Lettres d’amour…

Qui a-t-il de si puissant dans l’amour à l’autre pour qu’il nous donne mal au ventre, pour qu’il nous enlève et nous redonne notre sourire, pour qu’il nous jette par terre, pour qu’il nous mette les tripes à nu, pour qu’il nous énergise au point de souffrir d’insomnie?

L’amour, quand il n’est pas souffrance, il est volupté, il est cheminement, il est un levier, il est un élan, une plus-value dans notre vie.

Le 1er avril 2012, je suis montée à bord d’un TGV de croissance personnelle. Dans ce train à grande vitesse, j’ai compris, entre autres que dans toutes les relations de couple que j’avais vécues, je cherchais inconsciemment mon père. Il m’a fallu découvrir cette vérité, la cracher, la vomir, l’extirper de mon être pour enfin faire place à la femme que je suis et qui se mourait d’enfin s’offrir dans toute sa féminité, d’être une femme entière, dévouée à l’autre, à tous les niveaux, même dans la nudité.

Dire l’amour, exprimer l’amour, toucher l’amour, se connecter à l’amour; une émotion hors du commun, un sentiment si puissant qu’il vous donne envie d’être en communion avec l’autre, parce qu’il est un être unique, un être à part entière, un être qui vous fait dire que votre vie s’embellit avec lui, un être que vous aimez tel qui est et tel qu’il n’est pas.

L’amour doit nous faire sentir vivant, animé, pleinement accompli et dans l’envie de l’autre, dans l’envie de l’autre parce que nous sommes un match parfait, parce que nous sommes compatibles, parce que sa présence nous fait nous ressentir encore plus vivant et que même sans sa présence nous sommes vivant et indépendant, nous sommes entier et accompli.

Les lettres d’amour écrites à la main, scellées dans une enveloppe et marquées d’un sceau sont loin de nous. Et pourtant… pourtant, l’amour est l’amour. Qu’il s’agisse de l’époque médiévale ou contemporaine, l’amour porte en lui la même fougue, le même élan déraisonnable, le même besoin de fusion.

En plus des lettres d’amour que j’écris à mon amoureux, depuis peu, à partir de mon cellulaire, je lui envoie des textos vocaux et des chansons. Quand c’est une chanson que je lui offre, j’écris : je t’offre cette chanson. Quand c’est un texto vocal que j’enregistre et que je lui envoie, je suis fébrile et tout sourire. Par ma voix remuée d’émotions et ponctuée d’intonations, je lui dis combien je l’aime. Tout mon être est secoué, ému et transporté. Il peut me réécouter, me réécouter… ah…, pur bonheur.

Et puis un jour, alors que je croyais que l’amour ressenti pour un homme était le plus fort, je me suis détrompée. Alors que je participais à un atelier de croissance personnelle, on nous a demandé de nous écrire une lettre d’amour à nous-même. Quel choc! Comment allais-je pouvoir m’écrire une lettre d’amour, moi qui avais toujours été dure envers moi? Moi dont la confiance vacillait… J’ai sauté sans filet. Je me suis pris la main, je me suis parlé à cœur ouvert, j’ai fait le tour de ma cathédrale, j’ai admiré les vitraux, les sculptures, j’ai pleuré à entendre la musique qui montait du fond de mon âme. J’ai craqué. Je suis tombée à genoux, car je venais de découvrir l’être humain magnifique que j’étais. Oui, j’étais cette cathédrale.

J’ai alors pris ma plume et je me suis écrit une lettre d’amour. Ce jour-là, j’ai fait un pacte avec moi-même : m’aimer, puisque c’est la règle d’or pour aimer l’autre.

Et vous, quand allez-vous vous écrire à vous-même une lettre d’amour?

Carole Verdon

lesmotsdanslencrier@gmail.com

Expression et créativité

Le piège de la rationalisation de nos émotions

La rationalisation est un méca­nisme défensif qui consiste à faire appel inconsciemment à la raison pour résoudre des problèmes d’ordre émotif ou affectif. Autrement dit, nous rationalisons parce que nous avons peur de l’émotion qui surgit et que nous n’acceptons pas de la laisser vivre. C’est un des mécanismes de défense les plus utilisés dans les relations humaines. En effet, il bloque le processus relationnel parce qu’il décroche l’individu de son vécu et de lui-même.

Comment se manifeste la rationalisation? Nous utilisons inconsciemment ce procédé défensif lorsque nous contenons nos émotions pour entrer dans la justification, la généralisation, l’explication, l’intellectualisation, la morale. Il y a, dans certaines manifestations de la rationalisation, une tendance à exercer un pouvoir sur l’autre; en effet, celui qui généralise et inter­prète se présente très souvent comme le détenteur de la vérité. La rationalisation exprime aussi un certain manque de confiance en soi. L’émotion étant le cœur du processus relationnel, il est évident qu’exprimer ses émotions, par le fait même, manifester son essence et sa différence, ce qui suppose une capacité à s’aimer assez pour être à l’écoute de soi et à se reconnaître suffisamment pour se manifester tel que l’on est dans sa subjectivité profonde. 

L’intervention de la raison a, bien sûr, sa place dans toute démarche d’organisation, de structure, de pla­nification, de conscientisation sans lesquelles notre vie serait chaotique, désordonnée, déréglée. Toutefois, dans le monde des émotions, qui ne relève pas du domaine de la raison, elle n’est utile que pour nous aider à comprendre notre structure relationnelle, et surtout pour nous permettre de comprendre notre vécu émotif dans l’ici et maintenant de la relation. Dans ce dernier cas, la raison travaille en harmonie avec l’émotion plutôt que de se couper d’elle par la rationalisation. En tant qu’intervention défensive, la rationalisation a pour effet de fausser la réalité, de déplacer la cause des problèmes et de couper, du moins pour un certain temps, les liens de la relation. 

Un autre danger de la rationalisation est qu’elle peut nous conduire dans des systèmes qui nous servent de croyances. Parfois, à force de justifications et d’explications, nous nous servons à nous-mêmes et aux autres des arguments rationnels que nous finissons par croire et par prendre pour des vérités absolues. Certaines personnes, dans le but de fuir l’émotion qui les fait souffrir, finissent par se faire croire à elles-mêmes, par exemple, qu’elles ne sont pas émotives, qu’elles n’ont pas besoin d’amour ou qu’elles n’ont peur de rien, ou même qu’elles ne sont pas du tout défensives. Cette attitude les rend rigides, fausses et impersonnelles et rend impossible toute relation authentique.

Pour échapper à la souffrance, l’humain utilise plusieurs moyens de rationalisation. Lorsqu’ils inter­viennent de façon inconsciente, c’est-à-dire en tant que mécanismes de défense, les moyens de rationalisation ont un effet positif temporaire parce qu’ils favorisent la servitude plutôt que la libération. C’est le cas de toutes les techniques qui ont pour objectif la maîtrise des émotions. Ces techniques de rationalisation ont le même effet sur la relation que la plupart des médicaments chimiques sur le corps. Elles anesthésient la douleur pour un temps, mais n’en travaillent pas la cause. Les techniques de maîtrise du vécu émotif et de pensée positive, de même que certaines pratiques de nature spirituelle, ne sont d’un secours inestimable que si elles ne sont pas utilisées en tant que systèmes défensifs de rationalisation de la souffrance, mais comme moyen de création. Autrement, elles coupent l’individu de lui-même et lui enlèvent la possibilité de mieux se connaître et de découvrir la puissance libératrice et créatrice de son monde émotif. 

Les exemples de rationalisation sont nombreux. Chaque fois qu’on géné­ralise, qu’on moralise, qu’on interprète les autres, qu’on se justifie ou qu’on sent le besoin de s’expliquer dans une situation porteuse de conflit, on perd contact avec le vécu et, conséquemment, avec l’autre. La rati­onalisation, bien que personne n’y échappe, mérite d’être conscien­tisée afin d’assurer des relations vraies, saines, intenses et longues. Les difficultés relationnelles naissent en grande partie d’attitudes défensives qui coupent la communication.

L’expression des 4 éléments au cœur de soi

Tout autour de nous, le vivant de la nature nous enchante par sa capacité infinie de créer au moyen des quatre éléments. Contemplons un instant la terre avec ses espèces d’arbres, de plantes, de fleurs, de fruits… l’eau avec ses différents ruisseaux, lacs, mers, pluies… le feu avec ses flammes de soleils, de bougies, de feux de joie, de volcans… et l’air avec ses nuances de brises, de vents, d’ouragans, de souffles… Or, tout cet environnement qui nous entoure se trouve également en nous parce que nous sommes aussi composés de terre, d’eau, de feu et d’air. Chaque personne possède en elle-même des caractéristiques des quatre éléments en proportions diverses et selon une sorte d’alchimie combinatoire complexe qui lui est unique. Il y a en chacun de nous un élément qui s’exprime avec davantage de force, ce qui fait de nous des personnes dites de terre, d’eau, de feu ou d’air.

Il est intéressant d’aborder le mystère que nous sommes à nous-mêmes dans cette perspective et de voir quels sont les éléments qui s’expriment aisément dans notre vie et lesquels demeurent timides ou inhibés. On dit que les difficultés de la condition humaine sont souvent la conséquence d’un déséquilibre significatif de l’expression d’un des quatre éléments. La bonne nouvelle est que nous sommes des êtres en perpétuelle transformation et qu’il est toujours possible d’inviter un des éléments à prendre plus de place dans notre existence. Cette mosaïque­ du caractère fascine depuis longtemps de nombreux penseurs, dont les célèbres Carl Gustav Jung et Gaston Bachelard.

Les gens du type terre savent entrer de plein pied dans la dimension physique de l’existence. On les reconnaît à leur capacité efficace de réalisation. Trop de « terre » dans le caractère rend toutefois la personne sérieuse, rigide, sèche, pragmatique, matérialiste, prise par le travail et par le côté pratique des choses. Inversement, le manque de terre a pour effet de déconnecter la personne de la réalité. Celle-ci se trouve rapidement déracinée. Elle a de la difficulté avec les structures et les règles et elle peut aussi ignorer des besoins de base nécessaires à son bien-être, comme bien se nourrir, se reposer, se soigner.

Les gens du type eau se reconnaissent à leur capacité impressionnante de naviguer dans les situations con­flictuelles et d’apporter des solutions aux difficultés. Ces personnes sont très proches de leurs émotions, car l’eau se meut aisément et son langage est celui de la profondeur et de la subjectivité. Trop d’eau rend la personne très sensible; celle-ci absorbe tout autour d’elle et est encline à la mélancolie. Le manque d’eau s’exprime par un peu d’empathie, de sensibilité et de compassion ainsi que par la peur de ressentir.

Les personnes « de feu » sont remplies d’enthousiasme et vivent avec intensité. On admire leur capacité à s’engager et à entrer rapidement en intimité avec ce qui est. Passionnées et vibrantes, elles attirent. Un excès de feu rend colérique et impulsif, alors qu’une carence de feu s’exprime par le pessimisme accompagné de la peur de la rivalité et de l’autorité.

Les gens du type air savent prendre de la perspective, raisonner et même rêver. Un trop-plein d’air rend le système nerveux fragile et sujet à l’épuisement. La personne devient peu expressive en ce qui concerne la vie affective et a de la difficulté avec l’intimité. Le manque d’air crée de la méfiance et une difficulté de coopération.

Profitons de l’été pour renouveler notre pacte avec l’élément qui n’ose pas s’exprimer dans notre vie, dans notre personnalité. Accordons-lui notre attention afin qu’il vienne enrichir notre existence de ses qualités. Terre, apprends- moi le service et l’art de m’incarner dans l’ici et maintenant ainsi que la capacité de concrétiser. Eau, apprends-moi à m’aimer et l’art de la fluidité afin de faire de chaque obstacle une oppor­tunité. Feu, apprends-moi l’art de vivre intensément et à aimer passionnément afin que je m’engage à fond dans mes relations. Air, apprends-moi l’art de la fraternité et celui de m’alléger et de déployer mes ailes dans le ciel de mon existence!

Ainsi, en retrouvant davantage d’équilibre en moi entre les quatre éléments, ma vie peut trouver des chemins d’expression plus faciles, plus riches et plus vivants!

Comment tourne la roue de votre vie?

Votre vie tourne-t-elle rondement? Réussissez-vous à y maintenir un équilibre? Êtes-vous satisfaits de votre vie? Il se peut que tout roule parfaitement et, si c’est le cas, bravo. Cependant, si votre vie ne roule pas comme vous le souhaiteriez et que vous aimeriez y apporter des changements, mais ne savez pas par où commencer… la roue de vie peut être un excellent outil pour vous donner la petite poussée dont vous avez besoin pour vous mettre en mouvement.

En coaching, la roue de vie est l’un des premiers outils que j’utilise avec mes clients, car elle permet d’évaluer très rapidement le degré de satisfaction et d’équilibre dans notre vie. La roue de vie a six rayons qui délimi­tent chacun une sphère de notre vie (voir diagramme 1).

À vous, maintenant! Prenez le pouls de votre vie.

Pour chacune des sphères de votre vie, donnez-vous un indice de satisfaction, allant de zéro à dix, en vous demandant : « Quel est mon niveau de satisfaction face à cette sphère de ma vie? »

Le niveau 10 signifie extraordinaire, « Je ne peux imaginer que les choses aillent mieux »; 1 signifie un grand déséquilibre, « Ça ne peut être pire »; 5 signifie passable, « Il y a des aspects susceptibles d’amélio­ration ». Allez-y spontanément, laissez venir ces notes à votre esprit sans trop rationaliser.

Sphère physique – Comment vous sentez-vous physiquement, mentalement et émotionnellement? Dormez-vous bien la nuit? Êtes-vous en bonne condition physique? Gérez-vous bien votre stress?

Sphère financière – Quel est votre degré de satisfaction par rapport à vos revenus? Avez-vous des réserves? Gérez-vous bien votre argent? Avez-vous trop de dettes?

Sphère professionnelle – Votre carrière est-elle satisfaisante? Maximisez-vous vos forces? Êtes-vous reconnus dans votre milieu de travail?

Sphère relationnelle – À quel degré vous sentez-vous comblés et épanouis dans vos relations? Avez-vous un cercle d’amis? Passez-vous assez de temps avec votre conjoint, vos enfants?

Sphère loisirs et détente – Avez-vous des activités pour vous ressourcer et vous nourrir? Prenez-vous suffisamment de vacances? Avez-vous du temps pour prendre soin de vous?

Sphère développement personnel et spiritualité – Apprenez-vous des choses nouvelles? Votre vie a-t-elle un sens? Vivez-vous en accord avec vos valeurs? Avez-vous des opportunités de croissance?

À votre gré, vous pourriez subdiviser certaines sphères. Par exemple, la sphère relationnelle peut se diviser en plusieurs sous-sphères : sociale, affective ou familiale.

Maintenant que vous avez donné un indice de satisfaction pour chacune des sphères, tracez une ligne entre les deux côtés du rayon (voir diagramme 2). Le résultat obtenu vous permet de visualiser votre situation actuelle.

Et alors, comment ça roule? Si cette roue était celle de votre bicyclette, est-ce qu’elle roulerait parfaitement? Avez-vous une crevaison? Quel rayon de votre roue aurait besoin d’un coup de pouce? Quelles sphères nécessi­tent une attention immédiate? Pour chaque sphère choisie, quels sont les changements que vous aimeriez apporter pour augmenter votre niveau de bien-être dans votre vie en général et tendre vers un meilleur équilibre?

En souhaitant que cet exercice ait réussi à vous donner la petite poussée dont vous aviez besoin pour vous mettre en mouvement, bon cheminement.  NOTE : Cet exercice peut être refait au cours de l’année.