L’équilibre dans le déséquilibre

Le conseil d’Hyppocrate

Le conseil et remède donné par le père de la médecine « Que ton aliment soit ton premier médicament » demeure toujours en force, et à plus forte raison… Vous connaissez, pour la plupart de vous, les méfaits d’une alimentation déséquilibrée. Plusieurs travaux ont traité ce sujet.

La santé et l’équilibre entre l’assimilation et l’élimination…

Parlons tout d’abord d’assimilation. Pour tous ceux et celles qui tiennent à leur santé, et font d’innombrables efforts, je vous donne ici les règles de base.

Première règle : la mastication

Pas de mastication, pas de digestion possible. Autrement les enzymes digestives ne pourront pénétrer dans la particule alimentaire si celle-ci est trop grosse. En pénétrant dans la particule, l’enzyme fait éclater sa chaîne moléculaire afin que les nutriments soient dirigés aux bons endroits et assimilés par l’organisme. Autrement, les aliments trop gros pour être bien digérés iront au seul endroit prévu pour les déchets : le côlon. Tant de temps et argent gaspillés inutilement…

Une réaction chimique se produit sous l’effet de la fermentation et de la putréfaction de ces aliments. J’utilise souvent cette comparaison : l’effet pop corn. Tout comme celui-ci, vos aliments éclateront sous forme de gaz et causeront gonflement et ballonnement. Sachez aussi qu’un repas bien mastiqué nourrit plus, donc moins besoin d’une grande quantité pour être rassasié. Avis à ceux et celles qui veulent perdre du poids.

Deuxième règle : Évitez de boire en mangeant

Lorsque vous mastiquez, le mouvement de votre mâchoire annonce au cerveau que vous êtes en train de manger. Celui-ci avertit les organes du système digestif. Ce dernier produit alors un liquide appelé sucs digestifs ainsi que les enzymes digestives, qui devront se mêler à votre nourriture avalée, appelé le bol alimentaire. Mais qu’arrive-t-il si je bois? Le liquide ingéré diluera les sucs digestifs et tuera presque toutes vos enzymes. Résultat… perturbation de la digestion, fatigue, gaz et ballonnement.

Troisième règle : Attendre au moins 1 heure après un repas avant de boire un liquide quelconque ou de manger un dessert… fruits inclus

Si cette dernière règle n’est pas observée, vous annulerez les effets des 2 premières. Car boire immédiatement après le repas, revient à dire que vous avez bu en mangeant. Le processus de digestion n’étant qu’à son début et votre repas toujours dans l’estomac. Résultat… perturbation de la digestion, fatigue, gaz et ballonnement.

Bien se nourrir est une preuve d’amour envers soi-même. N’attendez pas d’y être obligé. Les changements doivent se faire dans le plus grand respect de soi, à son rythme et avec patience… vous y arriverez. En le faisant, vous assurez à votre corps tous les outils indispensables et nécessaires afin qu’il puisse fournir le rendement auquel vous vous attendez légitimement de lui. Vous voulez maximiser votre investissement… alors assimilez ce que vous mangez.

L’élimination

Une intoxication provoquée par l’accumulation de ses déchets produit des toxines qui circulent librement à travers notre sang.

Mangez cru, vivant un peu à chaque repas. Un bon ratio de 50 % cru et de 50 % cuit est très acceptable et suffit à obtenir suffisamment de fibres qui agiront comme une brosse à longs poils, qui se mélangeront au bol alimentaire et avec l’aide du mouvement péristaltique, le fera avancer, et le rendre à terme sans coller sur la muqueuse intestinale. Encore plus important si vous avez consommé des aliments raffinés.

Nous savons que l’organisme ne peut éliminer que 70 % de ses déchets, et ceci dans les meilleures conditions c’est-à-dire malgré 2 ou 3 mouvements intestinaux quotidiennement. Trouvez ce qui vous convient pour le nettoyer, car n’oubliez pas que la santé est l’équilibre entre ce qui entre et ce qui sort.

Rentrée rime souvent avec nouveauté!

Pour plusieurs personnes, la période de la rentrée consiste à s’adapter à la nouveauté, que se soit au travail, à l’école, à la garderie ou ailleurs. Les habitudes de vie changent durant cette période de l’année. Sans oublier que la Terre Mère entre, elle aussi, dans un nouveau cycle, ce qui a un impact direct sur nous!

Nous savons maintenant que tout changement produit un stress et que le stress, peu en importe le degré, est responsable de déséquilibres dans notre corps et qu’il nous affecte tant aux niveaux physique, émotionnel et mental qu’énergétique.

En aromathérapie, il existe plusieurs huiles essentielles qui peuvent nous aider durant de telles transitions.

En voici quelques-unes qui, en plus d’avoir une sphère d’action sur plusieurs plans, ont des propriétés bénéfiques pour le système nerveux :

Petit grain bigarade (citrus aurantium ssp. aurantium) : huile relaxante, sédative, antidépressive, très intéressante en cas de stress, d’insomnie, de fatigue mentale ou de dépression.

Orange douce (citrus sinensis) : calmante et sédative, elle apaise l’anxiété, la nervosité, l’agitation, et son odeur est très appréciée des petits comme des grands!

Ravintsara (cinnamomum camphora cineoliferum) : huile neurotonique, intéressante en cas de profonde fatigue nerveuse et physique et utile en cas d’insomnie, de dépression ou d’angoisse.

Marjolaine des jardins (origanum majorana) : sédative et calmante,elle peut apporter un très bon soutien en cas de stress, d’angoisse, de dépression, d’irritabilité, d’agitation ou de fatigue nerveuse.

Mandarine (citrus reticulata) : huile très relaxante, sédative et calmante, à utiliser en cas d’insomnie, d’angoisse, de stress ou d’agitation.

Lavande vraie (lavandula angustifolia) : calmante, sédative et antidépressive, elle est déjà largement reconnue pour aider à calmer l’anxiété, le stress, l’agitation, l’insomnie et la dépression.

Bergamote (citrus bergamia) : huile calmante et sédative, très appréciée en cas d’anxiété, de stress et de dépression.

Que ce soit en diffusion atmosphérique, pour le massage, dans le bain ou même en usage interne, une touche parfumée apaisante est toute indiquée afin de vous accompagner au quotidien durant cette période de changement!

Toutes ces huiles essentielles peuvent être utilisées en toute simplicité, tant pour les adultes que pour les enfants; il suffit de bien doser. Certaines précautions s’appliquent; en cas de doute, consulter un thérapeute certifié.

La conscience de soi par le mouvement, un acte politique?

Après l’attentat dans la mosquée de Sainte-Foy, dans la région de Québec, j’étais sous le choc comme beaucoup d’autres personnes. Je me sentais en désé­quilibre. J’avais envie de pleurer. Je ressentais cette folie qui avait arraché des vies humaines par un geste déséquilibré. Le respect des différences est une valeur très importante dans ma vie et dans mon travail. Et la différence venait d’être piétinée.

Sans aucune hésitation, j’ai rejoint le rassemblement au métro Parc. Je repense avec émotion à ces quelques minutes de silence durant lesquelles la foule a prié ou médité et partagé un moment de chaleur et d’humanité dans cette période tourmentée.

Ces évènements dramatiques sont souvent des moments où je me demande comment être proactive face à l’horreur. Paradoxalement, je remarque que, lors d’un évènement tragique comme cet attentat, il y a un réveil de la conscience de l’autre, différent, un réveil de l’amour universel pour chaque être humain. Et cela me rassure.

Un jour, ma fille m’a posé une question que j’évoque dans un chapitre de mon livre : « Maman, que fais-tu pour changer le monde? ». Et je lui ai répondu que chacun doit trouver sa propre façon de s’engager dans le monde pour faire changer les choses. Moi, j’ai choisi de travailler à devenir une meilleure personne, plus consciente de moi-même, des autres et de l’environnement dans lequel je vis.

Je le fais par le mouvement. Je suis éducatrice somatique. Lorsque mes élèves arrivent dans ma salle de cours après une journée de travail, le corps tendu, ils se sentent en déséquilibre, éparpillés à cause des obligations de la vie quotidienne, épuisés parfois. Ils ont choisi de s’offrir une pause pour se reconnec­ter à eux-mêmes, ressentir leur état intérieur et prendre conscience de leur respiration, de leur façon de se tenir debout, puis de leurs tensions une fois qu’ils se sont allongés sur les tapis. Arrêter de courir! Prendre du temps pour soi, revenir à la source de ce qui est essentiel. Les soucis ne vont pas s’envoler par magie, mais ce qui change, c’est la façon de les appré­hender. Ce temps qu’on se donne est une opportunité de réduire les effets du stress chronique, de prendre le temps de souffler et de retrouver ses forces. Prendre conscience de soi par le mouvement pour retrouver la fluidité dans ses mouvements, mais aussi une fluidité dans ses pensées. Il suffit d’écouter ce que ces femmes et ces hommes disent à la fin d’un cours (je suis plus souple, plus centré, j’ai plus de carrure, je me sens plus solide) pour savoir que cette qualité de présence à soi, cette force intérieure réactivée, va rayonner dans leur quotidien.

J’ai la ferme conviction que l’éveil de la conscience de soi par le mou­vement rayonne sur notre entourage. Accepter l’autre commence par s’accepter soi-même. Accueillir l’autre nécessite de développer l’habileté de s’accueillir soi-même. Cela a été la source de ma motivation quand je me suis engagée à occuper durant six ans la présidence du Regroupement pour l’éducation somatique du Québec.

Conserver ou retrouver une fonctionnalité dans ses mouvements de la vie quotidienne, se donner le pouvoir d’avancer dans la vie sans rétrécir et de rester mobile le plus longtemps possible a aussi sa place dans la prise en charge de sa santé et de son bien-être. Retrouver la paix intérieure par le mouvement contribue à bâtir un monde meilleur; c’est un acte d’amour, mais aussi, à mon sens, une action politique.

Le stress et la dépression

La vie est pleine de surprises ou est comme une boîte de chocolat, comme dirait Forest Gump.

Elle a ses hauts et ses bas. Elle nous fait vivre des moments difficiles, et plusieurs personnes ont des symptômes s’apparentant à la dépression. Toutefois, il est possible de surmonter ces moments difficiles sans pour autant devenir dépressif. Malgré cela, le taux de dépression augmente depuis les 50 dernières années.

Vous connaissez les symptômes : fatigue, sommeil de mauvaise qualité, cauchemars, manque d’intérêt, manque d’énergie, difficulté de concentration, irritabilité. Les gens dépressifs ont également de la difficulté à se motiver, à se nourrir sainement et à socialiser. Quant à elles, l’anxiété et l’exténuation contribuent à entretenir la dépression. Malgré ces symptômes connus, seul un médecin peut établir un diagnostic de dépression.

Les causes les plus souvent citées de la dépression sont des expériences négatives et un déséquilibre chimique ou hormonal causé par une certaine manière de penser. Il a été établi qu’un déséquilibre chimique ou des facteurs génétiques ne sont pas en cause dans la plupart des dépressions. Un bas niveau de sérotonine est l’effet et non la cause de la dépression.

Pour ce qui est des expériences négatives, certaines personnes ayant vécu des expériences traumatisantes ne sont pas forcément dépressives, tandis que d’autres ayant tout pour être heureuses ne le sont pas. Les évènements semblent être un déclencheur, mais ne causent pas la dépression. Il semble plutôt que ce soit la façon dont nous répondons aux événements ou la signification que nous leur donnons qui cause la dépression.

Le Journal of the American Medical Association (États Unis) rapporte une étude où des médecins ont revu des dossiers médicaux couvrant une période de 10 ans, de même que des ordonnances d’antidépresseurs pour la même période. Ils ont pu constater que, dans 50 p. 100 des cas, les gens se sont vus prescrire une médication sans même avoir les symptômes de dépression, mais pour la seule raison qu’ils étaient anxieux ou souffraient d’insomnie.

Lorsque les gens ruminent ou font de l’introspection de manière négative, ils créent une excitation émotionnelle qui provoque la sécrétion des hormones de stress. Et lorsque les gens sont stressés, leur cerveau fonctionne différemment, ce qui va créer un schéma de pensée excessif ou une tendance à dramatiser. Difficile de résoudre des problèmes dans pareil cas.

Certains croient que l’origine de la dépression est d’ordre génétique. Elle est plutôt liée aux pensées, au comportement et aux relations interpersonnelles. La famille contribue beaucoup à l’apprentissage : les enfants observent les adultes et leur réaction face au stress. Même si une personne avait une prédisposition génétique, il ne s’agit que d’une prédisposition et non d’une certitude.

L’alimentation a également une incidence importante sur l’humeur. Les aliments sucrés ou raffinés affectent le corps. Certains se sentent mieux lorsqu’ils éliminent de leur alimentation le gluten, les produits laitiers, les œufs, le soya, les additifs alimentaires et le sucre. Souvent, les gens ont le goût de manger des aliments sucrés; toutefois, ces aliments provoquent des réactions opposées et extrêmes. De fait, les aliments sucrés vont causer une sécrétion accrue d’insuline et, conséquemment, une chute rapide de glycémie. Et s’enchaîne l’envie de manger à nouveau du sucre pour compenser la baisse soudaine d’énergie. Manger des aliments sains et naturels contribue à réduire ces réactions opposées et extrêmes et assure un apport régulier d’énergie. Les gens qui s’alimentent sainement pourront voir une amélioration de leur état et se sentir plus calmes qu’avant.

Certaines recherches démontrent que le cerveau d’une personne dépressive contient de faibles concentrations d’oméga 3. Ainsi il semble que l’apport de suppléments d’oméga 3 soit bénéfique dans pareil cas.

En sachant que la dépression est liée aux pensées et aux réactions face aux évènements de la vie, il y a de l’espoir. En misant sur ce que nous faisons, sur ce que nous pensons ou sur la manière dont nous pensons et en prenant soin de répondre à nos besoins physiologiques, il est possible de se sortir de la dépression. Chacun possède l’habileté de se sortir d’une dépression et de prévenir sa récurrence. Il suffit de suivre un processus pour y arriver.