Les plantes médicinales, pas de simples plantes!

On appelle « simples » les plantes utilisées depuis l’antiquité pour leurs vertus médicinales.

Avez-vous déjà visité un jardin de plantes médicinales? Avez-vous déjà ressenti le lien sacré avec les plantes? Avez-vous déjà senti une profonde connexion avec ce que la Terre nous offre?

Pour ma part, à l’adolescence, durant mes cours d’économie, j’observais et rêvais devant un livre de plantes médicinales. Je voulais les connaître, les comprendre, me lier avec elles, ces belles fleurs soignantes. J’ai retranscrit ce livre de la bibliothèque, à la main en entier! J’en détiens encore la copie, seize ans plus tard! Je ne me doutais pas à ce moment qu’un univers sacré m’ouvrait ses portes.

Les plantes médicinales, un art ancestral
Les plantes soignent, ont toujours soigné et soigneront toujours. C’est comme si la nature avait la capacité de s’équilibrer au point où elle détient les remèdes pour les maux des hommes. Dans la plante, il y a du palpable : les molécules, les composantes, etc. Mais il y a aussi la magie; un être vivant qui en aide un autre par sa force et sa vitalité crées par les éléments (eau, terre, air, feu) et la vie!

D’hier à aujourd’hui, le sacré des plantes à l’honneur
Elles nous ont accompagnés depuis le début de notre histoire. L’homme de Neandertal a utilisé la centaurée (probablement pour panser ses plaies). Lors des pestes de Marseille, le vinaigre d’ail protégea la population. Durant la colonisation de l’Amérique, l’achillée millefeuille fut utilisée par les nouveaux arrivants­ pour faire baisser leur fièvre (les Amérindiens leur avaient transmis leurs connaissances). Les souffrances de certaines allumettières de Hull atteintes de nécrose maxillaire furent calmées en 1929 par le pavot somniferum.

Ce transfert de connaissances sert à notre survie, à notre autonomie, à notre bien-être! Merci à nos ancêtres! Si nous avons réussi à les utiliser jusqu’à aujourd’hui, malgré les oppositions rencontrées à diffé­rentes époques, c’est grâce à toutes les personnes qui ont transmis, souvent oralement, ce savoir : toutes ces mères, toutes ces sorcières et tous ces enseignants, ces malades, ces chamans et ces bons vivants de ce monde (pour n’en nommer que quelques-unes).

Les plantes médicinales : se relier au sacré
Aujourd’hui, il y a tant de stimuli, de technologie, d’invention, de nouveauté renouvelée et éphémère. Lorsque je m’énergise au contact du règne des plantes médicinales, lorsque j’approfondis mon lien avec elles, je me connecte au passé, au présent, au futur, et cela est très ressourçant pour moi, car c’est à mon avis une des vraies choses de la vie. Cela me lie au sacré; nous en avons tellement besoin de nos jours pour nous sentir connectés à notre vérité. Je ne peux m’empêcher de considérer ces plantes comme des entités, des alliées qui ont même une personnalité : douce et réconfortante camomille, fort et rigoureux romarin.

Au quotidien, les infusions de plantes ont de nombreuses propriétés thérapeutiques, tout en apportant bien-être, réconfort et santé. Tomber sous leur charme, c’est se connecter à elles, les remercier et comprendre qu’elles nous aident à créer un équilibre.

Utilisé par les hommes depuis toujours, l’univers des plantes médicinales est un univers fantastique, et je vous invite à le découvrir. Nous avons hérité d’un savoir riche et ancestral. Utilisons-le!

Pour nous, il est important que les connaissances ancestrales de l’herboristerie et des médecines traditionnelles se rendent jusqu’aux générations futures. C’est grâce à elles que l’humanité a pu, en grande partie, traverser le temps et que nous sommes ici aujourd’hui.
Natacha Imbeault, directrice de l’Herbothèque

Des fleurs comestibles… dans notre assiette 

Nous apprécions les fleurs et leurs couleurs qui enjolivent nos parterres et balcons. C’est toujours un plaisir pour les yeux. Maintenant, j’aimerais les amener plus près de vous, jusque dans votre assiette. Leurs coloris vont aguicher votre appétit, et leur goût, charmer vos papilles.

Depuis plusieurs années, je me passionne pour les fleurs comestibles. J’ai commencé en consacrant un petit coin de mon parterre à ces plantes, et ma sœur, alors sous-chef à une grande auberge, venait s’approvisionner dans mon jardin pour orner ses plats. De fil en aiguille, j’en suis venue à en faire le commerce. Je me suis d’abord départie de mes plantes non comestibles, que j’ai données à des amis et à ma municipalité par souci de récupération. Au fil du temps, de mes essais et de mes erreurs, j’ai bien réalisé que les fleurs ne sont pas toutes de bons produits pour la vente; certaines perdent leur couleur ou leur tendre texture trop vite pour les chefs. Aujourd’hui, je connais bien mes fleurs et j’aimerais vous présenter mes préférées.

Calendula (plante annuelle ou vivace)
On dit de cette plante qu’elle est sans souci, car elle pousse sans tracas. Elle arbore des jaunes et des orangés éclatants qui égayeront vos salades. Son parfum délicat, substitut du safran, aromatisera vos riz, beurres, soupes et biscuits.

Capucine (annuelle)
Elle pousse facilement et accompagne bien les plants de tomates. Vous pouvez tout utiliser : les fleurs et les feuilles, même les boutons et jeunes fruits qui, conservés dans le vinaigre, font office de câpres. Son goût est corsé et même très poivré; y aller avec parcimonie dans vos salades, beurres et mayonnaises. Amusez-vous à farcir des capucines pour en faire de jolis canapés ou à les confire.

Centaurée (annuelle ou vivace)
Elle est aussi appelée fleur de bleuet en raison de sa belle couleur bleu royal; on en trouve aussi aux nuances qui vont du blanc jusqu’au violet. Son goût n’est pas très prononcé; on peut utiliser les centaurées, entières ou en pétales détachés, dans les salades, les glaçons ou la pâte à gâteau. Déshydratez-les pour vous faire des tisanes.

Hémérocalle (vivace)Fleur d’un jour, elle s’épanouit le matin pour mourir le soir venu. Sa forme conique est idéale si vous voulez farcir la fleur. Vous sentirez sous la dent son croquant et le sucré de son réceptacle (base de la fleur). Dans les potages et les plats asiatiques, ajoutez le bouton cuit à l’étuvée ou frit. Attention, elles n’ont pas toutes un goût détectable; il faut les essayer.

Pensée (annuelle ou vivace)
Elle arbore une combinaison de couleurs très variée et a une saveur douce et sucrée si vous prenez le soin de retirer le pédoncule qui est assez amer. Cristallisée, elle décore à merveille les gâteaux. Utilisez des pensées dans les salades vertes ou de fruits, dans le beurre ou la crème, ou figez-les dans vos glaçons.

Rose(vivace)
Seuls les pétales sont comestibles, et ils dégagent un parfum irrésistible. Utilisez-les de la même façon que les pensées ou ajoutez des pétales séchés à vos tisanes ou à vos thés de kombucha.

En cette belle saison, je vous invite à planifier votre jardin floral dans le but d’agrémenter vos moments contemplatifs de même que votre menu. Mes six fleurs préférées font partie d’une longue liste qui vous surprendra. Si je peux me permettre, je recommande à ceux et celles qui ont une âme d’agriculteur urbain le site Web www.craquebitume.org. On y offre des formations ainsi que des trucs et conseils pour le jardinage et le compostage.

En partageant ma passion, j’espère avoir piqué votre curiosité au sujet des fleurs comestibles. Je vous invite à sortir vos pelles et vos chaudrons pour concocter une recette attrayante et unique en commençant par cette suggestion : Choisir une belle hémérocalle dont vous aurez enlevé les étamines. La farcir d’un fromage­ de chèvre aux fines herbes ou d’une mousse de saumon. Fermer l’extrémité avec une tige de ciboulette et faire revenir 4 ou 5 secondes seulement dans un peu d’huile. Vous découvrirez un goût légèrement parfumé et finirez la fleur sur une note agréablement sucrée.

Bon appétit!