Se choisir plutôt qu’endurer

Le désir de changer quelque chose dans sa vie émane souvent d’une situation qui nous amène à vivre un malaise tellement intense qu’il nous devient impossible d’y rester. Les « moins » finissent par l’emporter sur les « plus ». Par contre, certaines situations comportent presqu’autant d’avantages que de désavantages. Les choses ne sont pas aussi claires, le malaise n’est pas nécessairement accompagné d’un désir urgent de changement, mais génère une insatisfaction assez importante. C’est dans ces sphères que notre volonté nous manque souvent quand nous visons le changement.

La roche dans le soulier

Avez-vous déjà eu une petite roche dans votre soulier? Elle ne vous faisait pas assez mal pour l’enlever, mais juste assez mal pour vous rappeler sa présence. Votre raison vous dirait d’arrêter votre marche, d’enlever votre chaussure et d’enlever la roche. Vous vous évertuiez à l’oublier, à penser à autre chose, mettre moins de poids sur ce pied, secouer votre pied pour la loger à un endroit où vous ne la sentiriez plus (solution temporaire car la roche éventuellement reviendrait là où elle se ferait sentir). Nous avons tous fait ça. Vous voyez où je veux en venir?

Ça fait mal mais pas tout à fait assez

Notre vie est souvent un soulier plein de roche. Certaines sont là depuis tellement longtemps qu’on ne les sent plus. D’autres se font sentir à travers les événements et relations qui composent notre vie. Lorsque la douleur est intense, nous sommes forcés de nous arrêter et faire quelque chose avec la « roche » peu importe la forme qu’elle prend. Mais les autres petites roches pas encore assez douloureuses elles? Vous savez les choses dans notre vie qui auraient besoin d’être transformées, mais qui ne nous dérangent pas encore assez? Celles qu’on endure?

Ma vie, un marathon?

Une bonne façon de savoir où nous avons certains blocages et où notre vie gagnerait à être améliorée est de s’arrêter et regarder quelles sont les situations que nous « endurons » en ce moment. Quand l’endurance s’étend dans le temps, notre vie prend des allures de marathon. Cela use et gruge notre énergie vitale. S’arrêter, regarder ce qui fait mal et lâcher prise sur des façons de fonctionner néfastes pour nous semblerait une chose normale et logique. Pourtant, c’est souvent la dernière chose que la plupart d’entre nous faisons. Nous sommes persuadés qu’endurer constitue une solution efficace. En fait, c’est une solution temporaire que nous avons mis en place souvent parce que nous croyons ne pas avoir d’autres moyens pour nous en sortir. Endurer une situation est en général insatisfaisant et nous éloigne de notre joie de vivre et notre créativité. Arrêter d’endurer veut dire se choisir, décider de répondre à ses besoins et aller vers une vie plus satisfaisante.

5 étapes pour mieux se choisir

1- Faites une liste écrite honnête des choses que vous endurez en ce moment : dans vos relations, au travail, financièrement, dans votre santé. Prendre conscience est la première étape.

2- Endurer une situation signifie souvent que nous passons outre certains de nos besoins importants. Comment pourriez-vous vous réengager face à vous-mêmes et votre bonheur? Tout part de vous. Sans à tout prix changer l’extérieur, votre attitude intérieure peut faire toute la différence entre endurer une situation et la choisir.

3-Allez chercher de l’aide. Sortir le problème de soi, changer sa perception d’impuissance et se connecter sur des ressources constitue des moyens efficaces.

4- Prenez conscience qu’il y a de nombreuses raisons parfois complexes au fait d’endurer une situation. De plus, il est possible que vous enduriez une situation, car vous ne savez pas exactement ce que vous voulez réellement dans la vie. Et que si vous le savez, vous ne savez pas comment l’obtenir, vous avez peur de ne pas y arriver et souvent la peur de l’inconnu vous paralyse.

5- Si pour le moment endurer une situation est plus fort que vous, ayez de la compassion envers vous-mêmes. Vous juger et vous critiquer ne font qu’aggraver les choses et augmenter votre paralysie.

Votre maison a-t-elle besoin de perdre du poids?

Des questions à se poser
Tous vos espaces de rangement sont pleins? Des piles de paperasse non classées vous surveillent du coin de l’œil? Vous ne vous souvenez plus du motif sur vos comptoirs de cuisine tellement ils sont couverts? Vous avez des magazines qui datent du mariage de Lady Di? Au fond du garde-robe siègent des vieux T-shirts qui datent de votre graduation du secondaire et vous avez 40 ans?

Phénomène qui se répand
Pour la plupart d’entre nous, cette manie d’accumuler est relativement modérée. Ce qui n’est pas le cas pour les personnes aux prises avec cette compulsion qu’on nomme plus communément « hoarders » (terme américain). Ce phénomène est tel qu’il fait l’objet d’émissions de télévision aux États-Unis. Les images qu’elles contiennent nous permettent de voir l’intimité des personnes aux prises avec un problème sévère d’accumulation. Tant bien que mal les caméramans tentent de se faufiler et d’escalader les montagnes d’objets que les gens ont accumulé durant des années. Beaucoup d’entre nous regardons avec pitié et incompréhension ce triste spectacle sans trop nous demander ce qui se passe dans notre propre maison.

Quand cela devient compulsif
Quand vous assistez chez vous-même ou quelqu’un d’autre l’acquisition excessive de biens qui ne sont pas nécessaires et dont l’accumulation peut entraîner des problèmes sanitaires, de sécurité et de fonctionnement au quotidien, il devient pertinent de se poser certaines questions et éventuellement de consulter. Mais est-il nécessaire d’aller jusque-là pour ressentir un malaise face aux choses qui nous envahissent de plus en plus dans notre foyer, notre sac à main, notre garage?

Qui moi?
Nous avons tous plus ou moins des zones d’accumulation dans notre vie. Tantôt pour des raisons sentimentales, par peur du manque, d’autres fois pour des raisons utilitaires, nous nous accrochons de façon démesurée à un volume grandissant de choses dont il nous est difficile de nous départir. Nous remettons à demain des piles de petites et grosses choses au sujet desquelles nous devons prendre des décisions et surtout en fonction desquelles nous devons agir.

En se comparant à quelqu’un aux prises avec un désordre compulsif d’accumulation tel que présenté à la télévision, il nous est facile de nous dissocier de ces comportements extrêmes voire même spectaculaires. Sans pour autant avoir un désordre compulsif, nous oublions rapidement les 78 rouleaux de papiers de toilette qui reposent dans notre armoire ou bien notre quatorzième paire de gougounes, les outils, rouges à lèvres, gadgets dont nous aurions parfaitement pu nous passer.

Calmer le consommateur en nous
Mais pour cesser l’accumulation, regardons aussi chaque geste qui nous amène à ramener quoi que ce soit chez nous. Il est souvent difficile pour le commun des mortels de maîtriser tous les désirs irrationnels qui l’habitent tant notre environnement social s’évertue à nous pousser à consommer toujours plus et le plus vite possible. Pourtant nous sommes les seuls à pouvoir mettre un stop à l’accumulation excessive dans notre vie. D’autant plus que sous ce comportement se cache souvent quelque chose de plus profond au plan humain.

Les bénéfices de lâcher prise sur l’accumulation :

Gain d’énergie : nous le savons au fond de nous que nous devons le faire et en le remettant continuellement à plus tard nous grugeons nos réserves d’énergie.

Aller de l’avant : il est difficile de laisser entrer de nouvelles choses, situations, relations, opportunités dans notre vie quand elle est déjà pleine à craquer.

Faire circuler l’abondance : dites-vous bien que vos vieilleries sont les trésors de quelqu’un d’autre.

Légèreté et beauté : visuellement et physiquement nous nous sentons et respirons mieux dans un espace libre.

Gain de temps : ne plus être obligé de chercher, de fouiller, de déplacer les nombreuses choses qui encombrent notre quotidien.

Par où commencer?

• Prenez conscience que vous avez accumulé dans une ou plusieurs sphères de votre vie. Choisissez avec soin tout le nouveau qui entre.

• Commencez par un petit « dossier » et, armé de votre nouvelle confiance, allez graduellement vers plus grand. Je vous suggère de ne pas commencer par un garage tellement plein qu’il n’a jamais vu la couleur de votre voiture.

• Demandez de l’aide. Vous avez peut-être une amie, un frère qui pourrait vous aider à vous sentir moins seul devant une tâche qui peut sembler insurmontable.

• Donnez-vous un objectif de temps et d’action réaliste divisé en plusieurs petites tâches.

• Consultez si vous vivez des angoisses et insécurités profondes à l’idée de vous libérer d’une accumulation exagérée qui entrave votre fonctionnement.

Que pourriez-vous sortir dès maintenant de votre aire de vie pour vous rendre plus léger et vous permettre de faire entrer du nouveau?