Danser sa vie pour réduire la pression!

Le mot stress a été emprunté au vocabulaire de la sidérurgie par Hans Selye, endocrinologue, qui voulait dire, état de tension du métal. Cet état de tension pouvait varier en fonction des situations et de la capacité de chacun à réagir aux facteurs stressants.

N’oublions pas que le stress est nécessaire à la vie (eustress). Toutefois, un stress excessif installe des tensions chroniques qui mènent à une rigidité excessive (distress). Les causes de stress peuvent être multiples, médicales, fonctionnelles, psychologiques, environnementales… Le perfectionnisme est une cause psychologique assez répandue.

Perfectionniste? moi jamais!

La quête de la perfection crée un stress phénoménal qui nous empêche de croquer la vie dans toute l’intensité de son mouvement.

Sur un plan collectif, la course à la perfection cultive un esprit compétitif où la vitesse et le dépassement de soi sont des qualités profondément valorisées dans notre société. La conséquence est une société à deux vitesses, ceux qui performent et les autres.

Sur un plan individuel, les perfectionnistes ne sont jamais satisfaits de ce qu’ils sont. Ils ont toujours peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas plaire. Impossible donc de savourer ce que l’on est tout simplement. La satisfaction semble toujours dépendre d’un idéal à atteindre. À force de courir après une perfection extérieure à soi, vers un bonheur de l’ailleurs qui décentre, nous restons éloignés de la sensation et de l’accueil de ces moments magiques comme se sentir bien tel que l’on est. Ce qui aboutit inévitablement à enfermer l’individu dans une spirale d’insatisfactions permanentes, anxiogènes, coûteuses en terme d’énergie et exigeante à maintenir à tout prix.

Le stress comme résultat

Évidemment, cette exigence permanente imposée de l’extérieur ou par nos pensées crée un stress majeur qui se manifeste par toutes sortes de réactions physiologiques et comportementales pour nous adapter et trouver une façon pour répondre aux agents stresseurs. Par exemple, sous l’effet de l’adrénaline le corps se tend, le rythme cardiaque accélère, des douleurs diverses apparaissent avec une difficulté à se relâcher et goûter tranquillement au moment présent. Ces tensions laissent des traces, des cicatrices chimiques dans notre organisme, aboutit à la « désharmonisation » de nos organes, affaiblit notre système immunitaire. Nous nuisons à notre équilibre somatique. Ces accumulations de tension nous transforment en bloc de béton, et le dépassement permanent de nos limites brûle finalement notre fluidité corporelle.

Au travail, il arrive fréquemment que notre mouvement devienne sectionné, stéréotypé, répétitif. Ce stress laisse des traces dans notre mobilité qui à la longue inhibe et réduit l’amplitude de nos mouvements ce qui à la longue peut nuire à un vieillissement optimal.

Soyons toutefois rassurés. Ce processus limitatif est réversible. Toutes les stratégies mises en place pour réduire les effets du stress seront à privilégier.

Certains auront besoin de consulter en psychologie, d’autres de s’investir dans un sport ou une activité sociale. Mais personne ne pourra faire l’économie de casser ce cercle infernal; de se recentrer et de se remettre en mouvement en douceur pour commencer à réhabiter son corps et danser sa vie.

Danser sa vie au quotidien

Sur un plan corporel, prendre le temps de se détendre, de se remettre en mouvement, de se déplier, quel que soit son âge laisse émerger une motricité économique et un rayonnement, reflets d’une intériorité vivante.

Il faut du courage pour décider de danser avec nos agents stresseurs. Du lever au coucher, notre quotidien regorge de situations où notre corps est mis à contribution. Que de flexions, d’extensions, de torsions nous faisons sans même nous en rendre compte. Notre agenda chargé, nos horaires variés, nous poussent à nous ajuster en permanence sur un plan rythmique. Et même lorsque notre motricité est réduite au minimum, soit pendant que nous dormons, le mouvement reste encore présent et agit sur la qualité de notre sommeil. C’est ce qui nous fait être vivant.

J’ai toujours aimé me promener dans la nature. C’est pour moi la meilleure façon de me ressourcer. C’est accessible et non coûteux. Je trouve la source de mon inspiration lorsque j’observe la fluidité des arbres dans le vent. Je regarde l’herbe se trémousser sous la brise légère. Lors de ces marches, je respire au rythme du vivant qui m’entoure et j’y trouve encore la paix. J’ai l’impression de faire corps avec cet environnement paisible, de danser avec la nature.

À vous de varier vos plaisirs et de trouver votre façon de danser votre quotidien!

Références :

SELYE, H., The Stress of life. New York, McGraw-Hill, 1956 www.unisson06.org/dossiers/relation_aide/stress.htm

Journal d’une psy

Une petite sandale rouge tremble doucement dans ma main. Et, je reprends le chemin des souvenirs… Ma fille Anne-Isabelle avait presque trois ans. Ce matin-là, nous partions magasiner pour lui acheter des souliers. Elle courait et sautait autour de moi, pleine de vie et de joie. Au magasin, elle voit une paire de petites sandales d’un beau rouge vif. Des souliers de fantaisie…

À cette époque, j’étais une femme sérieuse, raisonnable et prévoyante. J’avais l’intention d’acheter des bottines brunes lacées. Des bottines hautes qui tiennent bien le pied et protègent la cheville. Vous ne le croirez pas, mais, à l’époque, c’est ce que tous les enfants portaient et les souliers de fantaisie étaient rares, cher et réputés mauvais pour la posture. Je croyais être une bonne mère en persuadant ma fille d’acheter des bottines brunes lacées. « C’est mieux pour ta santé. Tu verras quand tu seras grande, tu me remercieras d’avoir pris soin de ta posture et de tes pieds. Sois raisonnable! » Durant toute mon enfance ma mère m’avait répété : « Sois raisonnable, pense au futur ».  Mais ma petite fille pleine de vie de me répondre : « Non maman, je veux les avoir tout de suite. Je veux pas être contente quand je vais être grande. Je veux ces souliers rouges là maintenant. »

Ça ne m’étonnait pas d’elle. Elle voulait toujours vivre intensément comme s’il n’y avait pas de lendemain. Un jour, je lui avais offert le choix entre deux friandises. Elle m’avait regardée comme si j’étais une simple d’esprit et m’avait répondu : « Mais voyons donc maman, tu sais bien que je veux tout dans la vie ». Pas un simple « je veux les deux », non!, un définitif « je veux tout ». Finalement, nous avons acheté les deux paires, tout en prévenant ma fille que les rouges seraient des « souliers du dimanche ».

Anne-Isabelle a mis ses sandales rouges et nous sommes parties rejoindre son père au chalet. Sur le chemin, un terrible accident est arrivé. Je me suis retrouvée à l’hôpital pour de longs mois et de multiples opérations et ma fille à la morgue. Je ne l’ai jamais revue.

Deux mois plus tard, quelqu’un m’a rapporté une des sandales rouges retrouvée dans le champ près du lieu de l’accident. Et, j’ai regardé ce soulier en pensant : OH mon Dieu!, moi qui voulais tant qu’elle soit raisonnable et pense à son futur. Elle n’a pas eu de futur! Il me faut apprendre à vivre dans le moment présent… maintenant. Vivre dans le moment présent, c’est une attitude qu’elle maîtrisait totalement. Ma voisine qui avait pourtant huit enfants à elle et aurait dû être blasée me disait : « Quand Anne-Isabelle passe, j’arrête et je la regarde. Cette enfant-là, elle ne marche pas, elle danse. On dirait toujours qu’elle danse de joie. »

J’avais oublié de danser. J’étais tellement préoccupée par le futur, par les choses à faire, par les décisions à prendre petites et grandes, par la bonne éducation de mes enfants, par mon travail, par mon conjoint que j’oubliais de m’arrêter. De m’arrêter pour doucement jouir de la vie et pour être tout simplement. Et aujourd’hui, je fais du ménage et je retrouve ce petit soulier. Je crois que j’oublie encore de vivre le moment présent et de danser. Le petit soulier rouge refait surface pour me rappeler l’essentiel. Régulièrement, je repars dans mes peurs : la peur de manquer, la peur de ne pas être correcte, la peur de ne pas être aimée si je ne fais pas ceci ou cela ou si je ne suis pas comme ceci ou cela. J’oublie qu’il n’y a que deux choix : la peur ou l’amour. L’amour de la vie, la pleine absorption dans le moment présent, le choix de vivre pleinement maintenant sans regrets et sans exigences. (des préférences, bien sûr, mais pas des exigences). Ce qui ne veut pas dire que je ne pense pas au futur ou au passé, j’y pense différemment tout simplement. En m’appliquant à vivre chaque instant, chaque personne, chaque expérience en lui donnant son plein potentiel de vie maintenant. Je cherche moins à contrôler et plus à accepter moi, les autres et les événements. Moins de bottines brunes lacées et plus de souliers rouges.

Contrôler, c’est un travail de peur, loin de la générosité de la vie. Accepter, c’est un travail d’amour, c’est un travail d’accueil. Moi, les autres, les événements ne sont pas tels que je les préférerais, et c’est très bien ainsi. Je peux accepter la différence entre la vraie vie et mes plans soigneusement bâtis. Lorsque j’accepte et que j’accueille, c’est plus agréable bien que pas toujours facile. Je sais, je sais, ce n’est pas facile, mais ça génère plus de paix et de joie intérieure. Ma belle Monique, la vie est courte, sors ta vaisselle du dimanche! N’oublie pas de danser, car c’est dimanche à chaque jour!

Une robe de soi

J’étais à peine endormie dans le berceau familial, après une longue nuit de tempête, que déjà les fées se bousculaient avec leurs dons pour écrire ma vie.

  • Elle aura le nez crochu de sa tante Émilie, les épaules larges de son grand père qui a vécu la guerre.
  • Elle aura le courage de sa grand-mère, veuve avant que son visage n’attende les rides du temps; elle aura aussi la colère qui va avec les chagrins et la misère.
  • Elle aura la légèreté de sa tante Aurore, l’artiste qui a vécu sa vie comme une pièce inédite dans un théâtre aux multiples décors.
  • Elle aura les yeux verts des lacs de montagne dans lesquels se miroitent les vieilles pierres des sommets intacts.

Sur ma peau s’est inscrit donc très tôt, une histoire que je connaissais par cœur, car la famille la répétait depuis si longtemps que les répliques sortaient spontanément. Quand j’oubliais quelques passages, je montais dans le grenier de ma grand-mère, et soulevait la poussière des âges pour ressortir une aïeule oubliée, un fantôme devenu gris, une poupée toute cassée. C’est là que je trouvais la robe fleurie de tante Rose, celle qui avait eu le cœur brisé au milieu d’une valse et quand je me rendis compte qu’elle était à ma taille, j’entendis dans le miroir, les notes d’un soir de bal.

Ma mère aussi, sans le savoir, cousait sur les voiles de mon innocence, les patchworks de son inconscience. Arrivée aux portes de la jeunesse, j’avais perdu mes tresses, la grâce des enfantillages, les rêves d’une autre vie dont il n’y avait plus aucune trace. J’étais une créature avec la crinière de lion d’un grand père militaire, les pattes élancées d’une autruche comme tante Aurore qui aimait danser; j’avais le cou gracile d’une girafe et la voix posée de ma mère quand elle avait la joie de chanter. La peau de la panthère rappelait le velours dévoré de la robe d’une tante Rose trop vite délaissée. J’étais une chimère, une personne construite de pièces rapportées qui avaient toutes leur histoire et leur part de vérité, mais que j’avais du mal à faire tenir ensemble. J’aurais eu besoin de plusieurs chirurgies esthétiques pour rendre à l’ensemble une cohérence décente. Mais aucun médecin ne voulut prendre ce risque.

Seul un artiste peintre dont je tombai amoureuse, réussit à faire mon portrait en tentant de dissimuler sous les couches de couleurs, un passé qui s’obstinait à vouloir durer. Il fut le premier à révéler une partie de moi-même que j’avais complètement occultée.

Mais la chimère ne fut pas très contente de voir que sous les doigts habiles d’un amour magicien, les traces du temps indélébiles pouvaient disparaître en moins de rien.

L’autruche voulait danser tandis que le lion cherchait à faire la loi. La panthère restait couchée au soleil alors que la girafe cherchait dans les hauteurs, les feuilles du bonheur. Ce fut le chaos initial, l’anarchie intérieure, une bourrasque de contraires qui se leva un matin de juin et coucha à terre, la chimère épuisée. Au milieu des morceaux, je restais endormie comme au premier jour de ma vie et de nouveau, les fées arrivèrent en faisant beaucoup de bruit.

Elles n’avaient pas vieilli, contrairement à moi qui avais eu besoin de traverser les années pour être capable de me voir avec lucidité, au milieu de cette chimère déchirée. Les fées me firent les mêmes dons, force, courage et légèreté, envie de chanter et de m’alanguir, mais vu que les morceaux étaient éparpillés sur le seuil de ma personnalité, je les accueillis différemment, sans m’approprier quoi que ce soit. Ils étaient une partie de moi, mais j’étais plus qu’eux tous réunis.

J’acceptais tous ces dons en remerciant les fées et me relevais, fatiguée et légère à la fois, comme si le poids de la chimère avait changé. J’avais certes toujours une crinière de lion et une tendance à dire facilement non, des jambes fines et habiles pour danser ou parfois fuir quand c’était trop risqué, je gardais le parler girafe pour communiquer sans violence et la peau douce de la panthère pour les soirées tendres. Mais dans le miroir du bazar familial, je voyais une nouvelle image; j’avais perdu quelques patchworks de ma mère et les voiles d’innocence réapparurent autour de moi. Cependant, ils ne flottaient plus comme la mousseline de l’enfance; ils avaient la tenue de l’organza et je sentais dans ce nouvel apparat, les étincelles du discernement qui habille ceux et celles qui ont traversé le tourment.

Je ne laissais personne à terre, ramassais tous les morceaux de la chimère et avec ma propre baguette magique, je dessinais ma nouvelle robe de Soi. Elle était élastique, s’adaptait à tous mes mouvements et à mes changements de taille. Quelques accessoires suffisaient pour varier son usage. Un parfum de présence pour les cocktails mondains, des gants de velours pour les peaux de satin et des perles précieuses pour être belle en plein jour. C’est une robe inachevée, que je crée à chaque instant, comme si j’étais un grand couturier inspiré par l’amour. C’est une robe de Soi pour les toujours momentanés.

J’ai rencontré mon mari en rêve!

En 1997, je note à mon cahier de rêve que je viens de rencontrer un homme et que nous avons discuté de la possibilité de vivre ensemble. J’ai encore tout frais à la mémoire les détails de sa chevelure épaisse poivre et sel, de son teint basané, des traits de sa figure et il parle anglais. Je note également, sans trop pouvoir l’expliquer, qu’il y a des tables partout autour de nous.

À mon entrée dans la pièce en rêve, je reconnais un bon ami de longue date. « Mais que fais-tu ici? » lui dis-je. Il me répond « Tout comme toi je viens pour rencontrer quelqu’un ». Je le rejoins à table et nous nous parlons de ce qui pourrait nous poser problème si nous décidions de vivre ensemble.

Le temps passe et un ami me propose de me joindre à lui pour aller à un séminaire sur la spiritualité. « Je ne suis pas certaine, lui dis-je, mes finances sont quelque peu serrées, je vais y réfléchir ».

La date du séminaire approche et j’ai l’intuition d’aller vérifier s’il reste des billets d’avion pour Minneapolis. « Vous êtes chanceuse, me dit l’agente, il reste des billets et ils sont en solde. Vous avez jusqu’à 5 h pour vous décider ». Je m’empresse de rejoindre mon ami qui me confirme que les arrangements tiennent toujours.

Je m’envole pour Minneapolis. L’avion fait escale à Toronto. L’homme, qui prend siège à mes côtés, se rend au même séminaire. Nous faisons un bout de chemin ensemble jusqu’au centre-ville et je m’empresse d’aller déposer mes bagages à la chambre d’hôtel avant de me diriger vers le Centre des Conventions où le programme du séminaire est sur le point de commencer. Il y a des milliers de personnes dans la salle. À ma surprise, j’y retrouve mon compagnon de voyage assis devant moi à quelques rangées près. Il me signale qu’il y a une danse prévue après le programme et qu’il a l’intention de s’y rendre. Est-ce que je pense y aller? Je lui dis que je vais y réfléchir.

Je me dirige ensuite vers un resto thaïlandais pour prendre un repas. Il est déjà tard, j’ai des ateliers prévus pour le lendemain, je vais plutôt retourner à ma chambre. Mais voilà qu’une petite voix à l’intérieur se fait entendre : « C’est assez d’être sérieuse, vas t’amuser ». « OK, je vais m’y rendre, mais si la personne que je viens de rencontrer n’est pas là je retourne immédiatement à ma chambre ».

Je le repère dans la salle de danse en conversation avec une autre personne. Il m’accueille à sa table et un homme de Toronto vient me tenir compagnie. Après un certain temps, je le quitte pour aller danser seule jusqu’à ce qu’une musique lente force mon retour.

L’homme de Toronto est toujours là, mais un autre homme l’accompagne. Il me dit : « J’aimerais te présenter un bon ami, William ». Je lui serre la main « enchantée William ». En me retournant, j’entends William me dire, « Jocelyne, pourquoi ne danses-tu pas »? Je lui indique de la main « Il n’y a pas d’hommes autour! » Il saisit ma main au vol et me dit « je vais m’occuper de ça ». En marchant, je sens sa main forte, réconfortante, solide, engagée. Je remarque aussi qu’il ne porte pas de jonc, parle anglais, a les cheveux poivre et sel… le personnage du rêve commence à prendre forme.

Nous retournons nous asseoir à une table pour échanger longuement. Il me mentionne durant cette conversation qu’il a participé à un atelier très intéressant le même après-midi sur comment maîtriser le changement et qu’il a fait un collage. Je lui réponds que j’ai l’intention d’y assister le lendemain.

À ma surprise, durant la pause, je le vois entrer dans la salle et se diriger vers l’animatrice pour lui parler. Au retour, elle s’avance au micro et explique que l’homme à ses côtés était à l’atelier la journée d’avant et il vient de lui partager que le collage qu’il a fait s’est manifesté dans les 5 heures qui ont suivi. C’est le plus rapide qu’elle ait jamais entendu et elle aimerait qu’il nous partage son expérience. En entendant cela, je me dis innocemment : « Mais qu’est-ce qui a bien pu lui arriver qu’il ne m’a pas raconté hier soir? »

Il explique alors que son objectif était de rencontrer quelqu’un qui allait ramener de l’amour dans sa vie. Sur son collage, il avait mis un couple en train de danser, une femme avec un grand sourire, un cœur rouge au-dessus de sa tête et les mots « GET CONNECTED NOW », ET « SPONTANEOUS ». Trois chiffres avaient toujours été associés à des événements importants de sa vie : 21, 10 et 11. Il savait que ce séminaire allait être particulier. Il était arrivé au séminaire le 21 octobre (10e mois). Il lui manquait un chiffre et il venait de rencontrer la personne la veille à 11 h.

Me voilà en état de choc. Je repasse rapidement l’horaire de la soirée précédente : le resto à 9 h, le tour de salle à 10 h, les conversations à table puis la danse par moi-même de 10 h à 11 h. « Oh mon Dieu! Il était bien 11 h quand nous avons connecté. C’est de moi qu’il parle! Cet homme est vraiment rapide, il vient de me déclarer son amour devant tout ce monde ». Lui et moi savions dès ce moment où tout cela allait nous mener.

À mon retour à la maison, je me suis précipitée sur mon journal. Le rêve y avait été inscrit 6 mois avant. Nous étions à une danse, voilà ce qui expliquait toutes ces tables dans le rêve. Cet élément du rêve incompréhensible d’abord est venu confirmer que l’homme que je venais de rencontrer était bien l’homme de mon rêve.

Deux mois après il venait de Toronto me demander en mariage. Et… nous sommes toujours mariés et heureux!

En faisant confiance à la guidance intérieure, à l’intuition, au rêve et aux signes reçus, nous nous sommes retrouvés pour une autre étape d’évolution. Les signes divins sont constamment là autour de nous pour nous aider si nous gardons le cœur ouvert. Les rêves sont réels! Lorsque nous dormons, le corps s’endort, mais l’Âme voyage. Par le rêve, l’Âme communique des informations, en provenance des plans intérieurs, qui peuvent vraiment faciliter notre vie si nous leur accordons de l’attention, que ce soit pour améliorer notre santé, trouver un travail, savoir comment aborder un problème ou même trouver un partenaire de vie. Alors, conservez précieusement un calepin tout près du lit et prenez note de vos rêves au réveil. Il se pourrait qu’ils soient embrouillés au départ, mais avec de la patience et de la pratique vos rêves deviendront de plus en plus précis et seront de bons éclaireurs pour vous aider à naviguer dans la vie.

Les bienfaits de la lenteur

Si nous retrouvions le temps de vivre? Si nous avions l’audace de ne pas adhérer au culte de la haute vitesse de notre société? Il est étonnant, ce culte : comme si en vivant deux fois plus vite, nous pouvions jouir deux fois plus de la vie… Notre sagesse profonde sait que la vie ne devient pas plus riche lorsque nous multiplions les activités. Pourtant, nous nous laissons facilement entraîner dans un tourbillon d’accélération qui nous fait perdre jusqu’au sens de notre existence.

L’impression désagréable que la vie accélère découle de l’expérience que le temps file à toute allure sans avoir de direction. C’est que le temps vécu de nos vies nous apparaît maintenant dispersé et semble manquer de ce rythme qui procure l’ordre. Nous perdons peu à peu les clés magiques de la synchronicité, cette sensation d’être à la bonne place au bon moment. Tout va si vite que nous ne pouvons faire l’expérience de la durée, car rien ne comporte de temps. Nous vivons dans une société de l’immédiateté : prêt à manger, textos, courriels, Internet… Qu’est-il donc advenu de notre humanité dans notre rapport au temps?

C’est qu’au fil des siècles, nous avons réussi à découper le temps en unités de plus en plus petites : du cadran solaire au calendrier, de l’horloge mécanique à la montre digitale. La vie active en haute vitesse a progressivement trouvé le consensus dans notre inconscient collectif. Nous en sommes venus à accorder une valeur absolue à la productivité au travail ainsi que dans l’organisation bien minutée de nos loisirs. Et ainsi s’en sont allés notre capacité à nous attarder, à flâner, à contempler et surtout à tisser le sens de notre existence. Vivre en accéléré vole à l’humain sa capacité innée de plénitude, car le sens et l’essence des choses ne se révèlent que dans la lenteur. Lorsque les images du film de notre vie se succèdent à une vitesse folle, leur signification demeure cachée.

Nous sommes nombreux à la recherche du temps : du temps qui ignore la montre, de celui qui flâne et s’étire en longueur alors que nous entrons dans un temps intérieur. Il est évident que nous avons soif de lenteur lorsque nous cherchons à honorer nos connexions à la profondeur de soi, à l’authenticité avec l’autre et à notre appartenance à l’Univers. La haute vitesse et son impérative immédiateté tentent en fait d’éliminer ce temps qui se trouve entre, qui va vers. Cherchant ainsi à gagner du temps, nous le perdons en fait, car nous sommes privés de la riche signification qui se trouve dans l’intervalle, dans les moments de transition, dans les espaces entre les choses. Ce temps de patience et d’errance est celui qui permet à la vie de retrouver sa pleine respiration et d’ouvrir la perception qui en tisse le sens.

Faire l’éloge de la lenteur, c’est aussi découvrir ce qui se passe sur le plan organique lorsque nous ralentissons. À prime abord, nous changeons de plan physiologique. La rapidité met notre corps en mode pratique, entièrement orienté vers la tâche. Ralentir permet à notre attention de se déplacer du but à atteindre pour retourner à l’instant présent. Induit non pas par la volonté, mais plutôt par l’émotion, l’instant présent nous amène à ressentir et ouvre la porte à une perception augmentée de la réalité. Intégrés à notre ressenti, nos gestes se remplissent alors de sens.

Ce qui est souhaitable n’est-il pas de danser avec le rythme naturel de notre propre vie? En incluant dans notre quotidien des activités de rallentando (méditation, yoga, tricot, randonnée, jardinage, etc.), nous rétablissons un équilibre. En prenant soin de notre relation personnelle avec le temps, nous retrouvons le choix de faire tout à la bonne vitesse. Et alors ce doux temps de vivre nous attend à bras grands ouverts.

Danser sa vie

Saviez-vous que tous les humains sont des danseurs naturellement doués? Nous dansons depuis que nous existons! Toute la nature danse et, en dansant, la vie se célèbre et se reconnaît. Les feuilles des arbres ne peuvent s’empêcher d’onduler gracieusement avec le vent. Pourtant, notre société en se civilisant s’est sédentarisée à un point tel qu’elle s’est coupée du mouvement organique de la vie. Et si notre existence était une danse semblable à celle de l’oiseau qui vole et de la fleur qui s’ouvre? Danser fait sourire et rire toutes les cellules du corps, et nous retrouvons spontanément notre pure joie d’exister. Danser est un langage archaïque, inné en chacun de nous, qui rétablit d’emblée notre intimité avec tout le vivant.

En outre, la danse soigne sans même que nous soyons malade, puisqu’elle nous ramène à un bien-être physique et mental optimal. Depuis l’aube des temps, nos ancêtres utilisent la danse comme outil de guérison du corps et de l’âme. Elle permet à la personne dansante de se guérir en laissant le mouvement réveiller en elle l’intelligence magnifique de la vie. La pulsation de la musique nous ramène immédiatement à l’énergie vitale et à ses pulsions. La danse fait ressusciter d’emblée la mémoire corporelle des origines de notre nature : mémoires de joie, de paix, d’amour, d’appartenance. Elle contribue naturellement à éveiller la sensation intime d’être son corps et d’éprouver une profonde harmonie intérieure. Elle invite à une participation de l’être en entier. En dansant, on se sent tout de suite vivant, et la redécouverte de cet état ne cessera d’émouvoir.

Quand l’humain danse, sa présence se remplit de vie. La danse nous embrasse facilement de plaisir. Lorsque nous consentons à sa méde­cine, la grande sagesse de la vie peut faire son travail. Si la liste des bienfaits s’avère trop exhaustive pour en faire étalage, on peut dire, entre autres, que la danse contribue à l’optimisation du fonctionnement de tous les systèmes. De plus, elle aide à récupérer des parties oubliées de soi et participe à l’intégration des trois centres de notre être dans leur globa­lité : nos pensées, nos émotions­ et notre instinct. Ainsi, ma danse de vie retisse la cohérence entre ce que je sens, ce que pense et ce que je fais.

Danser provoque la transformation de l’être. La partie saine et lumi­neuse de notre être libère alors, avec une étonnante créativité, les nœuds et cuirasses qui entravent le naturel du mouvement dansé de nos vies. Quelque chose à l’intérieur de nous comprend que nous ne sommes pas ce qui nous arrive et permet au passé emmagasiné de finalement nous traverser. Le corps miraculeux peut ainsi récupérer son talent naturel pour intégrer les expériences de vie et entrer en processus de guérison au moyen du mouvement.

Danser est depuis toujours une façon privilégiée de prier et de méditer qui nous permet d’accéder à des états modifiées de conscience. Depuis toujours, la danse nous permet d’exprimer une liberté qui nous transcende et de voyager au-delà des limites de l’ego. En dansant, nous retrouvons notre participation à une dimension qui nous dépasse en nous reliant à quelque chose de plus grand que soi.

En nous ramenant à la conscience primordiale de notre source, la danse réveille une connexion émouvante de vérité et d’amour… à soi, à l’autre et au monde. Ainsi, danser est un chemin d’incarnation et d’expansion de conscience. En dansant, nous faisons l’expérience immédiate de vivre dans l’instant. Peu à peu, notre mouvement se remplit de sens : celui de la vie vivante. Nous commençons à habiter les gestes du quotidien. En montant l’escalier en présence de la sensation d’être mon corps ici et maintenant, une sensation étrange me bouleverse : on dirait qu’il se passe quelque chose de sacré. C’est que la danseuse devient la danse! Au cœur de toute cette belle nature qui bat, tournoie, valse, virevolte… danse ta vie! Danse! Danse!