Émotions 101

Qu’il s’agisse de l’euphorie provoquée par un nouvel amour, de la frustration provenant d’un échec ou de l’extase éprouvée face à la beauté de la nature, les émotions font partie intégrante de notre quotidien. Les émotions sont à la vie ce qu’est un bon vin au succulent repas qu’il vient rehausser. J’aimerais démystifier les émotions en répondant aux questions suivantes :

1- Qu’est-ce qu’une émotion?
2- À quoi servent-elles?
3- Quel lien existe-t-il entre les émotions et la pensée?

Une émotion est un cocktail de réactions chimiques dans le corps. Les émotions sont des réactions physiologiques qui déclenchent la sécrétion d’une vaste gamme d’hormones. Ces diverses hormones, agencées de manière précise par le cerveau, ont le pouvoir de nous faire connaître joie, peur, euphorie, anxiété, etc.

Une émotion sert à nous pousser à l’action. Il y a, en Amérique, des gens qui affirment qu’il existe des émotions positives et d’autres qui sont négatives. Des émotions telles que l’amour, la joie et la fierté seraient positives, tandis que des émotions telles que la colère, la frustration et la rage seraient négatives. Chers lectrices et lecteurs, je me permets de protester et de m’inscrire en faux contre pareille allégation. Une émotion n’est ni bonne ni mauvaise en soi. C’est ce qu’on en fait qui est positif ou négatif. Et je vais défendre ma position au moyen d’un exemple personnel.

Remémorez-vous un moment de votre vie où vous étiez pris dans une relation toxique. Vous enduriez cette relation, mais plus les mois passaient, plus vous éprouviez des sentiments de frustration et de colère. Vous ne vous sentiez pas bien. Puis vient le jour où une dernière goutte émotionnelle fit déborder le vase. Vous en aviez assez. Le moment de mettre fin à cette relation était venu, et vous avez eu le courage de le faire. La frustration et la colère que vous ressentiez vous ont servi de « carburant » pour vous propulser vers l’avant. Des émotions qui semblaient « négatives » à première vue vous ont, en fait, permis de vous construire un avenir meilleur. Si vous n’aviez pas pris conscience de ces émotions, vous n’auriez jamais progressé dans votre vie.

Maintenant, imaginez que vous n’ayez rien changé à cette situation. Que se serait-il passé au fil des années? Toutes les réactions chimiques provoquées par la colère vous auraient empoisonné. Quels problèmes de santé auriez-vous développés avec le temps?

On dit que tout ce qui ne s’exprime pas, s’imprime. Tout cela s’imprime dans le corps.

Ce qui importe pour préserver votre santé, c’est d’agir.

Un dernier point à prendre en considération : nos émotions sont intimement liées à nos pensées. Nous pouvons changer d’idée en une fraction de seconde. La pensée est comme une girouette qui tourne au gré du vent. Les émotions, par contre, prennent du temps à changer. Pensez à votre premier amour. Vous éprouviez de très doux sentiments envers la personne aimée. Puis, cette personne vous a laissé tomber sans que vous vous y attendiez et représente maintenant à vos yeux la personne la plus ignoble qui soit. Pourtant, en votre for intérieur, vous entretenez encore de doux sentiments envers elle… et cela va prendre un certain avant que ces sentiments changent.

Nous sommes capables de changer d’idée en une fraction de seconde, tel un aéroglisseur qui pivote sur lui-même, avance, recule et se déplace vers la gauche ou la droite selon les besoins. Les émotions prennent plus de temps à changer, comme si vous faisiez du ski nautique derrière l’aéroglisseur. Lorsque l’aéroglisseur pivote sur lui-même, vous prenez un certain temps à vous adapter à la nouvelle direction. L’axe de rotation est donc beaucoup plus long pour les émotions. Par conséquent, lorsqu’on change d’idée, les émotions tardent à suivre.

La prochaine fois que vous vivrez des émotions telles que la tristesse, la colère, la mélancolie ou l’excitation, n’oubliez pas que les réactions chimiques qui s’opèrent dans votre corps sont en train de créer du carburant pour vous permettre de passer à l’action!

La détox ultime

Mars est le mois de la nutrition.
Les « détox » ont gagné en popularité ces dernières année. Il y a la détox hypotoxique, la détox au jus, la détox aux fruits et la détox au chou! Mais quel est le meilleur moyen de permettre au corps se détoxifier de l’intérieur?

Je vous parlerai donc aujourd’hui de la détox ultime : le jeûne de courte durée. C’est la plus facile, la plus économique et, à mon avis, la plus efficace qui soit. En prime, elle vous fera économiser du temps. Tout ce dont vous avez besoin, c’est de volonté. Laissez-moi maintenant vous expliquer comment j’ai découvert le jeûne, pourquoi on préconise un jeûne de 24 heures et, finalement, comment procéder.

Lors de mon plus récent voyage en Inde, j’ai eu l’opportunité de jeûner durant neuf jours. J’ai tout de même eu droit à deux grands verres d’eau aromatisée au jus d’une demi-orange durant les quatre derniers jours; je sais, j’ai été gourmand. Puis, j’ai mangé 100 % cru durant 12 jours. L’objectif n’était pas de perdre du poids, mais bien de me détoxifier. À noter que j’étais sous supervision. Je ne vous recommande pas d’essayer cela à la maison. Je vous recommande par contre un jeûne d’une durée de 24 heures, si vous êtes en bonne santé générale. Évidemment, il est toujours prudent de demander l’avis d’un professionnel de la santé compétent au préalable.

Pourquoi un jeûne de 24 heures?
De plus en plus d’études démontrent les bienfaits d’un jeûne de courte durée. En effet, le jeûne aurait des effets bénéfiques sur le système immunitaire, réduirait l’inflammation et ralentirait le vieillissement prématuré du corps. Il préviendrait même le développement de certaines cellules cancéreuses. Comment? En stimulant un processus appelé autophagie. Sans faire un exposé universitaire sur le fonctionnement de la cellule et de ses diverses composantes, disons que l’autophagie serait une sorte de « recyclage » des cellules. Certains éléments défectueux de la cellule sont détruits pour faire place à de nouvelles composantes plus efficaces et plus en santé. Un peu comme un feu de forêt permet à la forêt de se doter de nouveaux arbres plus en santé. Ainsi, l’autophagie contribue à éliminer les régions toxiques de la cellule pour éviter des infections. C’est pourquoi je considère le jeûne comme étant la détoxification ultime.

Comment jeûner?
• Premièrement, il faut préparer le corps et avoir une bonne hygiène de vie générale. Réduisez votre consommation de caféine et d’autres stimulants durant un mois avant un jeûne (vous ferez ainsi une mini détox). En effet, il est très difficile de jeûner pour une personne qui boit plusieurs tasses de café ou de thé par jour.
• Supposons que vous désirez jeûner demain. Vous souperez ce soir et ne mangerez de nouveau qu’au souper demain. Pour vos deux soupers, consommez des aliments faciles à digérer, tels que fruits et légumes biologiques crus (rappelez-vous que l’objectif est de se détoxifier, pas d’ingérer des pesticides chimiques!), et peu de viande et de grains.
• Durant le jeûne, assurez-vous de boire beaucoup d’eau. Apportez une bouteille d’eau avec vous si vous sortez.
• Si vous ressentez une grande baisse d’énergie, consommez de l’eau chaude (pas bouillante) et ajoutez-y une cuillerée à soupe de miel.
• Deux heures avant de recommencer à manger, buvez de l’eau chaude additionnée du jus d’un demi-citron biologique. Cela aidera à réveiller doucement votre système digestif.
• Vous pouvez faire ce jeûne deux fois par mois. La première fois est la plus difficile. Vous constaterez que le corps possède son propre égo (sourire).

S’il vous était impossible de rester complètement à jeun en raison de votre niveau d’activité, je vous suggère de manger uniquement des fruits biologiques crus durant cette période de 24 heures. C’est une bonne façon de faire son premier jeûne. Rappelez-vous que la première fois est la plus difficile.

En terminant, le jeûne de courte durée permet au corps de se revita­liser, de se reconstruire et de se purifier. C’est une façon simple de « catapulter » votre santé.

Bonne détox ultime!

Le négatif d’être positif

On dit souvent qu’il faut être positif dans la vie et voir le bon côté des choses. Pourtant, à la suite d’une séance privée de techniques de respiration neurologique, une patiente me confiait qu’elle avait réalisé que dire des choses négatives lui avait fait le plus grand bien. En exprimant des choses négatives mais vraies, elle était libérée de la pression d’être parfaite. Quel soulagement! On oublie souvent d’admettre où nous sommes, hélas!…

C’est en prenant conscience, en reconnaissant et en acceptant ce qui se passe en ce moment que nous bâtissons une fondation solide pour avancer dans la vie. Nous avons le droit de dire les vraies choses sans embellir ni déformer la réalité.

Prendre conscience
Nous ne pouvons pas résoudre un problème dont nous ne sommes pas conscients. En voulant être positif, nous passons à côté de ce qui se passe réellement. Il ne s’agit même pas d’être positif ou négatif dans la vie, mais bien d’être réaliste. Il y a la réalité psychologique que nous nous créons, et il y a la réalité qui est indépendante de notre perception du moment et de ce que nous voudrions voir.

Voici comment j’en fais prendre conscience à mes patients.

Isabelle est étendue sur le ventre. Je vois qu’elle respire bien dans le bas du dos et dans le haut du dos, mais pas au milieu (entre les omoplates). Malheureusement, elle n’en est pas consciente et, qui plus est, elle croit que tout va bien. Je place ma main à l’endroit où la respiration n’est pas adéquate et demande à Isabelle d’inspirer sous ma main pour qu’elle en prenne conscience. Tout bouge — bassin, hanches, bas du dos, haut du dos — sauf la zone qui nous intéresse. Je lui demande donc de n’inspirer qu’à cet endroit, nulle part ailleurs. Encore une fois, elle en est incapable, même si elle essaie de toutes ses forces. Sauf que, cette fois, elle en prend conscience.

Reconnaître
Nous avons le droit d’être imparfaits. Connaître ses faiblesses est une grande qualité. Cela n’est pas négatif mais réaliste. Une preuve de puissance intérieure est d’être vulnérable sans que cette vulnérabilité ne cause d’inconfort. Pour cela, il faut reconnaître où nous sommes.

Isabelle n’était pas encore prête à reconnaître qu’elle était faillible. Je lui demande donc de dire la phrase : « Ici, ça ne respire pas » et d’inspirer. Elle s’exécute à contrecœur et, comme par magie, la respiration devient tout à coup harmonieuse dans le milieu de son dos.

Cependant, le mental est puissant. Isabelle me dit que cette phrase est négative et que ce n’est pas vrai : elle est capable d’accomplir tout ce qu’elle désire. D’accord. Cette fois, je lui demande de dire la phrase : « Ici, ça respire très bien » et d’inspirer. Rien ne bouge. C’est à cet instant qu’un déclic se fait dans son esprit. Elle reconnaît à ce moment-là qu’elle n’est pas parfaite et que son corps peut agir ou non indé­pendamment de son positivisme.

Accepter
C’est à cette étape que l’on accepte la situation telle qu’elle est. Pas comme on voudrait qu’elle soit. Dans l’acceptation, nous devenons réalistes. Nous réalisons à quel point nous avons tenté d’éviter la douleur ou la souffrance en déformant la réalité. Nous ne nous jetons plus de poudre aux yeux pour ne pas voir.

Isabelle accepte donc qu’elle est imparfaite et qu’elle a le droit de l’être. Un poids de moins sur ses épaules. Puis, elle inspire une dernière fois dans le milieu de son dos en disant et en acceptant la phrase : « Ici, ça ne respire pas ». Son corps se met à respirer de façon uniforme dans tout son dos. Comme s’il disait : « Enfin, Isabelle m’a compris. »

En terminant, c’est en prenant conscience, en reconnaissant et en acceptant réellement où nous sommes en ce moment que nous construisons une fondation solide pour avancer. Bonne route!

Cinq façons d’être réellement dans le moment présent

Être dans le moment présent se résume à vivre l’intensité de la vie, à vibrer avec cette vie qui est à l’intérieur de nous et qui nous entoure. J’ai une confession à vous faire : je ne lis pas de livres à ce sujet. Être dans le moment présent est bien plus qu’un processus intellectuel, c’est un processus qui se vit. Voici mes cinq trucs faciles mais très efficaces pour le vivre.

Prendre une douche froide
C’est la façon la plus facile et la plus rapide d’être à 100 % dans le moment présent. Nous savons que le mental a son ego, mais avez-vous déjà remarqué que le corps a également un ego? En effet, le corps aime rester bien au chaud dans les couvertures… Et beaucoup moins sauter dans une douche froide. La douche froide vous demandera du courage les premières fois. Ensuite, cela sera de plus en plus facile. Croyez-moi.

Voici comment procéder :
Commencer par prendre votre douche à une température un peu plus basse qu’à l’habitude, puis de plus en plus basse. Vous serez surpris de voir à quel point il deviendra facile de réduire la température de l’eau à mesure que les jours passe­ront. Après vous être rincé, sortez du jet de la douche, coupez presque tout l’apport en eau chaude et passez successivement sous le jet les parties du corps suivantes : pieds, jambes, mains, bras, poitrine, dos et, finalement, tête et corps entier. La douche froide procure également plusieurs bienfaits physiologiques, mais on y reviendra à une autre occasion.

Observez cette fraction de seconde où votre souffle sera coupé par le choc thermique. Ensuite, votre inspiration et votre expiration deviendront très profondes. Vous serez à 100 % dans le moment présent. Vous ne penserez ni au passé ni au futur. Rien d’autre n’existera que le présent.

Jouer avec des enfants
Les enfants devraient être nos plus grands professeurs et gurus! Avant l’âge de cinq ans et avant que nous commencions à leur transmettre nos façons de vivre, nos stress et nos peurs, ils vivent naturellement dans le moment présent. Observez les enfants lorsqu’ils s’amusent. Mieux encore, jouez avec eux. Ils sont dans le présent.

« Oui, mais moi j’ai des responsabilités et des problèmes à régler. La vie, ce n’est pas seulement s’amuser, » me direz-vous. Vous avez parfaitement raison. Permettez-moi de vous poser la question suivante : Combien de temps passez-vous chaque jour à vous amuser dans le moment présent comme le ferait un enfant (à votre manière, bien entendu)? Délaissez Facebook et allez jouer. Pratiquez une activité non électronique qui vous plaît. Rien de compliqué : dessinez, chantez, dansez, peinturez, bricolez, faites des vitraux, cuisinez, etc. Nul besoin de performer, seulement de vous évader (sans souci) et d’apprécier ce moment parce que, en vérité, c’est le seul qui existe… Le futur et le passé sont du domaine de l’imagination et de la mémoire.

Pratiquer une activité sportive intensive/participer à des compétitions
Cet été, j’ai eu l’opportunité d’essayer un nouveau sport : le Paintball. Mettons de côté l’aspect violent du sport, voulez-vous? Quand vous vous trouvez sur un champ de bataille,­ avec des balles de peinture qui sifflent dans vos oreilles, vous n’avez pas le choix, vous devez absolument être dans le moment présent! Autrement, une balle de peinture vous ramènera rapidement à la réalité. Ouille!

Peu importe le sport d’équipe que vous pratiquez, vous n’avez pas le choix, il vous faut être à 100 % dans le moment présent. Vous ne pouvez pas vous permettre de vous laisser distraire par ce que votre sœur ne vous a pas dit l’autre soir à propos de son état émotionnel ou par le beurre d’amande que vous avez oublié d’acheter ce matin ou par ce que les autres pensent de vous.

Si vous pratiquez une activité physique en solitaire, il est facile d’être dans le moment présent, de vous adonner pleinement à cette activité et d’en augmenter l’intensité.

Observer intensément
Il s’agit d’une technique que j’ai apprise pendant mes programmes de détoxification (physique et mentale) en Inde. Les enfants s’en servent tout le temps. En fait, il suffit d’observer avec nos yeux d’enfants qui s’émerveillent facilement et qui remarquent tous les détails. Ce matin, juste avant de m’installer pour écrire cette partie de l’article, mes yeux d’enfant se sont ouverts.

Dans le jardin, j’ai vu une libellule géante passer près de moi. Elle s’est posée sur une branche toute proche, et je suis resté immobile. Je l’ai contemplée. Elle était énorme et brune. Ses ailes se déployaient comme pour dire : « Je suis la reine des libellules! » Elle restait là. Elle faisait du bruit en mangeant! Je n’avais jamais entendu cela.

Lorsqu’elle termina son magret de moustiques à l’orange (pourquoi pas?), elle s’envola et vint se poser encore plus près de moi pour que je puisse mieux l’admirer. Je pouvais voir son long abdomen prendre de l’expansion et se réduire, au rythme de sa respiration. Son thorax arborait un léger duvet blanc qui dansait au gré du vent. On aurait dit qu’elle était coiffée d’un casque d’aviateur, et sa tête était soutenue par un petit cou qui bougeait aussi rapidement que celui d’une mésange.

J’ai donc passé quelques minutes à l’observer. Je ne pensais à rien. Je laissais venir à moi ces informations sans réfléchir. Je ne pensais pas à ouvrir mon cœur ni à le remplir de gratitude (pas que ce soit une mauvaise chose, mais mon attention aurait été détournée), ni à « enre­gis­trer » cet événement dans ma mémoire pour écrire ces lignes plus tard, ni même à me dire que je perdais mon temps et que je pourrais être plus productif en faisant autre chose. Non, j’étais complètement plongé dans le moment présent. Avec la reine des libellules en plus! Toute mon attention était dirigée, comme un laser, vers des menus détails que je ne remarque pas la plupart du temps. Bref, j’étais complètement fasciné.

Nul besoin d’attendre la libellule magique ou la pleine lune mystique pour se laisser fasciner. Il suffit de sortir de sa tête et de regarder intensément ce qui nous entoure comme si c’était la première fois. Des feuilles, une chaise, un bout de tissu. C’est aussi simple qu’observer votre main durant quelques minutes. Vous n’avez pas idée à quel point la main est un instrument prodigieux et à la fine pointe de la technologie. Votre main mérite bien quelques minutes­ de votre attention. Observez-la comme si on venait de vous installer une main toute neuve.

Se sentir vivant
Tel un poisson dans l’eau qui ne réalise pas qu’il est dans l’eau, une personne vivante oublie souvent qu’elle est vivante. Un des plus anciens souvenirs que je possède (je devais avoir 3 ou 4 ans) est la réalisation que j’étais vivant. Prenez une seconde pour laisser entrer en vous cette phrase : « Je suis vivant (ou vivante). » Car, un jour, vous serez mort (ou morte). Je suis désolé de vous annoncer comment se terminera le film de votre vie. Sadhguru Jaggi Vasudev disait qu’une personne qui se rend compte qu’elle est mortelle­ est une personne qui commence à vivre. Et vivre, c’est être dans le moment présent. Il nous suggérait de nous répéter quelques fois par jour la phrase : « Je suis vivant » et d’observer comment notre interaction avec la vie changeait. Cela m’a fait sourire parce que, lorsque j’étais enfant, je le faisais naturellement.

En terminant, je vous invite à incorporer dans votre quotidien les cinq techniques que je viens de décrire. Accordez une pause à votre mental. Il vous sera ainsi plus facile de vibrer au diapason de la vie qui est à l’intérieur de vous et de celle qui vous entoure. Sortons de notre cerveau éduqué et découvrons des parties du cerveau qui nous rendent encore plus vivants.

Bonnes découvertes!

Quatre bonnes raisons de consommer du miel

Le miel (non pasteurisé) est un aliment très ancien, consommé par plusieurs civilisations depuis des millénaires. C’est un aliment qui est prédigéré et, par le fait même, facilement assimilable par le corps. L’ayurveda ainsi que la médecine Siddha l’utilisent comme véhicule pour l’ingestion de plantes médicinales. Grâce au miel, ces plantes sont plus facilement absorbées par le corps et se répandent plus rapidement dans le système sanguin.

Aujourd’hui, je vous donne quatre bonnes raisons d’incorporer le miel dans votre régime alimentaire quotidien.

1. Augmente le taux de globules rouges et d’hémoglobine dans le sang
Les globules rouges transportent l’oxygène des poumons vers les organes. Une meilleure oxygénation des organes signifie une meilleure santé des organes. Le miel pourrait donc réduire l’état de fatigue d’une personne en baisse d’énergie, anémique ou légèrement dépressive.

2. Soutient le système immunitaire
Selon une étude menée en Égypte en 2006 par Aly M. Ezz El-Arab, et collab., le miel est riche en oligo­saccharides qui améliorent la prolifération dans l’intestin de probiotiques tels que les bifi­dobactéries et les lactobacilles.

3. Source naturelle d’énergie
Délaissez les stimulants comme le café, le thé et les boissons énergisantes chimiques (Redbull, etc.) et préparez-vous ceci : une tasse d’eau tiède ou légèrement chaude (quelques degrés de plus que la température du corps, mais jamais d’eau bouillante!) avec une cuillerée à thé de miel biologique.

Pour les sportifs d’endurance (course, natation, vélo, ski de fond, etc.), le miel est une source d’énergie facile à digérer pour le corps. Selon le laboratoire de recherche sur l’exercice et la nutrition sportive de l’Université de Memphis, le miel est aussi efficace que le glucose pour le remplacement des glucides durant les activités physiques d’endurance. Alors, oubliez les gels commerciaux et mettez des petits contenants de miel dans vos cuissards! (Et si ça coule? Eh bien, le miel aurait des propriétés bénéfiques pour la peau.)

4. Excellent avant les pratiques de yoga matinales
Traditionnellement, le yoga indien se pratique le matin, quand il fait plus frais, et à jeun. Parfois, il arrive que certaines personnes, notamment des occidentaux, qui débutent ces pratiques durant quelques heures ont de la difficulté à sortir du lit et à commencer des activités sans avoir déjeuné. Une solution utilisée dans les centres de yoga en Inde est de leur donner de l’eau chaude avec un peu de miel. Contrairement aux autres aliments ou boissons, le miel n’interfère pas avec les pratiques de yoga.

Je me sens généreux et vous donne une cinquième bonne raison :

5. Tout simplement parce que c’est délicieux!
Le saviez-vous?
Les abeilles voyagent l’équivalent de 195 000 km (cinq fois le tour de la Terre) pour produire 1 kg de miel. Merci de manger avec gratitude le fruit de leur labeur.

Mise en garde : Je désire vous mettre en garde contre le fait de donner du miel à un enfant de moins d’un an. En effet, il pourrait y avoir des risques rares de botulisme infantile dus au Clostridium botulinum dont les spores pourraient être présentes dans le miel. Après l’âge d’un an, notre flore intestinale se développe et est capable d’ingérer ces spores sans danger.

Alors, faites comme Winnie the Pooh et régalez-vous de miel!

Harmoniser science et sagesse

Un jour, quelqu’un a gravé ceci dans le temple de Delphes, en Grèce : « Connais-toi toi-même. » 

Qui suis-je? Qu’est-ce que je désire réellement dans la vie? Quelle est ma mission de vie? Existe-t-elle vraiment? Ce sont les questions que je me posais à 24 ans à la fin de mon doctorat. Les 245 crédits universi­taires et les 5 années du doctorat en chiropratique ont passé si vite!

Pourquoi choisir ce programme?
Adolescent, je reçois un impact lors d’une partie de football. Je perds la vue de l’oeil gauche. Ma vue revient après quelques heures. Je souffre de terribles migraines, de douleurs aux yeux face à la lumière, de difficultés à me concentrer à l’école et de fatigue incapacitante malgré mes 10 heures de sommeil. Les semaines passent… Quatre médecins et un neurologue plus tard, mes symptômes ne s’améliorent pas. Un optométriste me recommande de consulter un docteur en chiropratique pour vérifier si je n’ai pas un « nerf de coincé » dans mon cou. Il a vu juste. Après quelques semaines, je retrouve ma vigueur et ma fougue d’adolescent! Et, par le fait même, je ne souffre plus d’otite du baigneur ni de grippes à répétition.

Pour moi, la chiropratique ne sera jamais synonyme de mal de dos, mais bien de neurologie…

Mon oncle est médecin et souhaite que je le devienne également pour perpétuer la tradition familiale. En effet, il y aurait eu sept générations de médecins dans ma famille si je n’avais pas été un mouton noir!

Enfant, je lui pose souvent la question suivante : « Pourquoi est-ce que tu attends toujours que je sois malade pour intervenir? Ne pourrais-tu pas intervenir avant la maladie? » Je sais que la médecine est d’une grande importance pour l’humanité et que les médicaments ainsi que la chirurgie sont parfois nécessaires.

Je prends conscience alors que je ne veux pas traiter une maladie. Je veux m’occuper de l’être humain dans sa globalité. C’est pourquoi je choisis d’être un autre type de docteur. Un docteur en chiropratique. Je termine donc mon doctorat. Mes camarades de classe se préparent à ouvrir leurs propres cabinets. Pour moi, cette perspective est bien lointaine. Après cinq ans sans vie, à étudier avec acharnement, je veux découvrir le monde avant de m’enraciner. Me découvrir.

En novembre 2004, je pars seul pour un périple de six mois en Inde et en Asie du Sud-est. Mon objectif? Aucun objectif. Seulement vivre. Vivre seul avec moi-même… J’évite les parcours touristiques pour vivre comme la population locale. Je m’expose à des sciences millénaires telles que l’ayurvéda, la médecine siddha, l’acupuncture orientale ainsi que les sciences yogiques. J’apprends de grands maîtres, je m’imprègne de l’énergie de puissants temples et je fais Namasté devant de grands yogis. Je reviens au pays avec une compréhension plus holistique de l’être humain et de la vie. Je prends alors conscience d’un élément primordial pour la guérison globale d’une personne. Élément qui guide aujourd’hui encore mes soins aux patients : les rendre plus conscients d’eux-mêmes.

Un maître yogi m’a raconté une histoire qui m’a profondément marquée. Je la partage avec vous, car elle est pleine de sagesse. Un jour, une femme aux prises avec une mala­die vient le voir et l’implore : « Je veux que tu me guérisses de cette maladie. » Le maître yogi de répondre avec empathie : « Je ne le ferai pas. Car, si je le fais, la vie t’enverra quelque chose de bien plus grave. Tu as une leçon à apprendre avec cette maladie. »

C’est alors que je prends moi-même conscience d’un schéma d’action utilisé et répété par la très grande majorité des thérapeutes nord-américains. Si le patient souffre d’une condition secondaire telle que anxiété, mal de tête, trouble mens­truel, etc., le thérapeute prodigue/prescrit un traitement. À la fin du traitement, le patient ne souffre habituellement plus de sa condition secondaire. En fait, le thérapeute ramène le patient au même point où il était avant sa condition secondaire.

Pour une personne qui souffre, cela est merveilleux. Et c’est effectivement la première étape. Seulement, rien n’a réellement changé dans sa vie, sinon qu’elle n’a plus sa condition secondaire. Sa vie est pareille comme avant son problème. Le patient n’apprend rien et ne grandit pas grâce à cette condition secondaire. Cette prise de conscience fut comme une illumination pour moi.

Si vous êtes honnête et intègre avec vous-même et que vous assumez vos responsabilités, vous vous rendez­ compte que c’est vous qui créez la majorité de vos conditions secondaires. Si vous faites preuve de la maturité intellectuelle et émotionnelle d’un adulte, vous réalisez que c’est la personne que vous étiez avant qui a créé ces conditions secondaires. Cette personne a posé des gestes, eu des pensées, vécu (ou réprimé) des émotions qui ont forcé son corps à exprimer des conditions secondaires. Vous avez le pouvoir et la responsabi­lité de changer votre vie. Alors pourquoi vouloir revenir au point où vous étiez avant de souffrir? Pourquoi vivre votre vie comme si de rien n’était? Pourquoi ne pas plutôt apprendre de cette condition secondaire et faire de réels changements? La réponse? Par facilité!

Il est bien plus facile d’accepter qu’un professionnel de la santé vous enlève ou soulage vos malaises sans aucun effort de votre part que de vouloir changer un élément de votre vie afin que cette condition secondaire ne se représente plus. Je vous l’explique par­ un exemple concret : imaginez que votre enfant a de la difficulté avec ses devoirs de mathématiques. Si, au lieu de lui montrer à résoudre les problèmes par lui-même ou à changer sa méthode de travail et son raisonnement, vous faites ses devoirs à sa place, qu’arrivera-t-il le jour de son examen? Un échec et une perte d’estime. Il restera au même niveau. Malheureusement, c’est ce que nous faisons avec notre santé. Nous sommes déresponsabilisés.

En tant que mouton noir chevronné, ce n’est pas l’approche que je choisis pour mes patients (quoique, parfois, l’approche mentionnée ci-haut soit nécessaire). Voyez-vous, j’ai réalisé dans mes voyages que je ne peux pas guérir les autres.

La seule chose que je choisis de faire est d’aider les autres à se guérir eux-mêmes. Évidemment, c’est un chemin qui n’est pas pour tout le monde : le patient doit s’investir dans ses soins et son évolution. C’est une solution de croissance personnelle et non miraculeuse; elle prend du temps. Il y a des hauts et des bas. On doit combattre nos démons, accueillir et accepter la personne que nous sommes et lui montrer le chemin de la croissance. Chemin que j’ai personnellement emprunté.

À l’université, j’ai lu un livre dans lequel l’auteur décrivait la vie d’un docteur comme « le voyage du guéris­seur blessé ». Il rapportait que les docteurs se guérissaient à travers leurs patients. Pour être honnête avec vous, je suis en désaccord avec cette assertion. Voici pourquoi. En revenant­ de mon premier périple de six mois en Asie et en Inde, j’ai confronté mon propre côté obscur durant huit mois. Je ne voulais pas voir de patient, car j’étais mon propre patient. Avant d’aider les autres à se guérir, je devais me guérir en profondeur. J’ai donc passé consciemment une période sombre qui, avec du recul, fut une réelle bénédiction pour moi.

Cela m’a permis d’incorporer dans ma vie quotidienne des enseignements et des outils ramenés de l’Inde. Le yoga indien, la méditation, une nouvelle alimentation et une attitude réaliste en sont quelques-uns. Cette période m’a permis de créer l’embryon de ma propre vision de mon système de santé idéal.

Aujourd’hui, quand j’entre dans ma clinique, j’applique ces principes et j’accorde une attention particulière à être présent auprès de chacun de mes patients pour les inspirer à être davantage conscients d’eux-mêmes.

Namaskar