Le masculin, le principe d’évolution planétaire

Qui est l’homme? Qu’est-ce que le yang dans le monde aujourd’hui et quel est son apport à la créativité? Au-delà de sa génitalité, l’homme est foncièrement son sexe. Biologiquement, il est dans sa nature de pénétrer son monde afin de lui apporter non seulement sa semence au sens large, en vue de la reproduction de la vie, mais aussi d’y susciter une jouissance mutuelle de l’apport mâle et du réceptacle-réponse.

N’est-ce pas la raison d’être de tout homme d’ensemencer son monde afin de le rendre plus merveilleux?

Mais voilà le problème : à cause de vieilles programmations du passé ou après une ou plusieurs blessures, l’homme a peur de se faire castrer. L’homme se sent inapproprié. Il est habité par la crainte de ne pas être assez ou celle d’être trop. Sa jouissance s’en trouve par conséquent diluée. Ainsi, il se tient à l’écart, caché derrière un masque de fausse performance afin de ne pas être mis à nu. Il angoisse d’être ridiculisé, embarrassé dans sa vulnérabilité. Sa plus grande douleur serait de constater qu’il n’a pas l’impact désiré sur son environnement.

Eh oui, la réponse de son monde n’est pas toujours à la hauteur de ses attentes. Une réponse mitigée de son univers peut facilement diminuer la vitalité de sa pénétration. L’excitation recherchée n’est pas au rendez-vous. Ainsi, la perte d’impact vient affaiblir son énergie vitale et sa jouissance. Par conséquent, l’homme se retrouve avec une vigueur insuffisante pour apporter une réaction jouissive de son environnement. Autrement dit, métaphoriquement l’homme bande mou et son univers risque de s’en apercevoir, c’est cela qui l’inquiète.

À la suite de tous les bouleversements des rôles versus l’identité masculine, il est fréquent de voir à mon bureau des hommes fragilisés dans leur être profond. Ils ne sont plus les conquérants qui explorent de nouveaux territoires et qui reviennent à la maison avec l’admiration attendue. L’homme souffre. Il cherche sa raison d’être découlant de son sexe et les balises, qui étaient là traditionnellement pour lui indiquer comment être, ont été remplacées par de nouvelles qui lui ont été imposées.

Il y a deux côtés à cette médaille du point de vue de la créativité : cette situation émerge une créativité yang moins vibrante de vie et l’autre, une occasion de faire émerger du monde intérieur de l’homme des nouvelles formes, des nouvelles façons de faire basées, non seulement sur sa partie yang, mais aussi de son côté yin.

Parce qu’il est à la recherche de l’impact sur son monde, la situation invite le mâle à se retourner vers son monde intérieur et à se libérer ainsi de sa dépendance au regard des autres. Lorsque certains clients arrivent à mon bureau en crise identitaire, je les invite à faire un voyage en eux-mêmes, à reconnaître leurs ressources. Ils y découvrent la beauté de leur écologie unique à propos de leur spiritualité, leur identité, leurs croyances et leurs valeurs, leurs capacités et leurs comportements authentiques. Ce qui a pour conséquence une expression beaucoup plus excitante dans leur environnement qui en bénéficie tout autant que l’expression masculine.

La beauté de cette crise identitaire de l’homme d’aujourd’hui, est qu’elle incite celui-ci à retourner en lui-même, dans son environnement intérieur pour y apporter premièrement l’impact tant recherché. Autrement dit, change ton moi et le monde changera!

La quête du héros, l’exploration des nouvelles terres, la mission, l’impact peuvent toujours être de mise aujourd’hui en ciblant d’abord la qualité d’être ou l’introduction du monde du dedans et qui conduit inévitablement à la jouissance d’être mâle. C’est le lit sur lequel repose une créativité masculine vivante et une expression du délice d’être vers l’univers extérieur. Parce que sa vitalité est revenue, l’homme sait que ce qu’il introduit dans son monde est bon et authentique. Peu importe les applaudissements, c’est la reconnaissance intérieure qui prévaut sur l’extérieur. Comme homme, si mon expression correspond à la vie qui est en moi et que je reconnais celle-ci comme une expression authentique de mon être et de sa beauté, je sentirai toute sa vigueur et éventuellement je trouverai le réceptacle adéquat pour le plaisir mutuel.

Bien entendu, tout cela est métaphorique, mais il dépeint bien la réalité masculine d’aujourd’hui. Jean Monbourquette, dans son livre « La violence des hommes », parle du besoin du petit garçon d’être reconnu par ses pairs. Il est vrai que dans le développement du jeune mâle vers sa stature d’homme, la reconnaissance extérieure est importante, mais elle peut être compensée ou complétée plus tard par une reconnaissance intérieure. Bien entendu, cela demande un cheminement qui peut être encadré par de l’aide en coaching de vie ou thérapeutique. Heureusement, malgré ses balbutiements, des services pour les problématiques masculines commencent à émerger un peu partout. Étouffé par son image de performance, l’homme n’a pas tendance à aller chercher de l’aide quoique l’évolution dans le monde masculin fasse tranquillement son œuvre.

Il sera intéressant de voir quelle forme la créativité prendra sous un apport masculin transformé, plus intérieur et plus jouissif. Le monde deviendra autre. N’est-ce pas la conséquence d’une véritable créativité, qu’elle soit masculine ou féminine ou les deux?

Quelles techniques d’intériorisation choisir?

En ce début de millénaire, les approches traditionnelles vers une paix intérieure semblent dépassées ou du moins pas suffisamment appropriées aux réalités d’aujourd’hui. Ce qui ne veut pas dire qu’il est impossible d’atteindre la paix intérieure par le biais de ces moyens.

Afin d’y arriver, il est nécessaire de transcender les interdits et les incohérences de l’environnement surtout quand le livre valorise l’expérience.

Je suis coach de vie, mais j’ai occupé, de 1980 à 1988, les fonctions de ministre du culte et d’aumônier au sein d’une dénomination protestante. Avec le recul, je prends conscience que durant toutes ces années de ministère, j’ai incité mes paroissiens à se diviser entre le correct et le pas correct, le bien et le mal, le péché et la vertu. Je visais l’épanouissement de la vie. Étant pris dans un milieu ecclésiastique fermé, j’empêchais ainsi les gens (y compris moi-même) d’avoir accès à une véritable paix intérieure. Cette paix croulait sous un amas d’interdits, de méfiance face à la vie et même face aux autres. La paix intérieure véritable passe par l’unification de l’être. En fait, j’enfermais la vie dans un immobilisme rempli de craintes, d’anxiété et d’étouffement de la nature humaine. La paix intérieure était donc inaccessible sauf à certains moments de grâce qui n’étaient que de courte durée. Je travaillais contre la Vie plutôt que de favoriser son épanouissement.

Aujourd’hui, en tant que coach, je préfère utiliser les concepts appropriéet nonapproprié, permettant ainsi d’avancer vers une plus grande paix intérieure et une plénitude de l’être faite d’apprentissages (essais–erreurs) et d’expériences basées sur, comme le disaient si bien nos grands-parents, le gros bon sens.

En PNL, une des présuppositions de base est que toutes les ressources se retrouvent dans la personne. Par conséquent, celle-ci a donc la sagesse nécessaire pour vérifier ce qui est approprié du moins pour son écologie intérieure. Cependant, parmi toutes les techniques d’intériorisation offertes sur le marché, quelques pistes peuvent nous aider à choisir une approche correspondant mieux à nos besoins.

Premièrement, nous ne sommes pas des êtres désincarnés. Toute approche qui incite à rejeter le corps devrait être sérieusement mise en doute. Selon Stephen Gilligan, auteur de « Le courage d’aimer », il existe un point où la vie passe par le corps, par le centre, un point sensible et vulnérable. Quand nous ne sommes plus en contact avec ce centre de nous-mêmes, par où se manifeste le Soi, l’Esprit, la Vie ou Dieu, nous devenons piégés par le mental et par nos vieilles manières de penser et d’agir. Nous sommes donc coupés de nos ressources et de nos certitudes car nous ne sommes plus en contact avec cet endroit de notre corps qui nous permet d’être régénéré, plein de ressources et de confiance. Le corps est aussi l’outil idéal pour nous garder dans le moment présent. Il nous donne des signes par le biais de notre ressenti physique pour rester dans le « Je suis », là maintenant, et trouver ainsi notre voie vers notre paix intérieure et enfin vivre en authenticité.

Deuxièmement, tout enseignement de techniques venant à l’encontre de notre liberté de juger par nous-mêmes les informations présentées, devrait aussi être remis en question. Nous avons en nous toute la sagesse pour savoir si les voies enseignées, les vérités ou les demandes qui nous sont faites nous conviennent. Plusieurs vérités circulent en ce monde, mais il y en a une incontournable : celle que nous avons le pouvoir et la responsabilité de choisir et de vérifier par nous-mêmes ce qui nous convient. Trop souvent par manque de confiance en soi, des hommes et des femmes remettent à des gourous ou à des leaders leur pouvoir de vérifier les informations enseignées. Tout un chacun a le devoir de respecter son intuition, son intelligence et ses signaux corporels pour s’assurer que ce qui est présenté convienne vraiment à son écologie intérieure.

Troisièmement, l’encadrement ou l’environnement dans lequel se pratiquent ces techniques doit être également considéré. Toutes formes d’élitisme à outrance, de philosophies utilisant la culpabilité, la manipulation, l’intimidation, l’humiliation et le non-respect de la personne devraient être jugées comme inquiétantes. La technique ou les croyances qui l’accompagnent peuvent être excellentes, mais il est nécessaire que l’environnement de formation ou de croissance soit approprié.

Par ailleurs, une technique convenant à une personne peut très bien ne pas convenir à une autre. Nous sommes tous uniques et nous avons tous un paysage intérieur différent. Certaines personnes sont plus kinesthésiques, d’autres plus auditives ou d’autres plus visuelles; il y a donc des techniques pour chaque type de perception. Par exemple, le kinesthésique sera plus à l’aise avec une technique faisant appel au corps tandis que l’auditif choisira plutôt les approches utilisant la parole et enfin, le visuel se sentira mieux avec les formes de spiritualité qui font appel à des images et des symboles. Il faut donc se connaître et surtout ne pas culpabiliser si une technique nous semble moins accessible. Il se peut fort bien qu’une approche ne convienne nullement à notre type de perception ou à notre personnalité.

En conclusion, il importe d’être à l’écoute de soi et du Soi avant d’employer quelques techniques pour cultiver sa paix intérieure. Si vous en pratiquez une et que vous n’êtes toujours pas en paix, eh bien, il y a possiblement une évidence qui mérite d’être prise en considération. Nous sommes à l’heure des communications, alors au moindre doute, lisez, faites des recherches, posez des questions, consultez ceux qui ont déjà pratiqué ces approches. Si les réponses ne semblent pas vous satisfaire, soyez vigilants. Fiez-vous aux signes de votre corps, à votre intuition et respectez votre intelligence. Soyez ouvert à ce que la Vie vous présente pour cheminer vers une paix intérieure tout en restant responsable de vous-mêmes. De plus, votre sage intérieur, votre Soi, l’Esprit ou tout autre terme poétique, peut vous guider vers la meilleure approche. Cela ne diminue en rien votre responsabilité ainsi que votre pouvoir de vérifier et de choisir.