Découvrir l’essentiel de la vie

Il y a des instants incontournables dans la vie, des moments où tout semble basculer. En observant attentivement et avec un recul ces périodes de vide ou de changement, nous réalisons qu’elles furent à l’aube d’une nouvelle page de notre existence. Quand apparaît l’aurore suivie du lever du soleil, le doute fait place à la grâce de la sérénité.

Il n’est pas bon ni mauvais d’être cérébral. On est ainsi fait et on peut en tirer le meilleur parti. L’intellect est un outil fort précieux qui ne doit toutefois pas nous dominer. Une fois l’analyse et l’étude complétées sur un sujet précis, il faut apprendre à se discipliner et recevoir par l’intuition. Tout un art que je ne maîtrise pas encore, mais que je m’applique à pratiquer au mieux de ma connaissance. C’est un long cheminement qui dure toute la vie. N’est-ce pas là le but ultime de notre présence ici-bas?

Le voyage de l’incarnation représente une expérience fabuleuse qui vient avec son lot de joies et d’épreuves. Tôt ou tard, l’être humain se demande pourquoi il est sur terre et vers quoi il se dirige. Chaque personne trouve ses réponses alors que chaque réponse peut engendrer une nouvelle question. Il faut parfois rencontrer la souffrance pour mieux se connaître, mieux se comprendre et mieux s’orienter dans la vie.

Mes trois ponts vitaux vers l’essentiel : les gens, la nature incluant les animaux et quelques objets matériels

La célèbre phrase « L’enfer c’est les Autres » tirée de la pièce Huis Clos (1944) du philosophe français Jean-Paul Sartre est bien connue de tous. Interrogé sur le sens de son propos, Sartre explique : Mais « l’enfer c’est les Autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’étaient toujours des rapports infernaux. Or c’est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut-être que l’enfer. Pourquoi? Parce que les autres sont au fond ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Cette mise au point faite par l’auteur lui-même replace les pendules à l’heure. L’enfer vient souvent de soi et pas des autres.

En octobre 2003, Jacques Salomé, psychosociologue et écrivain, publiait « Heureux qui communique » dans lequel il souligne l’importance de la communication et des relations humaines. L’histoire de la littérature et l’histoire tout court nous permet de comprendre que l’homme est un être essentiellement relationnel qui a besoin des autres pour exister.

Au fil du temps, j’ai saisi que l’essentiel réside à proximité de nous, dans notre quotidien. Comment s’épanouir sans entrer en communication avec les autres? Comment être heureux sans apprendre à donner et à recevoir du bonheur autour de soi? Où trouver cet essentiel si ce n’est au contact de ces personnes qu’on a le privilège de côtoyer, de ces animaux qui nous guident par leur sagesse et de cet environnement que l’on se crée à notre image. Ma vie est tissée de fils d’amour et d’amitié qui ont plus de valeur à mes yeux que tous les biens matériels aussi luxueux soient-ils.

Dans la solitude et le recueillement, l’ermite arrive aussi au nirvana par un autre chemin. Cette approche mystique n’est pas à la portée de tous. Celui qui s’isole n’est pas toujours sur la voie de la sainteté. La fuite de nos pairs, de la saine confrontation et du compromis démontre souvent un mal de vivre qui pousse au retrait. C’est au contraire à la rencontre des autres qu’on croise l’image de Dieu à travers nos échanges constructifs.

Il en faut du temps pour comprendre et encore davantage pour apprendre à apprécier cet essentiel que le Petit Prince disait invisible pour les yeux. Réussir à aimer du plus profond de son cœur, vivre la rencontre des gens et des quadrupèdes sans préjugés ni attentes conduit à savourer l’existence de son vrai moi. On se dépouille alors des soucis anodins pour entrer dans une lumière chaude et réconfortante. On arrête de courir après l’inaccessible étoile pour ouvrir son âme à chaque être vivant, peu importe son rang social, son âge, sa couleur ou son espèce.

Des Êtres, parfois des choses, marquent notre chemin et j’ai éprouvé une joie intense à les revisiter en écrivant ce livre. En portant mon regard sur l’essentiel, j’ai retrouvé ces gens, ces animaux et cet environnement qui m’ont façonnée et qui m’ont inspirée. Sans eux, je ne serais pas devenue celle que je suis, sans eux la vie n’aurait pas la même saveur. Je parle d’eux avec simplicité avec l’espoir de susciter en vous la curiosité de découvrir vos propres trésors de vie, ceux qui peuvent vous aider à comprendre le mystère de l’amour et le privilège de la communication. Je fais enfin le vœu qu’après avoir lu sur eux et vu leur photographie, vous aimiez aussi ces personnes, ces animaux et ces objets que j’ai le bonheur de connaître.

Être heureux au travail, est-ce encore possible?

Que ce soit comme salariés ou en professions libérables, beaucoup d’entre nous se demandent : mais pourquoi est-il si difficile d’être heureux au travail? Pourquoi y a-t-il dans le monde de l’entreprise autant de tensions, de malentendus, de violences cachées ou plus manifestes? Pourquoi les relations entre personnes qui travaillent ensemble sont-elles si conflictuelles, si peu apaisées? Pourquoi tant de mal-être sans qu’il y ait nécessairement du mal faire?

Il y a bien sûr dans les relations professionnelles, tous les ingrédients pour un épanouissement possible, une réalisation de soi-même acceptable, beaucoup de satisfactions peuvent être engrangées au-delà de certains problèmes inévitables ou de difficultés imprévisibles, liées à la nature même du secteur professionnel dans lequel on travaille, aux fluctuations du marché, aux aléas de la productivité.

 Mais ce qui frappe le plus, quelqu’un d’extérieur à une entreprise donnée, c’est la répétition de certains malentendus, la persistance de conflits ouverts ou latents, la présence de malaises ou mal-être qui traversent, polluent le quotidien de l’un ou l’autre des services, ou d’un ensemble humain dans un même espace. Chacune de ces tensions, de ces difficultés, de ces malaises sera plus ou moins facile à gérer ou à résoudre, mais toutes sont « énergétivores » et demandent des réajustements permanents qui décentrent ou déstabilisent les personnes directement ou indirectement concernées.

Aujourd’hui, avec l’inquiétude latente qu’il y a autour de l’avenir (crise économique, et violences environnementales), il y a beaucoup, beaucoup de souffrances dans le monde de l’entreprise. Les médecins du travail en témoignent avec leurs moyens, (même s’ils ne sont pas toujours entendus) et des marqueurs comme la fréquence des passages à l’acte somatique qu’on peut appeler aussi accidents du travail, l’augmentation de l’absentéisme, du burn-out (épuisement), la consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques, sont de plus en plus repérables.

Disons d’abord que la plupart de nos relations professionnelles ne sont pas choisies, ce sont à de rares exceptions près (comme dans les professions libérales) des relations imposées. Ce qui veut dire que nous devons nous confronter à des attentes, à des demandes ou à des refus qui peuvent blesser notre sensibilité, nos valeurs, heurter nos convictions, nous mettre en danger par rapport à nos croyances.

Ensuite, on peut observer que les relations professionnelles, doivent faire cohabiter quatre registres de communications très interdépendants, qui peuvent se révéler parfois antagonistes.

* Le registre fonctionnel qui concerne le « bien faire ». Bien faire ce pour quoi nous avons été engagés, ce pour quoi nous sommes payés.

* Le registre hiérarchique qui concerne le « se sentir bien » à l’intérieur d’un rapport de forces qui ne nous est pas toujours favorable. Les relations hiérarchiques, (que nous soyons en haut, au milieu ou en bas) renvoient toujours aux relations infantiles avec les personnes en autorité de notre histoire.

* Le registre interpersonnel qui concerne le « se sentir bien avec les autres », avec ses collègues immédiats et son entourage professionnel.

* Le registre intra personnel qui concerne le « se sentir bien avec soi-même ». Ce dernier registre est, la plupart du temps, complètement nié dans les entreprises. On vous le dit clairement et parfois brutalement : « si tu as des problèmes, va te faire soigner ailleurs, nous on est là pour bosser ensemble, pas pour câliner son ego ou se masturber avec son inconscient!… »

À tout cela s’ajoutent les non-dits et la prolifération de la communication indirecte qui se transforme rapidement en commentaires, en étiquettes déposées sur certains, en rumeurs qui vont empoisonner tout un service. Il y a des tensions émotionnelles qui vous envahissent, quand vous apprenez d’un autre (jamais en face à face), ce que un tel ou une telle pense ou à dit de vous.

Comme il y a chez la plupart d’entre nous, une aspiration au bonheur, sinon à un mieux vivre, certains vont donc rechercher des moyens concrets pour accéder à un mieux-être, qui permette d’être plus heureux au travail.

Rappelons que le bonheur n’est pas un état permanent, mais une aspiration vers une harmonie intérieure, un accord entre nos attentes et les réponses de notre environnement.

Un point très important et cependant trop souvent méconnu de la plupart d’entre nous, c’est d’ignorer que nous attendons implicitement de la part de notre entourage professionnel qu’il entende (surtout) et (parfois) réponde à nos besoins relationnels.

Souvenons-nous des sept grands besoins relationnels qui sont à l’origine, quand ils ne sont pas entendus, respectés ou comblés, de la plupart de nos malaises, conflits et frustrations :

* Besoin de se dire : de se dire avec des mots qui sont les nôtres. Et cela dans différents registres (au niveau des idées, des ressentis, des sentiments, du faire, des croyances, des émotions, de nos besoins et désirs).

* Besoin d’être entendu dans l’un ou l’autre des registres que nous privilégions. Ce qui ne veut pas dire que l’autre doit être d’accord, mais nous attendons implicitement de lui, d’être reçu dans ce que nous disons.

* Besoin d’être reconnu, tel que nous sommes et pas seulement pour ce que nous faisons, mais aussi pour ce que nous sommes comme personne.

* Besoin d’être valorisé. Bien sûr à travers un salaire, mais au-delà, par des mots d’encouragement, par des confirmations, par des attentions particulières.

* Besoin d’intimité qui donne une sécurité. On le voit dans les bureaux dits paysagers où travaillent ensemble 30 ou 60 personnes, chacun a besoin de recréer avec une photo, une plante, un bibelot un espace plus personnalisé, bien à lui.

* Besoin de créer et d’influencer notre environnement immédiat. D’avoir le sentiment, que nos propositions, nos suggestions pour améliorer tel ou tel aspect de notre travail ne tombent pas aux oubliettes, que nous existons et sommes reconnus comme sujet.

* Besoin de rêver : De rêver que demain sera meilleur qu’aujourd’hui et après après-demain meilleur que demain. Ce dernier besoin est violenté aujourd’hui dans le monde du travail, par l’insécurité autour de l’emploi, par l’inquiétude avec laquelle nous colorons l’avenir.

Nous avons donc plus de chance d’être satisfaits, sinon plus heureux, quand nous avons le sentiment que nos besoins relationnels sont respectés.

Un autre point important, c’est de reconnaître qu’il y a un problème de vases communicants entre le monde du travail et celui de la vie personnelle, conjugale ou familiale.

S’il y a des dérapages, des tensions, des situations conflictuelles dans notre vie professionnelle, cela se répercute sur la vie personnelle et vice versa!

On peut se demander comment faire disparaître, ou atténuer ces éléments perturbateurs. Un des chemins possibles serait, pour les générations à venir, à plus ou moins long terme, d’enseigner la communication relationnelle à l’école comme une matière à part entière!

Mais en attendant cette révolution majeure, chacun d’entre nous pourrait intégrer, au quotidien, deux prises de conscience :

* reconnaître que nous sommes tous des infirmes de la relation et donc de cesser d’accuser les autres, le gouvernement ou le ciel et accepter de prendre ainsi la responsabilité de reconnaître que nous avons un handicap énorme, celui de croire que nous savons mieux que les autres ou que c’est nous qui avons raison!

Essayons d’imaginer aujourd’hui, la circulation automobile où chacun conduirait en fonction de ses propres règles, de ses désirs et de ses peurs! Nous avons là une image réaliste de ce qu’est la communication aujourd’hui! Chacun étant persuadé qu’il sait lui, communiquer! Ainsi à partir de ce constat :

* accepter d’apprendre quelques règles d’hygiène relationnelles communes et prendre l’engagement de les mettre en pratique au quotidien. Elles sont énoncées dans un tout petit livre, que j’ai écrit en son temps pour mes enfants : Heureux qui communique (Pocket). Et même si certains peuvent continuer à les ignorer (comme certains transgressent les règles de la conduite routière), il est toujours possible de les appliquer au jour le jour non seulement dans son cadre professionnel, mais également dans sa vie personnelle.

Il n’y a pas de stratégies à proprement parler et encore moins de recettes simples pour réconcilier travail et épanouissement personnel. Bien sûr, on peut faire « des stages de formation, de sensibilisation, de résolution des conflits, de prise de décision » et cela se fait aujourd’hui dans beaucoup d’entreprises par le biais de la formation continue. On peut aussi s’appuyer sur un coach qui nous accompagnera pour nous permettre de mieux utiliser nos ressources ou d’être confronté à nos limites.

Mais l’enjeu à redéfinir pour chacun est plus complexe, plus profond.

Il y aurait un engagement intime à prendre envers soi-même : celui d’apprendre à mettre en commun autour de 4 points et cela à travers une communication directe (de personne à personne) : oser demander, oser donner, oser recevoir et oser refuser.

En reconnaissant que nous sommes toujours trois dans un échange : l’autre, moi et la relation. Et que si cette relation est importante, elle doit faire l’objet de soins, de respect et de cohérence.

Il ne suffit pas de s’interroger sur les conséquences douloureuses, antiéconomiques, violentes de l’anticommunication galopante qui existe dans la famille, dans le couple, à l’école et dans le monde des loisirs, sur les conflits interpersonnels, les sabotages relationnels ou la mauvaise utilisation des ressources réelles des personnes dans le monde du travail ou la vie civile. Il faudra aussi accepter quelques renoncements et ajustements.

* Comme de renoncer à pratiquer la communication indirecte en prenant le risque de dire directement à la personne ce qui la concerne.

* Comme d’arrêter de parler sur l’autre (de faire des discours sur lui, de porter des jugements de valeurs, de lui dicter ce qu’il devrait faire ou pas faire), mais prendre le risque de parler à l’autre. Et parler à l’autre revient à parler de soi (dire mon point de vue, mon ressenti, mon intention).

* Comme de visualiser que toute relation a deux bouts et que nous sommes chacun responsable de son bout. Donc de renoncer à vouloir gérer le bout de l’autre!

* Comme d’arrêter de penser à la place de l’autre (qu’il ne comprendra pas, qu’il va nous en vouloir, qu’il ne peut pas faire) et donc d’oser échanger en s’affirmant, en se positionnant, en mettant en évidence les points communs comme les différences et en invitant l’autre à faire de même.

* Comme de renoncer au plaisir de l’affrontement (vouloir avoir raison sur l’autre) pour pratiquer la confrontation (passer de l’opposition à l’apposition!).

Quand il y a du  plaisir à aller au travail, à travailler ensemble, en sachant qu’il est possible d’échanger, de partager, bref de mettre en commun autour d’un ensemble de règles d’hygiène relationnelles communes, on n’est plus un simple exécutant, mais on devient un collaborateur engagé, capable d’offrir le meilleur de lui-même et d’avoir ainsi l’opportunité de rencontrer le meilleur de l’autre.

À propos des rencontres magiques

Beaucoup s’interrogent : qu’est- ce qui fait qu’on est attiré par une personne plutôt que par une autre?  Est-ce d’ordre physique?  Hormonal?  Caractériel?  S’agit-il d’affinités secrètes, d’une reconnaissance mutuelle spontanée?

Je crois pour ma part, qu’une rencontre (qui se reconnaîtra comme amoureuse) est dans la combinaison de plusieurs facteurs (attirance physique, phéromones, perception spontanée d’une acceptation inconditionnelle, identification inconsciente à des images anciennes (de personnes bienveillantes) qui remontent à la surface).  C’est la réunion de plusieurs composantes conscientes et inconscientes qui va créer un appel, un mouvement ou un élan vers telle personne et non pas vers une autre.

Cela c’est une explication raisonnable, mais comment évaluer la part de miracle, de magie qui entoure une rencontre amoureuse?  Qu’est-ce qui fait qu’on va s’attirer mutuellement et comment expliquer que l’histoire se poursuive ou non ensuite? Je crois que l’attirance mutuelle entre deux êtres est d’ordre vibratoire.  Tout se passe comme si des vibrations subtiles circulaient de l’un vers l’autre, étaient reçues et s’accordaient.  Produisant ainsi une alchimie mystérieuse entre deux personnes, rapprochement et mélange qui vont les lier.  L’image la plus simple pour parler de ce phénomène serait l’image musicale : deux notes qui s’accordent et qui vont résonner comme du Mozart!

Ensuite, la poursuite de l’histoire va dépendre non pas des sentiments (comme on le croit trop souvent), mais de la qualité des relations qui vont nourrir et embellir cet amour ou le blesser et le dévitaliser.

Qu’est-ce qui fait que parfois rien ne fonctionne dès le départ : l’un est attiré et pas l’autre?  Effectivement, l’émission des signaux dont j’ai parlé plus haut, est parfois asymétrique.  Plusieurs combinaisons sont possibles.  L’un émet, l’autre ne reçoit pas, reste fermé, n’est pas sur la même longueur d’onde vibratoire ou est déjà tourné vers quelqu’un d’autre.  Et puis, il arrive aussi que les deux notes de musique, ne s’accordent pas, et font un couac!  Et je n’ai jamais vu un couac se transformer en Mozart!

C’est notre rêve à tous de trouver des sentiments en réciprocité, de ne pas se piéger dans ce que j’appelle les pseudos amours, telles les amours de manque (on réclame à l’autre ce qu’on n’a pas eu dans l’enfance), les amours de peur (on exige de l’autre qu’il nous rassure sans arrêt, qu’il nous confirme que nous sommes le(la) seul(e) personne aimé(e).  Il y aussi les amours de consommation (on aime non la personne, mais l’amour qu’elle a pour nous!), les amours de besoin sont redoutables et frustrantes (on ne donne rien, on prend, on exige)…

Il peut arriver aussi que l’on tombe soudain amoureux d’un ami ou d’une connaissance côtoyée depuis longtemps, mais pour laquelle on n’avait jamais envisagé d’aller plus loin ou plus près comme amoureuse ou amoureux potentiel!

Dans l’amitié, la dimension sexuelle est absente.  C’est la révélation de cette dimension qui va transformer la relation.  Ceci dit, le désir ne se commande pas.  Il peut être présent, mais censuré ou occulté durant des années et soudain se révéler quand les défenses lâchent prise!  Certains s’interrogent sur le coup de foudre, qui serait la manifestation soudaine d’une attirance irrésistible, réciproque et sans réserve.  Attirance qui fait fondre toutes les inhibitions ou les préjugés et rend caducs les engagements antérieurs.  Il faut savoir quand même que dans le coup de foudre, il y a souvent plus de coups que de foudre (disait ma grand-mère!).

On nous dit aussi que les vacances sont propices aux rencontres amoureuses.  Les vacances sont favorables à toutes les rencontres et donc aussi aux rencontres amoureuses.  Peut-être parce que nous avons chaque jour 24 heures à notre entière disposition.  Heures qui ne sont pas parasitées par du travail, des contraintes, des injonctions ou des obligations.  Parce que les journées sont plus longues et qu’il y a en face de vous des personnes qui sont ouvertes, disponibles, réceptives (non parasitées par des choses à faire!  Et puis la nudité (bord de mer ou temps clément) ou une tenue plus légère semble autoriser une circulation plus libre des désirs!

Quoiqu’il en soit, les rencontres amoureuses peuvent naître à tout âge, dans les circonstances les plus étranges comme les plus banales.  Comme nous ne pouvons commander à nos sentiments, il nous faut accepter que l’amour puisse surgir à tout instant dans notre vie.

Ce que la vie m’a appris

Je devrais plutôt tenter de dire ce que les rencontres, les séparations, les découvertes, les éblouissements comme les désespérances m’ont appris dans le sens de me découvrir, de me construire, d’influencer le déroulement de mon existence.

J’ai ainsi appris que la vie n’est faite que de rencontres et de séparations et qu’il nous appartient de les vivre en acceptant de nous responsabiliser face à chacune.

J’ai appris encore qu’il y a toujours une part d’imprévisible dans le déroulement des jours et donc qu’il m’appartenait de savoir accueillir les cadeaux inouïs ou les blessures qui peuvent surgir dans l’immensité d’un jour.

J’ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l’instant, à ne pas rester enfermé dans mon passé ou me laisser envahir par des projections sur un futur trop chimérique.

J’ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la Vie d’être présente en moi et autour de moi, à l’honorer chaque fois que cela m’est possible, à la respecter en toute occasion, à la dynamiser avec mes ressources et mes limites.

J’ai appris difficilement à m’aimer, non d’un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation était grande) mais d’un amour de bienveillance, de respect et de tolérance.

J’ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma sensibilité.

J’ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d’un oiseau, comme dans le geste d’un enfant pour tenter de capter le vol d’un papillon ou encore dans le sourire d’un vieillard qui croise mon chemin.

J’ai appris patiemment que nul ne sait à l’avance la durée de vie d’un amour et que toute relation amoureuse est une relation à risques. Des risques que j’ai pris.

J’ai appris douloureusement que je n’avais pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j’aurais dû savoir jouer et rire avec eux, plus souvent et surtout chaque fois qu’ils me sollicitaient, que je n’avais pas su toujours les entendre et les accueillir dans leurs attentes profondes et surtout que j’avais trop souvent confondu mon amour pour eux avec quelques-unes de mes peurs tant je voulais le meilleur pour eux, tant je désirais les protéger des risques (que j’imaginais) de la vie.

J’ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s’accélérait en vieillissant et qu’il était important non pas d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années.

J’ai appris malgré moi que je savais beaucoup de choses avec ma tête et peu de choses avec mon cœur.

J’ai appris que je pouvais oser demander si je prenais le risque de la réponse de l’autre aussi frustrante ou décevante qu’elle puisse être, que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre, que je pouvais donner sans envahir l’autre et refuser sans le blesser.

J’ai appris sans même le vouloir, que j’avais des besoins et qu’il ne fallait pas les confondre avec des désirs.

J’ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre tout l’inutile dont je me suis encombré pendant des années.

J’ai appris joyeusement à planter des arbres, c’est le cadeau le plus vivant que je peux faire jusqu’à ma mort à cette planète merveilleuse qui a accueilli mes ancêtres et surtout mes géniteurs.

J’ai appris doucement à recevoir le silence et à méditer quelques minutes chaque jour pour laisser aux vibrations de l’univers la possibilité de me rejoindre et de m’apprivoiser encore un peu. Oui, j’ai appris beaucoup et pourtant je cherche encore l’essentiel.

Oser être un bon compagnon pour soi – Un beau cadeau

En découvrant que la personne avec laquelle nous passons l’essentiel de notre vie, c’est nous-même!

En se rappelant que la pire des solitudes n’est pas d’être seul, mais de s’ennuyer en sa propre compagnie!

En acceptant d’entendre que la violence la plus subtile que nous pouvons nous infliger est de ne pas se respecter en se laissant définir par les peurs ou les désirs de l’autre!

En prenant le risque de dire un oui qui soit réellement un oui qui nous engage ou un non qui corresponde à notre ressenti et à nos limites. En veillant à rester en accord avec le meilleur de nous.

En accueillant le présent comme un PRÉSENT, et chaque manifestation de la vie en nous et autour de nous comme l’équivalent d’un miracle unique.

En n’oubliant pas que même s’il arrive à des événements, de se présenter sous leurs aspects les plus négatifs, ils contiennent aussi une part de lumière qui peut éclairer nos zones d’ombres.

Notre existence a besoin de tout notre amour pour nous révéler et nous permettre d’accéder au meilleur de nos possibles. Oser être un bon compagnon pour soi-même, c’est un beau cadeau à se faire à soi et à tous ceux que nous aimons.

La vivance, une qualité d’être au monde

Je pense avoir inventé ce mot dans les années soixante-dix, dans un poème amoureux où je tentais de dire combien l’amour me semblait être le ferment d’une vivance capable d’amplifier la vie. Mais peut-être ce mot, avait-il été déjà découvert avant, quoi qu’il en soi, je l’ai souvent utilisé car je trouvais qu’il convenait bien à l’expression de plusieurs de mes thèmes autour des vibrations que secrète (ou non) la vie en l’intérieur de nous à l’occasion de certains évènements, moments privilégiés ou émotions fortes.

La vivance est une qualité d’être qui nous habite et dynamise le potentiel de vie qui est en chacun. Elle relève d’une dimension vibratoire qui crée une alchimie particulièrement active entre nos pensées, les ressources de notre créativité, les élans de notre imaginaire et les accords possibles avec la réalité qui nous entoure.

La vivance nous permet d’être plus présent au présent et aussi, c’est une de ses qualités, de gagner sur le malheur, de combattre le mal de vivre ou de se laisser aller dans l’errance infinie de la victimisation. Elle confirme et nourrit notre confiance non seulement en nous-mêmes, mais aussi dans les autres et même en l’avenir.

Surtout l’avenir que je ressens depuis quelque temps non fiable, si incertain qu’il n’est pas certain qu’il puisse accueillir la vie de mes petits-enfants. Un avenir violenté par ce que nous faisons, imposons aujourd’hui à la planète et à nos semblables. Violences visibles et moins visibles liées aux tromperies, aux mensonges de certains hommes politiques, aux malversations à l’échelle planétaire de certains individus protégés par leur anonymat, au surgissement de crises financières et économiques déclenchées par l’aveuglement (ou l’habileté) de ceux qui peuvent jouer avec l’argent, les économies du plus grand nombre.

Je crois qu’en période de crise, il faut prendre garde d’éviter un repliement sur soi, un enfermement dans la bulle de ses intérêts personnels, une fixation autour d’une vision paranoïaque concernant nos gouvernants et aussi nos semblables, même si chaque jour apporte la preuve de leur nocivité, de leurs prédations dans beaucoup de domaines. Je crois qu’il faudra éviter de rester dans des comportements d’autoprotection liés à la survie en oubliant la solidarité, l’engagement dans des actions de lutte et de confrontation. Je crois qu’il nous appartient de rester un témoin de la Vie. C’est peut-être cela le sens de notre passage sur terre, le maintien, l’épanouissement de la Vie sous toute ses formes, même si aujourd’hui nous sommes à l’origine de beaucoup de violences à son égard. Au-delà d’un travail sur soi, pour maintenir au plus haut notre potentiel de vie, il nous faudra militer, s’associer, se concerter pour faire un contrepoids au développement de la souffrance, au grandissement de l’injustice, à l’expansion de la misère et surtout de la faim et de la non-éducation de millions d’enfants.

Au final, s’appuyer sur sa vivance pour s’engager auprès des plus démunis.

L’homme qui savait écouter

Je ne sais pas si vous avez déjà rencontré un homme qui sait écouter… Moi si! Je me souviens très bien de nos dernières rencontres. Quand je m’asseyais avec lui pour discuter, je voyais un visage souriant et détendu qui pour moi, démontrait sa joie d’être là, en ma compagnie. Tout au fil de notre rencontre, son regard était accueillant, sa voix était douce et posée et son corps dégageait le calme. Chacun de ses sens semblait m’offrir une pleine réceptivité sans que je ressente pour autant de conditions à remplir pour avoir le privilège d’une telle qualité de présence. Je me sentais véritablement accueilli tel que je suis. Et lorsque surgissait un moment de silence dans notre conversation, il contribuait à faire de ce silence un temps d’accueil rempli de sa présence rassurante.

En l’observant être lui-même, je pouvais sentir son authenticité et sa bienveillance à mon égard. Il s’intéressait à ce que je disais sans chercher à tout prix à me comprendre, car il disait que le désir de comprendre était souvent un piège menant vers une interprétation personnelle qui serait forcément décalée par rapport à ce que l’autre tente d’exprimer. Je crois qu’il maîtrisait bien ce principe fondamental de la communication voulant qu’en se décentrant de soi pour se centrer sur celui ou celle qu’on écoute, le sens véritable de la communication traverse naturellement, comme par magie, ce canal invisible qui relie deux personnes par le cœur. C’est peut-être ce que voulait dire Alfred de Musset par cette phrase : « Qu’importe de quoi parlent les lèvres, lorsqu’on écoute les cœurs se répondre. »

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne me suis pas rendu compte de l’ampleur des qualités de cet homme lors de nos toutes premières rencontres. J’étais dans l’illusion de croire que « nous » avions d’agréables discussions autour de nos passions communes. Bien qu’il y ait une part de vérité dans cette illusion, c’est au fil de mon propre cheminement que j’ai pris conscience de la grande qualité d’écoute de cet homme. C’est avec humilité que j’ai un jour dû constater que ces échanges entre nous avaient été polarisés en ma faveur, c’est-à-dire qu’ils avaient été une opportunité pour moi d’exprimer ce qui m’habitait en ces moments et que j’avais envie d’exprimer à quelqu’un de confiance. Un jour, je lui ai d’ailleurs demandé comment il en était arrivé à acquérir cette habileté enviable qui lui permettait d’offrir une telle qualité d’écoute. C’est à ce moment qu’il m’a confié avoir un jour fait le choix de se former à l’écoute et que cette capacité qu’il continue à cultiver encore aujourd’hui ne s’est pas manifestée spontanément chez lui, mais est venue s’installer par l’apprentissage et la pratique.

Devenir des hommes et des femmes qui savent écouter impliquera donc de choisir des chemins, parmi plusieurs possibles, qui nous permettront de développer nos capacités respectives à mieux communiquer. Il faudra aussi décider de cultiver en soi une attitude qui portera vers l’autre l’une des plus belles offrandes qui soient, celle d’une écoute proposée qui, lorsqu’elle est accueillie par l’autre, lui permettra de se dire, de se sentir entendu et même amplifié. Cela me rappelle cette parole de Jacques Salomé qui dit que le plus grand cadeau que l’on offre à quelqu’un en l’écoutant, c’est de lui permettre de s’entendre lui-même.

L’écoute est un acte d’amour!

Le coin du livre

Conflits et disputes dans le couple, comment les gérer?
par Yvon Dallaire | Les Éditions Québec-Livre, 2017

La vie de couple peut soulever nombre de conflits et de disputes. Non seulement Yvon Dallaire présente ici les grandes crises que traversent les couples au fil du temps, il se penche également sur les conflits insolubles au cœur de toute relation amoureuse. Fort de son expérience en tant que thérapeute auprès de couples depuis plus de 35 ans, mais puisant également dans sa propre expérience de relation de couple, il s’intéresse surtout aux façons de gérer les conflits qui éclatent au sein du couple. Il explique comment les petites différences entre les hommes et les femmes peuvent créer tout un bassin de conflits impossibles à résoudre. Nous apprécions tout particulièrement le côté réaliste et concret de ses explications et retrouvons aussi sa façon bien à lui de parler des couples heureux, ce qu’il nous avait fait découvrir dans son best-seller Qui sont ces couples heureux?, publié en 2006.

La Canalisation
par Johanne Therrien | Le Dauphin Blanc, 2017

Pour la plupart d’entre nous, la canalisation peut sembler être un phénomène assez abstrait. Pourtant, nous découvrons dans cet ouvrage qu’il s’agit plutôt d’une pratique à la portée de tous. Johanne Therrien a été infirmière durant plus de 25 ans avant de se consacrer pleinement à l’enseignement de la communication avec les êtres d’autres dimensions et de l’harmonisation énergétique. Son ouvrage est facile d’accès et propose des outils concrets pour parvenir à canaliser notamment nos guides, des êtres chers décédés et des anges. Il y est également question de la guidance et des synchronicités, en plus des limites de la canalisation et des pièges à éviter. Ce petit livre se lit rapidement, mais nous pouvons aisément nous y référer par la suite.

Écoute ton corps – Version homme
par Lise Bourbeau | Les Éditions E.T.C inc., 2017

La version originale de cet ouvrage est un best-seller depuis 1987 et elle a été traduite dans plus de vingt langues. Toutefois, comme la couverture rose était un frein aux hommes, l’auteure a décidé de réviser complètement son ouvrage en collaboration avec Jean-Pierre Gagnon, directeur des Éditions ETC, afin d’en proposer une toute nouvelle version adaptée au lecteur masculin. Cela signifie que, d’une part, tous les exemples ont été changés afin de permettre aux hommes de s’y identifier et, d’autre part, que les exercices ont été révisés afin de mieux cibler le vécu des lecteurs. La méthode est toujours aussi simple, puisqu’il suffit de lire chaque chapitre et de mettre en pratique, s’il y a lieu, les informations qui y sont offertes. Le résultat : un livre toujours fidèle à son essence, mais qui sait accompagner les hommes qui désirent, eux aussi, mieux écouter leur corps.

Un zeste d’éternité
par Jacques Salomé | Les Éditions de l’Homme, 2017

Dans Un zeste d’éternité, Jacques Salomé présente une synthèse de tout ce qu’il a appris depuis plus de 50 ans en tant que psychologue, formateur, père, mari et ami. Dans ce texte à mi-chemin entre le journal intime et l’essai, on retrouve sa poésie de toujours, sa façon bien à lui de dire les choses, avec musique et mélodie. L’ouvrage livre plusieurs réflexions sur différents thèmes, dont le pouvoir de l’écriture, la communication pour mieux vivre, le fait de devenir parent ainsi que les enfants et aussi le couple et la vieillesse. Avec humour et passion, mais aussi avec lucidité et un brin de fantaisie, l’auteur se penche également sur la souffrance, sur le changement et sur l’importance, en fin de compte, de savoir prendre soin de soi. Au fil des pages, nous découvrons un Jacques Salomé toujours aussi animé, plus vivant que jamais, alors qu’il tente une fois de plus de nous transmettre ses apprentissages et sa tendresse.