Le moi créatif et passionné

« Le plaisir engendre la passion, la passion crée l’émulation, la créativité et le dépassement professionnel », citation de Jean-Luc Tremblay, auteur du livre « La performance par le plaisir ».

J’ai présenté une conférence à l’Université du Québec en Outaouais le 14 novembre dernier, intitulée : « Rire et plaisir… utile ou futile? ». J’ai amené mon sujet en énonçant un paradigme perdu :

  • croire qu’une vie sans malheur est la quintessence du bonheur,
  • croire que l’on naît heureux.

En effet, même si je l’ai longtemps pensé moi-même, il est illusoire de croire que le bonheur se définit par l’absence de malheur. Selon le Dr Murray Banks, psychiatre et auteur, « On ne naît pas heureux… on apprend à l’être. On apprend à s’adapter à la vie comme on apprend à jouer au tennis ou à danser », dit-il.

Cela dit, pourquoi parler du rire et du plaisir comme expression du moi créatif et passionné? Pour ma part, j’ai découvert qu’il y avait des pistes propulsantes du côté du plaisir. Je n’ai pas fait le tour de la question, bien sûr! Cependant, je m’y intéresse vivement, car le rire et le plaisir ont un effet puissant sur la passion et la créativité, et sur la santé physique et psychique, en général. Le plaisir est une force vive qui nous aide à nous réaliser à notre plein potentiel. C’est une pulsion qui nous rend vivant, vibrant. Faut-il le rappeler, la créativité et la passion ont conduit l’homme aux confins de la planète, à la conquête des étoiles et l’ont mené aux plus grandes découvertes scientifiques et technologiques que nous connaissons aujourd’hui. La passion et la créativité ont aussi donné au monde ancien et moderne les plus grands penseurs, les plus grands créateurs dans toutes les sphères de l’activité humaine.

Sur les traces de l’optimiste!
Au départ, les personnes optimistes traversent la vie avec entrain et sont en meilleure santé que les autres. Des recherches menées à l’Université de Pittsburgh ont montré que les optimistes avaient une pression sanguine plus basse que les pessimistes. De plus, les patients optimistes sont ceux qui récupèrent le mieux à la suite d’une opération et qui reprennent le plus rapidement leurs activités professionnelles.

Vous l’avez sûrement observé aussi : les optimistes sont enthousiastes, actifs et confiants en la vie. Ce sont des bâtisseurs! Ils pavent la voie et on aime les suivre. Ils nous entraînent dans leur sillage, car ils savent voir le beau côté des choses. Les optimistes font preuve d’ouverture; ils vont spontanément vers les autres, sans masque. Ils ont une capacité à être eux-mêmes, collés à la réalité ici et maintenant. Les pessimistes, eux, appréhendent la prochaine tuile qui leur tombera sur la tête. Ils se croient perpétuellement dans un monde plus hostile qu’il ne l’est en réalité. Au moindre échec, ils se replient sur eux-mêmes. Ils ont peur du rejet au point de vivre en retrait, figés dans l’évitement. Ils rongent leur frein en blâmant le monde entier de leurs malheurs. Alors, sachant que « l’on est ce que l’on pense », on doit prendre conscience de ses pensées négatives si l’on veut changer sa perception des choses et de la vie. Il y a donc un état d’esprit à transformer. Cette transformation découle d’un choix rationnel et conscient : cultiver des pensées positives afin de faire face aux adversités avec courage. « Le bonheur se trouve au fond de soi, dans une âme sereine », affirme le Dr Murray Banks.

Dans son livre « La guérison par le plaisir », le Dr Yvon Saint-Arnaud, psychologue, parle de la « jouissance d’exister ». Cette « jouissance d’exister » dit-il, « passe par la jouissance de faire ». Par exemple, faire des études, du sport, du jardinage, du bricolage, de la peinture, du bénévolat et le reste, amènent « la jouissance d’être, d’exister ». Il y a forcément dans le passage à l’action, un sentiment d’accomplissement, de réalisation de soi. Ce sentiment d’accomplissement répond à des besoins psychiques fondamentaux tels les besoins de liberté, de créativité, d’amour, de reconnaissance, entre autres. Voilà donc pourquoi il importe de changer le dialogue intérieur avec l’inconscient. Commençons par regarder ce que l’on a au lieu d’envier le voisin. Tâchons de faire preuve d’humilité afin d’assumer notre part de responsabilité dans ce que nous vivons, sans pour autant nous taper sur la tête. Ne perdons pas de vue que, chaque geste posé et chaque parole prononcée tissent notre bonheur ou notre malheur.

La persévérance, une piste…
Il importe de concentrer nos efforts dans tout ce que nous entreprenons et jusqu’au bout! Pourquoi sortir de la zone de confort? Pourquoi dépasser les peurs? Eh bien, pour rester vivant! La vie est une adaptation constante face aux différents défis qui se posent à nous, quotidiennement. Retenez bien que tout ce qui débute par une passion, un rêve, doit être soutenu par un degré substantiel d’enthousiasme et de persévérance. En clair, il ne suffit pas de rêver. On doit maintenir les efforts, multiplier les démarches jusqu’à ce que notre objectif, notre rêve aboutissent.

Un tissu d’enchantement
Tendez la main, offrez un sourire, cultivez l’humour, ouvrez votre cœur; vous tisserez de l’enchantement autour de vous. Vous verrez, c’est contagieux!

La nouvelle masculinité

Je suis psychothérapeute et coach de vie. À chaque jour, dans ma pratique, de plus en plus d’hommes me consultent pour dénouer leurs difficultés relationnelles et apprendre à se mieux connaître. Cette quête d’identité me touche profondément comme psychothérapeute et aussi comme femme, car j’aime les hommes. Tout simplement. Leur questionnement, leur cheminement, parfois à tâtons pour se réinventer, se créer en l’absence de modèles significatifs me touchent et m’inspirent un grand respect.

Qu’est-ce que la nouvelle masculinité? Est-ce à moi de la définir? À vous, sociologues, anthropologues ou à vous-mêmes messieurs? Pour ma part, j’aimerais lancer des pistes d’action et de réflexion. Je vis entourée d’hommes. J’aime profondément l’homme avec qui je partage ma vie et j’ai un fils, que j’aime tout autant et qui, lui, partage sa vie avec un autre homme que j’aime aussi comme un fils. Ma fille a épousé un homme adorable, avec une sensibilité et un sens de l’humour exquis. Je me sens privilégiée car au cours de ma vie, j’ai fréquenté des hommes que j’ai aimés intensément parfois sans les comprendre, mais toujours avec l’ouverture du cœur. Je leur suis reconnaissante pour tout ce qu’ils m’ont apporté et surtout pour m’avoir permis d’entrer dans leur univers avec autant d’humilité et de sensibilité. Un univers si différent du mien, mais tout aussi complexe et fascinant.

Personne ne devrait laisser l’autre le définir encore moins à partir d’a priori, de généralités, de tendances. Puisque rien n’est immuable, je m’attarderai à la dimension du changement pour cerner l’homme dans sa réalité. En fait, comment l’homme du XXIe siècle s’adapte-t-il au changement avec plus ou moins de bonheur? Depuis deux générations, le changement l’interpelle, le presse, le pousse dans ses derniers retranchements comme il nous a poussées nous, les femmes à évoluer, à revendiquer l’égalité, l’autonomie financière, l’équité salariale, l’accès à des métiers non traditionnels, le partage des tâches domestiques, des responsabilités parentales et tutti quanti. L’homme grandit dans le chaos, la confusion des genres, mais il finit par retomber sur ses pattes et récupérer du pouvoir sur sa vie lorsqu’il cesse de se « victimiser ». En d’autres mots, lorsqu’il cesse de blâmer qui les femmes, ses parents, qui la société, le voisin de ses malheurs. Il devient une personne adulte et responsable lorsqu’il commence à tourner le regard vers lui-même pour se définir et trouver sa véritable identité. Il s’ouvre à sa propre sensibilité et fait confiance à son jugement au lieu d’attendre l’approbation d’autrui. Il assume ce qu’il est et son unicité.

Comme pour l’émancipation des femmes, cela ne va pas sans heurts pour vous les hommes. Vous l’avez déjà pressenti, il n’y a qu’un chemin, le chemin le moins fréquenté, celui de l’authenticité. Être vrai et en accord avec soi-même et avec les autres. Ce n’est pas là un chemin facile, mais en revanche, être vrai amène plus de liberté. La fierté et l’estime de soi pavent le chemin de l’homme qui choisit l’intégrité.

Aussi, j’observe des dénominateurs communs chez ces hommes en cheminement : l’ouverture, la tolérance, la sensibilité qui font très bon ménage avec l’énergie, l’audace, la force. Il y a une recherche d’équilibre entre le yin et le yang, le masculin et le féminin. Un équilibre donc qui s’intègre et qui passe imperceptiblement dans les gestes de la vie quotidienne. Par exemple, lorsque je vois un homme consoler doucement un tout-petit, ou un autre assumer son orientation sexuelle avec dignité et respect, démontrer un intérêt véritable à résoudre ses conflits, à faire preuve d’humilité, de sensibilité, à être capable de s’excuser, de demander pardon, de réparer ses torts avec sincérité. J’observe de plus en plus d’hommes qui sortent du non-dit face à la violence, qui refusent d’être des témoins silencieux de l’abus au travail ou dans leur famille. Je vois autour de moi des hommes qui se lèvent et marchent à côté des femmes pour lutter contre le cancer du sein, qui militent pour la paix dans le monde. J’entends des hommes parler librement de menstruations, d’accouchement, d’orgasme au féminin. Je vois des hommes s’émanciper des vieux stéréotypes. Ils choisissent de forger leur propre système de valeurs plus conformes à leur nature véritable. Je vois des hommes toucher à leur vécu, en parler et vivre avec plus d’intensité. Certains le font avec certitude et conviction, d’autres dans le doute et la peur. Toujours est-il qu’ils avancent ces hommes en éclaireurs, précurseurs d’un monde meilleur. Ceux-là ont toute mon admiration et mon affection. Ils me donnent confiance en la beauté et en la pérennité du monde.