La détox ultime

Mars est le mois de la nutrition.
Les « détox » ont gagné en popularité ces dernières année. Il y a la détox hypotoxique, la détox au jus, la détox aux fruits et la détox au chou! Mais quel est le meilleur moyen de permettre au corps se détoxifier de l’intérieur?

Je vous parlerai donc aujourd’hui de la détox ultime : le jeûne de courte durée. C’est la plus facile, la plus économique et, à mon avis, la plus efficace qui soit. En prime, elle vous fera économiser du temps. Tout ce dont vous avez besoin, c’est de volonté. Laissez-moi maintenant vous expliquer comment j’ai découvert le jeûne, pourquoi on préconise un jeûne de 24 heures et, finalement, comment procéder.

Lors de mon plus récent voyage en Inde, j’ai eu l’opportunité de jeûner durant neuf jours. J’ai tout de même eu droit à deux grands verres d’eau aromatisée au jus d’une demi-orange durant les quatre derniers jours; je sais, j’ai été gourmand. Puis, j’ai mangé 100 % cru durant 12 jours. L’objectif n’était pas de perdre du poids, mais bien de me détoxifier. À noter que j’étais sous supervision. Je ne vous recommande pas d’essayer cela à la maison. Je vous recommande par contre un jeûne d’une durée de 24 heures, si vous êtes en bonne santé générale. Évidemment, il est toujours prudent de demander l’avis d’un professionnel de la santé compétent au préalable.

Pourquoi un jeûne de 24 heures?
De plus en plus d’études démontrent les bienfaits d’un jeûne de courte durée. En effet, le jeûne aurait des effets bénéfiques sur le système immunitaire, réduirait l’inflammation et ralentirait le vieillissement prématuré du corps. Il préviendrait même le développement de certaines cellules cancéreuses. Comment? En stimulant un processus appelé autophagie. Sans faire un exposé universitaire sur le fonctionnement de la cellule et de ses diverses composantes, disons que l’autophagie serait une sorte de « recyclage » des cellules. Certains éléments défectueux de la cellule sont détruits pour faire place à de nouvelles composantes plus efficaces et plus en santé. Un peu comme un feu de forêt permet à la forêt de se doter de nouveaux arbres plus en santé. Ainsi, l’autophagie contribue à éliminer les régions toxiques de la cellule pour éviter des infections. C’est pourquoi je considère le jeûne comme étant la détoxification ultime.

Comment jeûner?
• Premièrement, il faut préparer le corps et avoir une bonne hygiène de vie générale. Réduisez votre consommation de caféine et d’autres stimulants durant un mois avant un jeûne (vous ferez ainsi une mini détox). En effet, il est très difficile de jeûner pour une personne qui boit plusieurs tasses de café ou de thé par jour.
• Supposons que vous désirez jeûner demain. Vous souperez ce soir et ne mangerez de nouveau qu’au souper demain. Pour vos deux soupers, consommez des aliments faciles à digérer, tels que fruits et légumes biologiques crus (rappelez-vous que l’objectif est de se détoxifier, pas d’ingérer des pesticides chimiques!), et peu de viande et de grains.
• Durant le jeûne, assurez-vous de boire beaucoup d’eau. Apportez une bouteille d’eau avec vous si vous sortez.
• Si vous ressentez une grande baisse d’énergie, consommez de l’eau chaude (pas bouillante) et ajoutez-y une cuillerée à soupe de miel.
• Deux heures avant de recommencer à manger, buvez de l’eau chaude additionnée du jus d’un demi-citron biologique. Cela aidera à réveiller doucement votre système digestif.
• Vous pouvez faire ce jeûne deux fois par mois. La première fois est la plus difficile. Vous constaterez que le corps possède son propre égo (sourire).

S’il vous était impossible de rester complètement à jeun en raison de votre niveau d’activité, je vous suggère de manger uniquement des fruits biologiques crus durant cette période de 24 heures. C’est une bonne façon de faire son premier jeûne. Rappelez-vous que la première fois est la plus difficile.

En terminant, le jeûne de courte durée permet au corps de se revita­liser, de se reconstruire et de se purifier. C’est une façon simple de « catapulter » votre santé.

Bonne détox ultime!

L’inde partie 2 – Le ladakh

Dans la première partie de ma chronique sur l’Inde, je me suis concentré sur les villes saintes de Varanasi et de Sarnath. Cette fois-ci, je vous entretiendrai du Ladakh, région située aux confins de l’Himalaya, dans le nord-ouest de l’Inde, plus particulièrement dans l’État du Jammu-et-Cachemire. On appelle le Ladakh « Petit Tibet » parce qu’il est le berceau du bouddhisme tibétain en Inde. Dharamsala, où habite le dalaï-lama, se situe tout juste au sud de la frontière du Ladakh. Le bouddhisme tibétain se pratique aussi au Sikkim, autre État indien situé dans l’Himalaya, entre le Népal et le Bhoutan.

La route principale, au Ladakh, est celle reliant Srinagar (capitale du Cachemire) et Leh (capitale du Ladakh). Elle est fermée neuf mois par année à cause des conditions météorologiques. Elle passe par des cols qui sont enneigés à longueur d’année. C’est la route que j’ai empruntée lors de mon passage dans ce coin de l’Inde.

Le Ladakh a permis, de par sa position géographique, la préservation d’un mode de vie ancestral. Ses paysages presque lunaires, son climat désertique ainsi que ses oasis en altitude ont forgé une tradition spirituelle qui perdure depuis des siècles, conséquence de l’isolement de ce peuple par rapport au reste du monde.

On trouve au Ladakh un grand nombre de monastères bouddhistes tibétains (gompas). Chacun de ces temples renferme des chefs-d’œuvre de l’art tibétain. À mon avis, c’est dans les temples d’Alchi que l’on trouve les plus belles fresques tibétaines. Lors de ce voyage, j’ai pu séjourner quelques jours au temple de Lamayuru et assister aux offices, prières et pujas (rituels d’offrandes) dans le temple.

La médecine traditionnelle tibétaine occupe une grande place dans la pratique de la religion bouddhiste tibétaine. Les chamans sont vénérés partout. La médecine tibétaine est une science, et aussi une philosophie, qui offre une approche holistique des soins de santé.

Une séance chamanique est accompagnée de sons; le chaman fait ses incantations, qui prennent souvent la forme de chansons, parfois en langue rituelle. Elle est toujours accompagnée de percussions, par exemple un tambourin. Le rythme est toujours monotone. Le but est que le son agisse directement sur la perception de la personne qui consulte. En répétant certains sons, on peut modifier le système perceptif. On dit que le son perçu est utilisé comme catalyseur de l’esprit. Ainsi, les sons répétitifs du tambourin et du chant peuvent être perçus comme les liens d’appel à la communication. L’invocation est ainsi matérialisée et ressentie par l’assemblée entière, les séances se déroulant devant tous.

Lorsqu’ils entrent en transe, d’une manière qui impressionne toujours, les chamans sont capables de dia­gnostiquer des maladies physiques ou mentales. Ils libèrent également des charges émotionnelles qu’une tierce personne a provoquées chez le patient. Chaque chaman possède ses propres techniques pour accéder au monde spirituel. C’est ainsi que des bougies, des cloches, des couteaux, des tambourins et des offrandes entrent en scène.

Lors de mon séjour, j’ai eu la chance d’assister à une séance chamanique. La grand-mère d’une de mes guides étant chamane. Nous avons été invités à observer ce rituel. Des habitants du village sont venus la consulter. La chamane a d’abord revêtu son costume rituel et disposé les objets dont elle allait se servir pendant la séance (bougies, tambourin, petits bols de riz, cloche, etc.). Elle est ensuite entrée en transe et a accueilli les villageois pour leur prodiguer ses conseils. Une expérience inoubliable!

En raison de son isolement, de ses paysages magnifiques et de la spiritualité qui s’en dégage, le Ladakh ne décevra jamais quiconque décide de s’y aventurer. Je recommande un séjour dans un des monastères, pour mieux s’imprégner de cette spiritua­lité qui est omniprésente au Ladakh.

L’Inde

Un voyage initiatique comporte au moins un des éléments suivants : des enseignements, des expériences, des rituels et des visites dans des lieux sacrés. Pendant un voyage initiatique, vous vous ouvrez à l’aventure et à la découverte au contact d’autres univers spirituels et, surtout, d’autres vérités que la vôtre.
 

Quand on pense « voyage initiatique », souvent l’Inde nous vient immédiatement en tête. Yoga, méditation, médecine ayurvédique. Les fleuves sacrés et les villes saintes. Les sâdhus, ces ascétiques qui se dépouillent de tout et qui sont vénérés partout où ils vont.

Pour la chronique de ce numéro, je me concentrerai sur les villes saintes de Varanasi et de Sarnath, situées à quelques enjambées l’une de l’autre.

Au cours de mes voyages en Inde, j’ai séjourné deux fois à Varanasi. Sans nul doute, cette ville sainte est de loin mon coup de cœur. On dit que c’est la plus vieille ville au monde qui a toujours été habitée. Sur la rive gauche du Gange, fleuve sacré, du côté où la ville s’est développée, il y a quelques kilomètres de ghats, ces escaliers de pierre qui descendent directement dans le fleuve. Les hindous y font leurs ablutions, y prient et y méditent. Les sâdhus y donnent leurs enseignements. L’endroit est aussi vénéré comme lieu de crémation pour les hindous : deux ghats y sont consacrés.

Tous les soirs a lieu un rituel hindou, le Gangâ Arti, en l’honneur de la déesse Gangâ, près du ghat de Dashashwamedh. Il est généralement accompagné de chants. Face au fleuve, les prêtres effectuent des gestes rituels avec de lourds chandeliers allumés et portés à bout de bras au milieu de l’odeur d’encens. Malgré la horde de tou­ristes sur le ghat et dans les barques en face du ghat, on ne peut qu’être saisi par la spiritualité qui se dégage de ce rituel. Un moment fort d’un séjour à Varanasi.

L’hôtel où je séjourne lorsque je suis à Varanasi est le « Temple on Ganges » (www.hoteltemple.com), situé à côté du premier ghat, le Assi Ghat. Tous les jours, à l’aube, on y donne des cours de yoga sur le toit-terrasse (avec vues directes sur le Gange et le lever du soleil). On offre aussi des sessions de méditation.

À Varanasi, il n’y a rien que je n’aime plus que de longer les ghats à l’aube, dans une barque louée. Le jour et le soir, c’est plutôt une longue promenade le long des ghats que je préfère.

Je ne peux ici passer sous silence l’auberge de charité Mukti Bhavan, qui accueille des hindous en fin de vie et désireux de mourir à Varanasi. Elle est dotée de douze chambres, dépouillées de tout, d’un temple et d’une petite pharmacie. Quelques membres de la famille peuvent y accompagner le mourant. J’ai déjà vu un documentaire très touchant sur ce lieu. Dans une chambre, une dame âgée de plus de 100 ans dormait dans les bras de son petit-fils. Celui-ci disait : « C’est son souhait le plus cher de mourir ici. Je veux qu’elle meure dans mes bras. »

Près de Varanasi, il y a la petite ville de Sarnath, connue principalement pour être le lieu du premier sermon du Bouddha et est de ce fait l’un des­ quatre lieux saints du boud­­dhisme. On y trouve entre autres les ruines d’un ancien monastère du XIIe siècle et un énorme stupa de pierre à l’endroit même où, selon la légende, le Bouddha aurait fait son premier sermon.

On peut se rendre à Varanasi en avion­ (directement de Delhi ou de Mumbai) ou en train. Un train de nuit relie Delhi à Varanasi, une expérience en soi que je recommande à tous fortement, si toutefois le manque de confort et d’intimité ne vous rebute pas.

Si vous allez une seule fois en Inde, il faut faire un séjour à Varanasi. Le vrai dépaysement se vit ici plus intensément qu’ailleurs en Inde, je crois. Également, c’est à Varanasi que l’on peut prendre le pouls de l’hindouisme profond, celui des rituels (dont les crémations), des sâdhus et de la vénération pour ce fleuve sacré, le Gange. Une ville qui me fascinera toujours.