Quelles techniques d’intériorisation choisir?

En ce début de millénaire, les approches traditionnelles vers une paix intérieure semblent dépassées ou du moins pas suffisamment appropriées aux réalités d’aujourd’hui. Ce qui ne veut pas dire qu’il est impossible d’atteindre la paix intérieure par le biais de ces moyens.

Afin d’y arriver, il est nécessaire de transcender les interdits et les incohérences de l’environnement surtout quand le livre valorise l’expérience.

Je suis coach de vie, mais j’ai occupé, de 1980 à 1988, les fonctions de ministre du culte et d’aumônier au sein d’une dénomination protestante. Avec le recul, je prends conscience que durant toutes ces années de ministère, j’ai incité mes paroissiens à se diviser entre le correct et le pas correct, le bien et le mal, le péché et la vertu. Je visais l’épanouissement de la vie. Étant pris dans un milieu ecclésiastique fermé, j’empêchais ainsi les gens (y compris moi-même) d’avoir accès à une véritable paix intérieure. Cette paix croulait sous un amas d’interdits, de méfiance face à la vie et même face aux autres. La paix intérieure véritable passe par l’unification de l’être. En fait, j’enfermais la vie dans un immobilisme rempli de craintes, d’anxiété et d’étouffement de la nature humaine. La paix intérieure était donc inaccessible sauf à certains moments de grâce qui n’étaient que de courte durée. Je travaillais contre la Vie plutôt que de favoriser son épanouissement.

Aujourd’hui, en tant que coach, je préfère utiliser les concepts appropriéet nonapproprié, permettant ainsi d’avancer vers une plus grande paix intérieure et une plénitude de l’être faite d’apprentissages (essais–erreurs) et d’expériences basées sur, comme le disaient si bien nos grands-parents, le gros bon sens.

En PNL, une des présuppositions de base est que toutes les ressources se retrouvent dans la personne. Par conséquent, celle-ci a donc la sagesse nécessaire pour vérifier ce qui est approprié du moins pour son écologie intérieure. Cependant, parmi toutes les techniques d’intériorisation offertes sur le marché, quelques pistes peuvent nous aider à choisir une approche correspondant mieux à nos besoins.

Premièrement, nous ne sommes pas des êtres désincarnés. Toute approche qui incite à rejeter le corps devrait être sérieusement mise en doute. Selon Stephen Gilligan, auteur de « Le courage d’aimer », il existe un point où la vie passe par le corps, par le centre, un point sensible et vulnérable. Quand nous ne sommes plus en contact avec ce centre de nous-mêmes, par où se manifeste le Soi, l’Esprit, la Vie ou Dieu, nous devenons piégés par le mental et par nos vieilles manières de penser et d’agir. Nous sommes donc coupés de nos ressources et de nos certitudes car nous ne sommes plus en contact avec cet endroit de notre corps qui nous permet d’être régénéré, plein de ressources et de confiance. Le corps est aussi l’outil idéal pour nous garder dans le moment présent. Il nous donne des signes par le biais de notre ressenti physique pour rester dans le « Je suis », là maintenant, et trouver ainsi notre voie vers notre paix intérieure et enfin vivre en authenticité.

Deuxièmement, tout enseignement de techniques venant à l’encontre de notre liberté de juger par nous-mêmes les informations présentées, devrait aussi être remis en question. Nous avons en nous toute la sagesse pour savoir si les voies enseignées, les vérités ou les demandes qui nous sont faites nous conviennent. Plusieurs vérités circulent en ce monde, mais il y en a une incontournable : celle que nous avons le pouvoir et la responsabilité de choisir et de vérifier par nous-mêmes ce qui nous convient. Trop souvent par manque de confiance en soi, des hommes et des femmes remettent à des gourous ou à des leaders leur pouvoir de vérifier les informations enseignées. Tout un chacun a le devoir de respecter son intuition, son intelligence et ses signaux corporels pour s’assurer que ce qui est présenté convienne vraiment à son écologie intérieure.

Troisièmement, l’encadrement ou l’environnement dans lequel se pratiquent ces techniques doit être également considéré. Toutes formes d’élitisme à outrance, de philosophies utilisant la culpabilité, la manipulation, l’intimidation, l’humiliation et le non-respect de la personne devraient être jugées comme inquiétantes. La technique ou les croyances qui l’accompagnent peuvent être excellentes, mais il est nécessaire que l’environnement de formation ou de croissance soit approprié.

Par ailleurs, une technique convenant à une personne peut très bien ne pas convenir à une autre. Nous sommes tous uniques et nous avons tous un paysage intérieur différent. Certaines personnes sont plus kinesthésiques, d’autres plus auditives ou d’autres plus visuelles; il y a donc des techniques pour chaque type de perception. Par exemple, le kinesthésique sera plus à l’aise avec une technique faisant appel au corps tandis que l’auditif choisira plutôt les approches utilisant la parole et enfin, le visuel se sentira mieux avec les formes de spiritualité qui font appel à des images et des symboles. Il faut donc se connaître et surtout ne pas culpabiliser si une technique nous semble moins accessible. Il se peut fort bien qu’une approche ne convienne nullement à notre type de perception ou à notre personnalité.

En conclusion, il importe d’être à l’écoute de soi et du Soi avant d’employer quelques techniques pour cultiver sa paix intérieure. Si vous en pratiquez une et que vous n’êtes toujours pas en paix, eh bien, il y a possiblement une évidence qui mérite d’être prise en considération. Nous sommes à l’heure des communications, alors au moindre doute, lisez, faites des recherches, posez des questions, consultez ceux qui ont déjà pratiqué ces approches. Si les réponses ne semblent pas vous satisfaire, soyez vigilants. Fiez-vous aux signes de votre corps, à votre intuition et respectez votre intelligence. Soyez ouvert à ce que la Vie vous présente pour cheminer vers une paix intérieure tout en restant responsable de vous-mêmes. De plus, votre sage intérieur, votre Soi, l’Esprit ou tout autre terme poétique, peut vous guider vers la meilleure approche. Cela ne diminue en rien votre responsabilité ainsi que votre pouvoir de vérifier et de choisir.

Le « mal a dit »

La maladie est l’effort que fait la Nature pour guérir l’homme.
Nous pouvons donc apprendre beaucoup de la maladie pour notre retour à la santé.
« Et ce qui apparaît au malade indispensable à repousser, renferme l’or véritable qu’il n’a trouvé nulle part ailleurs ». C.G. Jung

Une vive douleur au bras vous surprend alors que vous effectuez une de vos nombreuses tâches quotidiennes, mais comme elle disparaît rapidement, vous l’oubliez. Vous vous sentez de plus en plus souvent au bout du rouleau, mais vous continuez à vivre au même rythme sans vous accorder de repos. Pourtant, ce petit malaise du début n’est-il pas en train de prendre plus d’ampleur depuis quelque temps? La douleur au bras devient subitement une bursite et cette fatigue trop souvent mise de côté au profit de vos activités vous retient soudain à la maison, complètement vidé de toute énergie… et c’est le burn-out que vous appréhendiez.

Devant un problème de santé, aurez-vous tendance à en attribuer la cause à un événement extérieur à vous, comme par exemple à un faux mouvement ou à une surcharge de travail? Bien sûr, ces facteurs peuvent être présents et le corps peut aussi avoir ses petites ratées. Il est d’ailleurs facile de croire que notre malaise est dû à des facteurs extérieurs et que nous n’y pouvons rien. Mais en réalité, nous pouvons beaucoup pour éviter ces ratées ou encore, pour retrouver cet état de bien-être que nous procure un corps en santé.

Notre corps est l’outil mis à notre disposition pour expérimenter la vie; il est la matrice dans laquelle viennent s’inscrire toutes les expériences vécues depuis notre enfance avec notre famille et nos relations. Il accumule dans ses cellules toutes les situations qui ont pu, au cours des années, nous perturber et qui influencent nos habitudes de vie présentes, nos attitudes, nos peurs, nos croyances. Il s’ensuit que chaque réaction erronée aura tôt ou tard une répercussion sur le plan physique, déclenchant éventuellement une maladie.

Il est d’ailleurs un compagnon formidable qui, par les malaises (« mal à l’aise ») et maladies (le « mal a dit ») que nous ressentons, veut attirer notre attention sur des émotions, des angoisses, des conflits intérieurs, des stress ou sur toute situation de vie créant une détresse intérieure. Il nous dévoile nos états d’âme et nous rappelle que nous avons négligé de nous occuper d’une partie de nous-même. Lorsque le corps devient malade, le moment devient approprié pour entreprendre un merveilleux voyage riche en découvertes passionnantes sur nous-même, amenant un grand mouvement de libération!

Si tout cela est vrai, vous vous demandez sans doute comment cela fonctionne dans notre corps pour créer ainsi la maladie (le « mal a dit »)?

En fait, l’homme est une unité indissociable et voici pourquoi. Notre cerveau est un puissant ordinateur qui contrôle l’ensemble de notre corps. Aucune cellule de notre corps n’échappe donc à son contrôle et chacune des parties du cerveau ne peut échapper au contrôle de la pensée consciente ou inconsciente. En saisissant cela, on peut comprendre la relation entre nos émotions et l’impact sur notre santé, car aucune cellule du corps n’échappe au psychisme.

Ainsi, lorsque surgit une situation, elle est dirigée vers le cerveau limbique (est le siège des émotions, contrôle la physiologie du corps et est imperméable à toute logique) qui filtre les renseignements à partir de ceux déjà enregistrés en mémoire. Deux opérations deviennent alors possibles :

UNE, si la situation est nouvelle, donc inconnue par le cerveau limbique, celui-ci dirige l’information afin qu’elle soit confrontée par les hémisphères gauche (gère l’affectivité et l’émotionnel) et droit (la pensée logique et rationnelle). La conclusion de cette analyse est ensuite retournée au cerveau limbique, lequel incite l’organisme à s’adapter en vue d’une action. L’expérience est alors jugée comme étant agréable ou désagréable et envoyée à l’hypothalamus (gère les systèmes neurovégétatif et endocrinien) qui transmet l’information aux organes concernés (par exemple, le foie qui est le siège de la colère).

DEUX, par contre, si la situation est déjà connue par le système limbique (parce que déjà vécue et gardée en mémoire), elle sera immédiatement traitée selon le souvenir qu’en a le cerveau limbique (agréable ou désagréable). Ainsi, l’information ira directement du cerveau limbique à l’hypothalamus, qui la transmettra à l’organe précédemment programmé à recevoir la charge émotionnelle.

Sachant cela, il devient facile de comprendre que les organes trop souvent sollicités finiront par être affectés, favorisant la manifestation d’un malaise ou d’une maladie.

Il nous appartient donc de prendre en charge nos émotions, au fur et à mesure qu’elles surviennent ou de chercher la cause émotionnelle responsable de la maladie qui perturbe notre organisme. En étant attentif à nous-mêmes, nous devenons conscients de la responsabilité qui nous incombe de prendre en charge notre bien-être physique, émotionnel et psychique. Par exemple, une crise d’asthme vous indiquera peut-être que vous vous sentez étouffé dans l’un ou l’autre domaine de votre vie. Par cette compréhension, il deviendra alors possible d’amorcer un changement pour activer le processus de guérison. Nous demeurons souvent sourds aux messages de notre corps, mais il est tout à notre avantage d’apprendre à les décoder pour les relier à notre vécu passé et présent. Alors, attendre que notre corps nous lance un signal d’alarme pour agir? Nous avons le pouvoir de choisir, le pouvoir d’apporter des changements dans notre vie au fur et à mesure que surviennent des situations désagréables, pour enfin retrouver l’équilibre dans notre corps et la joie de vivre.

À l’aube de l’année 2008, je vous souhaite « équilibre et joie de vivre dans un corps en santé! »

Sur la voie du silence

« Et si le silence était plein de ce que nous sommes vraiment. »

Faire silence est une expérience différente de la méditation. Elle nous entraîne à écouter et à saisir le sens de notre incarnation. Bien que la méditation fasse également partie de ces expériences qui nourrissent l’âme, elle se distingue par sa pratique. Je dirais que d’apprendre à faire silence nous introduit à la méditation.

L’humain ne peut incessamment vivre dans un tohu-bohu de bruits et d’activisme. Il se perd malgré lui dans cette tourmente quotidienne. Dans les tribus ancestrales, l’Homme était appelé à vivre différentes expériences d’initiation au cours de sa vie terrestre afin de marquer les principales étapes de sa maturation et de son éveil. Chacune d’elles était empreinte des différentes transformations physiques à travers les âges. Un rite l’attendait afin d’initier le pas vers cette ascension spirituelle. La quête de vision faisait partie de ces expériences caractérisées par la fin d’une période importante et le début d’une seconde. La quête d’un sens à travers cette transition était de haute importance. Aujourd’hui, plus rien ne marque les grandes étapes de nos vies. Elles sont pour la plupart du temps banalisées et peu préoccupantes.

Faire silence ou vivre l’expérience de la quête de vision est un temps d’introspection et de détachement que nous nous offrons. Sortir de son habitat, s’éloigner de ses proches, jeûner et se retrouver dans la nature, en silence dans la solitude, sont les principales caractéristiques d’une telle expérience.

« Il faut savoir s’éloigner pour mieux voir »

Le monde actuel est préoccupé par le matériel et le confort. Faire silence, peut-être, mais à quel prix? L’éloignement du nid douillet vers un hébergement rustique, ce n’est pas ce qu’il y a de plus attirant pour certains. Je propose souvent de débuter par de simples expériences. Apprivoiser ce que nous avons perdu. Le silence. S’accorder des temps de silence et de solitude nous initie dans cette quête de plénitude et de sens, et ce, sans trop nous contraindre ou nous assommer.

L’encombrement familial, les horaires variés, ainsi que le travail font qu’il est parfois difficile de s’offrir quelques instants de silence à la maison. Sortir, aller marcher dans la solitude nous prédispose à des moments privilégiés avec notre âme. Cessons d’attendre après quiconque et réalisons pleinement ce que notre âme attend véritablement de nous. Les temps de silence que nous pouvons nous offrir sont forts précieux car ceux-ci procureront un apaisement à notre mental et nourriront notre âme.

Dans le silence et le calme se manifestent souvent les parties ombragées que nous portons. Nous purifions nos egos et laissons place à la vision du rêve éveillé. La vision du rêve est cet instant présent où nous connectons avec l’intelligence suprême, la voie de l’Esprit.

À travers cette quête de silence, nos peurs ont libre cours. Il ne s’agit pas de juger ce que nous portons, mais de nous éveiller à ce que nous laissons aller. C’est un véritable exercice de lâcher-prise. Nous nous devons de cesser de percevoir la finitude en toute chose, et plutôt bâtir à partir de ce que nous portons, de ce que nous sommes. C’est la foi. Croire en Soi.

Faire silence en des lieux signifiants, nous permet, entre autres de nous introduire sur ce chemin de l’unification de l’âme à l’Esprit. C’est un temps où nous nous imposons une sortie de notre zone de confort afin de mieux entendre notre voie intérieure, les messages que notre âme désire nous communiquer.

Apprendre à faire silence nous éduque personnellement et socialement sur le sens que nous portons présentement et pour les générations futures. Interrogeons-nous sur nos valeurs profondes et apprenons, patiemment, à nous éveiller à elles.

Auteure du livre « Croître par l’observation de soi »

Les enfants et l’hypnose ou l’hypnose familiale

Les enfants sont particulièrement réceptifs à l’hypnose. Cela fait en sorte que le travail thérapeutique avec eux se fait habituellement très bien. S’ils sont prédisposés à l’hypnose thérapeutique, ils le sont tout autant à une autre forme d’hypnose que tous utilisent sans même en être conscients, soit l’hypnose familiale. 

Mais, qu’est-ce donc que l’hypnose familiale? Tout d’abord, définissons l’hypnose. Antoine Bioy nous rappelle que chacun a pu faire l’expérience d’un roman dont la
lecture consciencieuse permet de nous évader, ou celle d’une suspension hors du temps à force de contempler le mouvement des vagues, etc. En bref, chacun a pu faire l’expérience d’un état de conscience modifiée (différent donc de l’état de veille habituel). L’état hypnotique est précisément ce moment de cons­cience où les choses sont perçues autrement. Il surenchérit en disant que l’hypnose permet, par un jeu attentionnel impliquant l’imaginaire des personnes, de revisi­ter la réalité et la façon dont elles la perçoivent. Ainsi, l’hypnose est un état de conscience modifié, différent de l’état de veille et du sommeil.

Plusieurs études en psychologie font état de l’impossibilité, chez les enfants de moins de 7 ou 8 ans, de distinguer la réalité de l’imaginaire. Solène Bourque (2010) nous rappelle que l’enfant de 3 à 6 ans se construit un univers où se mêlent réalité et imaginaire, et où se côtoient des personnages de toutes sortes, créés à partir de ses expériences réelles, ses rêves et ses désirs. C’est l’âge de la « pensée magique » où une prome­nade au parc peut se transformer en expédition dans une jungle peuplée d’animaux terrifiants. 

L’enfant voue une grande admiration aux adultes qui l’entourent et il les perçoit souvent comme des héros. Il aimerait leur ressembler, veut les imiter et faire les mêmes activités qu’eux. Avec ses amis, il joue « au papa et à la maman ». Il joue « à la vraie vie » et on perçoit souvent une similitude entre ses attitudes de jeux, et celles de ses parents dans la réalité. L’enfant console, réconforte ou réprimande souvent ses poupées et toutous de la même façon que ses propres parents le font avec lui. En fait, l’enfant admire et modélise ses parents. Il cherche à reproduire ce que disent et font les adultes significatifs autour de lui, et principalement ses parents.

Nous comprenons aisément que l’enfant accepte ce que ses parents disent. Il en va de même pour les paroles que les enfants entendent sur eux-mêmes. Pour l’enfant, si c’est papa ou maman qui le dit, alors c’est vrai. Un enfant qui a un tempé­rament plus actif et qui entend sa mère raconter à une amie comment il est tannant accepte cette idée et cela vient, en quelque sorte, forger l’identité de l’enfant.

Berger (2000) et Adams (1996) stipulent que l’identité est un processus dynamique, car elle consiste à la fois en l’identité que l’individu se crée et en l’identité que les autres lui attribuent. La conscience de soi des jeunes enfants se structure petit à petit dans leurs relations avec les autres, mais aussi selon les réactions des personnes de leur entourage. Leur connaissance de soi se transforme ainsi peu à peu en sentiment d’identité à partir duquel ils vont se reconnaître et développer leur estime de soi.

C’est ainsi que ce que disent les parents à propos de leur enfant contribue à construire l’identité même de ce dernier. L’enfant qui entend sa mère ou son père dire qu’il est tannant accepte cette idée. Imaginez maintenant le scénario suivant : le père raconte à un ami le comportement de l’enfant en disant qu’il est tannant et termine son discours en disant à l’enfant : « C’est vrai, n’est-ce pas que tu es tannant! ». Non seulement l’enfant entend qu’il est tannant, mais en plus, il doit le corroborer. Alors, cette perception du parent se transforme en réalité pour l’enfant. Lorsque je parle « d’hypnose familiale », je parle de ce phénomène suggestif envers une personne réceptive en raison de son état de conscience modifié. Il est très important de distinguer le comportement de l’identité de l’enfant. Dire à un enfant que le geste posé est inadéquat est très différent de lui dire que « lui » est inadéquat. L’incidence sur la construction de son identité et de son estime de soi est également très différente.

La magie… l’âme agit

Quel jeu de mot intéressant : la magie… l’âme agit! L’âme agit sous l’action de notre instinct de survie, mais pas seulement pour cette raison. Notre âme agit en fonction de ce qui est inscrit dans notre inconscient. Notre inconscient est comme une bibliothèque dans laquelle est répertorié tout ce que nous avons vécu durant notre vie. Et tout ce que notre âme considère comme étant une réalité tend à devenir notre réalité. Cela se produit dans les moments difficiles comme dans ceux de bonheur.

L’âme agit. Cela peut ressembler à de la magie parce que cela prend dans notre vie une forme qui échappe habituellement à notre compréhension rationnelle. Ainsi, l’âme agit comme par magie, la magie de l’âme qui agit.

La magie prend sa source dans notre âme, dans nos croyances les plus profondes et les plus inconscientes. Il est donc important de choisir soigneusement ce que nous acceptons de laisser entrer dans notre cerveau et dans notre inconscient, car cela affectera la façon d’agir de notre âme et le déroulement de notre vie.

L’inconscient est la bibliothèque dans laquelle est consigné l’ensemble de notre vie. Le subconscient, lui, en est le bibliothécaire. C’est le subconscient qui inscrit l’information dans la bibliothèque. C’est également lui qui va lire ce qui y est écrit. Il est donc important de savoir si notre subconscient n’inscrit pas les faits ou s’il ne le fait pas correctement. Il s’agit des faits comportant une charge émotive que notre bibliothécaire inscrit dans notre inconscient. Par conséquent, ce qui y est inscrit, c’est « comment nous avons vécu ces événements ». Ces inscriptions ne sont pas neutres.

Ce qui est inscrit dans l’inconscient influence la façon dont nous vivons les événements de notre vie, notre vécu. Cela vient colorer notre perception de ces événements. Lorsque nous vivons une expérience en pleine conscience, notre subconscient fait constamment des aller-retour dans notre inconscient et il nous renseigne sur la nature de l’expérience en cours. L’âme agit en fonction de ce qui est profondément inscrit en nous, ce qui tend à devenir notre réalité.

Alors, comment pouvons-nous activer la magie? Nous n’avons pas à l’activer, car elle est tout simplement active et elle agit constamment avec puissance et constance. C’est pour cette raison qu’il est très important de travailler sur nos pensées, sur notre ressenti (nos émotions) ainsi que sur nos actions. Ces trois composantes sont interreliées et, surtout, elles déterminent ce qui se passe dans notre vie et comment nous « ressentons » notre vie.

En prenant conscience de son influence, nous pouvons moduler (ou modifier) ce qui s’inscrit dans notre inconscient. Nous pouvons choisir de mieux vivre chaque instant de notre vie et, ainsi, réécrire notre avenir. C’est comme si nous écrivions le scénario d’un film, celui de notre vie. C’est ce qui a donné naissance à la maxime : « Le premier jour de ma nouvelle vie ».

Un tel changement de mode de vie survient-il instantanément? Bien sûr que non. Cela prends du temps. Combien de temps? Cela dépend de ce que vous voulez réécrire. Plus ce que vous voulez remplacer comporte une charge émotive importante, plus vous aurez besoin de temps pour permettre à votre subconscient d’effectuer la réécriture. Il est néanmoins important de le faire, car même le plus petit changement influe sur notre perception et sur notre qualité de vie.

Il est donc important de porter une attention particulière à nos pensées, à nos émotions et à nos actions. Eh oui, il faut travailler sur trois plans à la fois. Plus nous aurons une perception positive et agréable de notre vie, plus la magie de notre « âme qui agit » sera bénéfique pour nous. C’est ainsi que nous pourrons nous construire une vie agréable et satisfaisante.

La première chose à faire est de recenser nos pensées tout au long de la journée et de déterminer si ces pensées sont positives ou négatives. Si la pensée est négative, il faut la remplacez par une pensée positive. C’est alors que l’âme agit.

Anxiété et contact avec soi

L’anxiété est un sujet de conversation très populaire depuis plusieurs années. Qui peut prétendre n’avoir jamais ressenti d’anxiété dans sa vie? Selon les données les plus récentes de Santé Canada, l’anxiété touche environ la moitié de la population.

Tout le monde peut éprouver de l’anxiété. Il est même normal d’en vivre un peu à l’occasion. Mais qu’est-ce que l’anxiété? L’anxiété est une émotion désagréable qui combine des symptômes physiques (tachycardie, palpitations, respiration difficile, sueurs, tremblements, étourdissements, mains moites, tensions musculaires) et des pensées anxieuses (inquiétudes, ruminations, obsessions, doutes, craintes). Elle constitue une réaction émotive que provoque l’appréhension d’évènements pénibles. Elle remplit une fonction très importante : reconnaître le danger et y réagir. Elle est universelle et adaptative, c’est-à-dire que tout le monde est anxieux à un moment ou à un autre.

L’anxiété est une émotion causée par une menace ressentie, qu’elle soit réelle ou non. Le simple fait de la percevoir est suffisant pour déclencher l’émotion. Puisque l’anxiété est, comme on l’a déjà dit, une émotion désagréable, nous déployons d’importants efforts pour en réduire l’intensité. Lorsque ces efforts portent fruit et font disparaître la perception de menace, l’anxiété diminue, et nous retrouvons un état d’équilibre.

Imaginez que vous deviez traverser un pont. Il n’y a aucun risque à emprunter la voie de droite en raison du garde-fou. Vous ne risquez pas de tomber à l’eau avec la voiture. Le garde-fou vous semble solide, et vous avez confiance. Vous ne présentez aucun signe d’anxiété et vous pouvez même traverser sans trop y penser.

Mais qu’arriverait-il si vous deviez traverser un pont n’ayant pas de garde-fou? Vous préféreriez peut-être emprunter un autre pont, mais il n’y en a pas d’autre. Alors, vous le traverseriez sans doute en restant le plus au centre possible. Ai-je besoin de décrire le degré d’anxiété que vous éprouveriez durant cette traversée? Plus le pont serait étroit, plus votre perception du danger serait critique et plus le degré d’anxiété serait élevé. Cette anxiété disparaîtrait une fois le pont traversé. Mais, il va falloir revenir! C’est donc dire qu’il va vous falloir traverser de nouveau ce même pont. Vous allez anticiper le retour. S’installera alors une anxiété d’anticipation.

Cette allégorie définit tout de même bien notre société. Dans la vie, comme sur ce pont, nous avons besoin de balises claires et solides qui marquent clairement le chemin à suivre. Ces balises nous permettent de mieux discriminer le bien du mal et, ainsi, savoir que nous sommes sur un chemin sécuritaire. Ce sentiment de sécurité est l’antithèse de l’anxiété.

Sans balises, il devient difficile de bien orienter nos actions. Conséquemment, nous avançons dans la vie sans trop nous poser de question. Cette façon de faire peut convenir à court terme, mais viendra le jour où un sentiment de vide nous habitera.

Il est souvent facile de nommer ce que nous ne souhaitons pas. Çà l’est moins lorsque vient le temps de nommer ce que nous souhaitons. De là l’importance de prendre du temps pour soi. Pas du temps pour exécuter des tâches, s’occuper des enfants ou autre. Juste du temps pour soi. Du temps qui sert à entrer à l’intérieur de soi, ne serait-ce que pour reprendre contact avec soi. Ainsi, le véritable soi pourra émerger, un peu comme si notre essence émergeait par le biais de nos habitudes.

En respectant notre véritable soi, nous mettons en place nos balises. Ainsi, nos choix de vie sont en phase avec nous-mêmes, ce qui nous indique que nous sommes sur la bonne voie, laissant de fait moins de place à l’anxiété.

TDAH et jeux électroniques

On me demande souvent, à titre de clinicien intervenant auprès d’enfants qui doivent vivre avec le TDAH, si les jeux électroniques ont un impact sur le développement du cerveau de l’enfant. Je me suis donc penché sur cette question en faisant une recension d’écrits récents sur ce sujet afin de mettre en lumière les résultats des recherches et de répondre à la question. Ce qui suit est une synthèse des résultats probants disponibles.

Tout d’abord, il est important de savoir que le développement de l’enfant se fait en suivant une progression : de la tête vers les pieds et du tronc vers les doigts. La partie du corps qui doit se développer en premier est le cerveau. Le développement du cerveau permet aux autres fonctions du corps, et à notre esprit, de se développer.

C’est par la maturation de notre système nerveux que nous pouvons graduellement acquérir toutes nos fonctions motrices. C’est également par ce même processus que nos facultés psychiques et psychologiques peuvent se développer. Cette évolution se fait donc de façon progressive, à mesure que notre système nerveux se développe. L’individu apprends d’abord à effectuer des tâches simples avant de pouvoir réaliser des tâches plus complexes.

Les auteurs se penchent sur des périodes de développement dites sensibles. Une période sensible est une période durant laquelle une personne est tout particulièrement disposée à assimiler certaines expériences ou à effectuer certaines tâches. Les auteurs s’entendent sur l’importance de respecter la progression naturelle du développement de l’individu. Mais, que se passe-t-il lorsque cette progression n’est pas respectée? L’introduction d’une tâche plus complexe que ce à quoi un individu est prêt à faire face peut-elle perturber le développement « normal » de cet individu? La réponse est unanime : oui.

Selon Posner et Raichle (1997), l’attention est considérée comme un comportement d’orientation de l’état mental qui désigne l’habileté à favoriser un processus spécifique en ignorant les autres. Selon ces auteurs, la fonction d’alerte consiste en la suppression du bruit de fond neuronal afin d’être prêt à agir. Le tout fonctionne en réseau. Cette fonction attentionnelle permet de maintenir un état de vigilance se caractérisant par le fait que la détection d’un événement important est facilitée, même sans recherche active. L’exemple fourni par Guay et Laporte (2010) pour illustrer le fonctionnement de l’état de vigilance est celui du maître-nageur qui surveille une baignade; ce dernier se trouve dans un état de vigilance : il est prêt à détecter un nageur en difficulté, mais il ne cherche pas un nageur en particulier.

L’état d’alerte, l’orientation-inhibition et le contrôle exécutif fonctionnent de façon interreliée. C’est ce qui explique l’incapacité des individus à se concentrer tout en maintenant un état de vigilance. Pour le cerveau humain, c’est soit l’un, soit l’autre. Nous devons réduire notre vigilance afin de pouvoir nous concentrer sur une tâche. L’inverse est tout aussi vrai : nous devons renoncer à nous concentrer sur une tâche afin d’être en mesure de maintenir un état de vigilance.

Ridha Joober, médecin à l’Institut Douglas de Montréal, a démontré que les jeux vidéo ont un impact sur l’apparition d’un TDAH chez l’enfant. Les travaux de Marie-Claude Guay, à l’Université du Québec à Montréal, et de Pierre Laporte, à l’Université Laval, viennent appuyer cette conclusion.

Pendant un jeu vidéo, l’écran envoie une multitude de stimuli captés par le cerveau. L’enfant qui joue à un jeu vidéo n’est pas concentré, il est vigilant. Il se doit de l’être s’il veut exceller au jeu. Dans ce contexte, le cerveau de l’enfant apprend à différencier assez bien les stimuli multiples. Si un enfant est exposé très tôt dans son développement (souvent dès l’âge de quatre ou cinq ans) à ces « multi-stimuli », il apprendra à conjuguer avec les multi-stimuli avant d’avoir fait un bon apprentissage des stimuli simples, ou « mono-stimuli ». Même si la plasticité du cerveau est encore bien présente à cet âge, la maîtrise des multi-stimuli ferait en sorte que l’enfant aura beaucoup plus de difficulté à se concentrer sur un seul stimulus par la suite.

L’importance de respecter la progression dans le développement des habiletés et des capacités cognitives et développementales des enfants paraît évidente. Les jeux vidéo viennent perturber la progression normale du cheminement de l’enfant. Par la suite, l’impact se fait principalement sentir en classe parce que le système scolaire actuel exige de l’enfant qu’il reste assis sur sa chaise et, surtout, qu’il se concentre sur la leçon du moment. L’enfant qui excelle dans la gestion de stimuli multiples éprouve d’importantes difficultés à bien réussir dans le contexte scolaire.

Cet enfant sera perçu comme perturbateur. S’enclenchera ainsi un cercle vicieux dans lequel l’enfant fera l’objet de reproches, de marginalisation, de rejet, et ainsi de suite, de la part non seulement de ses pairs, mais aussi de ses enseignantes et de membres de sa famille, ce qui donnera souvent lieu à une diminution de son estime de soi (si tant soit qu’elle ait été bonne au départ!). L’enfant intériorisera ces reproches et se définira en fonction de ceux-ci. Il finira par se définir comme étant « tannant », « pas bon », « idiot », etc.