L’état de plaisir

Il y a LES plaisirs et il y a LE plaisir.
Le 1er suggère une panoplie d’activités qui nous procurent de l’agrément, tandis que le 2e nous ramène plutôt à un état, à quelque chose qui est généré de l’intérieur.

Il n’y a pas de plaisir sans état de légèreté, ni aucune légèreté possible tant que l’on est absorbé par le passé ou le futur. Comme ces derniers constituent le champ d’activité du mental, on en vient au constat que le plaisir, en tant qu’état, ne peut exister qu’en dehors de la tête et surtout au présent.

Avec la vie que nous menons, pas étonnant de devoir en arriver à se réserver des plages de temps (quelle expression relaxante!…) qui seront consacrées uniquement au plaisir.

D’ici à ce que nous redevenions comme des enfants qui passent avec légèreté d’un moment présent à l’autre, nous risquons souvent de faire passer le plaisir sous la table, si nous ne posons pas des gestes concrets pour lui faire une place.

S’arrêter est vital
En effet, il faut d’abord reconnaître son besoin de s’arrêter, de s’amuser, de prendre soin de soi comme prioritaire à celui de prendre soin des autres, avant de décider de libérer du temps pour le faire.

Nous sommes à ce point conditionnés à performer et axés sur les tâches que nous avons besoin de moyens concrets pour nous rappeler que la non-action, la détente et le plaisir sont des éléments essentiels à notre équilibre, non seulement physique, mais aussi émotionnel et psychique.

Vous souvenez-vous de l’adage : « il n’y a pas de mal à se faire du bien! »? N’y a-t-il pas une saveur de culpabilité dans cette phrase? Avons-nous besoin de nous justifier pour nous accorder le droit au plaisir, à la jouissance d’être en vie, sans lien avec l’obligation d’un résultat?

Pourtant, les vibrations du plaisir sont encore là, dans la mémoire cellulaire des enfants que nous avons été et elles ne demandent qu’à être réactivées.

Les incidences d’épuisement professionnel ayant monté en flèche ces dernières décennies ne sont certes pas étrangères à la popularité grandissante des spas domestiques, des spas nordiques, des relais santé et des établissements qui dispensent des soins corporels.

Nous avons besoin de nous évader du tourbillon du quotidien (dans un bon bain tourbillon…) car souvent nos bonnes intentions de nous réserver du temps se font gruger par les imprévus. Ainsi les moments pour soi se retrouvent tout au bas de la liste des priorités, ne faisant qu’élargir le cercle vicieux.

À notre défense, il faut bien reconnaître que notre éducation ne nous a, en général, pas beaucoup orientés vers la notion de plaisir; ce qui fait que plusieurs vivent le paradoxe d’avoir à faire un effort afin de créer une place pour le plaisir dans leur vie.

À la rencontre se soi
En tant que personne-ressource « jouvaillant » dans un spa (mot sandwich de mon cru alliant jeu et travail), je rencontre bien des gens qui s’offrent un séjour pour la première fois. Je n’ai encore entendu personne dire qu’ils ont trouvé le temps long; au contraire, ils souhaitent revenir!

Que se passe-t-il quand on s’accorde une pause de ce type?

On se donne l’occasion de se rencontrer soi-même, de prendre le temps de se ressentir, de vraiment se reposer, de prendre du recul pour faire le point.

Bien sûr, une cabane en forêt ferait aussi bien l’affaire, mais comme nous vivons dans une société de performance et de pression, le premier besoin qui émerge est souvent de se dorloter et de se faire dorloter quand on le peut. Toute cette approche de cocooning est bien plus qu’une mode; elle répond à un besoin profond de trouver un équilibre à nos vies trépidantes.

Se donner du temps, se faire masser, flâner dans un bain, tout cela prend soin des signaux d’alarme lancés par le corps.

Cependant, bien des gens arrivent sur la table de massage en état de contraction tellement avancé, qu’ils devront expérimenter douleurs, malaises et grande fatigue avant de pouvoir ressentir les réels bienfaits d’un massage. En effet, quand on a dépassé ses limites, c’est la fatigue qui ressort aussitôt que l’on s’arrête pour prendre une petite vacance…

C’est au moment où l’on accorde un peu plus de temps aux choses « non productives » qu’on se rend compte à quel point le bien-être et le plaisir sont essentiels à un état de bonheur, celui qui n’a rien à voir avec les facteurs extérieurs.

C’est au-dedans que ça se passe…
Ce n’est pas par hasard que la tendance des spas innovateurs soit axée depuis une dizaine d’années sur un bien-être plus intérieur. On n’hésite pas à parler de l’âme et de l’être dans les publicités, ce qui est devenu une recherche d’équilibre dans notre monde occidental.

Continuons de chercher, car il y a un plaisir bien plus profond et durable que les multiples plaisirs que notre civilisation du loisir tente de nous vendre comme étant essentiels à notre bonheur.

S’arrêter et se donner l’espace de se ressentir est une première étape et les moyens que l’on choisira pour atteindre ce but doivent passer par la facilité et le plaisir, car si vous pensez : il faut que je me mette en forme, il faut que je me trouve du temps, vous passez à côté du plaisir.

Alors demandez-vous : qu’est-ce que je pourrais inclure dans mon quotidien que j’aurais du plaisir à refaire? Est-ce de prendre des bains relaxants, de me faire masser régulièrement, de pratiquer le tai chi, le chi Kung, le yoga, la méditation? Ou est-ce qu’une activité créative me permettrait mieux de laisser ma tête de côté pour quelques heures?

La régularité dans quoi que ce soit mène à une habitude, ou au mieux, une seconde nature. En arriver au point de sentir un malaise dès qu’on est à côté de ses pompes est une grande victoire, car cela révèle que c’est enfin l’être qui mène et non le faire. Notre société moderne cherche à redécouvrir une vérité si simple : la joie et la légèreté font partie intégrante de l’être. Après tout, nous ne sommes pas des « faire humains », mais bien des êtres humains!

Le toucher et le massage

Tout humain a un besoin vital de toucher et d’être touché. Le toucher, c’est une expérience, c’est prendre contact. Juste à l’énoncé du mot « toucher », le mot peut être accueilli comme un ami ou comme un ennemi. Il se présente à nous en quelques minutes inoubliables ou peut nous alourdir de quelques secondes pénibles où nous nous sentons envahi, tout cela dépend de notre expérience de vie. Dans le toucher, nous apportons l’ensemble de nos expériences et c’est le reflet de cette mémoire qui nous habite. Plein de secrets sont enfouis dans notre peau qui est messagère de tout un vécu psychologique, émotionnel et spirituel. Elle est le siège des sensibilités.

Le plus important de tous les sens est le toucher, mais il n’est pas nécessairement celui que l’on privilégie. Il est un moyen de sentir, de découvrir et d’apprendre tout au long de notre vie. La signification que l’on donne au toucher dépend du vécu de chacun, de sa culture, de son éducation, de la religion. Il est une forme de langage, un moyen de communication. Il est le premier langage que l’on utilise pour communiquer avec l’enfant, lui exprimer nos sentiments et lui montrer qu’il est aimé. On sait que sans toucher et affection, les enfants se laissent mourir. Nous ne pouvons pas ne pas agir et réagir au toucher parce qu’il nous implique dans la communication avec l’autre.

Sous forme de massage, le toucher aide les gens à prendre conscience de leur corps outre le bien-être corporel qu’il apporte, il peut être un véritable travail sur soi. Il est un moyen d’équilibre et de bonne vitalité du corps au-delà de l’être. Il procure détente et bien-être; soulage les tensions musculaires; améliore la circulation sanguine; stimule le système lymphatique; aide à éliminer les toxines; stimule l’énergie de la personne; contribue à réduire le stress; à apaiser le système nerveux; à prévenir la maladie et à améliorer notre état de santé. Le massage est un excellent complément qui permet d’améliorer notre qualité de vie en créant une harmonie et une paix intérieure tout en favorisant la prise de conscience et l’écoute de soi. Il doit être pratiqué avec écoute et respect de la personne, de ses croyances, de sa pudeur, de son corps. Grâce au massage, le toucher redevient un formidable instrument de connaissance de soi, de dialogue et de bien-être intérieur. Les gestes faits avec respect, attention et chaleur s’inscrivent dans le corps, dans la peau et dans le cœur de chaque être. L’art du toucher est de développer le contact juste, le mouvement juste et l’intention juste. La stimulation par le toucher permet au corps et à l’esprit de se débarrasser de ce qui l’encombre car on dit souvent « ce qui ne s’exprime pas s’imprime ». Détendre le corps, c’est apaiser l’esprit.

Plus qu’une technique, il faut ajouter toute la profondeur du ressenti. Il faut lier la pratique du massage et l’ouverture du cœur et pour aller vers cette ouverture du cœur, il y a de multiples chemins possibles. Faire cet apprentissage par le massage, c’est choisir de renouer avec la vie qui palpite dans nos mains, sans intermédiaire autre que la chaleur de notre présence et la bienveillance de notre toucher. Accueil, chaleur, confiance, respect, don de soi font la qualité du massage offert par le massothérapeute. Peu importe la technique de massage utilisée, le plus important est la qualité du toucher.

Dans la vie d’aujourd’hui où la majorité des gens vivent du stress, il est de plus en plus important de prendre du temps pour soi. Il faut redécouvrir ce sens du toucher qui est un peu oublié.

Consciente de l’importance du toucher dans ma pratique comme thérapeute, je vous dirais que j’écoute avec mes mains et que je touche avec mon cœur. Le massage est un espace de communion et de communication pour apprivoiser le moment présent. Je vous dirais « osez aller vers l’autre, osez recevoir ». Le plaisir d’être touché a déjà une valeur thérapeutique en soi.

La nouvelle année sera-t-elle nouvelle?

Les cadeaux ont été déballés et les sans-abris bien gavés. Le champagne a coulé et les amoureux ont célébré. Les solitaires sont demeurés seuls et les familles ont fêté. Certains auront cessé de fumer à minuit et des prisonniers retiendront leurs larmes. Il y aura eu des feux d’artifice et des vœux échangés. Il y a des espérances et des souffrances, des joies et des enfants heureux, des lunes pleines et d’autres printemps…

Des soldes dans les magasins, des iPod, des iPhone, des iPad à moitié prix. Des hommes et des femmes qui prendront leur retraite, des artistes qui gagneront des trophées et le premier bébé de l’année dans le journal. Des retrouvailles, des inattendus, des attentats, des décès de personnes inconnues et la disparition de certaines célébrités, des mariages et des divorces et une prochaine Saint-Valentin… Un été trop chaud, d’autres inondations, des famines, la terre tremblera et les informations seront diffusées jour et nuit. On récoltera beaucoup de dollars et des euros pour d’autres pays. Nous irons au cinéma ou en Floride ou en Italie.

Certains souhaiteront connaître leur avenir, certains s’adonneront au yoga et liront des commentaires du Tao, tandis que d’autres mangeront des sushis et se feront masser. Les chats continueront de ronronner et les chiens à donner la patte.

Puis le temps d’une respiration, nous nous sentirons aimés et aimants, le temps d’un instant, nous serons sans regret ni amertume, disposés à accueillir l’impensable, le nouveau, l’impossible, l’extraordinaire des jours ordinaires, sous la pluie, dans la neige, couchés sur le ventre ou près du feu, au cœur des bois, seul ou avec d’autres, comblés, bouche bée, si heureux de vivre encore et de pouvoir donner, partager et recevoir, si heureux d’avoir aimé et d’aimer encore, sans raison…

L’aube apaisera les inquiétudes, le silence parlera haut et fort, de nos accomplissements, de nos rêves, de la vie toute simple, toute simple, tellement simple que nous aurons la certitude d’entrer dans une année nouvelle… tout en douceur, le cœur en feu, les yeux ouverts, la tête en fête, l’âme méditante, nous embrasserons ce moment unique comme on embrasse une dernière fois celui qui va mourir pour s’unir à l’éternel. Des chants se feront entendre dans toutes les chaumières et nous danserons longtemps, longtemps, joyeux d’écouter battre le sang dans nos veines comme des tambours au solstice d’été.

L’année sera nouvelle au moment même où la vie sera nouvelle…

Pour augmenter les effets bénéfiques d’un massage

Savez-vous que pour augmenter les effets bénéfiques que procurent le massage, il est conseillé de prendre une période de repos avant et après la séance?

Se permettre un temps pour décompresser peut signifier ne rien faire du tout pour ceux et celles qui ne se sentent pas coupables, lire un livre, écouter de la musique, prendre un bain chaud, ou encore, pratiquer de exercices (marche, natation, vélo, etc.).

En choisissant une activité qui vous plaît, vous contrez l’escalade des exigences extérieures. S’offrir un espace pour répondre à un besoin de retour vers soi contribue à descendre le niveau de stress. Ainsi, un relâchement s’amorce et la tension nerveuse et musculaire commence à diminuer.

En débutant la séance de massothérapie de cette manière, la relaxation s’installe dès les premières minutes. Les effets de calme s’accumulent à mesure que le temps s’écoule. Le massage terminé, la détente atteint une plus grande profondeur.

Pour garder ces effets régénérateurs plus longtemps, il est suggéré de poursuivre avec un choix d’activités tranquilles. Un truc additionnel, éviter de trop manger. Un estomac plein exige plus de sang et le massage a l’effet d’augmenter la circulation en périphérie. Massage et estomac plein ne vont pas ensemble.

Un massage apaise la tension nerveuse, détend les muscles, soulage les douleurs et tranquillise l’esprit. Ajoutez un peu d’oisiveté avant et après la séance contribue à hausser ses effets bénéfiques et à les faire durer plus longtemps.

Le massage et l’estime de soi

Je suis trop gros(se), trop maigre; j’ai trop de poils, Oh! Ma cellulite! Ma peau n’est pas assez douce…

Toutes ces réflexions sont des obstacles pour plusieurs d’entre nous à prendre un rendez-vous en massage.

Cette gêne de n’être pas assez… ou d’être trop… pas tout à fait ceci, pas tout à fait cela. En fait, il s’agit d’une crainte d’être jugé(e) dans son aspect physique. Sans compter tous ces critères de beauté véhiculés par les revues de mode et les médias et auxquels on ressemble souvent si peu.

Mais pourquoi comparer notre corps à une image plastique, à un cliché vu dans « Coup d’œil »?! Va-t-on se priver d’agir pour son bien-être le plus fondamental en se limitant à de telles comparaisons? Malheureusement, la réponse est souvent affirmative.

Mais si l’on voyait les choses autrement?

Peut-être pourrait-on avoir de la gratitude pour ce véhicule merveilleux qu’est notre corps si ingénieusement conçu par un inventeur qui n’a pas laissé de signature!

Si on y pense à deux fois, c’est tout à fait prodigieux que d’habiter ce système qui fonctionne constamment à recréer un équilibre interne pour s’adapter à tous les changements que la vie d’aujourd’hui nous impose.

La santé que nous tenons pour acquise peut décider un jour, pour une raison ou pour une autre, de foutre le camp. Comment donc éviter la panne?

Notre corps a besoin de respect. Il a besoin qu’on le traite comme on le ferait avec un enfant : écouter ses signaux, ses besoins et prendre les moyens d’y répondre.

Reconnaître ses limites et les honorer. Accepter ses traits et ses formes comme une œuvre unique que la nature a produit. Devenir ami avec lui en lui offrant des attentions et des soins qui le préservent et le nourrissent : exercices, hygiène, saine alimentation, plein air, repos…

Le massage permet au corps de relaxer et de récupérer des exigences de la vie. Il peut également contribuer à rehausser l’estime de vous-même. La relaxation engendrée par le massage crée un état de bien-être général, nous rend plus à l’aise et mieux dans notre peau. Ainsi, les formes rondes ou aigües, les poils et la cellulite passent à l’arrière-scène tandis que les bienfaits ressentis, eux, ressortent au premier plan.

Je vous encourage donc à dépasser votre gêne et à croire que vous méritez cette attention particulière d’être touché(e) par des mains pleines de respect et de chaleur.

Bon massage!

Le sapin baumier (Abies balsamea)

Cet arbre est appelé « arbre de Noël »; il est choisi parmi les arbres de notre forêt pour égayer nos maisons au temps des Fêtes. Cet arbre, mais aussi son odeur, amènent la joie dans nos demeures.

Les Amérindiens utilisaient son arôme pour susciter un sentiment de bonheur tranquille. Cette odeur douce et fruitée provenant des essences aromatiques est fort agréable. Si on la met en diffusion à l’aide d’un diffuseur électrique, les effluves et leurs effets thérapeutiques sont amplifiés. Sentir les arômes provenant de la diffusion aérienne, c’est comme si on était dans une forêt de sapins. De plus, c’est une huile essentielle qui aseptise l’air. Très utile lors des rencontres familiales.

Les propriétés de cette huile sont tonifiantes et antiseptiques, notamment contre les affections respiratoires et la toux. La Commission E1 a approuvé l’usage de l’huile essentielle pour traiter les infections et les inflammations des voies respiratoires et pour soulager les douleurs rhumatismales et névralgiques.

Maux de l’hiver
Cette huile est fort utile pour soigner les maux de l’hiver, comme la grippe, la sinusite, la bronchite et, si elle est associée à l’eucalyptus radiata, le mélange devient plus efficace. Ce mélange fluidifie les sécrétions respiratoires et a un effet antiviral. Attention, toujours utiliser les huiles essentielles avec de l’huile végétale.

La fatigue (normale)
Durant l’hiver, la lumière du soleil est à son minimum; cela peut affecter notre énergie. Pour éliminer la fatigue, il suffit de mas­ser le bas du dos, le plexus solaire, la région du cœur et les pieds avec de l’huile essentielle de sapin baumier diluée dans de l’huile d’olive. Aussitôt l’huile appliquée, on retrouve son énergie.

Cette merveilleuse huile essentielle de chez nous est un incontournable durant la saison de l’hiver. Cette huile prend soin de nous, elle allège les rigueurs de l’hiver.
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1La commission E a été établie par le gouvernement allemand. des spécialistes exceptionnels, reconnus en médecine, en pharmacologie, en toxicologie, en pharmacie et en phytothérapie, ont évalué les plantes en se basant sur des analyses chimiques, des études expérimentales, pharmacologiques et toxicologiques, ainsi que des recherches cliniques et épidémiologiques.

VERSION TEXTE DE L’IMAGE CI-DESSUS :

Suggestion pour soigner un rhume (pour adultes)
10 gouttes : Sapin baumier
10 gouttes : Eucalyptus radiata
Massage : Appliquer sur le dos, le thorax, les bras, les jambes
40 % du mélange d’huiles essentielles et 60 % d’huile végétale

Suggestion pour réduire une fatigue normale (pour adultes)
20 gouttes huile essentielle de sapin baumier
4 gouttes huile essentielle de cannelle cassia
Attention, très dermo­caustique si utilisée pure
Massage : Appliquer le mélange sur le bas du dos, la région du cœur et du plexus solaire
30 % d’huile essentielle et 70 % d’huile végétale

Bain tonique (pour adultes)
20 gouttes d’huile de sapin baumier
3 gouttes d’huile de cannelle cassia
Attention, très dermocaustique si utilisée pure
1 cuillère à thé de savon liquide
¼ de cuillère à thé d’huile végétale
Mélanger tous les ingrédients dans un verre en y ajoutant un peu d’eau. Verser le tout dans un bain chaud.

Pour en connaître davantage
Le livre de référence : L’Aromathérapie : huiles essentielles du Québec et du monde, applications thérapeutiques, Édition Santé-Arôme

Diffuser des huiles essentielles
Aseptiser l’air et créer une ambiance de joie
• 10 gouttes d’huile de sapin baumier
• 5 gouttes d’huile d’eucalyptus radiata
• 3 gouttes d’huile de cannelle cassia
Ajouter les huiles essentielles dans un nébuliseur électrique. La cannelle ajoute une dimension de joie. De plus, cette huile est très antiseptique.

La fasciathérapie : une thérapie manuelle à découvrir 

Le corps humain est une œuvre d’art dans son fonctionnement. Nous l’habitons sans en connaître tous les secrets ni le fonctionnement. Infirmière de profession, je pratique la fasciathérapie selon la méthode Danis Bois depuis plusieurs années et je constate tous les jours les bienfaits qu’elle procure.

Fasciathérapie et fascias
La fasciathérapie est une thérapie manuelle douce qui consiste à travailler les fascias. Les fascias (terme issu du latin qui signifie bandes) sont de fines membranes souples, blanchâtres, faites de tissu élastique et résistant qu’on appelle tissu conjonctif. Ils enveloppent les diverses structures anatomiques (muscles,  os, viscères, cerveau, moelle épinière, ligaments, système nerveux) et les relient entre elles. Ils agissent à la manière d’une seconde peau en 3D et sont animés par le « mouvement interne ». Pour s’en faire une image, c’est comme une toile d’araignée  qui s’étend de la tête aux pieds, en surface comme en profondeur.

Les fascias jouent un rôle fondamental dans la mécanique de notre corps en soutenant les organes et en appor­tant les nutriments aux cellules. Ils favorisent aussi l’élimination des toxines et stimulent une bonne circulation du sang. Chose importante à retenir : ils nous servent d’amortisseurs de chocs.

Les fascias : des tissus qui peuvent souffrir
Très sensibles au stress physique comme psychologique, les fascias se crispent, se contractent, créent des nœuds qui empêchent le mou­vement naturel et bloquent les échan­ges cellulaires et métaboliques. Les traumatismes tout autant que les émotions intenses peuvent se fixer dans les fascias. Imaginez un peu, ils peuvent garder en mémoire des empreintes pendant des années!­ Pas étonnant que des douleurs s’instal­lent et génèrent un état de fatigue.

De plus, notre posture, nos mouvements et nos réactions s’inscrivent dans notre tonus musculaire. Lorsque nous utilisons trop de volonté, cela nuit à notre capacité de rester détendus. En écoutant notre ressenti, nous pouvons ajuster notre posture et notre mouvement afin  de­­ rester dans le confort de bouger. La fasciathérapie a pour but de décrisper et de libérer les fascias superficiels, intermédiaires et profonds pour qu’ils retrouvent leur place et leur rythme et qu’ils laissent circuler l’énergie, tout comme elle permet de mieux connaître le langage de son corps.

Relancer le mouvement interne
Le fasciathérapeute est formé pour capter ce qu’on appelle le « mouvement interne », un mouvement particulièrement lent, profond et subtil à l’intérieur du corps, qui participe à l’équilibre de notre santé. La fascia­thérapie est donc basée sur l’écoute du mouvement interne du corps.

Le fasciathérapeute veille à relancer ce mouvement afin de libérer les blocages et de restaurer l’élasticité et l’adaptabilité des fascias. Une plus grande souplesse favorise une plus grande capacité d’adaptation face aux évènements et engendre une capacité de rebond dans sa vie.

Les séances
Elles durent entre 45 et 60 minutes  et se déroulent sur une table de massage. Lors d’une première  séance, le fasciathérapeute établit un bilan de l’état de santé à partir des renseignements que lui donne la personne. Puis, par un toucher  respectueux, il perçoit les tensions  et les entraves des tissus. C’est à partir de l’information perçue que seront exécutés des mouvements pour travailler à la source de la douleur et faire relâcher la région douloureuse. Le fasciathérapeute applique des pressions plus ou moins fortes en des points précis du corps en suivant le mouvement lent des fascias et en les mobilisant. Il recommande aussi des exercices particuliers qui servent à rééduquer la relation à son mouvement.

Les bienfaits de la fasciathérapie
Elle réduit l’inflammation, soulage les douleurs musculaires et articulaires, relâche les effets du stress accumulé, favorise une posture adéquate, soulage les troubles digestifs, libère les empreintes émotionnelles traumatiques, traite les malaises persistants à la suite d’un accident ou d’une chute, revitalise le corps, rétablit l’équilibre psychocorporel.

La fasciathérapie offre des outils puissants pour relancer la dynamique du corps et retrouver un état de  bien-être profond. Essayez-la!

Une rencontre avec… Bertrand Desfossés

Massothérapeute pendant 30 ans, il a été le cofondateur et directeur du Centre d’épanouissement psycho-corporel de l’Outaouais.
Entrevue par Carole Verdon

J’ai eu le bonheur de vivre une rencontre de trois heures avec cet homme de cœur. Je n’ai pas pris de notes, j’ai écouté ses paroles, une à une; un petit enregistreur entre nous. C’est un homme à l’intelligence analytique, vivement là dans le moment présent, pour qui le rapport humain est de l’ordre du sacré. Intuitif, il possède un flair remarquable; qualités plutôt nécessaires quand on est massothérapeute.

Un désir né d’une privation dans l’enfance, voilà d’où est venue sa motivation à devenir massothé­rapeute. Son père, atteint de tuberculose, était contagieux. C’est avec un trémolo dans la voix qu’il exprime avoir été privé du toucher, des embrassades et des accolades. Un manque qui va durer des années, années pendant lesquelles, pour compenser et se contenter, il touchera la guitare, du bois, des tissus, de la matière. « C’était instinctif. Je me suis nourri avec de la matière, mais j’étais en manque de contacts affectifs avec un humain », enchaîne-t-il.

Portant instinctivement cette cons­cience du toucher, il sculptait du bois avec un canif et fabriquait des objets avec ses mains. Il dira : « Je sentais que mes mains avaient une mission plus élevée… » Bien qu’il ait trouvé intéressant de travailler comme bûcheron, menuisier et mécanicien, il sentait un vide et n’était pas nourri par un toucher relationnel. Puis, à cette même époque, la mentalité, les tabous face au corps et au toucher étaient présents dans l’ensemble de nos rapports humains.

Je lui ai posé la question qui me brûlait les lèvres : qu’est-ce le mot toucher évoquait pour lui? Sans même hésiter, il m’a parlé d’une démarche en abandon corporel qu’il a amorcée en 1976, démarche qui lui a permis de découvrir la puissance du toucher à propre­ment parler : « Quand le thérapeute touchait­ le dessous de mon pied avec le bout de son majeur ou encore au creux de mon plexus solaire, ça ouvrait tout un registre de sensations internes. » À cela s’ajoute le toucher présence, indissociable de l’aban­don corporel, qui consiste à laisser émerger progressivement ce que le corps a enregistré.

Cette démarche lui a servi de déclencheur pour finalement en faire un tremplin vers la massothérapie. Une envie irrésistible et soudaine le poussa à offrir à des participants du groupe de masser intuitivement leurs pieds pendant les pauses. « Ça m’a conduit à l’évidence des bienfaits et de mon intérêt pour le toucher; de là, j’ai développé le goût d’aller plus loin. »

Voilà que sa passion et son goût pour le massage le poussent à suivre, entre 1982 et 1988, de nombreux ateliers d’exploration du massage. L’année 1988 sera une année marquante puisqu’il termine une formation professionnelle en massage Shiatsu et Suédois, à Québec. La même année, diplôme en main et membre de la FQM, il fonde, avec un petit groupe, le Centre d’épanouissement psycho-corporel de l’Outaouais, qu’il dirigera jusqu’en décembre 1994. Satisfait de son implication, il s’envole pour un voyage au Costa Rica et par la suite, de 1995 à 2012, il travaillera à son compte.

Plus j’écoutais Bertrand, plus je comprenais qu’être massothérapeute est un art et que, par l’exploration du toucher, il avait appris beaucoup sur la nature humaine, mais aussi beaucoup sur lui-même.

Dès la naissance, être touché fait partie des besoins fondamentaux de l’être humain, mais dans nos vies, le toucher n’est pas toujours à notre portée. Le massage vient combler ce besoin pour certains; d’ailleurs, Bertrand est clair là-dessus : « Parfois, la personne arrivait en me disant clairement : “J’ai besoin d’un massage, je n’ai pas été touchée ça fait des mois. J’ai besoin d’être touchée!” Au-delà du massage musculaire, elle avait ce besoin d’une présence, d’être enveloppée d’un toucher nourrissant. »

La cartographie du corps : une mosaïque de mémoires, de blessures et d’émotions. « Le corps prend la forme de ses expériences agréables et aussi de ses traumatismes. Des parties sont libres et confortables, tandis que d’autres sont tendues et chargées d’émotion. » Le massage peut-il alors être une voie pour se retrouver soi-même? « Les couches de résistance relâchent d’une séance à l’autre et, progressivement, la personne arrive à ressentir plus d’harmonie dans l’ensemble de son corps. C’est souvent la surprise de la personne de sentir qu’en s’ouvrant de plus en plus, c’est le meilleur d’elle qu’elle découvre. »

J’ai appris pendant ma rencontre avec Bertrand que, si une personne n’aime pas une partie de son corps, elle dira :­ « Je ne veux pas que tu me masses le ventre, ou autre… » « C’est souvent là un besoin en privation, parce que c’est une partie d’elle qu’elle refuse. Ces zones contiennent des mémoi­res ou des traumatismes que je me dois de res­pecter et d’apprivoiser tranquillement avec elle », explique-t-il.

Quel est le plus grand bienfait d’un massage? « Par la relaxation, c’est de rentrer chez soi, de reconnaître ses propres cellules à travers l’expérience, c’est de s’approprier son corps. Par les sensations éprouvées, j’habite plus mon corps, j’en deviens plus propriétaire. Tout ça est activé par le toucher et les différentes manœuvres du massage. »

Au moment d’écrire ces lignes, j’écoute un air de violoncelle, un air vibrant, enveloppant, remuant, et je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le geste du toucher en massage, duquel on peut dire qu’il est un véritable soin profond, relaxant, enveloppant et rassurant.

Le mot massage tire son étymologie du mot grec massein, de l’hébreu mashesh et de l’arabe mass dont le sens est palper, pétrir, presser légè­rement. Sept cent vingt mille terminaisons nerveuses font de la peau l’organe privilégié du bien-être. C’est probablement ce qui fait­ dire à Bertrand : « La détente en soi est le principal objectif pour que la personne prenne le temps de se ressentir. »

Pour bénéficier au maximum des bienfaits d’un massage, Bertrand recommande de prendre un bain ou une douche chaude avant le massage, pour libérer les toxines de la peau, pour détendre les muscles et les conditionner à être massés. Après le massage, il est préférable de garder un temps pour soi afin de maintenir l’état de détente.

À celui qui m’a parlé de relations humaines, de toucher et de massage pendant trois heures et qui affirme que le massage est l’une des plus riches expériences de sa vie, j’ai demandé : quand je dis le mot tou­cher, qu’est-ce qui monte en vous? « C’est une nourriture, une communication, une complicité avec l’autre dans le non-verbal, un accompagnement dans l’harmonisation de soi. »

J’étais curieuse de savoir quels sont, d’après lui, les motifs pour vouloir devenir massothérapeute? « Pour prendre soin, se découvrir, travailler sur soi, pour s’harmoniser soi-même. La plupart des raisons initiales, instinctives, c’est que la personne veut faire du bien, elle veut masser les autres, mais c’est un prétexte parce que ça lui fait du bien à elle de prendre soin, d’être en contact, de toucher; alors, elle veut devenir massothérapeute. Elle découvre qu’elle se nourrit en faisant ça, et c’est ça qui la motive à bien faire ce qu’elle fait. »

Bertrand a été une figure marquante dans le monde de la massothérapie en Outaouais. À celui qui a enseigné durant sept ans et pratiqué durant trente ans, j’ai appris qu’il avait cessé toute pratique en 2012. Avec une émotion palpable, il m’a confié : « Le dernier massage que j’ai donné, c’est à ma conjointe. C’est avec elle que j’ai eu le privilège de mon der­nier massage. Je n’en ai pas redonné après son décès. Je l’ai accompagnée avec mon cœur et mes mains pendant ses huit mois de soins palliatifs à la maison. J’honore ces moments d’intimité où le toucher a pris la place des mots… »

« Il m’arrive de masser des pieds et des mains à l’occasion, mais je sens que ma mission en massage est accomplie. Le toucher m’a fait rencontrer le plus beau de l’humain, au-delà de son enveloppe. »

Pour ma part, j’ai été honorée de rencontrer Bertrand Desfossés et de plonger avec lui dans une mer de mots, d’émotions et de partages. Cela m’a profondément enrichie, et je tiens ici à le remercier du fond du cœur.