Apprendre à se connaître au-delà des différences que l’on porte

Tous les êtres humains sont différents. Même des jumeaux identiques le sont. Pourtant, l’acceptation de l’individualité de chacun demeure complexe dans une société où ne pas entrer dans un moule est encore mal perçu.

Il en est ainsi pour bon nombre d’adultes qui vivent avec un défi d’attention (TDAH) et envers qui j’ai une profonde empathie, ayant la même différence qu’eux.

L’acceptation de qui ils sont dans leur vérité profonde, dans un monde où ils se sentent souvent rejetés ou abandonnés, pèse parfois très lourd.

Mais si, au contraire, cette différence était une occasion incroyable de découvrir qui ils sont, au-delà des difficultés qu’ils rencontrent?

Rien n’est brisé ni dysfonctionnel
Pendant longtemps, j’ai cru que quelque chose n’allait pas chez moi. Le sentiment d’être différente était toujours présent et me laissait dans l’incompréhension la plus totale.

Au plus profond de mon cœur, je voulais être acceptée telle que j’étais, mais je me suis fait prendre au piège en essayant de changer.

Le chemin a été périlleux parce que ce faisant, je m’éloignais peu à peu de mon essence et je dilapidais mon pouvoir sans même en avoir conscience.

L’acceptation commence par soi. La compréhension aussi. Tant et aussi longtemps que le regard que l’on porte sur soi est le même, celui des autres ne changera pas.

Il en va de même avec le défi d’attention.

« Avant même d’espérer ou de vouloir que les autres vous perçoivent autrement, c’est d’abord VOTRE perception de vous-même qui doit changer »
Le regard que vous portez sur vous commence avec les mots que vous utilisez pour parler de vous. Est-ce que ce sont des mots bienveillants ou dénigrants?

Ce cerveau qui est le mien, avec sa manière unique de fonctionner, rend mon quotidien intéressant, drôle et parfois frustrant.

Je l’apprécie et le considère comme une force, un cadeau, parce que sans lui, je serais dépourvue de compréhension et d’empathie qui fait que je comprends vraiment ce que vous vivez. Parce que mon quotidien a déjà ressemblé au vôtre.

Une force sous-estimée
Il s’agit du titre de mon livre qui vient de paraître et aussi ce que je crois au plus profond de mon être.

J’ai souvent été la première à sous-estimer tout le positif qu’un cerveau atypique qui fonctionne de façon linéaire apporte.

Il est vrai que nous vivons dans un monde d’extrêmes et de paradoxes. D’un côté, nous excellons dans certaines choses et devons fournir un effort herculéen dans d’autres.

La force sous-estimée, c’est le côté lumineux de cette différence, et apprendre à me découvrir au-delà des difficultés a fait une énorme différence.

Les souffrances emprisonnées dans le cœur ne peuvent être libérées s’il est verrouillé, barricadé. La guérison des blessures, qu’il s’agisse de l’abandon, du rejet ou autre devient donc impossible. La transformation aussi.

Depuis que je suis de plus en plus alignée avec qui je suis, les incidences négatives du défi d’attention, qu’il s’agisse d’impulsivité, d’attention, de procrastination et d’hyperactivité, se sont estompées.

Les multiples facettes de la force sous-estimée du défi d’attention sont :

–           Être doté d’un sens logique hors du commun;

–           Penser en dehors des dogmes et paradigmes;

–           Trouver des solutions ingénieuses;

–           Développer des façons de faire originales;

–           Refuser de se conformer pour que les choses changent;

–           Faire preuve d’une profonde sensibilité;

–           Ressentir les autres et les évènements intensément;

–           Une capacité intellectuelle très développée;

–           Une facilité déconcertante à connecter avec les autres;

–           Une créativité inépuisable;

–           Une productivité qui peut en impressionner plus d’un;

–           Une authenticité sans reproche.

La rencontre de l’Âme et de l’Être dans les profondeurs du Sacré-Cœur

J’aimerais vous faire part de l’une des plus belles expériences à vivre dans le cadre du grand voyage d’exploration de la vie dans un corps : la rencontre, et l’unification, de l’Âme et de l’Être dans les profon­deurs du Sacré-Cœur. L’ayant moi-même vécue, je vous en parle non pas d’une façon hypothétique, mais bien de façon concrète et incarnée en vous racontant ma propre expérience d’éveil.

Ma nuit noire de l’Âme est survenue très tôt dans ma vie. Je me rappelle, à un très jeune âge, avoir questionné la nature de cette réalité qui ressemblait plutôt à un jeu que les gens prenaient beaucoup trop au sérieux. J’avais déjà une forte capacité intuitive qui me permettait de ressentir l’émanation énergétique des gens, et très rarement cette émanation corres­pondait aux apparences extérieures. À 12 ans, j’en conclus que ce monde était comme une pièce de théâtre où la plupart des gens portent des costumes à partir desquels ils interagissent avec d’autres costumes qui masquent leur essence. Cette réalité me causait beaucoup de détresse, car j’étais hantée de voir que ces gens ne semblaient pas être conscients de jouer ce jeu peu amusant.

Lorsque je posais des questions pour en comprendre les raisons, on me regardait comme si j’étais insensée, ou le regard des personnes à qui je posais mes questions était empreint de colère; pire encore, je ressentais à quel point mes questions leur faisaient peur. J’ai compris que je devais jouer ce jeu moi aussi, mais comment y arri­ver? En faisant semblant de ne pas ressentir l’énergie des autres? En ne parlant pas de ce que je voyais? Étant une personne très spontanée et expressive, fallait-il que j’apprenne à empêcher l’expression de ma vérité afin de ne pas déranger les autres et le « grand jeu sérieux »?

Ne pouvant résoudre ce dilemme qui prenait de plus en plus d’ampleur durant mon adolescence, je suis partie de la maison à 15 ans pour trouver un chemin qui me permet­trait d’être intègre envers moi-même et mon ressenti. J’ai vécu, sur ce chemin, de dures épreuves dont certaines m’ont donné le goût de quitter ce monde. Mais il y en a eu d’autres qui ont tissé la toile de lumière à laquelle je me suis accrochée et sur laquelle je me suis déposée. J’ai appris à naviguer et être dans ce monde sans être de ce monde.

En fait, l’enseignement est simple. Je l’avais déjà reçu, mais ne l’avais pas compris. J’en avais donc tiré des conclusions hâtives et erronées. Oui, les gens portent des costumes. Oui, les gens y sont généralement très identi­fiés. Mais il est possible d’interagir avec ces costumes de sorte à les rendre plus légers, plus souples et translucides, moins denses et serrés afin que l’essence puisse transpercer l’identité et s’éveiller à sa divinité. Comment? En leur offrant un regard plein d’amour, un toucher plein d’affection, un commentaire plein de compassion et, surtout, un exemple vivant de l’Être éveillée et de l’Âme libérée.

L’union de ces deux parties – la volonté et l’esprit, l’Âme et l’Être – est le but ultime du jeu, lequel commence par oublier et faire semblant que c’est très sérieux. Bref, personne n’est victime de ce jeu, car même l’expérience d’être une victime fait partie du jeu! Votre jeu avec la vie peut être dramatique et épeurant, mais il peut aussi être euphorisant et amusant. La question à vous poser pour déterminer où vous en êtes dans votre propre réunification est simple et directe : À quel jeu jouez-vous en ce moment?

Si votre jeu vous fait souffrir, il est grand temps d’en choisir un plus amusant. :0)

C’est l’été! Amusez-vous à laisser votre lumière briller afin d’alléger ce costume, parfois trop serré, que vous portez! Vous n’avez qu’à plonger dans le Sacré-Cœur, le centre de l’Être, et à laisser cette fréquence transformer le tissage de votre costume. Inspirez l’intention d’amplifier votre connexion au Cœur Sacré et expirez celle de diffuser cette fréquence à travers votre costume.

Connaissez-vous une personne sensible?

La sensibilité est souvent perçue comme une faiblesse dans notre société, mais il n’en est rien. Comprendre ce que ressent une personne sensible et comment elle vit les choses au quotidien est essen­tiel pour créer un rapprochement entre elle et vous, et peut-être même permettre la découverte en elle d’une partie de votre propre personnalité.

Lorsque nous pensons à une personne sensible, ses émotions incontrôlables, sa tristesse et sa vulnérabilité nous viennent d’abord à l’esprit. Pour plusieurs d’entre nous, ces états peuvent sembler bizarres, voire exagérés, ayant l’habitude inconsciente de les garder bien enfouis dans notre zone secrète.

Chez une personne sensible, la difficulté réside dans le fait qu’il lui est impossible de doser de façon consciente sa force de réaction en lien avec ses émotions. Elle peut passer d’une humeur parfaite à une colère pro­fonde en une fraction de seconde. Mais que se passe-t-il donc à l’intérieur d’elle?

Examinons ensemble ces manifestations de plus près :

  • Vous accompagnez une personne sensible dans un lieu public acha­landé. Sachez que cette personne réagit aux différents stimuli de manière beaucoup plus forte que vous (bruits, odeurs, éclairage, achalandage, etc.). Son seuil de tolérance face à ces stimuli étant normalement plus bas que le vôtre, elle se sentira rapidement mal à l’aise et manifestera probablement son intention de quitter rapidement ce lieu.
  • Vous présentez un proche parent à une personne sensible et cette dernière vous semble soudainement bouleversée, sans raison apparente. Sachez que la personne sensible, ressent instantanément les émotions des gens qui l’entourent. Ainsi, il est fort probable que votre proche parent ait fait l’expérience d’une émotion désagréable au cours des dernières heures (colère, tristesse, déception,­ etc.) et qu’inconsciemment la per­sonne sensible expérimente elle-même cette émotion par la voie du ressenti.
  • Votre conjoint(e) est une personne sensible. Vous participez ensemble à une soirée dansante depuis peu de temps lorsqu’il (elle) manifeste son intention de rentrer à la maison. Il est important de ne pas lui en tenir rigueur, car la personne sensible a besoin de temps pour se ressourcer. Il peut être très lourd pour cette personne sensible de ressentir à chaque seconde de chaque minute de sa vie l’énergie des gens qui l’entourent. Son corps et son esprit ont donc besoin de solitude pour faire le vide, puis pour refaire le plein de ses propres énergies. Laissez-lui le temps nécessaire, et elle vous en remerciera sincèrement.

Vous avez une personne sensible dans votre entourage? Soyez-en fier, car les personnes sensibles comp­tent parmi les plus fidèles, les plus fiables et les plus honnêtes. Elles privilégient les relations profondes et vraies. Si cette personne est votre conjoint(e), prenez conscience que, pour lui (elle), faire l’amour est une relation physique, psychologique et une fusion de vos énergies. En amour, elle vous réserve des expériences extraordinaires.

Sachez que la personne sensible qui est dans votre vie ne vous abandonnera jamais. Elle a peu de relations personnelles, mais elle tient plus que tout au bonheur des gens qu’elle aime. Vous avez besoin d’elle? Elle sera rapidement près de vous, souvent même avant que vous en ayez manifesté le besoin, guidée par son ressenti. La tranquillité et le calme sont des zones de confort pour la personne sensible. Elle ne tolère pas la colère, car cette dernière bouscule rapidement ses énergies. Votre relation avec une personne sensible sera saine, vivante et vous comblera assurément de joie.

Oui, comprendre ce que ressent une personne sensible et comment elle vit les choses au quotidien est essentiel pour créer un rapprochement entre elle et vous. Ainsi, n’hésitez pas à lui dire que vous l’aimez telle qu’elle est et que vous la comprenez. Si elle verse une larme alors de joie, sa réaction ne vous surprendra pas maintenant que vous savez pourquoi et comment les émotions et le ressenti se manifestent en elle, font partie de son quotidien et sont présents dans sa vie.

La magie… l’âme agit

Quel jeu de mot intéressant : la magie… l’âme agit! L’âme agit sous l’action de notre instinct de survie, mais pas seulement pour cette raison. Notre âme agit en fonction de ce qui est inscrit dans notre inconscient. Notre inconscient est comme une bibliothèque dans laquelle est répertorié tout ce que nous avons vécu durant notre vie. Et tout ce que notre âme considère comme étant une réalité tend à devenir notre réalité. Cela se produit dans les moments difficiles comme dans ceux de bonheur.

L’âme agit. Cela peut ressembler à de la magie parce que cela prend dans notre vie une forme qui échappe habituellement à notre compréhension rationnelle. Ainsi, l’âme agit comme par magie, la magie de l’âme qui agit.

La magie prend sa source dans notre âme, dans nos croyances les plus profondes et les plus inconscientes. Il est donc important de choisir soigneusement ce que nous acceptons de laisser entrer dans notre cerveau et dans notre inconscient, car cela affectera la façon d’agir de notre âme et le déroulement de notre vie.

L’inconscient est la bibliothèque dans laquelle est consigné l’ensemble de notre vie. Le subconscient, lui, en est le bibliothécaire. C’est le subconscient qui inscrit l’information dans la bibliothèque. C’est également lui qui va lire ce qui y est écrit. Il est donc important de savoir si notre subconscient n’inscrit pas les faits ou s’il ne le fait pas correctement. Il s’agit des faits comportant une charge émotive que notre bibliothécaire inscrit dans notre inconscient. Par conséquent, ce qui y est inscrit, c’est « comment nous avons vécu ces événements ». Ces inscriptions ne sont pas neutres.

Ce qui est inscrit dans l’inconscient influence la façon dont nous vivons les événements de notre vie, notre vécu. Cela vient colorer notre perception de ces événements. Lorsque nous vivons une expérience en pleine conscience, notre subconscient fait constamment des aller-retour dans notre inconscient et il nous renseigne sur la nature de l’expérience en cours. L’âme agit en fonction de ce qui est profondément inscrit en nous, ce qui tend à devenir notre réalité.

Alors, comment pouvons-nous activer la magie? Nous n’avons pas à l’activer, car elle est tout simplement active et elle agit constamment avec puissance et constance. C’est pour cette raison qu’il est très important de travailler sur nos pensées, sur notre ressenti (nos émotions) ainsi que sur nos actions. Ces trois composantes sont interreliées et, surtout, elles déterminent ce qui se passe dans notre vie et comment nous « ressentons » notre vie.

En prenant conscience de son influence, nous pouvons moduler (ou modifier) ce qui s’inscrit dans notre inconscient. Nous pouvons choisir de mieux vivre chaque instant de notre vie et, ainsi, réécrire notre avenir. C’est comme si nous écrivions le scénario d’un film, celui de notre vie. C’est ce qui a donné naissance à la maxime : « Le premier jour de ma nouvelle vie ».

Un tel changement de mode de vie survient-il instantanément? Bien sûr que non. Cela prends du temps. Combien de temps? Cela dépend de ce que vous voulez réécrire. Plus ce que vous voulez remplacer comporte une charge émotive importante, plus vous aurez besoin de temps pour permettre à votre subconscient d’effectuer la réécriture. Il est néanmoins important de le faire, car même le plus petit changement influe sur notre perception et sur notre qualité de vie.

Il est donc important de porter une attention particulière à nos pensées, à nos émotions et à nos actions. Eh oui, il faut travailler sur trois plans à la fois. Plus nous aurons une perception positive et agréable de notre vie, plus la magie de notre « âme qui agit » sera bénéfique pour nous. C’est ainsi que nous pourrons nous construire une vie agréable et satisfaisante.

La première chose à faire est de recenser nos pensées tout au long de la journée et de déterminer si ces pensées sont positives ou négatives. Si la pensée est négative, il faut la remplacez par une pensée positive. C’est alors que l’âme agit.

Des pensées en santé

Nous sommes tous semblables, humains et humaines : nous avons dans la tête un poste de radio qui nous envahit du matin au soir de pensées non sollicitées. On dit que la plupart des gens reçoivent 50 000 pensées par jour. De surcroît, une étude démontre que 98 % de ces pensées ont déjà été diffusées et que 80 % s’avèrent négatives. Quelle confusion cela crée dans notre pauvre tête! On sait bien que ces pensées insidieuses peuvent miner l’estime de soi et biaiser notre façon de percevoir l’autre et le monde. Comme personne n’a encore trouvé le bouton magique pour éteindre ce constant bavardage intérieur, regardons ce que nous pouvons faire pour retrouver la capacité de penser sainement.

Cette métaphore de radio nous rappelle qu’heureusement, nous ne sommes pas nos pensées et qu’avec un peu de patience, nous avons au moins le pouvoir de baisser le volume ou de changer la fréquence. Veillons d’abord à ne pas nourrir notre imaginaire de négativité en faisons attention aux lectures et aux images auxquelles nous nous exposons : livres, articles, média sociaux, journaux, publicités, films, musiques, vidéos, etc. Nous devenons facilement ce que nous consommons. De même, les conversations qui jugent, critiquent et disqualifient nous restent dans la tête et nous éloignent de notre humanité bienveillante, alors qu’il y a tant de lectures et de musiques pour élever notre humeur et réveiller notre joie de vivre.

Une pensée est un nuage qui passe dans le ciel de notre conscience. Si on ne lui accorde pas d’attention, elle passera son chemin sans nous perturber. Mais certaines pensées souvent récurrentes viennent se coller à notre identité. Elles arrivent à adhérer parce qu’elles correspondent à une façon conditionnée de penser le monde que nous avons empruntée à un moment de notre vie afin de survivre et d’assurer notre sécurité.

Que se passe-t-il ensuite? La pensée négative va se joindre à une sensation corporelle pour créer une émotion. Comme le suggère l’étymologie du mot, une émotion est une énergie en mouvement. On peut tout de même admirer ce réseau cohérent du « ressenti » de notre corps qui est là pour nous informer de nos besoins et nous guider dans nos décisions. Ainsi, la sensation de bien-être et de plaisir est simplement le corps qui dit oui, alors que l’inverse est signe que la pensée nous éloigne de notre vérité. Notre mal-être intérieur pro­vient souvent du fait que nous croyons à des pensées qui sont fausses. On peut ainsi commencer à douter des affirmations qui se répètent dans notre tête, à jouer à en démasquer la fausseté et à examiner avec intérêt la conclusion sur la réalité qui les a fait naître.

Tout cela devient de plus en plus facile avec la pratique de la méditation au quotidien. Lorsqu’on médite,­ l’immobilité du corps invite l’im­mobilité du mental. C’est comme prendre un bain de douce présence dans cet espace lumineux de silence qui est ce que nous sommes avant que l’on pense. Des pensées vont bien sûr nous emporter loin du présent; alors, avec amour, on se ramène ici et maintenant. Peu à peu, les pensées vont perdre leur capacité de nous éloigner de nous-mêmes. Peu à peu, le mental hyperactif, reconnaissant ses limites, va commencer à se taire et s’incliner devant la présence silencieuse et sacrée de notre Être. Et alors, nous retrouverons notre légèreté et notre réelle capacité de réfléchir en nous servant de notre magnifique faculté de penser.

Quand l’écriture me dit des mots d’amour

S’il est un mot que l’on entend souvent de nos jours, c’est bien le mot « créativité ». Je fais une petite recherche dans Wikipédia et je trouve : « La créativité décrit— de façon générale — la capacité d’un individu ou d’un groupe à ima­giner ou construire et mettre en œuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème. »

En fait, je crois qu’il faut (et je souligne ici la nécessité) être créatif pour vivre dans le monde où nous vivons présentement. Puisqu’on crée notre vie, chaque seconde de notre quotidien est un moment créateur.

Comment est-ce que je veux le vivre ce moment? Guidé par mon cœur ou par ma tête? Connecté à mon intuition ou à mon mental? Je vous offre une citation que j’aime : 1« Si nous travaillons de 9 à 5 et nous entourons de personnes et de l’activité frénétique 24 heures sur 24, il ne nous reste pas de temps pour créer, et il nous manquera alors la lumière dans notre vie. »

C’est bien vrai. Pas besoin d’être un artiste pour être créatif. Prendre le temps de s’arrêter, de se centrer, de se connecter à notre Soi, de respirer… Eh oui! Respirer et jaser avec notre âme par le biais d’activités artistiques nous fera comprendre que, lorsque nous laissons notre imaginaire créer une œuvre, ce n’est pas le produit fini qui compte. C’est comme un rendez-vous amoureux; c’est le temps que l’on passe ensem­ble qui est important. C’est donc le processus qui compte. Le résultat n’en sera que plus aimé et plus significatif. Qu’est-ce qui se passe en moi pendant que je crée? Comment est-ce que je me sens? Y a-t-il des émotions qui se manifestent? Dans mon journal créatif, je peux écrire mon ressenti en consignant tout ce à quoi je pense, que cela soit logique ou non, que je sois bon en français ou non…

Dès le réveil ou à un autre moment de la journée, prenez votre cahier et votre crayon et écrivez trois pages ou pendant 20 minutes, sans arrêt. Écrivez tout ce qui vous vient à l’esprit : vos joies, vos préoccupations, votre liste de tâches à faire. Décrivez comment vous vous sentez à ce moment. Faites des petits gribouillis. Quand plus rien ne vous vient à l’esprit, continuez en écrivant­ « Je n’ai plus rien à écrire. » Puis, écrivez au sujet de votre chat qui a toujours faim, du lieu où vous aime­riez être, du voisin qui vous a offert son aide. Il y a de bonnes chances que votre petite voix intérieure se remette à jaser. Tracez une spirale; ça déjoue le mental! Vous vous posez une question? Écrivez-la avec votre main dominante et écrivez la réponse de l’autre main ou avec un crayon/stylo de couleur différente.

Libérez votre mental et vous y verrez plus clair, vous serez plus calme et plus ancré. Il vous sera plus facile de vivre l’ici et maintenant. L’écriture est libératrice et inspirante. Essayez et vous verrez!

Écrire, c’est se dire des mots d’amour, c’est se donner la chance de s’exprimer par écrit pour mieux se voir, c’est donner la chance à notre intuition de nous guider vers notre sagesse intérieure. C’est un bel outil pour nous permettre de vivre pleinement et en toute conscience le présent.
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1 https://spiritualitywithoutborders

Le toucher

Le « toucher ». À lui seul, ce mot est évocateur. Instantané.

Le Toucher… ment, il me connecte à mon monde intérieur, à mon rapport à autrui et à mon corps dans l’immensité de son besoin de contact physique, mais aussi dans son appréhension de ce même contact. Le toucher n’est jamais neutre. Il provoque souvent en nous une décharge émotionnelle puissante tout en nous donnant accès, inconsciemment, à une banque de données et d’informations dans laquelle sont stockés émotions, défenses, refoulements, plaisirs, souvenirs…; les traces indélébiles de notre histoire. Mais au-delà des souvenirs parfois souffrants liés au toucher, il est un besoin de l’être humain, de la naissance jusqu’en fin de vie.

Le toucher est partout. Nous palpons, manipulons, entrons en contact par le toucher avec les êtres vivants, les éléments et les objets. Le toucher est l’un de nos cinq sens indispensables à notre survie, un système d’alarme naturel qui nous permet d’estimer la dangerosité de l’environnement. Par le toucher, nous arrivons à déterminer la texture, la consistance et la température. Toucher est une nécessité capitale au même titre que se nourrir, respirer, boire, dormir. Et c’est par notre peau, grâce au toucher, que nous ressentons, aimons, détestons. L’être humain est un être de relation. Être touché est un besoin essentiel et existentiel pour le bien-être, la santé et la survie même. Le toucher est un besoin, pour soi et pour l’autre. Toucher et être touché. Offrir et recevoir des câlins, prendre une main, toucher une épaule sont autant de démonstrations qu’il fait bon recevoir et donner.

Lire sur le toucher et parler du toucher a fait naître en moi de nombreuses émotions. J’ai été confrontée à mon corps, à mon besoin de toucher et d’être touchée. J’ai découvert de façon encore plus significative mes résistances, mes blocages, avec comme conséquence un toucher parfois moins généreux dans l’intimité et mon accueil de l’autre souvent brimé à cause de mes blessures et de mes souffrances. Si derrière le mot « toucher » se cachent les mots émotion, ressenti, lâcher-prise, s’y cachent également les mots méfiance, ressentiment, retenue.

Pour chacun de nous, notre corps porte en lui des mémoires douces et douloureuses. Au fil de mes recherches, j’ai eu le grand bonheur de découvrir Christian Hiéronimus. Il a écrit plusieurs livres, notamment Le toucher, un art de la relation et La sensualité du toucher que je me suis procurés. On dit de lui qu’il est un poète du massage, un homme de cœur, de douceur et de tendresse et qu’il a les mots du chercheur spirituel. C’est aussi mon impression. Ses écrits sont un pur délice du début jusqu’à la fin. Lire ses livres, c’est se réconcilier avec la partie blessée de nous-mêmes, c’est comprendre les zones négligées de nos corps et vouloir s’offrir le toucher qui touche, sortir de l’anesthésie sensorielle pour apprendre ou réapprendre à percevoir avec nos mains, notre corps, notre peau tout entière.

Et puis la douleur physique, quand on est écorché vif, ça aussi fait partie du toucher, et c’est ce qui m’est arrivé le 6 septembre dernier, jour du mariage d’une de mes sœurs. Arrive le moment du lancer du bouquet de la mariée. Nous sommes quelques femmes derrière elle, enthousiastes et prêtes à emboîter le pas ou courir. Si vous avez vu le film Forrest Gump, vous vous rappelez sûrement de cette scène où Forrest se met à courir en entendant Jenny lui crier : « Run, Forrest, Run! » C’est ce que j’ai fait, j’ai couru. J’ai couru, j’ai trébuché et j’ai touché le sol brutalement. Dans ce cas-ci, je n’ai pas « touché du bois », j’ai plutôt été « piquée au vif » par l’asphalte rugueuse et granuleuse. Les plaies aux paumes des mains ont nécessité des bandages, réduisant ma poigne sur les objets, entraînant frustration. Oui, nul doute, la thématique du toucher se voulait présente.

Et puis, il m’aura fallu cette douleur pour me reconnecter à mon corps, car oui, il arrive que nous en soyons déconnectés, tout autant que lorsque nous touchons les objets; il arrive que nous soyons déconnectés et que notre toucher soit mécanique. En ce moment, vous tenez la revue entre vos mains; prenez conscience de la sensation de votre peau en contact avec le papier, de la température du papier et de sa texture. Est-ce agréable ou désagréable? Parce que je vous y ai invité, vous passez d’un mode mécanique à un mode conscient. Intéressant, n’est-ce pas? Une autre raison de dire que le toucher n’est jamais neutre.

Arrive le moment de vous souhaiter une lecture inspirante pour cette édition spéciale sur le toucher. Les auteurs-collaborateurs y ont mis leur touche personnelle et leur cœur. Puissiez-vous être touchés….

L’humain dans son humanité

J’aime l’humain. Je m’intéresse au parcours de vie des femmes et des hommes qui m’entourent. Je suis émue par la vulnérabilité de l’autre. Mais qu’en est-il de la mienne? J’aime ouvrir mon cœur au désarroi de l’autre. Et moi, suis-je capable de laisser voir le mien?

Un pont sert à relier deux rives. À quel niveau se situe le mien? Au niveau de la tête ou du cœur? Quand il se situe au niveau du cœur, je suis dans mon humanité, dans ma vulnérabilité, dans ma beauté. Quand il se situe au niveau de la tête, je suis dans mes peurs, dans mes doutes, dans mes blessures. Ma tête vient refroidir mon cœur. Cela s’appelle la dualité et la dualité est préjudiciable à l’authenticité et à l’humanité.

Passer de la tête au cœur, c’est la transition du faire à l’être. D’ailleurs, Jean Vanier, fondateur de l’Arche, nous invite quotidiennement à aller au-delà des peurs qui nous éloignent les uns des autres et à repenser nos rapports interpersonnels et sociaux.

J’ai pris le temps de réfléchir à ce qui m’émeut au sein de la société : l’entraide après certaines catastrophes; l’organisation Médecins sans frontières; l’œuvre de Jean Vanier; le dévouement inextinguible de Mère Teresa.

Il n’y a pas d’amour, ni d’amitié sans liberté. Cela suppose de nous affranchir, car se transformer soi-même permet de transformer le monde. Ghandi enseignait que la meilleure façon de changer le monde est d’apporter en nous-même les changements que nous souhaitons voir autour de nous. Mais quels pourraient être ces changements, et comment être acteur de changement? Et si c’était par un éveil de notre conscience? Une conscience épanouie, élargie et plus élevée, dans le but d’améliorer les conditions de notre vie collective? La conscience que nous sommes tous interreliés doit être activée. Penser globalement et agir localement.

Nous traînons souvent des croyances limitantes qui nous rendent méfiants vis-à-vis des autres. Ce sont souvent nos expériences passées et nos blessures qui déclenchent ces croyances. Prendre conscience de l’influence qu’elles ont sur notre vie est l’étape indispensable pour les transformer et pour vivre à nouveau dans la confiance, et quand on fait confiance, on est en mesure de demander de l’aide au besoin. Je crois que c’est dans cette ouverture que la solidarité humaine réussit à s’installer.

Quand on est l’acteur de sa vie, on reprend le pouvoir sur soi sans exercer de pouvoir sur les autres. Et ce pouvoir, il disparaît quand notre rencontre se situe au niveau du cœur, au niveau de l’âme. À ce niveau, nous sommes enfin et seulement des êtres humains. Dans ce prisme, il y a nos vraies couleurs, sans énergie guerrière, sans masque.

J’ai compris que le jugement vient en grande partie de nos comparaisons, du standing de vie et du niveau de scolarité. Avoir le privilège de rencontrer une personne sans rien connaître de sa vie, nous dispose dans l’accueil. La valeur de cette personne tient à notre ressenti naturel envers elle plutôt qu’à une grille d’évaluation que nous utilisons pour la définir.

Tenter l’expérience c’est laisser l’humain s’exprimer dans son humanité, sans aucune frontière. Cette action génère une force d’attraction entre nous, dans une opération de métamorphose et de solidarité.

Imaginons que la vie est un pommier. Si nous y greffons la valeur intrinsèque de chaque humain, nous obtiendrons un pommier produisant différentes variétés de pommes. Pour que cet arbre profite, il lui faudra de la lumière (la foi) et une terre fertile (l’amour inconditionnel).