Les livres de la vie

Mourir en Égypte

Ça sert à quoi, une vie? Quelle est notre raison d’être? Pourquoi sommes-nous sur terre? Bien des philosophes et des experts de toute sorte ont essayé de répondre à ces questions sans pourtant nous satisfaire. Cette chronique vous propose d’explorer ces questions essentielles en vous offrant diverses expériences transformatrices racontées par divers individus qui se sont tous posé cette question : elle sert à quoi ma vie?

D’après mon expérience, perdre un état de conscience supérieur est très douloureux. Quand vous avez connu et expérimenté personnellement cet état de bien-être, rien d’autre ne vous satisfait. C’est exactement ce que j’ai vécu environ 12 mois après ma première expérience de Kundalini.

Ma « nouvelle conscience » demeura avec moi près de 12 mois. C’était un état merveilleux et je me sentais vraiment comme si ça durerait toujours. Mais ça devait finir un jour. Graduellement, j’ai commencé à sentir que ma vieille personnalité reprenait le dessus. Selon mon expérience, perdre un état de conscience supérieur est très douloureux.

Graduellement, j’ai commencé à perdre mon sens inébranlable de bien-être et de joie intense. Avec le temps, j’ai commencé à croire que mon « expérience ’73 » avait été une aberration, un coup de chance. Un formidable coup de chance, mais quand même un coup de chance.

Puis, l’année 1980 me ramena à peu près la même expérience, mais cette fois dans un cadre et un contexte très différents, et avec beaucoup de changements dans les détails. Permettez-moi de m’expliquer.

Je participais à une visite guidée dans les temples de l’Égypte. Comme des milliers d’autres groupes avant nous, nous nous arrêtions à tous les sites clés du temps des pharaons. Comme nous visitions la grande pyramide à Gizeh, on nous guida jusque dans la chambre intérieure. Nous étions peu nombreux, nous profitions donc de plus d’espace et de liberté de mouvement que d’autres groupes du genre. Pour m’amuser, j’ai profité de l’absence momentanée de notre guide pour me faufiler dans l’espace de pierre occupé jadis par le sarcophage. Un des membres du groupe me photographia alors que je souriais et saluais de la main, debout dans le tombeau. Notre guide fut bouleversé. Il n’a rien dit sur le coup, mais j’ai su plus tard qu’il avait dit à quelqu’un du groupe que les individus qui font ce que j’ai fait étaient frappés d’une malédiction, condamnés à mourir, victime des pharaons. Je ne soupçonnais pas alors à quel point ces paroles devaient s’accomplir.

Quelques jours plus tard, nous avions quitté le Caire et naviguions sur le Nil dans un bateau habitable qui devait remonter le fleuve de ville en ville et nous permettre de visiter les sites le long de la Vallée des rois. Un bon après-midi, je m’étais joint au groupe qui se rendait au tombeau de Tuthankamen. On nous avait dit de nous aligner le long des larges marches de pierre du tunnel menant au tombeau pour attendre le groupe qui nous précédait. Comme nous nous dépêchions de descendre les larges marches de pierre, j’ai perdu pied parce qu’un gros morceau de pierre manquait à la marche sur laquelle je pensais poser le pied.

Mon pied descendit d’un bon 16 pouces et je me suis foulé la cheville. La douleur que j’ai ressentie a été courte et intense. Je l’ai sentie passer directement dans ma cheville à mon cerveau comme le flash rapide et aveuglant d’une lumière blanche. Je me suis tourné vers la personne à côté de moi, j’ai vite mis mes bras autour de son cou et lui ai chuchoté « tenez-moi, je pense que je vais m’évanouir! ». Et je suis tombé lourdement comme un sac de riz.

Il s’est trouvé que le groupe que j’accompagnais incluait un ambulancier et une infirmière. On m’a dit qu’ils ont tous les deux pris la situation en main immédiatement et ont aidé à transporter mon corps hors de l’escalier dans un espace dégagé. Voyant que j’étais inconscient, ils cherchèrent mon pouls, sans pouvoir le localiser. Ils ont commencé la procédure de réanimation et je suis revenu à moi au bout d’environ 5 minutes.

J’étais seul à savoir ce qui m’était arrivé pendant que mon corps était allongé sur le sable de la Vallée des rois. Je me suis retrouvé volant (ou en chute libre), les pieds devant, le long de ce grand tunnel menant à une lumière brillante. Autour de moi, les murs de ce « tunnel » semblaient décorés de peintures ressemblant à des hiéroglyphes qui se sont mis à vivre, à me pointer du doigt et à me saluer quand je passais devant eux. Ils semblaient me connaître et me reconnaître, me saluant et m’appelant par mon nom. Même si le nom qu’ils employaient n’était pas « Marcel », mon nom actuel, je me souviens que je répondais à leurs salutations en disant : « oui, c’est moi! Salut les gars! Ça va? ».

Quand j’ai repris connaissance, on m’aspergeait la figure avec de l’eau et on me tapotait les joues pour me réanimer. Je me souviens d’avoir entendu d’abord une voix très faible. Je me souviens d’avoir voulu rester dans ce monde merveilleux que je venais de visiter, mais c’était impossible. Je revenais définitivement à la vie, et j’étais en Égypte, allongé sur le sable, regardant un cercle de visages, pour la plupart étrangers, penchés sur moi avec différents degrés de surprise et d’inquiétude.

Mystérieusement, la douleur qui avait déclenché cet épisode avait disparu. Plus aucune douleur à la cheville. Peu importe. Les gens du groupe ne voulaient prendre aucun risque. Je fus transporté à l’autobus et ramené à ma cabine sur le bateau avec comme directive de rester au repos pour l’après-midi. Je voulais bien. J’avais réellement besoin de temps pour comprendre ce qui venait de m’arriver. Avant de sautiller jusqu’à mon lit, j’ai regardé mon image dans le miroir et j’ai vu que la peau de ma figure, de mon cou et de ma poitrine était complètement blanche, comme si j’étais un fantôme. Je me souviens d’avoir pensé : « mais où est passé mon teint bronzé! ».

J’avais déjà vécu ça, donc je savais ce qui était arrivé. J’ai réalisé que j’avais probablement eu une expérience en dehors du corps. En ce qui me concerne, j’avais déjà eu une autre de « ces » expériences. Quelques heures plus tard, je me réveillais d’un sommeil réparateur et j’avais retrouvé mon teint bronzé, mais mon esprit était à jamais transformé, d’une façon qu’il me restait encore à découvrir.

Dans les heures et les jours qui suivirent, j’ai commencé à redécouvrir la vie comme un être détaché de son corps en quelque sorte. Encore une fois, j’étais conscient du sentiment d’habiter Marcel plutôt que d’être véritablement Marcel. Encore une fois, je savais ce que la vie signifiait. Encore une fois, je savais que le monde autour de moi était une illusion cachant l’énergie véritable de toute vie.

Alors que dans les semaines précédentes de mon voyage, je me sentais et j’agissais comme un typique « touriste occidental gâté, inquiet de son confort et de ses dépenses de voyage », maintenant, je me sentais mystérieusement connecté aux nombreux Égyptiens qui nous entouraient, qui fournissaient un transport par chameau ou chariot, guidaient nos visites dans les tombeaux, servaient nos repas et nous traitaient généralement comme des rois. Je me voyais maintenant fuir la compagnie de mes confrères de voyage canadiens, préférant plutôt la présence des Égyptiens, qui, pour la plupart, pouvaient à peine dire quelques phrases en français ou en anglais. J’ai pris la résolution de me lever à l’aube pour voir le soleil se pointer sur le Nil. Dans chaque petite ville, debout sur le quai, en parfait silence, je fixais des yeux ce spectacle lumineux tout en partageant une cigarette avec eux.

Revenu au Canada dans le blizzard de février, je me souviens de l’impression d’être déconnecté alors que j’essayais d’incorporer cette dernière expérience à ma vie quotidienne. J’avais changé encore une fois, et je savais que les choses ne pouvaient plus simplement s’effacer. J’en dirai plus long sur la question une autre fois, Pour le moment, disons simplement le jour du départ venu, j’ai pleuré et pleuré encore. Je ne voulais vraiment pas quitter cette terre où je me sentais maintenant chez-moi. Je me souviens du regard de l’Égyptien qui conduisait notre autobus. Il ne parlait presque pas l’anglais, mais ses yeux semblaient vraiment comprendre que j’avais vécu une expérience intense de l’Égypte et que je ne voulais pas partir, que je ne serai plus jamais le même.

Les livres de la vie

Un kundalini collectif

Ça sert à quoi, une vie? Quelle est notre raison d’être? Pourquoi sommes-nous sur terre? Bien des philosophes et des experts de toute sorte ont essayé de répondre à ces questions sans pourtant nous satisfaire. Cette chronique vous propose d’explorer ces questions essentielles en vous offrant diverses expériences transformatrices racontées par divers individus qui se sont tous posé cette question : elle sert à quoi ma vie?

Ceux d’entre vous qui me connaissent savent que j’ai un p’tit côté irrévérencieux qui aime bien faire des farces et faire rire les gens. Et pourtant, lorsqu’il s’agit de penser au sens de ma vie, je ne peux m’empêcher de me remémorer trois expériences bien particulières qui sont survenues à trois différentes époques de ma vie. Je sais maintenant qu’il s’agissait d’expériences Kundalini. Mais au moment où elles avaient lieu, ces fameuses expériences, je ne savais pas du tout de quoi il s’agissait…

À la fin de notre dernière chronique, j’étais sur le point de vous raconter la première de ces expériences. Il s’agit d’une aventure qui m’est arrivée en 1973 et a duré une dizaine de mois. Cette aventure-là, je ne l’oublierai jamais. Et je peux encore dire ça malgré que cette expérience est survenue il y a déjà 30 ans.

C’est la troisième semaine du mois de septembre en 1973… Nous sommes une trentaine de personnes à suivre un cours de métaphysique dite appliquée. Lors d’une session particulièrement intense, on discute de l’amour. J’argumente avec notre prof, la fondatrice et la guru de notre organisation lorsqu’elle m’interrompt brusquement en disant avec autorité : Non, Marcel, le phénomène dont tu parles, ce n’est pas de l’amour véritable, ce n’est que du sexe! Ton problème à toi, c’est que tu n’as jamais compris ce qu’est l’amour véritable!

Normalement, ce genre d’intervention aurait provoqué une réplique rapide, car, d’habitude, j’ai la parole facile et j’aime argumenter. Mais cette fois-ci, je suis complètement pris au dépourvu. Soudainement bouleversé, je réagis d’une façon qui me surprend complètement : je me précipite hors de la classe. Je n’ai qu’une chose en tête : m’éloigner de cette femme! M’éloigner de cette classe! Inexplicablement, je me mets soudainement à me parler à haute voix, maugréant que ma guru ne sait pas de quoi elle parle. Plus je parle fort, mieux je me sens. Malgré ça, je ne peux m’empêcher de me mettre à pleurer à grosses larmes puis à hurler à haute voix. Plus je hurle, mieux je me sens, ce qui m’encourage à hurler encore plus fort. Je continue de crier et de pleurer à haute voix pendant au moins une quinzaine de minutes. Puis tout à coup, je ressens une douleur intense en arrière de la tête. Une voix (qui n’est nettement pas la mienne) me dit avec autorité : « Ton thalamus est en train de surchauffer. Calme-toi ». Surpris, j’arrête subitement de crier et de pleurer. Ma douleur disparaît aussitôt. Une lumière étrange m’enveloppe et un silence étourdissant m’entoure. Un calme étrange, mais bénéfique s’empare de moi. Ma colère et mon désarroi ont disparu et cédé la place à une sorte d’extase. Ma vie me semble tout à coup imbibée d’un sens profond et immuable. Je comprends maintenant TOUT. Et j’ai bien hâte de partager ma révélation avec les gens que je viens tout juste de quitter.

De retour à la salle de classe, j’en ouvre brusquement la porte pour me précipiter à l’intérieur. Une nouvelle surprise m’y attend : la pièce est remplie d’une énergie intense qui pulse partout et la couvre de couleurs vibrantes. Tout au fond de la pièce, je vois notre prof qui me sourit et m’ouvre les bras. Je me précipite dans ses bras en essayant d’expliquer ce qui m’est arrivé, mais je ne peux rien dire. Je ne parviens qu’à émettre des balbutiements incompréhensibles. Je me sens comme un bébé qui vient à peine de naître. De la bave me dégoutte de la bouche et le nez me coule à profusion, mais je me sens heureux, heureux, heureux comme jamais auparavant. Malgré ça, je suis assez conscient pour constater qu’un étrange tableau m’entoure : une trentaine de personnes me regardent avec consternation. Certains sont simplement curieux. D’autres sont visiblement ébranlés. Quelques-uns tremblent de peur. D’autres se bercent sur place comme de jeunes patients mentaux en état de choc.

Je désire vraiment leur expliquer ce qui s’est passé, ce qui m’est arrivé. Je veux les rassurer. Leur dire que tout va bien. Que ce que j’ai vécu est merveilleux. Qu’il ne faut surtout pas résister. Que tout ce qu’ils ont à faire est de permettre à l’expérience d’avoir lieu. Je veux leur affirmer qu’il n’y a rien à craindre. Que « passer de l’autre côté du voile » est tout à fait miraculeux, Mais je ne peux pas. Je ne peux toujours pas articuler un seul mot. Je ne fais que balbutier et baver. Et plus j’essaie de parler, plus je gargouille. Plus je gargouille, plus ceux qui m’entourent sont perplexes et plus je trouve ça drôle. En fait, tout me semble drôle. Très drôle.

Dans les heures qui suivent, une vingtaine d’autres personnes vivent une transformation semblable à la mienne. Un après l’autre, ils « percent » le voile qui me semble séparer la dimension physique de la dimension éthérique. Chacune de ces percées m’apparaît être une victoire importante, une sorte de conquête du monde spirituel par rapport au monde physique. Je suis convaincu que plus il y aura de gens comme « nous », mieux nous serons.

Vous vous souvenez de la voix qui m’avait suggéré de me calmer? Cette voix me revient à maintes reprises. Elle me parle de Marcel comme s’il n’est qu’une personnalité particulière dans une longue ligne de personnalités que je possède dans ma garde-robe multidimensionnelle. Dès les premiers instants après ma transformation, cette voix me guide d’un moment à l’autre. Elle me suggère quel individu aider à « traverser » dans la nouvelle dimension. Elle me murmure des détails intimes à mentionner à certaines personnes et me prédit ce qui va se passer d’un instant à l’autre.

C’est ainsi que s’amorce une transformation qui va s’échelonner sur une période de plusieurs mois. Marcel était un individu très sérieux et prudent. Sur les instances de ma voix, je deviens très enjoué et insouciant. Marcel était émacié et de faible constitution. Je gagne du poids et développe des muscles que je ne connaissais même pas. Marcel évitait tout sport et toute forme d’efforts physiques. Moi, je fais maintenant de la natation et de la musculature plusieurs fois par semaine. Marcel était dépressif et assez maussade, moi je suis très joyeux, même heureux jusqu’au point de chanter et de fredonner à tout moment de la journée.

Pour ce qui est de ma sexualité, elle aussi subit une transformation plutôt radicale. Quoique j’ai toujours été intéressé aux plaisirs charnels, ma personnalité assez maussade m’avait souvent empêché d’en profiter avec joie et abandon. Tout ça change avec l’aide de ma voix. Sur ses instances, je profite de maintes occasions érotiques et m’y abandonne avec passion et insouciance.

Plus je lui fais confiance, plus ma voix se fait connaître. Elle m’affirme qu’elle est là pour m’aider à surmonter les limites de Marcel. Elle me lance toutes sortes de petits (et gros) défis dont le but semble être de remettre en question mes habitudes et mes attitudes périmées. Elle m’enseigne à contourner les peurs, les appréhensions et les limites de Marcel. Elle m’offre maintes suggestions qui vont à l’envers de ses façons de penser, de son mode de vie, de ses inhibitions et même de ses croyances religieuses et spirituelles.

Cet état d’euphorie restera avec moi pendant plus de dix mois, cette année-là. Durant toute cette période, je suis constamment habité d’un sentiment de parfait bien-être et de joie soutenue. Je continue de plus à me percevoir comme une sorte d’extra-terrestre pour qui chaque nouvelle journée est une aventure inusitée.

Puis, un jour, je m’aperçois que tout est fini. Mon extase disparaît complètement sans laisser de traces. Ma certitude n’est plus là. Mon ancienne personnalité est de retour. Je suis de nouveau Marcel. Je ne suis plus qu’un humain bien ordinaire.

Mon état kundalini ne me reviendra que huit ans plus tard, lors d’un voyage en Égypte. Mais cette histoire-là, je vous la raconterai dans une prochaine chronique.

Les livres de la vie

« Ça sert à quoi, une vie? Quelle est notre raison d’être? Pourquoi sommes-nous sur terre? C’est une importante question à laquelle il vaut la peine de répondre! Bien des experts s’affairent à nous donner toutes sortes de raisons sans pourtant nous satisfaire complètement… Mais malgré le fait qu’ils soient tous bien impressionnants, tous ces livres importants, ce qui m’importe le plus, ce sont plutôt les divers livres de la vie que chacun de nous contient en lui. » Pour ceux et celles qui n’étaient pas à notre antenne à la parution du dernier Cheminement, ce sont les mots par lesquels j’introduisais la thématique de cette chronique.

« Les livres de la vie » vous invite, vous, lecteurs et lectrices, à participer à un concours bien spécial : résumer en quelques mots (de 500 à 1 500, pour être plus précis) le sens de votre vie individuelle. En plus de lancer cette invitation à vous tous, j’ai aussi invité quelques amis en particulier à contribuer leur version : « Leur livre de la vie ». J’attends leurs réponses et j’espère que nous verrons bientôt ce que ça donnera!

Entre-temps, je vais commencer par partager avec vous le sens de ma vie à moi… Permettez-moi de débuter par souligner que j’ai toujours été préoccupé par cette fameuse question : elle sert à quoi ma vie? En ce qui me concerne, ma vie à moi, elle a servi (et continue de servir) à souligner le fait que – malgré les apparences – nous habitons tous plusieurs dimensions à la fois. C’est d’ailleurs le thème d’un livre que je m’affaire présentement à terminer. Il s’intitule « Kundalini Karma ». Son sous-titre : les aventures érotiques d’un mystique bien ordinaire…

Hé oui, j’ai bien dit des aventures érotiques… Si vous vous demandez qu’est-ce que l’érotisme peut bien avoir à faire avec la spiritualité, je dois m’empresser de préciser que, pour moi, la vie, l’érotisme, les dimensions parallèles et la spiritualité, c’est la même chose.

Voilà donc l’essence de mon « évangile » à moi : nous sommes sur terre pour jouir de la vie terrestre. Et l’expérience de cette vie terrestre, on en aborde la découverte au moyen de notre premier plexus : celui que les textes védiques appellent la racine, c’est-à-dire notre sexe. Ce n’est pas par hasard non plus que la psychanalyse appelle l’éros la pulsion de vie.

Tout cela pour préciser que lorsque je parle d’érotisme, je parle de spiritualité vécue à tous les niveaux de notre existence. Ce vécu, il s’exprime par la voie d’une énergie vitale qu’on appelle : esprit, âme, élan vital, etc. Moi, je préfère le terme Kundalini parce qu’il nous permet de contourner bien des idées préconçues d’origine chrétienne. J’aime aussi le terme Kundalini parce qu’il a des connotations sexuelles qui affirment que notre énergie vitale est… vitale. C’est-à-dire qu’elle s’exprime à tous les niveaux de notre être, qu’elle peut nous pogner par les tripes et nous faire sentir sa présence lors de toutes sortes de contacts. Même des contacts viscéraux et apparemment « non spirituels » tels des échanges érotiques anonymes et passagers. En d’autres mots, notre énergie kundalini est toujours là, toujours présente, toujours prête à surgir, toujours vitale.

Dans mon cas, ma vie à moi a été, pendant bien des années, une bataille quasi constante entre mes pulsions vitales (ma kundalini) et ce que je croyais être ma spiritualité. Comme tout bon petit catholique, j’avais accepté le grand mensonge : que le sexe et la spiritualité étaient deux pulsions opposées, qu’il fallait résister à l’un pour accéder à l’autre.

Heureusement pour moi, il fut un moment où cette charade pseudo-spirituelle a enfin été mise en évidence… Ma libération a commencé en 1969 lorsque j’ai découvert « la métaphysique ». (Les enseignements particuliers auxquels je fais ici allusion étaient offerts par un organisme qui s’appelait la Société bartonienne de métaphysique. Cette société fut très importante pour moi, car elle domina mon existence jusqu’à sa disparition en 1984.)

Peu importe les détails, toujours est-il que mon évolution spirituelle fut soudainement accélérée par la découverte de ce groupe de métaphysiciens. Quel plaisir de découvrir un groupe de « maniaques » qui, comme moi, s’étaient sentis isolés dans leur cheminement spirituel… Quel soulagement d’apprendre que nous n’étions pas seuls à combattre nos fantômes! Nous étions en fait toute une génération à remettre en question les préceptes d’un catholicisme archaïque, d’un christianisme périmé, d’une spiritualité erronée.

C’est au sein de cette métaphysique dite bartonnienne que je commençai à explorer le monde des phénomènes psychiques. Je découvris, entre autres l’importance des rêves spirituels, du visionnement d’auras et de la projection astrale. On y mentionnait aussi le yoga et l’énergie kundalini.

Vu mon cheminement particulier, l’approche kundalini me plut dès le départ. Enfin une spiritualité émancipée, une spiritualité qui expliquait que l’énergie vitale se manifeste sous plusieurs formes en commençant par l’érotisme et la sexualité. Allais-je enfin pouvoir réconcilier mes deux pôles opposés? Ma réponse à cette époque? Oui et non.

Oui, j’allais enfin pouvoir commencer à réconcilier mes pôles opposés… parce que la kundalini présentait l’énergie dans un contexte inclusif : on admettait la présence d’une énergie universelle qui, en soit, n’est ni « bonne » ou « mauvaise », elle existe.

Mais malheureusement, cette introduction au kundalini allait aussi me désappointer parce qu’elle était enseignée par des individus qui, comme moi, étaient encore sous le joug d’un christianisme erroné. Nos enseignements étaient inclusifs, mais notre comportement affirmait le contraire. Consciemment, on acceptait toute énergie comme étant neutre, mais émotivement on continuait de penser que nos besoins physiques étaient inférieurs et moins spirituels.

Heureusement, cette situation allait changer de façon dramatique en 1973. Nous allions vivre une série d’événements uniques qui allaient complètement transformer notre vécu et radicalement changer notre perspective. Ces événements furent si dramatiques qu’ils continuent d’influencer ma vie à moi, et ce, même 30 ans plus tard. J’ai aussi découvert depuis que plusieurs autres individus (et même des organisations) ont vécu une transformation semblable durant ces mêmes années.

C’est de ces événements bizarres que j’ai l’intention de vous parler lors de notre prochaine chronique. Je parlerai aussi du fait que le cheminement amorcé à cette époque fut accéléré de façon considérable pour moi lors de deux autres événements psychiques majeurs. Un de ces événements eut lieu en 1981 à la tombe de Tutanhkamen, l’autre est survenu lors d’un massage érotique en 1995. Tous deux m’ont offert des preuves irréfutables que l’énergie kundalini existe et qu’elle est puissante, transformatrice et… merveilleuse.

Au plaisir de communiquer de nouveau avec vous lors du prochain Cheminement. Entre-temps, n’oubliez pas de nous écrire et de partager avec nous votre cheminement, votre livre de la vie.

Au plaisir de vous lire!

Les livres de la vie

Ça sert à quoi, une vie? C’est une importante question! Une question à laquelle il vaut la peine de répondre! Une question qui nous hantera tous. Et ce, durant toutes nos vies! Ça sert à quoi, une vie? Quelle est notre raison d’être? Pourquoi sommes-nous sur terre? Bien des experts s’affairent à nous donner toutes sortes de raisons sans pourtant nous satisfaire complètement… à ceux et celles d’entre nous qui sont encore catholiques, leur curé dira : le but de notre vie est de servir le Seigneur. Si par contre, c’est la chanson qui nous inspire, les poètes s’empresseront de nous dire : l’important, c’est la rose. Et à ceux et celles qui préfèrent leur vérité un peu plus exotique, divers gurus de tout emblée vont annoncer : le sens de la vie est de contempler le sens de la vie. À ceux qui ne croient qu’à la science, les spécialistes en laboratoire nous diront que notre histoire n’est au fond qu’une question d’évolution en nous affirmant que le but de notre existence est de reproduire la race humaine. Mais tout ça, ça ne nous donne pas satisfaction. Au risque de tourner en rond, on se repose la question avec un peu plus de précision : c’est bien beau tout ça, mais elle sert à quoi, ma vie? C’est la question que je me suis, moi aussi, posée. Maintes fois dans ma vie.

Mais ça sert à quoi, une vie? C’est la question que je me suis posé à la mort de mon père. Elle sert à quoi, ma vie? Et il m’a répondu, mon père! C’est vrai! Contrairement à ce que bien des gens peuvent vous avoir dit : la ligne n’était pas occupée! Mon père qui est au ciel, il m’a répondu! Vous aussi, vous pouvez l’essayer : sortez votre cellulaire imaginaire et composez avec moi : 1 800 JE-SUIS-1!, Allez-y, n’hésitez pas! C’est même un numéro sans frais. Demandez votre question : ça sert à quoi, ma vie?

Et c’est ainsi qu’est née l’idée de base de cette chronique. Vous avez certainement entendu parler de divers bouquins tous intitulés « Le livre de la vie ». Comme on sait par expérience, tous ces livres prétendent, eux aussi, nous révéler le sens de l’existence. Mais malgré le fait qu’ils soient tous bien impressionnants, tous ces livres importants, ce sont plutôt les divers livres de la vie que chacun de nous contient en lui qui importe le plus.

Cette chronique affirme et démontre le fait que chacun de nous, si humble soit-il, contient en lui (ou elle) un « Évangile ».

Au plaisir de vous lire!

Les livres de la vie

La poursuite du bonheur

Ça sert à quoi, une vie? Quelle est notre raison d’être? Pourquoi sommes-nous sur terre? Bien des philosophes et des experts de toute sorte ont essayé de répondre à ces questions sans pourtant nous satisfaire. Cette chronique vous propose d’explorer ces questions essentielles en vous offrant diverses expériences transformatrices racontées par divers individus qui se sont tous posé cette question : Elle sert à quoi ma vie?

Merci au lecteur Gilles Caron d’avoir répondu à l’appel lors de la dernière chronique.

Je pourrais parler de bonheur, mais le bonheur, c’est pour les autres. D’ailleurs, il existe seulement aussi longtemps qu’on ne le connaît pas à plein temps.

Je pourrais parler de passion, mais je me contenterai de dire que le bonheur n’existe pas sans elle. Je pourrais aussi ajouter que si vous ne connaissez ni ne vivez vos passions, vous avez tout un défi en avant de vous.

Je pourrais parler d‘objectifs de vie, mais je me limiterai à oser vous dire que si vous ne vivez pas vos passions, vos objectifs ne valent pas grand-chose…

Alors, fermez vos yeux… mais non… parce que vous ne pourrez pas continuer à lire… mais vous savez ce que je veux dire… Simplement imaginez que votre vie est simplement le cheminement de la réalisation de vos rêves et de vos passions et que le reste n’a qu’une importance secondaire. Imaginez les moments de bonheur qui feraient partie de votre existence…

Mais évidemment, on dira que les passions, c’est pour les autres parce que vous devez gagner votre pain, vous occuper des enfants, vous occuper de vos souffrances et des gens qui souffrent autour de vous. Mais se pourrait-il que ceci ne soit que de belles excuses pour éviter le bonheur…

Parce que le bonheur, ça fait peur! Ça demande des efforts! Ça demande de prendre le temps de comprendre ce qu’on aime et de trouver comment faire sa vie de ça! Alors, c’est pour les autres, pour les chanceux qui ont le temps, eux!

Mais vous vous demandez peut-être qu’est-ce que tout ça a à voir avec « Les livres de la vie ». Je me risque à répondre que je ne connais personne dont le livre de la vie n’est pas une quête de bonheur. Par contre, il semble que peu de gens aient le courage de vraiment entreprendre la merveilleuse aventure sur le sentier qui y mène.

Parce que l’inconnu fait peur, parce que les risques semblent énormes. Imaginez que votre cheminement vous amène à remettre en question votre travail, certaines de vos habitudes, certains de vos amis… C’est insécurisant! Imaginez qu’ensuite, votre travail soit une aventure de plaisir et de croissance chaque jour, que vos habitudes néfastes soient disparues, que votre vie soit devenue l’exaltation du moment présent et de la gratitude envers l’univers qui vous entoure. Pensez-vous vraiment que c’est pour les autres? Pensez-vous vraiment que notre présence sur cette terre soit pour autre chose que d’aller au bout de soi-même?

Un petit secret. Il y a une espèce de magie à tendre vers nos rêves et nos passions. Plus on lâche prise, plus on se laisse couler dans ce que nous sommes vraiment, plus la vie elle-même se met de notre côté et nous aide. Et nos grandes peurs s’évanouissent et la vie prend soin d’elle-même.

D’ailleurs connaissez-vous des personnes qui ont bâti des fortunes sans au préalable être passionnées et avoir un rêve? Il y a cette espèce de bonus qui fait que la santé financière accompagne celui (ou celle) qui poursuit la grande aventure de ses passions.

Le hic, c’est qu’il n’y a pas de recette magique que l’on peut simplement suivre. On peut s’inspirer de l’expérience des grands, et on devrait le faire. Mais nous devons trouver notre propre voie, notre propre cheminement, et c’est ce qui rend l’aventure si extraordinaire.

Enfin, pourquoi se casser la tête avec toutes ces histoires? Je suis bien dans ma petite vie. Tiens, je vais allumer la télé et oublier tout ça! Ou peut-être que dirais-tu de prendre un crayon, un papier et faire la liste de ce que tu aimes, tes rêves, tes projets…?

Est-ce que tu continues avec moi? D’abord, as-tu fait ta liste?… Je savais!

Notre vie est la construction de notre biographie. Il n’est pas important qu’on la publie. Il est surtout important qu’elle serve au mieux-être de ceux qui nous entourent. C’est là que l’on retrouve la magie : c’est en donnant que l’on reçoit et que le bonheur s’en mêle. En d’autres mots, c’est par la générosité que l’on connaît le succès et la prospérité, et que le bonheur s’en mêle.

Mais attention, ça ne commence pas là! Ça commence par avoir le courage de bien cerner tes rêves et de décider de les poursuivre! Je le sais – je me répète! Mais ce n’est qu’en se mettant à la poursuite de nos rêves que l’on devient authentique, que ça prend un sens, que nos objectifs réels prennent forme, et que le bonheur s’en mêle! Et ça ne commence pas là non plus! Ça commence par le courage de décider simplement de cesser de vivre sa vie à s’occuper de choses qui ne correspondent pas à ce que nous sommes. Et la joie et la libération qui accompagnent ce geste font partie des plus beaux moments de la vie. Et c’est à partir de là que l’on peut encore mieux identifier nos passions et nos rêves. Mais ça fait peur, c’est comme lâcher prise sur l’inutile – AYOYE!

Bon, assez de paroles sages! Le modèle qui guide mon livre de vie est, comme un bon marin, de faire le point, chaque jour, avec toutes les coordonnées disponibles, pour m’assurer de bien garder le cap, même au travers des tempêtes. À partir des objectifs fixés ou de la liste mentionnée plus haut – (celle que tu n’as pas encore complétée!!!) – réserve-toi un moment chaque jour pour prendre conscience de ton état d’être – évalue comment bien tu as rencontré tes objectifs d’hier – absorbe les leçons apprises – précise ta vision de vie – définis tes objectifs pour le prochain jour – sois reconnaissant envers les êtres et les événements – établis un objectif de santé. En accomplissant cette démarche chaque jour, tu tiendras toujours le cap et progressera très rapidement vers la réalisation de tes rêves. Et le bonheur va s’en mêler!

Mais ce sont 100 000 mots qui seraient nécessaires pour bien exprimer le fond de cette approche. En attendant, quel est ton rêve le plus profond qui pourrait devenir le centre de ta vie – tout de suite? Tu vas pas allumer la télé!

Pourquoi la « planétisation » est inévitable?

L’idée d’un thème sur la planétisation m’est venue soudainement. À ce moment-là, je n’avais encore aucune idée de ce que le mot « planétisation » voulait dire. Lorsque j’ai mentionné ce terme à l’équipe de Cheminement, personne d’autre n’avait encore entendu ce terme, mais nous étions tous intrigués par sa signification implicite. Depuis, j’ai découvert que le mot avait été inventé par Teilhard de Chardin, le philosophe-théologien-scientifique renommé qui a bâti sa réputation en posant comme hypothèse l’idée que l’évolution était tout autant un processus spirituel que biologique.

Les choses deviennent plus complexes

Selon les scientifiques et les philosophes, l’univers a commencé de façon simple et a évolué graduellement pour devenir quelque chose de plus complexe. C’est un de ces rares concepts sur lequel même théologiens et physiciens ultramodernes sont en accord : au début, l’univers n’était rien d’autre qu’un point d’énergie qui a explosé en d’innombrables particules de matière et d’énergie.

Ce nuage de matière et d’énergie a continué son évolution en se combinant en d’innombrables permutations pour former les étoiles, les planètes, les comètes et les astéroïdes. L’une de ces planètes était la Terre. À mesure qu’elle a évolué et changé, elle a donné naissance à la géographie qui nous entoure ainsi qu’à toutes les formes de vie avec lesquelles nous partageons cette belle sphère.

Tout ce que nous savons au sujet de la vie supporte l’idée que celle-ci a évoluée à partir de formes extrêmement simples (telles que les êtres unicellulaires) jusqu’aux êtres plus complexes (tels que les humains, les baleines et les dauphins). Étant donné le fait que l’évolution se poursuit depuis des milliards d’années, la terre et tous ses habitants vont continuer d’évoluer et de changer. Nous avons donc toute raison de croire que, pour les générations futures, notre génération actuelle paraîtra plutôt primitive et non évoluée.

Les choses s’accélèrent

Maintenant que nous savons que cette planète entière est impliquée dans un procédé continuel de changement, un facteur important à considérer est celui-ci : à quelle vitesse ce changement se produit-il? Encore une fois, il y a une évidence considérable qui indique que le processus d’évolution accélère sans cesse depuis le Big Bang. En d’autres mots, plus les choses changent, plus elles tendent à changer rapidement.

En outre, non seulement le changement se produit-il plus rapidement, il se produit à un rythme exponentiel : l’ampleur de chaque nouveau pas dépasse de beaucoup le pas précédent. Cette hypothèse semble être complètement supportée par des recherches continuelles qui se font dans les diverses branches de la science. Par exemple, il y a beaucoup d’évidence qui démontre que les virus peuvent muter à un taux alarmant. C’est ce qui leur permet de contrecarrer les antidotes que la science médicale moderne met dans leur chemin.

Cette accélération du changement s’effectue encore plus rapidement dans les domaines qui ont trait à l’humanité même. Tandis que toutes les sociétés ont démontré une capacité d’adaptation aux changements, la société moderne, elle, change à un taux ahurissant. Ce rythme de changement est encore plus accéléré par la rapidité accrue de notre développement technologique. Vous n’avez qu’à vous rappeler de tous les changements que vous avez vus durant votre propre vie. Quand était la dernière fois où vous avez utilisé un téléphone à cadran rotatif? Une machine à écrire? Ou une bande magnétique à 8 pistes? Ou encore, quand était la dernière fois ou vous avez utilisé une disquette d’ordinateur? La plupart des adolescents d’aujourd’hui peuvent à peine reconnaître ces instruments!

Les choses se diversifient

Non seulement les choses évoluent-elles à un rythme de plus en plus accéléré, elles se dispersent également dans toutes les directions et d’une façon telle que la vie et le monde qui nous entoure deviennent de plus en plus diversifiés. Encore une fois, il y a plein d’évidence pour supporter cette théorie dans tous les secteurs de la vie.

Au microscope, de nouvelles formes de vie apparaissent continuellement. Au niveau économique, la planète entière évolue de nouveaux modèles de production, de commerce et de consommation que personne ne pouvait concevoir il y a même quelques décennies. Des modèles semblables de diversification apparaissent également au niveau social et culturel à mesure que les diverses races et les cultures se croisent et se mélangent.

Évidemment, les innovations technologiques telles que l’Internet servent à alimenter cette diversification encore plus à mesure que les groupes et les individus de partout sur le globe découvrent que « c’est ok d’être différent ». Les blogs et les groupes de discussion prolifèrent partout. Le mantra qui domine dit : fais ta propre affaire.

Les choses convergent

Il est assez curieux de voir qu’autant les choses changent, accélèrent et se diversifient, la vie converge également de façon particulière pour refléter un autre aspect du processus d’évolution. En d’autres mots, juste comme les choses semblent s’éloigner de plus en plus, en réalité, celles-ci se rapprochent de plus en plus étroitement ensemble.

Afin de mieux comprendre ce concept particulier, il nous faut entrer dans le monde de la mécanique quantique, le monde d’Alice aux pays des merveilles. Dans le monde d’Alice, tout est actuellement l’opposé de ce qu’il semble être. Les choses qui apparaissent très larges sont actuellement très petites. Les choses qui semblent petites sont énormes. Les choses qui sont vites sont lentes, etc…

C’est un fait que, plus on observe le monde des particules quantiques, plus on s’aperçoit que le cosmos ressemble au monde magique et farfelu dont parlaient autrefois les légendes autochtones. Dans un tel monde, le détachement objectif auquel aspire tous les scientifiques est impossible puisque l’énergie obéit aux attentes de ceux qui les observent. Et plus, on s’acharne à expliquer la matière de façon ultra-scientifique, plus nos théories semblent abstraites, immatérielles et même « spirituelles »…

Il en résulte que le monde entier semble tourner à l’envers. Alors que les scientifiques s’expriment de plus en plus en termes de « conscience cosmique », certains théologiens commencent à accepter l’existence des phénomènes parapsychiques, les banquiers s’ouvrent à la sagesse du développement durable et les gourous spirituels prêchent la moralité de la prospérité et l’inévitabilité de l’expansion. Les urbanistes se précipitent à la découverte de nourriture biologique et les gens de la campagne voyagent à travers le monde par les raccordements d’Internet haute vitesse. L’est rencontre l’ouest. Le nord découvre le sud. Et les quatre coins de la planète se fusionnent ensemble dans de nouvelles combinaisons inattendues et des permutations jamais encore imaginées auparavant. Le démuni s’éveille à sa prospérité inhérente et le riche embrasse sa simplicité intérieure.

En route vers notre Point Omega

Que penser de tout ça? Que va-t-il advenir de notre belle planète? Trouverons-nous une façon de vivre en harmonie avec ses innombrables espèces? Et quel sera le sort de l’humanité? Une chose est certaine : notre planète toute entière se précipite vers son avenir à un rythme de plus en plus acharné. Atteindrons-nous un point de destruction ou un point de perfection? Arriverons-nous à ce fameux « Point Oméga » dont parlait Teilhard de Chardin? Ce sont là des questions bien pertinentes dont les réponses sont encore en voie de devenir.

Ce qui importe le plus dans tout ça, est le fait qu’un nombre croissant d’entre nous sommes de plus en plus convaincus que tout est parfait et que tout se déroule comme il se devrait. En dépit de toutes les apparences du contraire, le monde n’est pas en train de se détruire, il est plutôt en train de se réinventer. Cette conviction est une perspective qui prend de l’essor dans maints milieux et est proclamée par des maîtres de diverses disciplines. Le gourou Esther Hicks résume la situation assez bien lorsqu’elle dit : « L’univers est en expansion parce que l’expansion est inévitable ». Ou, pour le dire encore dans les mots de Ramtha, un autre maître spirituel : chacun de nous est en train de découvrir la joie de « faire connaître l’inconnu ». Pour ma part, il m’est difficile d’imaginer une période plus excitante de notre histoire. Je me réjouis du fait que chaque nouvelle génération m’apparaît de plus en plus évoluée, de plus en plus connectée et de plus en plus prête à affronter le changement non pas comme une corvée, mais plutôt comme une occasion d’embrasser la vie et de célébrer l’univers.

Malsaine, la compétition?

Nous connaissons tous l’expression « La survie du plus fort ». Mais Darwin se serait-il trompé? Les évidences commencent à monter dans ce sens. En tant qu’homme et contemporain de la révolution industrielle, Charles Darwin était prédisposé à percevoir la compétition comme la seule avenue vers la survie. Il en était de même pour les industriels, les financiers et les entrepreneurs britanniques de son époque. Ceux-ci ont profité de sa théorie de l’évolution pour justifier leur exploitation agressive des populations et des ressources de la Terre.

Les premiers peuples de la terre avaient une saine relation avec Gaïa, la Mère Nature. Elle représentait l’ordre naturel des choses. Les religions païennes enseignaient un respect profond pour la Nature et les hommes savaient qu’ils faisaient partie d’elle, ils comprenaient que leur survie dépendait de leur collaboration avec elle.

L’homme se croyait supérieur

Les philosophes de la Grèce antique furent parmi les premiers à promouvoir une perspective opposée. Selon eux, l’homme ne faisait pas partie intégrante de la nature. Il lui était supérieur. Ce fut le début d’un long processus de séparation entre l’homme et la nature. Quelques siècles plus tard, le philosophe français Descartes poursuivit cette même pensée en décrivant la Nature comme une machine qui pouvait être comprise et dominée par les humains.

Il en fut de même pour Charles Darwin qui expliqua l’évolution naturelle comme un champ de bataille compétitif où seulement les espèces les plus fortes survivaient aux dépens des autres. Cette théorie trouva oreille attentive auprès de l’élite capitaliste, manufacturiers et banquiers se sentant justifiés dans la création de leurs systèmes, puisque Mère Nature semblait combler de succès les plus forts et les plus audacieux.

Une obsession masculine

Cette vision masculine d’un monde basé sur la compétition continue toujours à distordre notre compréhension de la nature. « La survivance du plus fort » continue d’être utilisée comme justification pour perpétuer les inégalités économiques et expliquer l’agression entre les individus, les entreprises et les nations. Incapables de percevoir la vision du tout, nous continuons de ne voir que les séparations entre les espèces et entre nous tous. Nous sommes incapables de voir les connexions entre les différentes formes de vie; de même que nous échouons à développer des systèmes viables pour vivre harmonieusement entre nous.

L’inverse est vrai

Et pourtant tout dans la nature confirme que l’inverse est vrai. Il existe entre tous les organismes vivants des niveaux de coopération et d’interaction très sophistiqués. En fait, la biologie moderne démontre que la compétition n’est qu’une étape dans l’évolution de certaines espèces. Même les espèces qui nous apparaissent compétitives savent rediriger leur agression de façon à garantir la survivance du plus grand nombre.

Il importe de noter que les espèces qui ne parviennent pas à dépasser l’étape de la compétition ont tendance à disparaître.

Encore une fois, la nature suggère la mère. Elle jongle avec les ressources pour assurer le bien-être de chacun des membres de la famille. Elle s’affaire constamment à résoudre les différends afin que la survie soit un projet coopératif. Ayant mis l’évolution en mouvement, elle continue d’y investir en fournissant la conscience créative; chaque cellule, chaque planète, chaque galaxie, chaque système planétaire utilise les mêmes processus de croissance.

Une spirale de croissance

Plutôt que de rester figé sur la compétition et l’agression comme le sont les hommes, la nature a créé un cycle de vie harmonieux dans lequel tous les types de comportements ont leur place. Ce cycle prend la forme d’une spirale qui se répète en séquence et qui inclut chacune des étapes suivantes : unité, individuation, compétition, conflit, négociation, résolution, coopération, nouveau niveau d’unité, et ainsi de suite.

Évidemment, notre civilisation est encore obsédée par la compétition. C’est pourquoi nous concevons nos sociétés comme des machines agressives dans lesquelles chaque groupe et chaque individu doit se battre pour sa survie et sa suprématie. Notre histoire entière regorge de guerres interminables durant lesquelles nous nous entretuons parce que nous ne savons pas comment coopérer. On a même fait la guerre froide simplement pour décider quel système avait le meilleur modèle social! Il en va de même pour nos inventions. N’étant pas autocréatives, nos technologies deviennent vite périmées parce qu’elles sont incapables de changer et d’évoluer.

La coopération est la fondation

Encore une fois, la nature s’y prend tout autrement. Elle s’adapte et se réorganise, modifiant constamment ses diverses formes de vie de façon à leur permettre de mieux survivre. En fait, en regardant de plus près les systèmes naturels, il devient clair que la coopération est la fondation nécessaire au succès et à la survie. Il est vrai que plusieurs espèces passent à travers une phase hostile de compétition. Mais ce n’est qu’une étape dans leur évolution. Normalement, cette étape correspond à l’adolescence de l’espèce en question. Quand elles atteignent la maturité, la plupart des espèces apprennent à régler leurs conflits et à négocier des schémas de vie coopératifs pour leur bénéfice mutuel. C’est une leçon importante que l’humanité se doit d’apprendre.

La terre Gaïenne a déjà développé un réseau coopératif extrêmement complexe de dépendances mutuelles. Elle a aussi évolué d’innombrables schémas capables de résoudre nos intérêts conflictuels. Il ne nous reste plus qu’à en devenir conscients. C’est une leçon que nos biologistes commencent enfin à comprendre. Mais elle n’a pas encore été saisie par nos diverses autres disciplines. C’est pourquoi nos psychologues et nos sociologues ont souvent tendance à soutenir qu’il n’y aura pas de fin à la cupidité économique ni aux guerres politiques. La nature a beaucoup à nous apprendre dans ces domaines. La véritable coopération économique et politique pourrait tout changer.

Quatre milliards d’années

En nous mettant à l’écoute du tissu naturel de coopération, nous découvrirons que la pollution et la pauvreté ne font pas partie du futur d’une espèce en évolution. Pour survivre, nous devons réévaluer notre rôle en tant que partie intégrante de la Nature, et non séparé d’elle. Mère Nature s’est occupée elle-même de nourrir et de prendre soin de toutes les espèces qui l’habite. Elle le fait depuis au moins quatre milliards d’années. Nous serions sages de lui porter attention. Naturellement, plus tôt que plus tard!