Mourir vivant…

« Je suis né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui est aujourd’hui parvenu à ses fins, sans comprendre qu’il s’est du coup condamné à ne plus entendre parler de la grâce. » Christian Bobin

La mort est effectivement bien morte dans notre société où mourir semble être un échec.  Il n’y a pas que la mort physique qui soit malmenée, car on enterre bien vite et mal ceux qui ne sont plus économiquement rentables, ceux qui vivent des séparations ou des mutations sans leur laisser le temps de comprendre que tout deuil est source de renaissance.

De là est née une nécessité actuelle de traverser ces morts psychologiques comme les phases naturelles du cycle de la vie.

Ce que veut le cosmos, il l’obtient par un rythme alternant, jour nuit, froid chaud, haut et bas, qui nous permet de nous adapter en permanence.  Ce que veut l’homme, il l’obtient en tension sur le fil de rasoir de sa vision linéaire.  Et par peur de la fin, l’homme a peur de mourir, de changer.

Dans les traditions ésotériques, la thyroïde est la glande des changements et de l’adaptation.  Elle permet de muter pour rester en équilibre et assume ainsi les deuils symboliques ou physiques ou les morts créés par un verbe qui tue.  Elle correspond au 5e chakra qui exprime nos croyances et on retrouve souvent un mental fort en réaction aux peurs de la mort ou des changements.

L’existence des cycles des saisons et de nos propres rythmes nous donne le souffle pour mourir régulièrement à nos schémas et programmations.  La lame numéro 13 du tarot de Marseille nous montre une faux coupant pieds et mains sortant du sol, comme pour nous débarrasser de nos manies et piétinements.  Mais si nous ignorons ces passages nécessaires, certains événements de notre vie vont revenir sans cesse, en criant de plus en plus fort et souvent en faisant de plus en plus mal pour que nous soyons attentifs à ce que l’invisible de nous-même veut nous dire.

Notre réalité extérieure est un reflet de notre monde intérieur, car ce que je suis résonne avec ce que je crée.  Dans ma partie non consciente vit toute une histoire dont le scénario est écrit à plusieurs mains, celle de la société où je vis qui rédige les croyances t les codes, celle de mes ancêtres qui racontent leurs secrets de famille, celle de mon âme qui cherche à exprimer son projet de vie.  Mes cellules connaissent toute cette histoire et pour la raconter, je peux lire le corps, décoder le sens grâce à la symbolique des traditions ésotériques et à la biologie.  Je peux découvrir l’événement traumatisant qui conditionne mes réactions futures, mais je dois aussi ressentir dans mon corps physique cette programmation pour être sûr de sa véracité et réellement la transformer.  Ceci afin d’éviter de complaire notre mental dans l’origine de notre souffrance.  Le ressenti n’est pas une émotion.  Le ressenti est une sensation qui jaillit lorsque la vibration du mot guérisseur, d’un symbole ou d’un toucher énergétique fait écho à la vibration de la cellule bloquée.  Ressentir nécessite de plonger en soi, de retrouver le centre duquel nous sommes coupés et qui crée la souffrance primordiale.  Le ressenti permet de mourir à ce qui est ancien et de vider l’espace intérieur, laisser plus de place pour que le souvenir de l’unité résonne en nous.  Mourir vivant pour devenir écho du TAO, écho du Ciel et de la Terre et mourir chaque jour en célébrant la vie.

La maturité spirituelle

L’éveil à une spiritualité authentique est une expérience inespérée qui nous propulse bien au-delà de nos programmations limitatives si savamment renforcées au cours de notre vie. Découvrir le moi véritable siégeant aux confins de nous-mêmes, établit dans la plénitude de la conscience pure, demeure en effet un délice que nulle autre expérience terrestre ne peut égaler.

L’éveil entraîne une forme d’ivresse, un état béatifiant qui nous révèle le sens caché de l’existence et de nos possibilités inconcevables. Mais dès que les premières expériences spirituelles ont fait leur œuvre miraculeuse sur nous, la longue route vers la sagesse ou la pleine maturité, s’élance vers les cimes où nul nuage terrestre ne peut assombrir la lumière de l’Éternel. Le chemin de la maturité spirituelle est une longue intégration des enseignements de la sagesse éternelle. Il implique une assimilation dans le cœur des lois spirituelles et une cohérence irréprochable envers elles. L’éveil à notre pouvoir inné est une chose et la sagesse en est une autre. En vérité, sans sagesse la spiritualité peut aisément nous faire déraper dans le délire, le déni et la fabulation. Le but de notre quête à tous est de réaliser une plus haute sagesse et la révélation des grands secrets de la vie et de la mort ne suffisent pas à faire de nous des êtres forts, matures et aimants. Pour réaliser une haute émancipation, il demeure incontournable que l’esprit soit entraîné à la vacuité et que les émotions soient purifiées. La pratique de la méditation demeure « l’art sans âge » qui conduit à ces états de grâce. En effet, le recueillement quotidien dans « le temple du cœur » permet l’émergence progressive de la sagesse de l’âme. Lorsque le cœur s’ouvre, que le silence s’établit et que l’ego se retire, nos richesses enfouies émergent de notre nuit. Une femme ou un homme doué de maturité spirituelle demeure avant tout un être qui fait l’expérience continuelle de son identité supérieure. L’immaturité de l’ego s’efface paisiblement sous la lumière du grand moi; « le souverain caché », détenteur de la sagesse salvatrice. Lorsque nous retirons les vêtements de notre ego que sont les peurs, les dépendances et le besoin de pourvoir, nous découvrons en nous une force qui n’a besoin de rien. Se spiritualiser reste avant tout se départir de ce qui nous encombre et qui retient la lumière du dedans. C’est donc une démarche qui aboutira au retrait du système de pensées de victime si déresponsabilisant et à une prise en charge de son pouvoir de créer sa vie.

Dans son sens plus profond, la maturité d’un être relève de l’étendue de l’expérience de l’âme. Néanmoins, l’âge physique d’une personne est une bien pauvre indication pour déterminer son degré de maturité. En définitive, cela n’indique pas grand-chose, car ils sont plus que nombreux à traverser leur vie sans se questionner et sans ressentir le besoin de s’améliorer. L’amour, la force et la sensibilité nous en dit long sur la place qu’une personne occupe sur l’échelle évolutive. L’âge d’un être correspond au nombre d’incarnations et d’expériences qu’a traversé l’âme au cours de sa longue épopée terrestre. Il existe donc des âmes plus anciennes que d’autres qui se manifestent à travers des personnalités plus matures que d’autres. Les indiens qui savent si bien reconnaître ces âmes les appellent « les mahatmas » ou les grandes âmes. Autant il faut de temps à la nature pour transformer un charbon en diamant, autant il en faut pour élever l’être humain à une haute sagesse. Notre maturité correspond à ce que nous connaissons de nous-mêmes. De nos limites, de nos possibilités, de notre divinité et du sens de nos vies. Elle est également liée à notre sens des responsabilités et à notre faculté de nous assumer pleinement. L’être sage est conscient de son pouvoir créateur. Il reconnaît qu’il demeure l’artisan de son succès comme de son malheur. Il s’est libéré de ses programmations limitatives et du sentiment d’être victime, par une quête sacrée de lui-même. Il n’exige plus rien de personne, il ne demande plus rien, il ne revendique plus rien.

L’Alchimie de l’Âme : transformer les blessures du passé en trésors du présent

Je vous ai parlé d’Archéologie de l’Esprit; j’aimerais maintenant vous parler d’Alchimie de l’Âme, car ce sont deux disciplines connexes qui permettent d’aller « fouiller » dans nos structures psychiques pour y déceler des énergies (croyances et programmations) qui affectent notre liberté d’Être. Là où les excavations archéologiques visaient la prise de conscience de l’héritage que nous avons reçus de notre environnement familial et social (les valeurs que nous avons reçues, les rôles que l’on nous a enseignés), l’Alchimie de l’Âme prend la relève pour aller encore plus loin dans nos profondeurs.

Quand je dis profondeur, ce n’est pas celle du subconscient dont je parle, mais celle encore plus profonde, si profonde qu’elle inclut et transcende le « sub » du conscient! Nous entrons dans le grand univers, vaste et multidimensionnel, de l’Âme. Et quand je dis grand, je veux dire vraiment grand, comme supraconscient grand, car l’Âme en nous chemine depuis des lustres, à travers des milliers de vies antérieures. Elle a accumulé une multitude de connaissances, de talents et de pouvoirs, tous emmagasinés dans nos corps subtils, côte à côte avec des blessures, des croyances erronées et des peurs profondes.

Afin d’accéder aux multiples trésors enfouis dans nos corps énergétiques, l’Alchimie de l’Âme propose la transformation de fréquences de peur (très basses) en fréquences d’amour et de conscience (très hautes) : le plomb devient de l’or, les blessures deviennent des grandes forces, les peurs se transforment en sagesse, les émotions difficiles se métamorphosent en Amour Universel, et une vision plus juste de nous-mêmes et de la Vie dont nous faisons partie se révèle. C’est là le but ultime de cette pratique alchimique : reconnaître, guérir et pleinement éveiller l’Être Divin en nous, et sa nature illimitée, afin de transformer notre expérience terrestre en une expérience de pure divinité!

L’Alchimie de l’Âme offre une façon structurée et bien particulière d’entrer en contact avec l’âme qui sommeille en nous : une plate-forme symbolique qui se présente sous la forme d’un paysage naturel, avec un arbre et une rivière qui coule à ses côtés. L’arbre représente la partie de l’Âme qui est la plus accessible et la plus proche du corps physique (le moi supérieur), et la rivière est la source de l’énergie vitale (chi, prana, etc.). J’aimerais vous initier à cette pratique en vous offrant un petit exercice alchimique que vous pouvez faire cet été, tout en profitant du soleil et du beau temps!

Pour accéder au paysage symbolique / énergétique de l’âme :

• faites monter l’énergie à partir du chakra racine jusqu’au chakra de votre 3e œil,
• une fois bien installé dans le 3e œil, imaginez un arbre et une rivière qui coule à ses côtés,
• lorsque l’impression visuelle de ces deux composantes se stabilise, vous allez vous projeter entre elles en utilisant une spirale turquoise reliant votre 3e œil à l’espace entre l’arbre et la rivière,
• vérifiez le courant de l’eau en vous mettant face à la rivière; il devrait aller de la droite vers la gauche (sinon sautez par-dessus la rivière et allez trouver l’arbre plus gros de l’autre côté),
• installez-vous au pied de l’arbre, collez votre dos contre son tronc, ressentez son énergie; vous pouvez fusionner avec l’arbre et vous ancrer dans la terre avec ses racines, et dans l’univers avec ses branches,
• avant de quitter ce lieu, baignez-vous dans la rivière afin de faire le plein énergétique de votre aura,
• revenez souvent visiter ce lieu intérieur; sa luminosité augmentera, et votre arbre prendra de l’ampleur.

Le simple fait d’accomplir ces deux actions peut déjà vous apporter beaucoup de paix intérieure. Qui sait quels trésors, enfouis dans vos profondeurs, vous pourriez trouver en allant vous saucer les pieds dans le paysage de votre Âme et en lui laissant savoir que vous êtes prêts à vous éveiller?