La pensée scientifique newtonienne, celle que nous avons
apprise dès le primaire, explique l’univers comme étant un gros sac de billes
colorées. Les bleues pour l’eau, les brunes pour la terre, les rouges pour les
pommes, et les jaunes pour la lumière. Tout est morcelé, séparé et indépendant.
Les mouvements sont désordonnés, voués au hasard et à une bataille sans fin
entre l’énergie et l’inertie.
Une grosse bille dure peut écraser une petite bille friable.
Cette loi-là, on la connaît bien : c’est celle de Darwin et de
l’évolution des espèces en fonction de la survie du plus fort, du plus adapté
au milieu. De plus, grâce aux travaux de Lipton, par exemple (La biologie des croyances), on commence
à reconnaître que les cellules et les individus qui fonctionnent en groupe, en
association, survivent mieux. C’est la loi de la coopération, la loi de la
fourmilière, ou celle du troupeau.
On sent déjà, dans cette deuxième loi, comme une aération. On
a même l’impression illusoire de sortir de cette vieille énergie de la loi du
plus fort. On rêve d’une société où tout fonctionnerait d’une façon fluide,
chacun ayant sa mission, son rôle bien défini. Mais les humains ne sont pas des
fourmis ou des moutons. Demandez à n’importe quelle personne qui a vécu dans un
pays communiste ou un écovillage, et vous verrez que la vie de ruche humaine
n’est pas une sinécure. Mais qu’est-ce qu’ils ont de si différent, ces satanés
humains, pour ficher en l’air toute tentative d’organisation logique? Rien ne
fonctionne et rien n’a jamais fonctionné, avec ces chimpanzés améliorés!
L’intelligence et l’inconscience font un bien curieux mélange! La terre craque
de partout, sous la pression de ce macaque sagace qui détruit son milieu à qui
mieux mieux, à coups de bombes atomiques, d’OGM, de chemtrails et de vaccins
épicés au HIV. Mais où va-t-on et que ferons-nous quand toute la planète sera
rendue physiquement invivable?
Bien sûr, il existe toujours la fuite. On se vautre dans les
petits problèmes mesquins, les évasions fiscales, cocaïnomanes ou orgasmiques
et on oublie le grand, le gros, le seul problème : qui est l’Homo
sapiens, cet « homme
sage » dont la proverbiale sagacité l’a
amené au bord du précipice? Et si cette descente aux enfers était non seulement
voulue, mais nécessaire pour atteindre le fameux point Oméga?
Teilhard de Chardin, philosophe, scientifique et théologien a
écrit en 1955 « Le
phénomène humain », où il
présente pour la première fois son Point Omega. Selon lui, « L’évolution est une montée vers la Conscience ». Et
cette conscience, elle vit dans l’humain et possède une triple propriété : « 1) de tout centrer partiellement
autour de soi ; 2) de pouvoir sur soi se centrer toujours davantage ;
et 3) d’être amenée, par cette surcentration même, à rejoindre tous les autres
centres qui l’entourent ». Chez l’humain, l’égocentrisme est à son
paroxysme. C’est moi, moi et encore moi! Mais cette tendance est parfaite. Elle
a une raison d’être puisqu’elle permet de se connecter ultimement à tout. Et
cette fusion de l’humain avec le Tout divin, ce passage de la conscience
individuelle à la conscience collective, que Teilhard de Chardin entrevoyait
comme la suite logique de l’expérience humaine, il l’a appelée le Point Oméga,
de la dernière lettre de l’alphabet grec.
« Omega
(…) ne peut être qu’un centre distinct rayonnant au cœur d’un système de
centres. » (Teilhard de Chardin, « Le phénomène
humain »)
OK, je sais que cette explication n’apporte pas du bacon sur
la table. Elle ne vous enlève pas votre mal de tête et encore moins votre mal
de vivre. Aurobindo a pu éclairer ma lanterne avec des explications un peu plus
précises, heureusement. Je vais vous résumer ses idées en un éclair…
L’évolution a toujours eu un but ultime. L’augmentation de la conscience. Le
divin est partout, partout, et en moi itou. Il est dans l’améthyste, la fourmi,
l’éléphant, et le chimpanzé amélioré que je suis. La différence, est que
l’éléphant ne sait pas qu’il est divin et moi OUI – en tous cas, certains
d’entre nous le savent et les autres s’en doutent! Si je sais que je suis
divine, je peux décider de me comporter différemment, en être divin, justement.
Et c’est là que ça devient intéressant :
« Je
deviens ce que je vois en moi-même. Tout ce que la pensée me suggère, je peux
le faire ; tout ce que la pensée me révèle, je peux le devenir. Telle
devrait être l’inébranlable foi de l’homme en lui-même, car Dieu habite en
lui.» (Satprem, « Sri
Aurobindo ou l’aventure de la conscience »)
Là, je commence à allumer. Tant que je me prends pour un
animal intelligent, je me comporte comme tel. Je travaille, je souffre, je
vieillis et je meurs. Je suis dans la survie jusqu’au cou. La survie, c’est la
route de la mort. Je pense constamment au pire et je le planifie à longueur de
journée. « On ne sait jamais… Un
accident est si vite arrivé! » Prudence, méfiance, prévention et
protection sont des mots de singe peureux qui pense pouvoir atteindre
l’illumination par la méditation, le végétarisme et l’amour inconditionnel avec
la voisine d’en face plutôt que de faire face à ses vraies peurs et les régler
une fois pour toute. Tant que je pensais que j’étais faite d’un paquet de
petites molécules, je comptais mes calories et je mangeais bio pour rester
mince et ne pas mourir intoxiquée. Mais depuis que la physique quantique m’a
prouvé que la matière est une illusion vibratoire et que le petit sac de peau
que j’appelle mon corps est relié à tout… depuis que je comprends que ce que
j’appelle la réalité est un gros jeu vidéo 4-D (longueur, largeur, profondeur,
temps), je commence à entrevoir la vie d’une autre façon et je peux alors choisir
de me comporter différemment.
Donc, selon Teilhard de Chardin, Aurobindo et bien d’autres,
je suis divine et je suis en pleine transformation. Point de départ : le
singe! Point d’arrivée : l’être divin incarné dans la matière! « Oui, c’est bien joli, tout ça, mais
avons-nous des indices que ce phénomène est à portée de la main? » Je
pense que nous sommes entourés d’indices! On n’a qu’à regarder le taux de
divorces et de suicides, le nombre de « drop-out », de
contestataires, de déprimés, de drogués, ou de chialeux! On dirait que c’est
toute l’humanité qui se réveille d’un long sommeil simiesque pour monter à
l’assaut de sa nouvelle conscience. C’est le brouhaha final qui précède le
Point Omega (T. de Chardin), l’homme supramental (Aurobindo) ou la jument ailée
(Ghislaine). Il y a une raison à tout ce bordel, parce que c’est quand ça va
mal que je me pose des questions et que je passe à l’action. Comment? Teilhard
de Chardin est ténébreux dans ses explications. Aurobindo parle de foi, de
sincérité et d’abandon. Personnellement, j’aime bien la solution
suivante :
« Pourquoi
me transformer? POUR M’ACCOMPLIR. Voilà le but ultime de ma démarche et de ma
présence sur terre.
À chaque
fois que je me guéris d’une peur, d’une croyance, d’une émotion, je transforme
de l’ombre en lumière. (…) Ce que je fais en moi se manifeste sur la planète
toute entière.
Plus je
m’accomplis, plus j’élève mon taux vibratoire, et plus j’élève le taux
vibratoire de la planète.
(Ghislaine
Lanctôt, « Que
diable suis-je venue faire sur cette terre? »)