Enfants + mélatonine = danger?

La mélatonine, vous connaissez? C’est l’hormone du sommeil. Une hormone que nous produisons tous naturellement. Parfois, cela peut être plus difficile – lors de décalages horaires, de changements de saison, de périodes de transition, de débalancements hormonaux, d’avancement en âge, etc. Dans ces cas, ou encore pour faire le sevrage graduel d’un somnifère chimique, on peut opter pour un supplément de mélatonine. Toutefois, comme pour les médicaments plus chimiques, ce supplément ne devrait être utilisé que sur une brève période – géné­ralement moins de trois mois. On remarque pourtant une démocratisation croissante de la prescription de suppléments de mélatonine sur de plus longues périodes et à une échelle de plus en plus large, même chez les enfants. Est-ce vraiment sans danger pour eux?

Quand on a levé l’interdiction de vente de la mélatonine au Canada, on a émis des mises en garde pour les femmes enceintes ou en âge de procréer et pour les enfants. Il n’existe encore à ce jour aucune preuve de son innocuité chez de petits êtres en pleine croissance. N’oublions pas que, bien qu’il s’agisse d’un supplément dit naturel, la mélatonine est une hormone. Or, le corps d’un enfant en pleine croissance fonctionne à plein régime. Il a donc habituellement tout ce qu’il faut pour produire ses hormones naturellement. Si celles-ci ne se sécrètent pas normalement, c’est davantage du côté des habitudes de vie (routine, exposition à la lumière, activité physique, alimentation, heures de lever et de coucher, nombre d’heures de sommeil, temps passé dehors, etc.) qu’il faut d’abord regarder. Même des enfants aux prises avec le TDA(H) arrivent à avoir un sommeil de très bonne qualité quand ces facteurs sont bien contrôlés. Dans la presque totalité des cas, s’il s’agit d’une option facile à court terme, la supplémentation en mélatonine n’est pas nécessaire chez l’enfant, et nous n’avons aucune garantie qu’elle ne lui sera pas nuisible.

Pour que la production hormonale soit normale et maximale chez un enfant, il lui faut des conditions favorables pour que son corps puisse bien faire son travail. Ces conditions, c’est avant tout aux parents de les créer et de les enseigner et, s’il y a garde partagée, il est important de maintenir une constance sur le plan du sommeil parce que, si la science ne sait pas encore si la substance elle-même peut être ou non nocive à l’enfant, nous avons la certitude que la mélatonine lui est nuisible sur un plan, celui d’apprendre natu­rellement à bien dormir.

En effet, l’apprentissage du sommeil doit se faire en bas âge, car bien que le besoin de sommeil soit inné, le savoir dormir, comme le savoir marcher, doit être acquis. Donner à un enfant un coup de pouce synthétique pour l’aider à dormir risque d’envoyer un message clair à son cerveau : « Je n’ai pas la capacité naturelle de dormir. Sans mon comprimé, c’est impossible. » À force de faire cette association, l’enfant (comme l’adulte) pourrait développer une insomnie persistante et une dépendance à son supplément. Il risque de perdre confiance en sa capacité naturelle de dormir. Ce conditionnement pourrait même se traduire, à l’adolescence, par une descente vers l’insomnie chronique.

Que faire si un enfant a un peu plus de mal que les autres à trouver le sommeil? Il faut d’abord lui fournir le cadre et les méthodes appropriés, lui apprendre l’importance, les fonctions et le plaisir du sommeil et lui enseigner à bien dormir naturellement. Pour cela, il faut déjà savoir, comme parent, quels sont les facteurs à considérer. Or, dans bien des cas, le parent doit lui-même réapprendre à dormir!

Endormir l’insomnie

L’insomnie est l’inhabilité d’obtenir suffisamment de sommeil de qualité. Cela peut être la difficulté à s’endormir, de rester endormie, à se rendormir après s’être éveillé, mauvaise qualité de sommeil. Les statistiques démontrent que l’insomnie est un problème qui affecte des millions de personnes. C’est l’une des choses dont les gens se plaignent le plus chez le médecin. Ce dernier ne peut pas faire grand-chose, mis à part de prescrire un médicament lequel a des effets secondaires et empêche un sommeil profond et réparateur. De plus, cela ne peut être qu’une solution à court terme.

Les effets de l’insomnie sont importants. Manque de concentration, problèmes cognitifs, bien-être mental, émotionnel, physique. Certaines études démontrent que l’insomnie affecte la régénération des cellules du cerveau tout en augmentant les hormones de stress. Dormir n’est pas un luxe, mais est une nécessité.

Naturellement, il y a plusieurs causes à l’insomnie. Il y a les causes médicales, tel que l’apnée du sommeil, la douleur. Il y a les causes que nous connaissons tous : trop de café, d’alcool, mauvaises hygiène de sommeil, effet secondaire de certaine médication. Mais souvent la cause est l’anxiété, inquiétude, stress, peurs, culpabilité, deuil, colère. Selon mon expérience, l’anxiété est la source principale de l’insomnie. Les gens qui viennent me voir et disent : j’ai de la difficulté à dormir, j’ai trop de choses en tête. Je suis couché et les idées se bousculent. Une idée en amène un autre, le cerveau fait du temps supplémentaire.

Tout le monde connait les trucs habituels : ne pas manger avant de se coucher, diminuer la caféine, baisser la température de la pièce, se coucher à la même heure, de fermer tout ce qui est électronique, etc. La lumière a différentes fréquences et la lumière bleue, en particulier, a une fréquence qui empêche la création de la mélatonine. Lorsque l’on se réveille, le taux de mélatonine est bas. Au cours de la journée, la mélatonine s’élève graduellement et quand la lumière de fréquence bleue s’estompe, au coucher du soleil, la mélatonine augmente plus. Tout ce qui est électronique, TV, laptop, ordinateur, téléphones intelligents émettent beaucoup de lumière bleue. Si vous n’êtes pas capable de de vous passer de vos gadgets, il existe un filtre pour filtrer cette fréquence.

Comme mentionné plus tôt, l’anxiété est une des plus grande cause de l’insomnie. Cela devient un cycle vicieux. Plus il y a d’anxiété et de stress, moins la personne dort et moins la personne dort, plus elle devient stressé.

Voici une petite stratégie pour vous aider à mieux dormir. L’idée est de pratiquer cette méthode avant de dormir, pour vider l’esprit afin de s’endormir. En plus, c’est facile, seulement trois étapes

1. Inspirer sur le compte de quatre
2. Retenir la respiration sur le compte de sept
3. Expirer sur le compte de huit.

Lorsque nous expirons, nous mobilisons le système parasympathique, lequel nous relaxe. C’est pourquoi, on demande aux gens de respirer quand ils sont en panique. Lorsque vous faites cette technique pour quelques minutes, vous relaxez. En plus, vous occupez votre esprit à compter, donc pas le temps de penser.

Si vous voulez enrayer le problème à long terme, et ce, sans effet secondaire, l’hypnose est votre ami. Des chercheurs des universités de Zurich et de Fribourg qui ont étudié l’effet de l’hypnose sur l’insomnie, ont constaté une amélioration de 80 % du sommeil profond, la phase du sommeil la plus réparatrice. C’est en effet pendant cette période que l’activité du cerveau et du corps ralentit, ce qui permet de se reposer. L’hypnose est le chemin pour atteindre le sous-conscient ou réside la cause du problème. Grâce à l’hypnose, nous sommes capables de nettoyer les causes émotionnelles et les croyances qui sont les causes de l’insomnie et ainsi aider la personne à se déstresser et de dormir d’un bon sommeil profond et réparateur.