Pouvons-nous vivre dans l’abondance et faire une démarche spirituelle en même temps?

Il existe deux écoles de pensée à ce sujet.  Certains croient que pour être spirituels, ils doivent être capables de vivre dans le plus grand dénuement possible.  Pour eux, le dénuement est synonyme de détachement.

D’autres croient que l’argent et les biens matériels sont le symbole matériel de l’énergie divine.  L’abondance en argent et en biens matériels les aide à devenir de plus en plus conscients de leur grande puissance divine, ce qui les aide d’autant plus à créer davantage d’abondance.

Personnellement, j’adhère à cette dernière école de pensée.  Il va de soi qu’il y a des avantages et des désavantages aux deux systèmes de croyances.  En autant que nous choisissions de croire à ce qui est bénéfique pour soi et non croire à quelque chose parce que quelqu’un d’autre nous l’a suggéré.

La personne qui possède peu de biens matériels a beaucoup plus de facilité à vivre dans le détachement, ce à quoi l’être humain veut en arriver un jour.  Cependant, cela peut être difficile de faire un cheminement intérieur à travers des cours et des lectures ou encore de prendre du temps pour soi afin de connaître davantage si une personne est uniquement occupée à survivre dans ce monde matériel.  Qu’on le veuille ou non, nous vivons sur une planète où le matériel fait partie de notre dimension physique et nous ne pouvons vivre sans un toit sur la tête.  Ces besoins matériels sont absolument essentiels et doivent donc se payer.

La personne qui vit dans l’abondance matérielle a plus de facilité à faire sa démarche spirituelle, car elle vit dans un confort physique qui ne peut faire autrement que l’aider.  Cependant, cette même personne peut en arriver à trop s’attacher à son argent ou à ses biens et avoir ainsi beaucoup de difficulté à vivre dans le détachement.

L’idéal, c’est d’en posséder beaucoup et d’utiliser cet avoir pour nous aider à être heureux et non à faire de ce dernier le but de notre vie.  C’est aussi de savoir au plus profond de soi que si, présentement, je suis parvenu à ce niveau d’abondance matériel et que, du jour au lendemain, je le perds, je peux réussir tout de même à être heureux, car je sais comment recommencer.  C’est cela le détachement, en avoir, mais ne pas en dépendre pour son bonheur.

Comment arriver à cette abondance?

Pour débuter, il est important de développer une attitude de prospérité plutôt que de viser l’abondance pour l’abondance seulement.

Vivre dans l’abondance signifie avoir en quantité supérieure à nos besoins, de quoi répondre aux nécessités de la vie.  La prospérité est un état d’être.  Cela ne signifie pas seulement avoir de l’argent ou encore posséder des biens matériels, c’est avant tout une façon de penser et de vivre.  Il s’agit du contraire de la pauvreté qui est également une façon de penser et de vivre et non seulement un manque d’argent ou de biens.

Celui qui possède une attitude prospère peut arriver facilement à l’abondance s’il le désire véritablement.  Il se révèle beaucoup plus généreux, car il sait qu’il y en aura toujours.  Il croit fondamentalement à l’inépuisable source divine.  Il se trouve beaucoup de personnes qui n’ont pas tellement de surplus et qui, pourtant, sont très heureuses, car leurs besoins sont toujours comblés grâce à cette attitude de prospérité.

De l’autre côté, beaucoup de gens qui ont de l’argent ou des biens en abondance sont très malheureux, car ils vivent dans la peur de perdre ce qu’ils ont.  Ils agissent généreusement, seulement s’ils peuvent en profiter.

Pour la plupart d’entre nous, quel est le plus grand obstacle pour avoir du surplus?  C’est notre mental qui adhère à des croyances non bénéfiques, et ce, dès notre jeune âge.  Nous étions entourés de gens qui disaient alors des choses comme :

  • « Je ne suis pas riche, mais je suis en santé ».  Ce qui veut dire « Être riche = être malade ».
  •  Les riches sont des voleurs » ce qui laisse entendre que seuls les pauvres sont honnêtes.
  •  Les riches ont de la difficulté à entrer au ciel ».  Nous ne savions pas que le ciel est un état d’être, l’état d’être heureux et non un endroit spécifique.
  • « L’argent est à la source de tout mal ».  Comme si quelque chose d’inerte pouvait créer du mal.  C’est plus l’amour de l’argent et notre dépendance envers lui qui créent un mal-être.

Dans la vie, il ne nous arrive pas ce que nous voulons, il nous arrive plutôt ce à quoi nous croyons.  Si vous ne vivez pas dans l’abondance voulue, vérifiez à l’intérieur si vous vous sentez prospère ou pauvre.  Sachez que vous avez adhéré à des croyances qui ne sont plus bonnes pour vous et qui font que vous n’obtenez pas le résultat voulu.

Voici quelques moyens pratiques pour arriver à changer votre attitude intérieure face à la prospérité et l’abondance.

  • Soyez conscient de vos paroles, de vos pensées, de vos sentiments et de vos actions.  À chaque jour, notez au moins trois choses concernant votre attitude dans ce domaine.  Ce que vous notez dénote-t-il de la prospérité ou de la pauvreté?  Une fois devenu conscient, constatez votre attitude comme étant temporaire et acceptez-la pour le moment.  Ne vous critiquez pas.  Sachez qu’il n’y a rien de permanent.
  • Remarquez si vous avez du mépris pour l’argent.  Vous arrive-t-il de penser ou de dire : « Maudit argent!  Si seulement ça ne coûtait pas si cher!  Si seulement il y avait un autre système et que je n’avais pas à toujours en faire arriver! ».  Apprenez à considérer l’argent comme une énergie divine, un moyen d’échange utilisé sur cette planète.
  • Remarquez si vous vous sentez coupable quand vous vous payez un surplus.  Cette attitude vous informe que vous ne croyez pas mériter de surplus.  Décidez de croire que vous êtes une personne spéciale qui mérite un surplus autant que ceux qui y croient.
  • Apprenez à avoir plus de gratitude.  Dites merci même pour les petites choses.  Accueillez l’abondance comme naturelle.  Voyez l’abondance dans tout : un compliment, un sourire, un repas payé au restaurant, une pièce de monnaie trouvée par terre, etc.
  • Soyez heureux quand quelqu’un d’autre vit dans l’abondance.  Ne les enviez pas.  Souhaitez de l’abondance à quelqu’un à tous les jours.  Comme nous récoltons ce que nous semons, ce que vous souhaitez sincèrement pour quelqu’un vous revient toujours.
  • Pour développer une attitude prospère, considérez d’abord la valeur que vous accordez à ce que vous voulez acheter plutôt qu’à son coût d’achat.
  • Faites circuler cette énergie divine.  N’accumulez rien qui ne vous est plus utile.  Tout ce que vous n’avez pas utilisé depuis un an, donnez-le à quelqu’un qui saura s’en servir.  Faites de la place pour du nouveau.
  • Gardez une attitude prospère en payant vos comptes.  Au lieu de critiquer que tout coûte trop cher, remerciez pour les services reçus.  Soyez heureux d’envoyer de la prospérité aux autres en payant vos impôts, téléphone, électricité, taxes, loyer, nourriture, etc.
  • Donnez sans attentes.  Sachez que tout vous revient.  N’essayer pas de contrôler comment, quand et par qui cela va vous revenir.  Ayez confiance en la loi du retour, cette grande loi de cause à effet toujours présente et qui gère tout ce qui vit.  Le vrai don, et celui qui rapporte le plus, est celui qui demande un sacrifice ou un effort.  Lorsque c’est facile, c’est plutôt à vous-même que vous faites plaisir.
  • Soyez conscient d’où vient ce que vous donnez plutôt que de vous préoccuper de ce que vous donnez et à qui vous le donnez.
  • Apprenez aussi à recevoir.  Reconnaissez votre valeur.  Quand vous refusez de recevoir quoi que ce soit, vous enlevez l’opportunité à quelqu’un de donner.  Savoir donner et savoir recevoir est un des meilleurs moyens pour s’ouvrir à l’abondance.  Ne pas savoir comment recevoir se remarque davantage chez les gens qui font une démarche spirituelle.  Il y en a même qui ont des dons de guérison ou d’autres capacités d’aide d’ordre spirituel et qui se sentent coupables de se faire payer pour leurs services.  Pour être avocat, médecin, coiffeur ou cuisinier, cela nécessite également un don particulier.  Trouvez-vous cela intelligent de s’attendre à ce que ces gens offrent leurs services gratuitement?  Ils ont besoin de gagner leur vie.  Il en va de même si c’est votre cas.  Vous avez autant droit d’utiliser vos dons pour atteindre l’abondance.  Appréciez davantage votre divin et arrêtez de vous tourmenter à ce sujet.
  • En conclusion, il est important de réaliser que l’être humain est beaucoup plus heureux à donner en sachant qu’il y en aura toujours là d’où cela vient.  Il n’est donc pas intelligent d’être pauvre, car nous nous mettons dans une position de dépendance face à autrui et nous nous privons du grand bonheur de donner.
  • Ouvrez-vous à l’abondance dans tous les domaines : l’amour, le succès, les amis, l’affection, les compliments, les biens, l’argent, etc.
  • Apprenez à vous aimer et à aimer tous ceux qui vous entourent en vous servant de votre argent et de vos biens; et non pas aimer votre argent et vos biens en vous servant de ceux qui vous entourent.

La réponse à la question du tout début est OUI!  Oui, nous pouvons vivre dans l’abondance en nous rapprochant sans cesse de Dieu.  L’être humain peut et doit profiter avec amour et joie de ce que Dieu a créé.  L’humanité s’est beaucoup nui en croyant que les biens matériels étaient incompatibles avec l’élévation spirituelle.  Cette croyance a été la cause de beaucoup d’émotions et de culpabilités et a contribué davantage à retarder l’humain plutôt que de l’avoir aidé à avancer.

Heureusement que nous devenons plus conscients et que nous acceptons de nous défaire de nos fausses conceptions pour entrer dans une époque d’abondance et de prospérité en tout.

Ottawa Montréal, 240 km à pied

La marche est une activité qui compte un nombre toujours croissant d’adeptes dans la région et ailleurs. Le Chemin des Outaouais organise une marche qui a comme point de départ Ottawa pour se terminer à Montréal. Le concept du projet s’est inspiré du modèle qu’on retrouve sur le chemin de Compostelle. Les gens qui entreprennent cette marche pèlerine le font pour diverses raisons.

Pour certains, c’est un pèlerinage religieux ancré dans sa foi chrétienne.

Pour d’autres, c’est une marche qui s’inscrit dans une démarche spirituelle plus large.

Ou encore il s’agit d’un défi physi­que, une approche reliée à la santé.

Peut-être aussi qu’il s’agit d’une forme de tourisme caractérisé par sa simplicité et la rencontre de l’autre.

Depuis 2005, à chaque année, quelques 150 pèlerins entreprennent ce chemin qui longe la rivière des Outaouais sur la rive ontarienne, puis à bord d’un traversier rejoignent la rive québécoise de Cumberland à Masson, pour faire l’inverse de Montebello à Lefebvre et finir avec une dernière traversée de Hudson à Oka.

À chaque jour, du 15 mai au 18 juin, un groupe de 6 personnes s’engage sur le chemin des Outaouais. Le point de départ se fait à la cathédrale d’Ottawa pour finir à l’Oratoire St-Joseph à Montréal. La plupart du temps on se retrouve dans un groupe d’inconnus qu’on découvrira au cours du trajet. Il arrive aussi qu’un groupe de deux à six personnes qui se connaissent s’inscrivent profitant ainsi de cette expérience unique pour vivre ensemble une aventure hors du commun. Certaines préfèrent la marche solitaire, d’autres aiment discuter en marchant ou encore tantôt l’un, tantôt l’autre. Certaines se mettent en marche tôt le matin, d’autres préfèrent prendre leur temps. Le rythme de marche, ainsi que le besoin de prendre des pauses varie selon chacune. Ce qui importe surtout c’est de respecter son propre rythme. Chacune est appelé à le vivre à sa façon avec des objectifs, des motivations et un style qui lui appartient. Qu’il s’agisse d’un pèlerinage pour l’une ou d’une marche pour l’autre, le chemin est une démarche unique pour la personne qui le vit.

Le périple se fait en 12 étapes se terminant à chaque jour dans un logement empreint de simplicité et surtout accessible par son coût minime.

Souvent les marcheurs cuisinent un repas en groupe, sortent au resto ou se contentent de menu victuailles qu’ils ont apporté dans leur sac à dos. Il arrive aussi qu’un repas soit offert par les hôtes du gite.

Souvent des candidats intéressés hésitent à s’inscrire, convaincus qu’ils n’arriveraient pas à marcher une vingtaine de kilomètres à chaque jour. Pour permettre une mise en forme, des bénévoles du Chemin des Outaouais organisent des marches préparatoires. En plus de se mettre en forme, on y rencontre des gens sympathiques qui vous partageront leur vécu lors de multiples marches en divers endroits dans le monde.  Souvent, c’est  le Chemin des Outaouais leur a donné le goût d’en entreprendre d’autres.

Quelle que soit la raison qui vous a incité à entreprendre le chemin, il est fréquent d’y trouver autre chose. La rencontre et les échanges avec nos compagnes et compagnons de voyage nous amène parfois à considérer nos certitudes avec un regard neuf. Ces douze journées viennent avec des inconvénients à affronter dont; porter tout ce dont on aura besoin sur son dos, les intempéries, la fatigue, dormir sur un matelas à même le plancher dans une salle commune, parfois des douleurs et inconforts, parfois lutter contre l’envie d’abandonner. Pourtant, la camaraderie et l’entraide qui naît sur le chemin portera la très grande majorité des marcheurs à destination. Au final, le chemin vous aura apporté beaucoup plus que ce que vous aviez au départ espéré y trouver. Arrivé à destination, vous aurez bâti de nouvelles amitiés, aurez découvert que vous étiez plus fort que vous ne le croyiez, saurez si vous entreprendrez d’autres marches et que peut-être, à votre insu, le chemin sera devenu méditation ou prière.

Les inscriptions pour ce pèlerinage se feront à compter du 15 janvier 2018 à partir du site : www.chemindesoutaouais.ca

La spiritualité : un état d’être

J’ai eu le privilège et la responsabilité d’enseigner le cours Psychologie de l’expérience spirituelle durant le semestre de l’hiver 2016 à l’Université Saint-Paul, à Ottawa. Je suis content de vous faire part de quelques réflexions et recherches au sujet de la spiritualité. À cause de la sécularisation de la société, le religieux a accordé une importance plus grande à la spiritualité. Elle est reconnue comme une dimension essentielle de la personne. La spiritualité forme un tout avec les autres dimensions humaines, soit biologiques, psychologiques, sociales et religieuses. Il est essentiel de considérer l’expérience humaine dans sa globalité. Le spirituel n’est pas un plus, un à-côté ou un ailleurs. C’est essentiellement intégré dans tout notre être.

La spiritualité, une façon d’explorer nos dimensions à la fois plus profondes et plus élevées, constitue une voie d’éveil et de croissance. Elle favorise un voyage ou une exploration vers son Soi plus profond. Elle n’a rien d’une vérité toute faite et invite chaque personne à découvrir qui elle est en profondeur et à se former sa propre vérité. La spiritualité est une quête de sens, d’espoir et de libération. Comme l’exprimait Jean-Luc Hétu, le spirituel, c’est l’intérieur qui se distingue de l’extérieur, c’est l’essentiel qui se distingue de l’accessoire, des appa­rences 1. Les réalités du monde matériel peuvent manifester l’ouverture au plus grand que soi, par exemple la Nature.

L’intériorité fait rentrer en soi-même afin de se connaître et de se comprendre. La démarche spirituelle nous conduit ainsi vers un lieu intime et secret dans notre espace intérieur sacré. La vie spirituelle devient une manière d’être, une recherche et une ouverture d’une voie de réalisation du bonheur, lequel est un état fugitif et passager, mais combien épanouissant. Toute spiritualité est au service de soi, des autres, de la Nature, du Transcendant. Être à la fois pour soi et pour autrui aussi. La spiritualité nous permet de nous reconnecter à notre essence profonde, laquelle nous aide à unifier tout notre être. Comprendre et accepter que nous sommes les acteurs de notre vie constitue un pas important de notre évolution spirituelle.

Se décentrer de soi, après être rentré en soi, amène à se définir en tant qu’être-en-relation avec soi tout d’abord, puis avec les autres et avec le Transcendant tel que chacun(e) l’entend. Ceci implique certainement dialogue, réciprocité, échange, accueil. La transcendance du Soi suppose la capacité de se dépasser soi-même, d’établir une relation authentique avec les autres, de se consacrer à des causes humanitaires et de réaliser un projet imprégné d’un sens profond. Christian Bellehumeur précise de la façon suivante la quête personnelle : chercher à comprendre, faire appel à l’expérience subjective et obtenir des réponses à des questions fondamentales relati­ves à la vie, au sens et à propos des relations avec le Sacré ou le Trans­cendant 2. Les besoins spirituels de base : sens de la vie, amour, confiance, espoir, pardon, paix intérieure.

Dans un prochain article, je décrirai en quoi consiste une expérience spirituelle, laquelle est le processus d’entrer en relation avec cette réalité beaucoup plus vaste que l’expérience que nous en faisons, soit la spiritualité. Je conclurais l’article d’aujourd’hui en mentionnant que la spiritualité est cette qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de la matérialité tout en restant connecté à la réalité matérielle. Il s’agit donc d’une voie intérieure permettant à une personne de découvrir l’expérience de son être et de vivre une expérience spirituelle.

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1 Hétu, Jean-Luc. (2001). L’humain en devenir, une approche profane de la spiritualité. Montréal, Fides.
2 Bellehumeur, Christian. Cours Spiritualité et développement humain. Université Saint-Paul, Ottawa.