Apprivoiser et aimer la vie

Aujourd’hui, je vous ouvre mon cœur en vous témoignant que la vie nous amène quelques fois des épreuves, mais il y a toujours une belle lumière et le bonheur qui vous attendent.

Ayant perdu mon père dans un accident de voiture alors que je n’étais encore qu’une enfant. Je me suis révoltée vers l’âge de 11 ans. Il était hors de question pour moi de faire ma confirmation puisqu’on m’avait enlevé mon père, à quoi bon faire cette partie de cheminement, ça n’avait aucun sens pour moi. Dans ces années, il n’y avait pas de question, pas de choix. Aussi, durant mon très jeune âge, j’ai subi des abus sexuels, je ne réalisais pas que ces épreuves changeraient le parcours de ma vie. Ces épreuves terribles que j’ai surmontées, font de moi, maintenant, une femme épanouie avec une belle personnalité que j’apprécie de jour en jour. Ceci a été un long cheminement, même quelques années de travail personnel, mais je n’ai jamais abandonné, je voyais toujours cette lueur d’espoir. Durant mon cheminement de guérison, j’ai rencontré la personne qui avait abusé de moi, je voulais aller au fond de choses, connaître les raisons qui l’avait poussé à commettre ces gestes. J’ai appris le pardon souvent pas facile à faire, mais qui nous libère de cette grande haine qui avait empoisonné ma vie jusqu’à ce jour. Dans cette même période, l’acceptation de la mort de mon père s’est faite de façon presque magique. La mort est difficile, imprévisible, mais aujourd’hui, mon père est mon ange, mon protecteur, mon guide… il me suit partout et me protège. Perdre un être cher ou vivre des moments tels que les abus, séparation, violence, etc. font partie de notre cheminement de vie. Aimer la vie, c’est vivre pleinement, c’est croquer dans chaque petit bonheur aussi petit qu’il soit, un sourire, un compliment, une caresse et j’en passe.

Fleur épanouie

Suis-je vraiment prête?

Toute petite déjà, je savais que j’allais un jour m’adresser à un vaste auditoire, que ce soit sur une scène ou devant un groupe cible. Je ne savais pas quand je serais prête à le faire, ni comment j’y arriverais, mais j’étais convaincue que la petite fille qui ne voulait jamais attirer l’attention des autres allait un jour s’exposer au regard de cette société qu’elle trouvait si angoissante.

Voilà qu’aujourd’hui, alors que l’occasion de le faire m’est offerte, je me demande si j’y suis vraiment prête. Je ne me sens pas différente de la petite fille introvertie que j’étais ni de celle qui avait peur de tout et de tout le monde. Si je suis vraiment prête, alors pourquoi est-ce que je ressens encore de l’angoisse avant de monter sur scène? Pourquoi ai-je encore aussi peur de ne pas être à la hauteur des attentes des gens? Pourquoi est-ce que je veux encore faire plaisir aux autres, même si je sais que c’est impossible?

Je me souviens de ma première entrevue télévisée. Tandis que mon esprit rationnel tentait de me convaincre que tout irait bien, l’angoisse me tenaillait la poitrine, et ma mâchoire tremblait à chacune­ de mes paroles. Il n’y a pas de mots pour décrire la panique qui s’est emparée de moi lorsque trois caméras braquèrent leur objectif sur moi. Instantanément, l’énorme peur de la petite fille que j’étais a repris sa place à l’intérieur de moi : puisque je ne devais en aucun temps attirer l’attention sur moi, au risque de déplaire, je devais fuir ce lieu le plus rapidement possible. Mais il m’était impossible de le faire, car qu’en auraient pensé les gens qui m’entouraient et qui avaient placé leur confiance en moi? Si j’avais au moins pu ressentir la réaction du public qui se cachait derrière ces caméras, j’aurais pu tenter de calmer leur colère à mon endroit. Je ne pouvais alors qu’espérer que ce que je disais obtiendrait leur approbation. Il m’était impossible de contrôler les évènements comme je l’avais toujours fait auparavant, et je devais m’y soustraire.

Au terme de l’entrevue, je fus extrê­mement surprise de constater que rien de grave n’était arrivé et que tout s’était bien passé. Bien que l’adulte que je suis était consciente des pensées négatives qui hantaient son esprit, j’avais décidé d’accueillir les émotions présentes à l’intérieur de moi et de leur procurer la force et l’attention dont elles avaient besoin pour se sentir sécurisées et aimées. C’est à ce moment précis que j’ai réalisé que je suis la meilleure personne au monde pour me rassurer et m’aimer comme je le mérite vraiment.

La personne que je suis maintenant sait parfaitement qu’elle n’obtiendra jamais l’accord de tout le monde et qu’il y aura toujours des gens pour la juger. La personne que je suis fera, bien sûr, des erreurs sur son parcours terrestre, mais je sais qu’elle sera capable, malgré tout, d’aller de l’avant en se procurant elle-même la force nécessaire pour y arriver.

Est-ce que je crois que je serai un jour complètement indifférente au jugement et aux attentes des autres envers moi? Je sais très bien que ce ne sera pas le cas et que ma blessure intérieure reprendra sa place en force lorsque j’en serai témoin, mais je sais aussi que je serai toujours là pour me rassurer et me donner l’amour dont j’ai besoin.

Faites confiance à votre vie. Donnez-vous le droit d’être qui vous êtes vraiment, même si votre entourage prétend le contraire. Vos émotions et vos expériences passées seront toujours présentes en vous, mais permettez-vous de les accueillir et de continuer votre chemin. Vous êtes prêts! Probablement pas autant que vous l’espéreriez, mais chacun des pas que vous faites a une importance majeure et vous conduira à la réussite, à votre réussite! Faites-vous confiance et permettez vous de le faire, vous seuls en êtes capables.

Mission de vie

Qui ne sest jamais questionné sur la raison de sa présence sur terre et sur le pourquoi des obstacles et des émotions auxquels il faut faire face au quotidien? En fait, nous avons tous choisi dexpérimenter des épreuves et des obstacles en préparant notre mission de vie avant de nous incarner. Alors, pourquoi navons-nous pas plutôt choisi une vie toute simple et bien remplie de moments de pur bonheur? Parce que nous nous aimons, tout simplement, et parce que le but de notre plan de vie est de grandir, dévoluer spirituellement et daugmenter notre niveau vibratoire pour tendre, à chaque heure du jour, vers un bien-être absolu. Cela peut sembler bien difficile à croire, mais il nous est tout à fait possible datteindre ce formidable état de conscience pendant notre incarnation. Comment? En changeant tout simplement notre perception des obstacles qui sont placés sur notre parcours terrestre.

Si vous saviez que le voisin colérique et antipathique qui vous empoisonne la vie est votre âme sœur spirituelle et quelle a choisi avec beaucoup damour avant son incarnation de jouer ce rôle auprès de vous afin de vous permettre dexpérimenter le contrôle de soi et lempathie envers les autres, agiriez-vous de la même façon envers lui?

Si vous saviez que votre conjoint(e) a fait, avant de sincarner, le choix difficile de devoir mettre un terme à votre union de longue date en vous laissant derrière lui (ou elle), le cœur en miettes, pour vous permettre de développer votre autonomie et la confiance en vos capacités, le (ou la) verriez-vous de la même façon?

Est-ce donc dire que les obstacles qui sont placés sur votre parcours terrestre perdent de leur importance lorsque vous comprenez quils font partie de votre mission de vie et que vous les surmonterez pour le bien de votre évolution spirituelle? Bien sûr que non, car, bien que votre perception de ces obstacles ne sera plus jamais la même, lintensité des émotions quils provoqueront en vous sera, quant à elle, bien réelle. Il vous est essentiel de vivre dabord pleinement ces émotions. Vous vous pencherez sur la raison de leur présence ensuite seulement, lorsque vous serez plus calme. Soyez rassurés, je ne vous propose pas ici de vous venger ou de vous faire justice personnellement, mais plutôt de vous permettre de vivre lampleur de ces émotions à lintérieur de vous sans les refouler et en considérant avec amour leur importance. Sachez quil est inutile de précipiter les choses, car, au moment opportun, vous saurez consciemment admettre leur raison dêtre pour ensuite être en mesure de vous en libérer.

Nous entendons tous fréquemment des gens autour de nous dire : « Cest du passé maintenant, je me relève et je recommence. » Si ces personnes ne se sont pas autorisées à vivre pleinement les émotions que les obstacles ont générées en elles, elles éprouveront inévitablement, un jour ou lautre, des malaises physiques ou des troubles mentaux dont elles pourront difficilement identifier la source. Noubliez pas que votre corps, dont vous êtes le seul maître, est avant tout votre allié et quil vous indique ce qui va bien ou non en vous. Il est votre baromètre et votre meilleur ami.

Est-ce que vous êtes de ceux qui traînent le boulet de leur passé, de leurs émotions refoulées et de leurs angoisses? Peu importe votre âge ou votre état de santé, vous avez toujours le choix de vous en libérer. Tout cela dans le but de réaliser ce qui vous tient particulièrement à cœur, votre mission de vie. Noubliez jamais que les obstacles sont des choix délibérés, mais que la souffrance nen fait pas partie. Voyez les obstacles placés sur votre parcours de vie autrement. Vous seul en avez le pouvoir!

Le courage d’être soi et de réaliser ses rêves

J’ai toujours rêvé d’écrire et à ma retraite, j’ai plongé tête première dans l’écriture d’un roman.

Pourquoi ce saut périlleux dans une mer de mots, alors que je n’avais aucune esquisse de roman sur laquelle poser les pieds entre deux brasses?
L’onde ensorcelante est impitoyable, avec elle vient la peur de buter sur des récifs et d’être submergée par la vague.

Qu’est-ce qui expliquerait mon engouement pour le verbe?

Serait-ce parce que j’admire les écrivains à la pensée fluide?

J’ai senti un appel irrésistible qui m’a charmée au plus profond de moi et guidée par l’astrolabe de la connaissance et de l’intuition, je me suis laissée guider vers l’inconnu.

L’écriture est comme un journal intime sur lequel je revenais avec plaisir. Au fil des mots, des personnages ont pris corps et se sont imposés à moi, ils sont devenus une nouvelle famille.

Alors que je travaillais à peaufiner mes phrases, la magie créatrice s’opérait et mes héros m’entraînaient dans de troublantes aventures.

Il m’a fallu plus de dix ans de recherches et d’écriture pour boucler mon roman Shamseh de Delphes dont la trame se situe au XIe siècle en Méditerranée orientale. Je voulais montrer comment une Grecque chrétienne percevait l’Islam des lumières. J’y ai fait de belles découvertes dont je parle dans mes conférences sur l’Islam au temps des Mille et une Nuits.

Comme bien des auteurs, j’espérais publier mon roman dans une maison d’édition. Quand un manuscrit est prêt à être publié, la gestation est complétée, l’œuvre demande à naître, il faut accoucher. Malheureusement, trop de maisons d’édition ressemblent aux salles d’attente encombrées et anonymes des hôpitaux. J’espérais rencontrer une sage-femme pour accueillir mon bébé, je ne voulais pas que mon projet avorte en phase finale. Alors, un sage homme, mon conjoint, me proposa de créer notre maison d’édition et de publier mon roman.

Nous avons relevé le défi : toutes les étapes du livre ont été complétées à la maison, incluant la première de couverture réalisée avec l’aide d’une de nos filles. Nous sommes fiers de notre réalisation. Le manuscrit a été envoyé à l’imprimerie Gauvin, les corrections d’épreuves se faisant directement, sans intermédiaire, c’était efficace et rapide. Ainsi, trois mois après avoir pris la décision d’autoéditer mon roman, nous avons célébré le lancement de Shamseh de Delphes à la Maison des auteurs de Gatineau en août 2011. Je jubilais.

Mon parcours est la preuve que l’autoédition est accessible aux auteurs qui acceptent d’en assumer les coûts. L’autoédition me semble une intervention qui rappelle le pontage. Elle permet de rétablir la circulation en contournant un obstacle. Quand un auteur essuie un refus, une voie alternative s’ouvre à lui pour permettre à la vie créatrice de reprendre son cours, c’est bon pour la santé, c’est bon pour le moral.

L’autoédition est une expérience gratifiante à tous points de vue, si bien qu’en 2013, deux auteures nous ont demandé de publier leurs manuscrits. Je suis à écrire le tome II de Shamseh de Delphes. Mes personnages ont fui Bagdad et se sont réfugiés à Venise où ils m’attendent… Comme le disait Rumi, un poète perse du XIIIe siècle :

« Laissez-vous être silencieusement attiré par la force de ce que vous aimez vraiment. »