tous les jours, mais en prenant soin de les garder loin du potager pour ne pas s’y piquer les doigts (et se faire envahir) : ortie et framboisier (feuilles)…

En espérant vous avoir donné l’envie et la motivation de tenir votre petit lot de plantes médicinales à la maison et, surtout, de faire vos propres tisanes maison. Aussi délicieuses et bienfaisantes que soient ces cadeaux de la nature, les voir pousser en les cultivant soi-même permet de les apprécier encore plus!