Combattre le manque d’ensoleillement et le blues hivernal avec la luminothérapie

En automne et en hiver, nous devons nous adapter à la diminution drastique des heures d’ensoleillement. Chez certaines personnes, cela peut causer des problèmes de sommeil, mais aussi engendrer un manque d’énergie et parfois la dépression saisonnière. Or, l’exposition à la lumière durant la journée est un facteur naturel de santé. Cette exposition et l’alternance quoti­dienne entre clarté et obscurité nous permettent de nous mettre en action et de réguler notre horloge biologique.

Le fait d’avoir le réflexe de se coucher plus tôt l’hiver est donc tout à fait normal, car en l’absence d’ensoleillement, la production de la mélatonine — hormone du sommeil — est maximisée. Cette hormone veut jouer son rôle comme il se doit : mettre notre corps en veille en l’absence de lumière, ce qui a pour effet de nous donner envie de nous coucher plus tôt et de dormir davantage, tout en rendant les réveils plus difficiles en l’absence du soleil matinal. Ce n’est pas pour rien que bien des animaux hibernent. Pourtant, les humains ont décrété que leur société de production devait être active en toutes saisons, et ce, au moins de 9 h à 17 h… Il peut donc être difficile de sortir du lit quand il fait encore noir ou de veiller quand il semble déjà faire nuit… Pour contrer ces effets et écouter leur corps, bien des gens se couchent naturellement plus tôt l’hiver, ce qui revient un peu à hiberner comme les autres animaux.

Mais que faire si notre corps n’arrive pas à bien s’adapter à ce changement? On estime qu’un Canadien sur cinq serait touché par une déprime et que 3 % d’entre eux souffriraient d’un trouble affectif saisonnier.

Dans ces cas, la science a reconnu l’avantage de recourir à la lumino­thérapie qui consiste à reproduire artificiellement la lumière du soleil pour s’y exposer quotidiennement en l’absence de celui-ci. Pour profiter des bienfaits d’un tel traitement, il faut une certaine assiduité, mais on doit aussi choisir une lampe d’une intensité de 10 000 lux avec filtres à ultraviolets protégeant des rayons UVA et UVB, que nous utiliserons environ 30 minutes par jour. L’utiliser le matin permet de démarrer plus facilement la journée en arrêtant la production de élatonine. Évidemment, il ne faut pas l’utiliser en soirée si on ne veut pas passer la nuit debout.

Plusieurs modèles de lampes de lumi­nothérapie sont portatifs; d’autres s’accrochent au mur et enfin, certaines lampes sont montées sur pied et sont inclinables. Nous préférons les modèles sur pied pour leur facilité d’utilisation et de réglage, que nous combinons avec un modèle miniature et portable pour les déplacements et les voyages. Tout dépend de votre mode de vie.

Il faut aussi considérer que la lumière des écrans d’ordinateur est du même type que celle des lampes de luminothérapie. Il est donc possible de la régler au maximum de son intensité pour se maintenir plus faci­lement en activité le jour, sans oublier toutefois de réduire l’intensité au minimum en fin de journée si on ne veut pas engendrer d’insomnie, le soir venu.

Certaines restrictions peuvent s’appliquer à la luminothérapie, notamment pour les personnes diabétiques, souffrant de maladies oculaires ou de bipolarité. Il faut aussi être prudent avec certains types de médicaments.

Bien que les lampes de luminothé­rapie se retrouvent dans la plupart des pharmacies, dans certaines boutiques spécialisées et dans les grandes surfaces, il peut être difficile de faire un choix. L’Institut SOMNA peut vous guider dans vos démar­­­ches pour trouver la lampe qui vous convient.

« Ch’te dit qu’à soir dans mon p’tit cœur, y fait frette » — Dédé

Bien que le changement d’heure ait quelque peu perturbé notre rythme biologique, notre sommeil et notre humeur, les journées grises à venir auront certains effets plus prolongés en raison des courtes journées de soleil durant les mois de novembre, décembre et janvier. Même si nous serons tous un peu affectés par le manque de luminosité et de soleil, certains deviendront complètement dysfonctionnels.

La dépression saisonnière
Elle est catégorisée comme un trouble affectif lié au manque de lumière naturelle, occasionnant une diminution de la synthèse de la vitamine D et une sérieuse baisse d’énergie mentale et de motivation à être actif. Bien que les mécanismes exacts de la dépression saisonnière soient encore mal compris, l’état de déprime serait dû à un déséquilibre biochimique dans le cerveau impliquant la mélatonine. Hormone du sommeil, celle-ci joue un rôle primordial dans la régulation du rythme biologique (cycle circadien) et de l’humeur. En l’absence de lumière, le corps augmente la production de mélatonine, déclenchant un état de fatigue et menant au sommeil. La présence de la mélatonine réduit considérablement la production d’endorphines et de sérotonine. Le manque de soleil, lui, réduit la synthèse de la vitamine D.

Les endorphines ont plusieurs effets bénéfiques : euphorique, anxiolytique (diminue stress et anxiété), antalgique (antidouleur) et antifatigue. La sérotonine, quant à elle, est notre antidépresseur naturel, tandis que la vitamine D favorise l’absorption du calcium et du phosphore. Elle devient une alliée importante dans la minéralisation osseuse et articulaire tout en favorisant la tonicité musculaire. Même s’il est difficile d’évaluer les besoins précis, il suffirait de 10 à­ 15 minutes d’exposition au soleil deux ou trois fois par semaine pour combler entre 80 et 90 % des besoins en vitamine D d’un adulte en santé. Cette vitamine est synthétisée dans l’organisme humain sous l’action du rayonnement UV du soleil. Ses principales sources alimentaires sont les produits laitiers, les jaunes d’œufs et les poissons gras tels que le thon et le saumon.

Afin de contrer cet état et diminuer les symptômes de la dépression saisonnière, nous devons trouver des astuces pour augmenter la présence d’endorphines et de sérotonine ainsi que l’apport en vitamine D et sa synthèse. En voici quelques-unes :

Place aux hormones du bonheur
Nous avons tous déjà ressenti une poussée d’énergie et des picotements à la suite d’un effort physique. Dites bonjour aux hormones du bonheur! Parmi ses multiples bienfaits, l’activité physique occasionne une augmentation de la sécrétion d’endorphines et de sérotonine. Les effets peuvent durer jusqu’à six heures post-exercice. Privilégiez les exercices cardiovasculaires en endu­rance (marche, marche nordique, randonnée pédestre, ski de fond, etc.). S’ajouterons aux effets psycho­logiques, sans frais supplémentaires, des bienfaits cardiovasculaires, métaboliques et une diminution des tensions musculaires et articulaires. De plus, vous pourrez ainsi limiter le nombre de kilos qui voudront s’accumuler en prévision du temps froid. Même si les effets des endorphines augmentent avec l’intensité et la durée des activités physiques ou sportives, il est important de commencer doucement et d’augmenter progressivement selon notre forme physique et nos réalités de santé.

Allez jouer dehors
Quand ma mère en avait assez de nous voir grimper dans les rideaux, c’est alors que résonnait ma phrase préférée : « Allez jouer dehors! ». Puisque les effets de la vitamine D ne résultent pas uniquement de son apport par la nourriture, mais aussi de l’action du soleil, la meilleure façon de contrebalancer le manque de lumière et de soleil serait donc… d’aller jouer dehors. Cette exposition à la lumière naturelle déclenchera une augmentation des endorphines et redonnera vigueur et énergie à nos journées, sans oublier une immense diminution du stress de ma mère. Ouvrez toute grande la porte, on s’en va jouer dehors. Bonne santé!
afs-kinesiologie

Dépression saisonnière

Plus les heures d’ensoleillement s’envolent et que, au fil du temps, l’automne puis l’hiver arrivent, plus il est difficile de faire face aux changements de température. Le Dr Norman E. Rosenthal, psychiatre et chercheur au National Institute of Mental Health, a été, en 1984, le premier à démontrer le lien entre la lumière et la dépression. En effet, la lumière joue un rôle important dans la régulation des échanges biochimi­ques dans notre corps, notamment ceux liés au cycle éveil-sommeil et à la sécrétion d’hormones telles que la sérotonine (l’hormone du bonheur), celle-là même qui régule la production de mélatonine (l’une des hormones responsables du cycle éveil-sommeil).

Quelque 8 % de la population réagirait au manque de lumière. Entre 70 et 80 % des personnes touchées serait des femmes. Ces chiffres m’étonnent. Pourtant, nous recevons chaque année à la clinique plusieurs personnes souffrant de ce problème. Qu’est-ce qui explique qu’une personne en sera plus touchée qu’une autre? C’est sur cette base de questionnement que je vois les patients en consultation. J’ai observé et traité à ce jour plusieurs personnes souffrant de ce problème.

En homéopathie, on qualifie d’état l’ensemble des symptômes que le patient présente durant une pério­de­ donnée. Chaque patient est différent. Certes, il y a des similitudes, mais ce n’est pas ce qui nous intéresse en homéopathie. Ce sont plutôt les particularités de chacun. D’une personne à l’autre, l’état présentera ses propres modalités et particularités. Des questions et des recherches rigoureuses me permettront de trouver un remède correspondant à l’état du patient.

Les symptômes accablants de la dépression s’annoncent notamment par un manque d’énergie, par de la mélancolie et par un sentiment de vulnérabilité. Ce trouble affectif saisonnier peut donner lieu à des idées suicidaires que l’on doit prendre très au sérieux. Bonne santé à tous et à toutes!
afs-homeopathie