La nouvelle masculinité

Je suis psychothérapeute et coach de vie. À chaque jour, dans ma pratique, de plus en plus d’hommes me consultent pour dénouer leurs difficultés relationnelles et apprendre à se mieux connaître. Cette quête d’identité me touche profondément comme psychothérapeute et aussi comme femme, car j’aime les hommes. Tout simplement. Leur questionnement, leur cheminement, parfois à tâtons pour se réinventer, se créer en l’absence de modèles significatifs me touchent et m’inspirent un grand respect.

Qu’est-ce que la nouvelle masculinité? Est-ce à moi de la définir? À vous, sociologues, anthropologues ou à vous-mêmes messieurs? Pour ma part, j’aimerais lancer des pistes d’action et de réflexion. Je vis entourée d’hommes. J’aime profondément l’homme avec qui je partage ma vie et j’ai un fils, que j’aime tout autant et qui, lui, partage sa vie avec un autre homme que j’aime aussi comme un fils. Ma fille a épousé un homme adorable, avec une sensibilité et un sens de l’humour exquis. Je me sens privilégiée car au cours de ma vie, j’ai fréquenté des hommes que j’ai aimés intensément parfois sans les comprendre, mais toujours avec l’ouverture du cœur. Je leur suis reconnaissante pour tout ce qu’ils m’ont apporté et surtout pour m’avoir permis d’entrer dans leur univers avec autant d’humilité et de sensibilité. Un univers si différent du mien, mais tout aussi complexe et fascinant.

Personne ne devrait laisser l’autre le définir encore moins à partir d’a priori, de généralités, de tendances. Puisque rien n’est immuable, je m’attarderai à la dimension du changement pour cerner l’homme dans sa réalité. En fait, comment l’homme du XXIe siècle s’adapte-t-il au changement avec plus ou moins de bonheur? Depuis deux générations, le changement l’interpelle, le presse, le pousse dans ses derniers retranchements comme il nous a poussées nous, les femmes à évoluer, à revendiquer l’égalité, l’autonomie financière, l’équité salariale, l’accès à des métiers non traditionnels, le partage des tâches domestiques, des responsabilités parentales et tutti quanti. L’homme grandit dans le chaos, la confusion des genres, mais il finit par retomber sur ses pattes et récupérer du pouvoir sur sa vie lorsqu’il cesse de se « victimiser ». En d’autres mots, lorsqu’il cesse de blâmer qui les femmes, ses parents, qui la société, le voisin de ses malheurs. Il devient une personne adulte et responsable lorsqu’il commence à tourner le regard vers lui-même pour se définir et trouver sa véritable identité. Il s’ouvre à sa propre sensibilité et fait confiance à son jugement au lieu d’attendre l’approbation d’autrui. Il assume ce qu’il est et son unicité.

Comme pour l’émancipation des femmes, cela ne va pas sans heurts pour vous les hommes. Vous l’avez déjà pressenti, il n’y a qu’un chemin, le chemin le moins fréquenté, celui de l’authenticité. Être vrai et en accord avec soi-même et avec les autres. Ce n’est pas là un chemin facile, mais en revanche, être vrai amène plus de liberté. La fierté et l’estime de soi pavent le chemin de l’homme qui choisit l’intégrité.

Aussi, j’observe des dénominateurs communs chez ces hommes en cheminement : l’ouverture, la tolérance, la sensibilité qui font très bon ménage avec l’énergie, l’audace, la force. Il y a une recherche d’équilibre entre le yin et le yang, le masculin et le féminin. Un équilibre donc qui s’intègre et qui passe imperceptiblement dans les gestes de la vie quotidienne. Par exemple, lorsque je vois un homme consoler doucement un tout-petit, ou un autre assumer son orientation sexuelle avec dignité et respect, démontrer un intérêt véritable à résoudre ses conflits, à faire preuve d’humilité, de sensibilité, à être capable de s’excuser, de demander pardon, de réparer ses torts avec sincérité. J’observe de plus en plus d’hommes qui sortent du non-dit face à la violence, qui refusent d’être des témoins silencieux de l’abus au travail ou dans leur famille. Je vois autour de moi des hommes qui se lèvent et marchent à côté des femmes pour lutter contre le cancer du sein, qui militent pour la paix dans le monde. J’entends des hommes parler librement de menstruations, d’accouchement, d’orgasme au féminin. Je vois des hommes s’émanciper des vieux stéréotypes. Ils choisissent de forger leur propre système de valeurs plus conformes à leur nature véritable. Je vois des hommes toucher à leur vécu, en parler et vivre avec plus d’intensité. Certains le font avec certitude et conviction, d’autres dans le doute et la peur. Toujours est-il qu’ils avancent ces hommes en éclaireurs, précurseurs d’un monde meilleur. Ceux-là ont toute mon admiration et mon affection. Ils me donnent confiance en la beauté et en la pérennité du monde.

Les enfants et l’hypnose ou l’hypnose familiale

Les enfants sont particulièrement réceptifs à l’hypnose. Cela fait en sorte que le travail thérapeutique avec eux se fait habituellement très bien. S’ils sont prédisposés à l’hypnose thérapeutique, ils le sont tout autant à une autre forme d’hypnose que tous utilisent sans même en être conscients, soit l’hypnose familiale. 

Mais, qu’est-ce donc que l’hypnose familiale? Tout d’abord, définissons l’hypnose. Antoine Bioy nous rappelle que chacun a pu faire l’expérience d’un roman dont la
lecture consciencieuse permet de nous évader, ou celle d’une suspension hors du temps à force de contempler le mouvement des vagues, etc. En bref, chacun a pu faire l’expérience d’un état de conscience modifiée (différent donc de l’état de veille habituel). L’état hypnotique est précisément ce moment de cons­cience où les choses sont perçues autrement. Il surenchérit en disant que l’hypnose permet, par un jeu attentionnel impliquant l’imaginaire des personnes, de revisi­ter la réalité et la façon dont elles la perçoivent. Ainsi, l’hypnose est un état de conscience modifié, différent de l’état de veille et du sommeil.

Plusieurs études en psychologie font état de l’impossibilité, chez les enfants de moins de 7 ou 8 ans, de distinguer la réalité de l’imaginaire. Solène Bourque (2010) nous rappelle que l’enfant de 3 à 6 ans se construit un univers où se mêlent réalité et imaginaire, et où se côtoient des personnages de toutes sortes, créés à partir de ses expériences réelles, ses rêves et ses désirs. C’est l’âge de la « pensée magique » où une prome­nade au parc peut se transformer en expédition dans une jungle peuplée d’animaux terrifiants. 

L’enfant voue une grande admiration aux adultes qui l’entourent et il les perçoit souvent comme des héros. Il aimerait leur ressembler, veut les imiter et faire les mêmes activités qu’eux. Avec ses amis, il joue « au papa et à la maman ». Il joue « à la vraie vie » et on perçoit souvent une similitude entre ses attitudes de jeux, et celles de ses parents dans la réalité. L’enfant console, réconforte ou réprimande souvent ses poupées et toutous de la même façon que ses propres parents le font avec lui. En fait, l’enfant admire et modélise ses parents. Il cherche à reproduire ce que disent et font les adultes significatifs autour de lui, et principalement ses parents.

Nous comprenons aisément que l’enfant accepte ce que ses parents disent. Il en va de même pour les paroles que les enfants entendent sur eux-mêmes. Pour l’enfant, si c’est papa ou maman qui le dit, alors c’est vrai. Un enfant qui a un tempé­rament plus actif et qui entend sa mère raconter à une amie comment il est tannant accepte cette idée et cela vient, en quelque sorte, forger l’identité de l’enfant.

Berger (2000) et Adams (1996) stipulent que l’identité est un processus dynamique, car elle consiste à la fois en l’identité que l’individu se crée et en l’identité que les autres lui attribuent. La conscience de soi des jeunes enfants se structure petit à petit dans leurs relations avec les autres, mais aussi selon les réactions des personnes de leur entourage. Leur connaissance de soi se transforme ainsi peu à peu en sentiment d’identité à partir duquel ils vont se reconnaître et développer leur estime de soi.

C’est ainsi que ce que disent les parents à propos de leur enfant contribue à construire l’identité même de ce dernier. L’enfant qui entend sa mère ou son père dire qu’il est tannant accepte cette idée. Imaginez maintenant le scénario suivant : le père raconte à un ami le comportement de l’enfant en disant qu’il est tannant et termine son discours en disant à l’enfant : « C’est vrai, n’est-ce pas que tu es tannant! ». Non seulement l’enfant entend qu’il est tannant, mais en plus, il doit le corroborer. Alors, cette perception du parent se transforme en réalité pour l’enfant. Lorsque je parle « d’hypnose familiale », je parle de ce phénomène suggestif envers une personne réceptive en raison de son état de conscience modifié. Il est très important de distinguer le comportement de l’identité de l’enfant. Dire à un enfant que le geste posé est inadéquat est très différent de lui dire que « lui » est inadéquat. L’incidence sur la construction de son identité et de son estime de soi est également très différente.

Merci, Guy Corneau! « C’est fou tout le bien que cet homme a fait. »

L’homme qui mordait dans la vie comme nul autre, ce communicateur exceptionnel et charismatique, cet homme de théâtre et conférencier de renommée internationale, Guy Corneau, est décédé le 5 janvier d’une cardiomyopathie fulminante. Après le décès au Mexique de sa sœur Joanne, la peintre Corno, il a ramené ses cendres à Chicoutimi, puis le cœur de Guy a cessé de battre.

Guy Corneau a influé sur les hommes du Québec comme Janette Bertrand, sur les femmes. Ils ont tous les deux, et parfois en complicité lors des mêmes émissions de télévision, permis d’élever le niveau de cons­cience des hommes et des femmes du Québec.

Le premier livre de Guy, publié en 1989, Père manquant, fils manqué, abordait de front des sujets tabous : pourquoi autant d’hommes étaient incapables d’exprimer leurs émotions, fuyaient l’intimité, souffraient, abandonnaient leurs études, décrochaient, se suicidaient? Au moyen de ce livre choc, il venait de rompre un lourd silence et répondait avec clarté et finesse à ces questions fondamentales. Il a enfin mis des mots sur les sentiments qui habitaient les hommes. Vingt-cinq ans après sa parution, ce best-seller international demeure profondément actuel et constitue la meilleure référence à ce jour sur la paternité et l’identité masculine. Il n’est pas étonnant qu’au lendemain de sa mort, tous les livres de Guy à la librairie du Soleil s’étaient envolés.

S’il y a quelqu’un qui nous encoura­geait à nous exprimer et à sortir de notre zone de confort, c’était bien Guy Corneau. Afin de connaître un mieux-être optimal de longue durée, Guy a créé en 1992 un groupe de cheminement et de parole, le Réseau Hommes Québec (RHQ), ainsi que le Réseau Femmes Québec. À la manière des groupes pour alco­oliques anonymes, les participants d’un groupe du RHQ ont une occasion exceptionnelle de partager leurs rêves, leurs peurs ou leur vie quotidienne, le groupe devenant ainsi un espace de soutien, un lieu de fraternité et de développement et créant une autre façon de vivre sa vie d’homme dans un nouveau rayonnement avec soi et ses proches.

Peut-être qu’un des livres de Guy Corneau vous a touché : La guérison du cœur, Le meilleur de soi ou encore Revivre, qu’il a rédigé après s’être relevé d’un cancer de stade IV l’ayant atteint à la rate, à l’estomac et aux poumons. Il était à l’article de la mort, et le corps médical ne s’explique pas qu’il soit revenu de si loin. Quelques années plustard, en 2015, le Salon du livre de l’Outaouais l’a choisi comme président d’honneur.

J’ai découvert Guy en allant assis­ter à une assemblée générale annuelle du CLSC de Gatineau au cours de laquelle il a prononcé une conférence. Par la suite, j’ai eu le bonheur et le privilège de devenir l’organisateur de près d’une dizaine de ses conférences à Gatineau entre 1996 et 2012. Ainsi, des milliers de personnes ont pu bénéficier de la sagesse de ses propos et de l’éclairage de cet homme d’exception.

Guy Corneau a créé le Réseau Hommes Québec et le Réseau Femmes Québec dans le but de donner aux hommes et aux femmes du Québec des occasions de parole et d’écoute, d’apprentissage et de croissance, d’entraide et de soutien, de réflexion et d’action qui influencent positivement leur bien-être physique, psychologique, émotionnel et spirituel.

L’archéologie de l’esprit : de l’excavation… à la mise en relation!

Je vous ai proposé, pour votre cocooning d’hiver, de devenir un archéologue de l’esprit et d’entamer un processus d’excavation de vos structures identitaires, profondément ancrées dans votre subconscient. Cet exercice avait pour but de diriger la lumière de votre conscience sur les croyances profondes sur lesquelles s’appuient les murs de votre demeure existentielle, les valeurs fondamentales servant d’assise à l’expression de votre être. Le moment est maintenant venu de passer à l’étape suivante, soit celle de décider, en pleine conscience, quelles sont les valeurs (héritées de votre entourage familial et social) que vous voulez préserver ou laisser aller, redéfinir ou actualiser.

Les valeurs sont de puissants outils qui peuvent être au service autant de votre emprisonnement que de votre libération. Il est donc indispensable, dans votre inventaire des valeurs, d’être lucide en ce qui concerne ce que ces valeurs représentent lorsqu’elles sont poussées jusqu’à leur expression ultime. Prenons un scénario hypothétique : si je consi­dère la gentillesse comme une valeur très importante, cela implique que, dans mes interactions avec les autres, je dois être conciliante, même lorsque je suis entourée de gens qui abusent de ma gentillesse. Cela vous semble-t-il une valeur positive qui me permet d’agir librement et de me respecter moi-même? Ou est-ce plutôt une valeur qui m’emprisonne dans un rôle de sacrifice dans lequel mon souci de l’autre passe avant ma propre paix d’esprit et mon propre bien-être?

Se poser ce genre de questions est au cœur du processus de tri, et les réponses vous amèneront inévita­blement à constater l’importance indéniable de définir vous-même vos valeurs, ainsi que leurs contours et leurs limites. Il se peut que vous alliez jusqu’à carrément créer de nouvelles valeurs qui seront plus conformes à votre vision de vous-même, des valeurs correspondant davantage à votre être intérieur et vous fournissant des contours pleins d’amour pour favoriser l’expression authentique de votre soi! Ce travail intérieur, qu’il s’agisse d’une restructuration de vos valeurs existantes ou de l’instauration de valeurs nouvelles (probablement un mélange des deux) permet de faire ensuite LE plus grand ménage du printemps qui soit : la révision complète des rôles que vous jouez et des exigences qui s’y rattachent.

Les valeurs représentent QUI VOUS ÊTES À L’INTÉRIEUR de vous-même, tandis que les rôles ainsi que les exigences à respecter pour jouer ces rôles représentent COMMENT VOUS INTERAGISSEZ AVEC L’EXTÉRIEUR. Les valeurs renseignent sur la façon dont ces rôles sont définis, et la majorité des rôles que nous jouons et des responsabilités que nous accep­tons d’assumer quand nous jouons ces rôles nous ont été impo­sés. Tout comme les valeurs dont nous avons hérité de nos ancêtres et de nos sociétés, la plupart de nos rôles et des exigences qui en découlent nous ont été inculqués. Il va donc de pair avec le recensement des valeurs de prendre le temps de réfléchir aux implications des divers rôles que nous jouons et de nous poser des questions telles que :

• Ce rôle m’appartient-il vraiment ou m’a-t-il été inculqué?
• Apporte-t-il un soutien bénéfique à ma vie et à mes objectifs?
• Ce rôle est-il en harmonie ou en conflit avec mes autres rôles?
• Comment puis-je définir moi-même ce rôle et les exigences qui s’y ratta­chent afin que celui-ci cadre avec mes valeurs?

Vos réponses à ces quelques questions vous convaincront du fait qu’un grand ménage du printemps s’impose afin « d’alléger » votre identité.

Se définir soi-même pour être l’artisan de sa vie et établir des limites personnelles pour être bien ancré en soi-même dans ses inter­actions sociales, n’est-ce pas là l’essence même de la santé globale?

Il y a en nous un espace qui n’a besoin d’aucune guérison

Il existe dans ce monde de nombreuses façons d’aborder nos maux, blessures et états quotidiens. Entre autres, il y a des pratiques répandues qui nous proposent de les scruter, de les décortiquer, de les analyser, de les transformer et de les transmuter. Par ailleurs, il existe aussi cette suggestion, moins connue peut-être, qu’un espace différent, inaltérable et sain nous est accessible dès maintenant. C’est cette voie que j’explore dans le cadre de mon travail intuitif d’intermédiaire avec nos guides du monde spirituel et que je vous fais partager dans cet article.

Qui est blessé?
D’un point de vue humain, nous avons d’infinies raisons de nous sentir blessés, que ce soit sur le plan physique, émotif ou psychologique. En ce qui a trait à l’âme telle qu’on l’entend, par exemple dans le concept de réincarnation, il nous arrive également de ressentir ou de conce­voir des blessures que l’on porte et qui n’ont aucune origine apparente dans cette vie, mais qui, néanmoins, nous affectent et nous influencent dans notre quotidien.

Dans le cadre de mon travail avec les guides, j’ai été amenée à concevoir la physiologie d’un individu non pas seulement comme un rapport humain-âme, mais également comme des niveaux de conscience appartenant à un même Être, des niveaux s’élevant de la conscience humaine jusqu’à Dieu ou la Source. Plus notre niveau de conscience s’élève, plus on se rapproche de la Source de Vie et plus on vit en harmonie avec cette réalité d’invulnérabilité, de perfection et d’amour.

Vous commencez à comprendre où se trouve cet espace sain, exempt de blessure? Au-delà de notre identité humaine, du petit moi, au-delà même de l’idée d’âme, mais faisant tout de même partie intégrante de notre Être, existent divers aspects de nous qui sont exempts de toute blessure. Entrer en contact avec ces aspects, s’y reconnaître et s’y identifier plus que l’on s’identifie au petit moi, voilà de quoi nous parlent les guides.

Comment accéder à cet espace?
Cet espace nous est accessible en tout temps. Nos nombreuses pensées et croyances sont nos principales limites à habiter cet espace. On se croit indigne de l’habiter lorsqu’on ressent de la colère ou encore lorsqu’on vit une faiblesse du corps. Comme si nous devions être punis d’un quelconque échec ou encore rejetés pour notre impureté.

Mettez de côté ce que vous pensez de vous, ce que vous connaissez de vous, ce qu’on peut dire de vous. Revenez à la vie en vous, celle qui anime chacune de vos cellules sans que votre volonté y soit pour quoi que ce soit.

Permettez-vous de ressentir cette vie, cette force intelligente qui vous habite, celle-là même qui fait pousser vos ongles, régénère vos cellules, anime vos organes à chaque instant. Ramenez votre attention sur sa présence dans votre corps et, ce faisant, laissez votre présence s’intensifier. Laissez-la prendre de l’ampleur. Vous en êtes parfaitement dignes.

De cette intense présence n’émane aucune blessure; seulement et simplement la vie. Et plus vous vous reconnaîtrez en elle, plus vous vous identifierez à elle, plus vous serez libre, sain et paisible. Voilà la porte d’accès à cet espace. Et, surtout, prenez plaisir à vous exercer, car le résultat n’est pas le but; c’est le processus qui compte.

L’importance des valeurs

« Ces nouvelles sont excellentes, et ce que tu récoltes est le fruit de tes investissements basés sur tes valeurs »

Si j’ai choisi de partager avec vous ce court extrait d’un suivi de coaching, c’est parce qu’il introduit à merveille le thème des « valeurs », un thème qui fait partie intégrante de la vie de chaque personne, qu’elle en soit consciente… ou non!

Dans un parcours de vie, il est très fréquent qu’une personne soit en quête du sens de sa vie personnelle ou professionnelle ou qu’elle se questionne à ce sujet! Savez-vous que, bien souvent, elle trouvera des réponses dans la mise à jour de ses valeurs?

Les valeurs, ce sont des croyances bien ancrées en nous qui expliquent nos motivations et qui peuvent servir à mieux comprendre nos besoins. Ce sont elles qui orientent nos choix de vie, nos comportements, nos actions.

La majorité de nos valeurs sont acquises au contact de notre milieu familial, éducatif, social, culturel et politique et elles font partie de notre identité. Les valeurs sont implantées durant notre petite enfance, de la naissance jusque vers l’âge de sept ans, au contact de nos parents. Vient ensuite l’étape du modelage (8-13 ans), qui se fait consciemment ou inconsciemment en copiant les amis. Les valeurs les plus importantes, les valeurs fondamentales, se créent vers l’âge de dix ans. Puis, c’est l’étape de socialisation (14-21 ans), qui sert à découvrir les valeurs qui affectent nos rapports avec les autres. Par la suite, tout en demeurant des éléments stables de notre identité, elles évoluent quelque peu au cours de notre existence.

Si de nombreuses valeurs (amour, famille, santé, réussite, bonheur, paix, engagement, respect, couple, richesse, sécurité, aventure, stabi­lité, entre autres) suscitent l’intérêt général, ce sont plus ou moins huit valeurs qui donnent une direction, guident les comportements, motivent à agir et donnent un sens aux activités quotidiennes.

Lorsqu’on fait en sorte de respecter nos valeurs et de les faire respecter par autrui, non seulement nos choix de vie deviennent durables, mais ceux-ci nous apportent bien-être et confiance. En contrepartie, nous devons assumer la responsabilité de nos choix!

Cependant, lorsque nous y dérogeons, nous nous sentons mal, déstabilisés, coupables et nous doutons bien souvent du fondement de nos actions et de nos choix de vie.

Il est à noter que les valeurs changent selon le contexte. Par exemple, dans un milieu de travail, une personne pourrait valoriser engagement, succès, efficacité, esprit d’équipe, plaisir et créativité, tandis que, dans un contexte de vie de couple, ce qui pourrait être le plus important pour cette même personne serait amour, fidélité, respect, ouverture d’esprit, et peut-être aussi plaisir et engagement!

À la lumière de ces brèves explications sur les valeurs, pensez-vous connaître les huit valeurs qui orientent votre vie personnelle ou professionnelle?

Voici deux pistes de travail parmi d’autres pour vous aider à identifier vos valeurs :

1. Arrêtez-vous un moment et faites comme si vous preniez une photo instantanée de votre vie actuelle en choisissant votre contexte. Selon vous, quels sont les huit mots qui reflètent ce que vous voyez?

2. Dans un moment propice à la réflexion, posez-vous la question suivante : « Qu’est-ce qui me pousse à agir ou qui me fait sortir du lit le matin? »

À partir de l’une ou l’autre de ces pistes, vous aurez identifié ce qui est vraiment important pour vous dans le contexte choisi. Pour que votre mise à jour des valeurs soit « opérationnelle », poursuivez votre réflexion en nommant les croyances qui alimentent vos valeurs.

Étude de la femme tatouée 

En 2015, il est difficile de nier la popularité explosive du tatouage. Pourtant, il y a moins d’un siècle, un tel phénomène était impensable, spécialement chez la femme.

Contexte historique
La femme tatouée est un phénomène récent. Vers la fin du XIXe siècle, elle fait son apparition suivant la pre­­mi­è­re vague de féminisme en Amérique,­ principalement sous forme de phéno­mène de cirque. Ces femmes, étant extrêmement bien payées, n’avaient pas besoin d’un homme pour les faire vivre, situation rarissime pour cette époque.

Dans les années 30 à 60, le fémi­nisme continue sur sa lancée, et les femmes élargissent leur accès  à l’éducation et solidifient leur identité. Le tatouage est popularisé chez les Américains, et plusieurs femmes arborent de petits tatouages discrets, souvent sur les zones intimes.

Les années 70 marquent un tournant majeur avec l’adoption de la Charte des droits et libertés qui octroie  aux femmes le droit à leur corps, notamment avec la légalisation  de l’avortement.

Le féminisme des années 90, axé sur la diversité culturelle et sexuelle, vient à bout des vieux stigmates et donne naissance à la génération de femmes tatouées d’aujourd’hui. On parle finalement de recherche d’individualité et d’identité propre.

La femme : objet de désir
Il va sans dire que la femme tatouée choque. Celle-ci fut dès le début accusée de mœurs légères, ou de vulgarité. Qu’est-ce qui peut conditionner un tel jugement? Il faut d’abord comprendre que l’image féminine valorisée par la société n’a souvent pour but que le désir de l’œil masculin. Les notions de pureté et de perfection lisse suggèrent métaphoriquement la poupée de porcelaine. En tant qu’objet inanimé et générique, elle permet la projection du désir de l’homme, comme un film sur un écran vierge. C’est pourquoi les interventions corporelles visant à l’uniformité, telles que la chirurgie plastique ou le maquillage permanent, sont plus facilement acceptées, voire encouragées. Le tatouage redonne au corps sa volonté propre et le différencie. C’est ce qui en rend la pratique si menaçante aux yeux de certains.

« Le tatouage féminin n’est pas une question de décoration ou de transformation, mais bien une offense à la pureté symbolique si importante pour l’économie du désir masculin. » (Tattoos – Philosophy for Everyone)

Motivations
Si nous ne sommes pas tous perver­tis ou des criminels latents, alors pourquoi nous faisons-nous tatouer? L’évolution du tatouage comme forme artistique dans les années  90 nous permet maintenant d’étudier le phénomène d’un point de vue théorique.

L’approche formaliste stipule que la qualité d’un travail artistique donné repose purement sur sa forme, la qualité de sa réalisation et son  aspect visuel. Comme de fait,  plusieurs tatouages sont réalisés pour leur valeur esthétique. Les gens les portent comme ornements, à la manière d’un vêtement ou d’un bijou.

L’approche expressionniste a comme souci plutôt l’émotion et la réaction­ que ce sujet provoque chez une personne. Incidemment, plusieurs personnes vont choisir leur tatouage pour sa valeur émotionnelle et ce qu’il représente pour eux (sans bien sûr en négliger la valeur esthétique pour autant).

À notre époque, les tatouages sont le résultat d’un acte intentionnel et délibéré. Il s’agit d’un puissant acte communiquant par lequel nous nous approprions notre corps. Se faire tatouer est un engagement envers soi-même à s’auto-créer dans notre propre contexte indépendant. Il s’agit à la fois d’un acte d’expression et de formation de soi. Se rendre visible dans cette affirmation de soi-même, c’est devenir vulnérable et exposé à la critique de notre identité profonde. C’est une grande épreuve de détermination du caractère.

Dans la connaissance et l’acceptation de soi et de notre pleine individu­­a­lité,­ on finit forcément par accepter les autres. On se libère des rôles préétablis, définis par le sexe, la race, l’âge ou la classe sociale. L’indivi­du­a­­lité explorée, loin de nous margina­liser, nous rapproche au final de  la collectivité.