Il ne faut pas toujours juger sur ce qu’on voit

« Mon Dieu! Le plus souvent l’apparence déçoit. Il ne faut pas toujours juger sur ce qu’on voit » aurait dit Molière. Mais en fait, qui peut se vanter de ne pas juger sur les apparences? Qui n’a pas secrètement porté de jugement sur une personne qui avait « l’air pouilleux » ou qui avait « l’air d’un nerd »? Une femme avec une tenue légère devient souvent « une traînée » aux yeux de plusieurs. Et les tatouages? Vous pensez quoi des gens qui ont des tatouages?

Très honnêtement, je porte des jugements. Je ne suis pas pire ou mieux que vous. Mais surtout, je ne m’arrête pas à ceux-ci, ni aux premières impressions que donne une personne. J’ai trop vécu d’expériences me prouvant qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Je crois aussi qu’on a tous droit à de faux pas ou de mauvaises journées; ces journées où on se dit qu’on aurait dû rester couché.

J’ai en tête le cas d’un jeune homme en particulier. Je venais de me faire à l’idée que l’entreprise était prête à embaucher un représentant aux ventes. Des candidats répondaient à l’annonce du poste. J’ai donc dû passer quelques entrevues. Lorsque arriva le tour du jeune homme en question, il se présenta en veston de cuir propre et en jeans avec à la main, croyez-le ou non, un café Tim Horton!

Quelqu’un d’autre aurait peut-être simplement tourné les talons et renvoyé le jeune homme chez lui, mais au point où j’en étais, je me suis dit que je lui donnerais cinq minutes avant de me faire une idée définitive. Il m’expliqua qu’il était à son compte et avait tout essayé pour faire de son commerce de pièces de performance pour autos un succès. Après m’avoir expliqué son cheminement personnel et pourquoi il voulait tenter sa chance chez nous, ce fut à mon tour de parler.

« Premièrement, Daniel (nom fictif), je trouve inacceptable la façon dont tu t’es présenté à mon bureau aujourd’hui. Tu devrais savoir que les apparences sont si importantes lors d’entrevues et encore davantage quand il s’agit d’une entrevue pour un poste de « représentant » d’une entreprise. Daniel, quand tu rencontres quelqu’un, tu as trois secondes pour faire une première bonne impression. Aujourd’hui, je ne sais trop pourquoi, j’ai accepté de te rencontrer. Et si ce n’est que la seule chose positive qui sorte de notre rencontre, j’aimerais te laisser avec un conseil. »

« Le conseil que j’aimerais te donner, et libre à toi d’en faire ce que tu veux, c’est de te mettre à l’image de la personne que tu veux être. Pas tant celle que tu es, mais celle que tu cherches à devenir. » Et je pris quelques minutes additionnelles pour discuter avec Daniel de mon entreprise et du genre d’individu que je cherchais pour travailler à mes côtés. Il m’écoutait attentivement et à la fin de notre entretien, alors qu’il me remerciait pour les bons conseils, Daniel me dit : « pouvez-vous me donner une autre chance? ». « Qu’est-ce que tu veux dire? » lui dis-je. « Demain, même heure, je reviens et vous verrez comment j’apprends vite. » Je réfléchis un instant et lui répondis de voir avec mon adjointe à la sortie du bureau. Si j’étais libre, j’accepterais de le rencontrer à nouveau.

Le lendemain, je vis son nom à mon horaire et quand je me levai pour aller le rencontrer dans la salle d’attente de notre bureau, quelle surprise! Daniel arborait un complet tout neuf, mallette à la main, sans café, et affichant son plus beau sourire. « Wow Daniel! » lui dis-je en lui serrant la main. « Ça donne tout un autre effet! Viens qu’on passe au bureau pour discuter de ce que tu peux faire pour nous. » Et nous avons discuté pendant une bonne heure des produits et services que notre entreprise proposait et du travail de représentant en question.

Une vraie fin de conte de fée vous dites-vous? Pas tout à fait. Daniel avait encore beaucoup de lacunes dans sa compréhension de nos produits et n’avait pas complètement fait ses devoirs sur notre entreprise. Je me mis donc, pour la deuxième fois en 24 heures, à rabrouer Daniel. « Tu as la chance inouïe d’obtenir une deuxième entrevue et tu crois que le simple fait de t’être acheté un beau veston fasse le truc? Désolé mon vieux, mais tu t’es trompé. Tu as le look, mais il te manque maintenant le contenu. Et je ne sais pas ce qui me prend de le faire, mais je vais te donner une autre chance. Oui, encore une.

Je te donne cette fois une semaine pour faire tes devoirs, faire des recherches, étudier sur tout ce dont je t’ai parlé ce matin et apprendre tout ce que tu peux sur notre entreprise. Reviens me voir dans une semaine. À ce moment-là, je serai le client et toi le représentant de chez Yannick.net. Tu me vends? Je t’engage. Tu manques la vente? On arrête tout. Ça va? » « Super! » me dit-il. « Vous ne serez pas déçu! » me lança-t-il en quittant le bureau.

La semaine suivante, Daniel me fit une présentation non sans erreurs. Mais il avait fait ses devoirs. Il en savait plus sur moi que certains de mes employés et avait fait beaucoup de lecture sur nos produits et connaissait notre compétition. Il venait surtout de me démontrer qu’il apprenait vite et qu’il était quelqu’un en qui on pouvait investir.

En l’espace d’un mois, Daniel est devenu – et en détient le titre encore à ce jour – le meilleur représentant aux ventes de notre entreprise. Daniel a vite compris qu’en communauté, on est jugé rapidement et que s’il était tombé sur un employeur qui a tendance à se fier aux apparences, il serait encore en train de se chercher un emploi, café à la main.

Soyez vous-même! Mais le vous-même que vous voulez devenir. Osez vous habiller, vous comporter et parler comme la personne que vous aspirez devenir! Dites-vous que vous rencontrerez toutes sortes de guides et d’indices le long de votre route. Ils vous permettront de vous ajuster et des tests mesureront à quel point vos convictions sont solides pour atteindre vos objectifs. À quel point voulez-vous vraiment devenir cette personne? Les apparences ne font qu’un temps. On ne peut jouer la comédie indéfiniment. Assurez-vous donc de bien définir la personne et les valeurs que vous voulez projeter.

Bon courage et n’attendez plus pour passer à l’action. Bâtissez la vie dont vous rêvez dès maintenant. Une action à la fois.

Dictionnaire de compétences et gestion des talents

Vous est-il déjà arrivé de recevoir un dictionnaire de compétences en même temps qu’une invitation à une entrevue? Dans cet article, vous comprendrez pourquoi il s’agit d’une nouvelle tendance à la fonction publique fédérale et apprendrez comment vous en servir pour mieux gérer vos talents.

En fait, le dictionnaire des compétences a fait son entrée sur le marché du travail afin d’aider les organisations à optimiser le rendement des employés. Il décrit les comportements de l’employé maîtrisant la compétence à l’aide d’indicateurs de mesure. Ainsi, au début, le dictionnaire des compétences a servi surtout à la gestion du rendement 1) dans l’élaboration d’objectifs de rendement et 2) dans la rétroaction aux employés en difficulté lors des évaluations de rendement.

Plus récemment, les gestionnaires utilisent ce document pour décrire leurs attentes dans les descriptions de postes et dans les annonces d’emploi. Il leur fournit des critères leur permettant de comparer les candidats à un poste au moyen d’indicateurs de mesure objectifs. Ainsi, si vous souhaitez gérer vos talents efficacement, vous pouvez utiliser le dictionnaire des compétences des cinq façons suivantes :

Définir vos aspirations professionnelles
En planification de carrière, vous précisez vos buts et vos intentions professionnelles. Ces dernières incluent les postes auxquels vous aspirez. Dans les annonces d’emploi de ces postes, vous trouverez les capacités et les qualités que recherchent les employeurs. Alors que, dans le dictionnaire de compétences, vous trouverez une liste d’indicateurs qui vous permettront de mieux saisir les comportements auxquels s’attendent les employeurs.

Visualiser votre futur
Si les indicateurs de comportement représentent un défi pour vous, c’est bon signe! Cela signifie qu’il s’agit réellement d’un avancement de carrière et que vous devrez vous perfectionner pour y arriver. Le développement d’une programmation mentale soutiendra ce passage vers une autre étape de votre carrière. Pensez-y… Les athlètes le font pour réussir leurs plus grands exploits. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour vous? En utilisant les indicateurs de comportement du dictionnaire des compétences, vous permettez à votre cerveau de se laisser guider vers de nouveaux comportements à adopter, c’est-à-dire qu’il vous accompagne, inconsciemment, dans votre perfectionnement continu.

Se donner des buts d’apprentissage
Une fois que vous avez une image mentale de qui vous êtes, les indicateurs de comportement décrits pour chaque compétence du dictionnaire vous permettront de cerner précisément vos besoins d’apprentissage, que ce soit à partir d’expériences de travail, de coaching ou de formation en classe. Vous serez juge de votre propre développement, pourrez autoévaluer votre développement professionnel tout au long de votre cheminement professionnel et gérer vos talents avec justesse.

Démontrer vos expériences lorsque vous postulez
En étant conscient des exigences liées aux postes auxquels vous aspirez, vous pourrez vous inspirer du dictionnaire des compétences dans la rédaction de vos outils de recherche d’emploi au moment de mettre à profit les expériences exigées dans les annonces d’emploi.

Préparer vos examens et entrevues
Enfin, le moment où le dictionnaire des compétences pourra vous être le plus utile est bien lorsque vous devrez démontrer vos capacités et qualités en examen ou en entrevue. En effet, le fait de démontrer chacun des indicateurs de comportement dans vos réponses permettra aux membres du jury de vous accorder tous les points requis pour la réussite de cette étape cruciale en recherche d’emploi.

Même si le dictionnaire des compétences a été développé de prime abord pour gérer les ressources humaines, rien ne vous empêche d’utiliser cet outil, riche en information, pour votre propre bénéfice.

Les 5 moments stratégiques de réflexion avant d’effectuer un changement

Qui dit printemps, dit changement! Et si vous êtes en réflexion pour faire une meilleure utilisation de vos talents, il pourrait être sage de lire cet article pour vous préparer avant d’effectuer un changement. En effet, tout au long de la transition vers une nouvelle occupation, il y a trois moments où vous pouvez enquêter pour vous assurer de faire le bon choix.

1- Au départ
La première série de questions que vous devez chercher à répondre devrait idéalement être posées lorsque vous commencez votre réflexion. Ça peut être lorsqu’on vous propose le projet, lorsque vous prenez connaissance du poste ou lorsque vous préparer votre candidature. Pour soutenir les efforts que nécessiteront le changement, voici les questions que vous pouvez poser :

Au sujet de l’organisation et du poste :

1. Quelles sont les priorités et le mandat de l’organisation? Est-ce en lien avec vos valeurs?
2. Quelles sont ses réalisations dans les dernières années et son positionnement sur le marché?
3. En quoi ce type de travail vous permettra-t-il de réaliser votre mission de vie, au quotidien?
4. En quoi est-ce stimulant pour votre cheminement de carrière?

2- Recherches personnelles
D’autres questions pourraient être élucidées concernant les valeurs de l’équipe que vous allez joindre en demandant discrètement :

5. Pourquoi la personne qui occupait ce poste est-elle partie?
6. Combien de temps a-t-elle occupé ce poste?
7. Quelles sont les expertises de vos futurs collègues?

3- Pendant l’entrevue d’embauche ou lors d’une rencontre informelle
L’autre moment pour poser des questions est à la fin d’une entrevue. Cependant, comme le but principal de l’entrevue est d’évaluer vos compétences pour occuper le poste, limitez-vous à des questions qui concernent la suite du processus de sélection dans son ensemble, telles que :

8. Quand puis-je attendre de vos nouvelles?
9. Quelles sont les autres étapes qui restent à franchir dans le processus?

4- Suite à l’entrevue
Une fois l’entrevue derrière vous, il est bon de noter vos premières impressions sur les personnes que vous avez rencontrées. En fait, à cette étape, votre réflexion devrait davantage se tourner vers la personne pour qui vous travaillerez. Voici donc d’autres exemples de questions à poser :

10. Quelle est sa mission? Pour « quoi » travaille-t-elle? Saura-t-elle vous inspirer?
11. Quand est-elle entrée en fonction?
12. Quelle est la durée de son mandat au sein de cette organisation?
13. Est-ce que les chances que cette personne change de poste prochainement sont grandes?

5- Après l’offre d’emploi
Une fois le changement confirmé et les célébrations passées, cette dernière étape de questionnement devrait concerner les conditions du changement qui vous est proposé. Voici les questions que vous pouvez aborder :

14. Quel salaire vous satisferait?
15. Quels sont les congés/vacances auxquels j’ai droit?
16. Quel est l’horaire de travail?
17. Avez-vous droit à un stationnement?

Bien sûr, rien ne vous oblige à répondre à ces questions dans un ordre particulier. L’important est que vous sentiez que vous les avez adressées et qu’à l’intérieur de vous, vous sentiez qu’il s’agisse du bon endroit ET du bon moment pour vous de faire ce changement.