À chacun ses lettres de noblesse

Toutes les civilisations ont eu leurs heures de gloire autant que leurs moments de décadence. Certaines ont été patriarcales et d’autres matriarcales. Depuis la nuit des temps, l’humanité est passée d’un extrême à l’autre, évoluant comme dans une danse : un petit pas en avant, un petit pas en arrière et un autre de côté…

Les hommes ont versé dans le trop-plein de pouvoir, de compétition et de folie des grandeurs.

Les femmes, quant à elles, ont mal utilisé leur pouvoir de séduction, leurs dons psychiques ou alors se sont enfermées dans leur monde intérieur.

Parmi les épisodes récents, le mouvement féministe du 20e siècle est un phénomène très intéressant à observer, pour peu que l’on prenne un peu de recul. Alors que le royaume masculin est presque à son apogée, une petite portion du monde féminin crée un soulèvement en brandissant les inégalités criantes dont on retrouve des exemples dans toutes les couches de la société.

L’histoire est sur le point de se répéter pour la nième fois…

Pourtant, après quelques décennies de révolte et de bataille sur la base de l’ancien modèle (dualité et affrontement), un éveil commence à poindre au cœur de la vie des femmes, éveil qui ne se sent pas nécessairement sur la place publique.

D’un côté, les revendicatrices poursuivent leur œuvre de conscientisation de la masse. De l’autre, les femmes de la classe moyenne commencent à se percevoir autrement et transforment petit à petit leur rapport à l’homme, à la famille et à la société.

Nous nous retrouvons aujourd’hui avec une société où les hommes sont de moins en moins oppresseurs et les femmes de moins en moins victimes. Les premiers ont gagné en sensibilité et les secondes en capacité de s’affirmer.

Examinons maintenant ce tableau sous l’angle de l’énergie.

Nul besoin de préciser que nous vivons sur une planète de dualité où les contraires peuvent autant s’attirer que se repousser. À quoi donc riment toutes ces batailles entre le féminin et le masculin?

Nous savons que ces 2 pôles sont représentés sous diverses formes dans notre univers. Or, comme chaque être humain est une manifestation de la vie, il est forcément habité par l’énergie féminine autant que par l’énergie masculine. Ceci implique que les multiples contrastes et complémentarités des 2 principes se retrouvent en chacun de nous.

Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur le tableau ci-dessous pour réaliser l’étendue des possibilités qui s’offrent à l’être humain.

Notre défi majeur n’est-il pas alors de réussir à harmoniser nos composantes masculines et féminines en un dosage qui nous est propre, car chaque Blue Print est unique.

Que s’est-il donc passé quand les femmes ont brandi leurs soutiens-gorge?

Elles étaient dans l’action, tournées vers l’extérieur; elles agissaient avec force, courage et persévérance, toutes des caractéristiques masculines.

Vous était-il déjà apparu que les féministes étaient en majeure partie dans leur énergie masculine?

Une fois que l’on admet que nous sommes tous et toutes habitées par les 2 principes, il devient impossible et complètement désuet d’accuser les hommes ou les femmes de quoi que ce soit!

À la lumière de cette connaissance, nous pouvons observer les tendances dans le cours de notre histoire, autant générale que personnelle. Bien sûr, il y a des époques où les hommes étaient très polarisés dans leur énergie masculine et les femmes dans leur énergie féminine. Et cela a, comme nous le savons, produit les plus grands excès.

Ce qui différencie notre époque des autres est un phénomène d’éveil chez une masse grandissante d’individus. Les transformations se font maintenant à la base. La montée en popularité de la psychologie, de la médecine holistique, des approches énergétiques et des démarches de cheminement personnel est assurément très liée à ce phénomène. Nous constatons que ces domaines relèvent du principe féminin, et il est intéressant d’observer que de plus en plus d’hommes sentent le besoin de se rapprocher d’eux-mêmes, c’est-à-dire de leur principe féminin. Ce faisant, les hommes se rapprochent des femmes et les 2 parties commencent à mieux communiquer.

Le mouvement a été déclenché par des femmes en réaction à un excès de pouvoir masculin. Et ceci est tout à fait normal! Lequel des 2 va crier, entre celui qui écrase un pied et celui (celle) qui se fait écraser le pied? Mais il ne sert à rien de chercher des coupables, pas plus que des héros. Tout cela fait partie de notre mandat. Car nous avons collectivement accepté (bien que plusieurs soient encore amnésiques…) de nous incarner dans une situation de dualité, justement pour apprendre non seulement à dépasser les contraires, mais à les unir.

Ne serait-ce pas cette profonde aspiration de nos âmes qui nous pousse à chercher à reformer un couple, même après des échecs répétés?

Ne serait-ce pas elle également qui rend l’attrait pour la sexualité tellement irrésistible?

En définitive, que représente cette dernière, sinon l’union parfaite du masculin avec le féminin…

Et n’avons-nous pas dans l’expérience de l’orgasme un avant-goût suave de ce que sera l’union intérieure entre nos composantes masculines et féminines?

L’avenir est à l’unification!
N’est-il pas grand temps de redorer le blason de la masculinité autant que celui de la féminité!

Comprendrons-nous enfin que tout jugement, tout manque de respect ou mauvais traitement envers l’un ou l’autre revient à nous discréditer nous-mêmes!

Nous avons grand besoin de l’un comme de l’autre et aucun n’est supérieur à l’autre, pas plus que les 2 pôles en électricité…

Pour ma part, je peux évaluer l’évolution d’un être humain à la profondeur de son respect pour le sexe opposé, et pourquoi pas l’appeler dorénavant le sexe complémentaire…

PRINCIPE MASCULIN – Yang PRINCIPE FÉMININ – Yin
Amour Sagesse
Émetteur (donner) Récepteur (recevoir)
Actif Passif
Expression Perception
Tourné vers l’extérieur Tourné vers l’intérieur
Tourné vers l’objet Tourné vers le sujet
Faire Être
Rationnel, logique Intuitif, impulsif
Intellectuel Sensoriel
Pensée linéaire Pensée globale
Analyse Synthèse
Civilisé, organisé Sauvage, naturel
Compétition Coopération
Pouvoir Avantages mutuels
Visuel Auditif, tactile
Sympathie Empathie
Volonté Désirs
Force Délicatesse
Puissance Tendresse
Courage Charme
Noblesse Sentiments
Grandeur Beauté
Bravoure Douceur
Justice Pureté
Assurance Vulnérabilité
Devoir Plaisirs (arts)
   
Son Silence
Chaleur Froid
Lumière Obscurité
Feu Eau
Lourdeur Légèreté
Verticalité Horizontalité
   
Influence le côté droit du corps Influence le côté gauche du corps

L’art de la séduction

Le printemps vient bientôt cogner à nos portes et on commence à sentir ce petit quelque chose qui s’éveille et qui nous rend léger, ouvert aux autres ainsi que le goût de se sentir vivant et désirable. Nous éprouvons l’envie de nous rapprocher de l’autre en le séduisant, que nous soyons célibataires ou en couple ce phénomène est présent.

La séduction est un jeu, une danse que nous faisons avec l’autre. La séduction est un art qui réside dans l’élaboration de stratégie pour amener l’autre à répondre à son besoin. L’aspect esthétique et la physiologie de l’autre est importante dans la séduction. Il y a certains aspects dans le corps de l’autre qui attire notre œil, qui répond à nos codes d’attraction. C’est souvent notre premier contact vers l’autre.

Voici quelques notions importantes à mettre en place pour réussir notre pas vers l’autre :

  1. Identifier son besoin

Qu’est-ce qui nous motive à vouloir aller vers l’autre, à nous intéresser à l’autre. Nous voulons répondre à quel besoin? Est-ce un besoin affectif, c’est-à-dire que j’ai le goût d’une rencontre amoureuse, d’échanges et de partages tendres et romantiques, de tendresse et d’écoute. Ou c’est plutôt, de répondre à des besoins génitaux comme des relations sexuelles ou de contacts sexuels avec l’autre.

  • Observer l’autre

En observant l’autre, cela va me permettre de recueillir des informations qui vont m’aider à identifier la stratégie à mettre en place pour que l’autre ait le goût de se rapprocher de moi, en le séduisant.

  • Élaborer une stratégie

Nous allons utiliser des stratégies de séduction qui sont positives et invitantes pour l’autre, afin de répondre à notre besoin. Ceci peut se faire par l’utilisation de mots, de gestes, de mimiques du visage tout en jouant avec les distances corporelles. Souvent cela commence par un échange de regard, un sourire car en souriant nous faisons preuve d’ouverture.

Nous allons nous montrer désirable par : le haut du corps pour répondre à des besoins affectifs, le bas du corps pour répondre à des besoins génitaux. Notre posture va être droite et nous allons jouer avec des mouvements, qui vont amplifier notre féminité ou masculinité.

Notre façon de communiquer avec l’autre va être ouverte car nous voulons que l’autre s’intéresse à nous.

Voici quelques points à retenir pour démarrer une conversation

De quoi peut-on parler?
Aborder des sujets simples et légers même s’il s’agit de clichés comme le temps qu’il fait. Il n’est nullement nécessaire d’avoir un sujet de conversation ultra brillant pour débuter.
Parlez de ce que vous avez en commun avec l’autre.
Parlez de ce qui vous unis : les amis qui vous ont présentés, le bar, le cours que vous suivez ensemble, la destination touristique, le restaurant, le film, …
Parlez de vos passe-temps favoris, de sports, de voyages, d’animaux, de l’actualité, d’histoire, de l’art, de la nature, …

Adoptez un style léger et plutôt humoristique. Et tout cela avec le sourire dans la voix.

Montrez-vous intéressé à connaître davantage la personne. Posez-lui des questions ouvertes et utiliser l’information qu’elle vous a transmise.

Rappelez-vous que lorsque la glace est brisée et que l’autre personne semble intéressée à vous parler, il est important de procéder graduellement et ne pas tout dévoiler de soi au premier rendez-vous.

Donc, qu’est-ce que je vais développer chez moi pour répondre à mes besoins en fonction de ma démarche, de mes comportements, de mon apparence, de mon odeur afin de me rendre aimable et désirable aux yeux de l’autre?

Et quand nous abordons l’autre, nous aimerions savoir si elle est sincère avec nous ou si elle est en train de nous raconter des histoires. La meilleure façon de savoir si notre approche a porté fruit, c’est d’observer ses réactions à nos propres gestes : elle va faire les mêmes gestes que nous, donc une réponse en écho (un synchronisme corporel).

Souvent la réponse est inscrite dans son regard, donc il faut que nous observions l’ensemble de son comportement : ce qu’elle dit et ce que son corps dit (verbal et non verbal).

Est-elle en train de nous jeter un regard? De nous sourire? Répond-t-elle à nos questions? Nous avons l’impression qu’elle nous écoute quand nous lui parlons et elle nous donne de l’information sur elle-même. Nous pose-t-elle aussi des questions? Cligne-t-elle des paupières et la tête part-elle dans la direction du regard?

Si vous répondez oui à ces questions, c’est qu’elle est intéressée à vous.
Bonne chance

Beauté désespérée ou désirée?

Être désirable, être désirée… réveiller Éros, mais sans trop faire de bruit, car il peut être dangereux d’être belle et attirante!  Les lois biologiques animales, les principes freudiens ou les histoires anciennes qui sommeillent dans le cœur et dans le sexe des femmes, font d’elles des beautés désespérées.  Comment ouvrir en douceur les ailes du désir?

Elle est belle, attirante, envoûtante et presque dangereuse.  Tous les yeux de l’assistance descendent sur ses longues jambes de Barbie, remontent à sa taille de guêpe après avoir fait une pause sur ses fesses parfaites.  Ses longs cheveux de jais encadrent ses lèvres rouges qui rappellent la turgescence du sexe d’une femme qui veut faire l’amour.  Elle a maquillé ses yeux d’un noir désir pour que l’éclat de sa pupille s’accroche à un cœur de passage.  Elle laisse l’empreinte enivrante d’un parfum obsédant que chacun pourra ramener dans sa mémoire et ranger dans sa boîte de fantasmes.  Une beauté désespérée vient de traverser la salle.

Séduire veut dire « conduire à soi »

Une beauté désespérée couche ses envies interdites sur des aventures impossibles dans le désespoir inconscient de mourir.  La femme séductrice a envie de dire« oui » avec son corps, mais son inconscient bardé d’interdits lui faire dire « non ».  Pour résoudre ce double message, elle invente la femme fatale.  Celle dont la force du désir poussé à l’extrême conduit au refus.

Au bras de Marilyn, séduire se conjugue avec suicide, car comme dans la forêt, une femelle qui émet tant de signes colorés et odorants serait une proie facile.  Elle ne survivrait pas longtemps aux regards des prédateurs et serait la risée de toutes ses copines qui, prudentes, regardent les mâles roucouler ou parader dans leurs belles voitures.  À eux de prendre des risques pour séduire.  Dans la forêt humaine, Marilyn n’a pas réussi à réconcilier Aphrodite et Freud.  Les pulsions charnelles de la Déesse olympienne n’ont pas convaincu les démons de l’inconscient.

Le spectre de la mort rôde

La femme séductrice est suicidaire : elle se jette dans le cœur de l’autre pour y mourir de ne pas avoir le droit de vivres ses envies.  Si elle croit qu’elle n’a pas été désirée par ses parents, elle respecte toute sa vie ce programme de ne pas être désirable.  Pour elle, c’est le non-désir qui rime avec la vie.  Aussi, chaque fois qu’elle manifeste une envie, le spectre de la mort rôde autour d’elle et vient tuer ses phéromones.  Être indésirable est la seule solution de survie.

Parfois, elle prend une assurance-vie qu’elle appelle « mari » qui lui permet de sortir tous ses atouts de séduction sans prendre le risque d’être mangée.  Elle peut alors essaimer son désir pour le plus grand plaisir de son homme qui roucoule d’avoir si belle femme.  D’autres, que le besoin d’amour immense a jeté sur les trottoirs de l’indécence ont une « assurance-survie » qu’on appelle « maquereau ».  Elles meurent à petit feu, d’être exposées ainsi comme des proies dans la jungle du cœur des hommes.

Est-il donc si dangereux d’être désirable?

Quand la psychologie expliqua à la petite fille qu’il était normal qu’elle ait du désir pour son père, il aurait fallu rappeler à celui-ci la nécessité de gérer ce désir incestueux.  Le cours 101 sur Œdipe aurait dû être obligatoire.  Lorsqu’elle arrive à l’adolescence, avec l’espoir encore vivant de croire que son père sera l’homme de sa vie, la jeune fille confond désir et impossible.  Car le père effrayé par les formes séduisantes de la puberté, arrête tout à coup les câlins et compliments doux.  Certaines s’enlaidiront comme peau d’âne pour ne pas risque de séduire.  D’autres à l’inverse se maquilleront à outrance et se feront traitées de putain par un père jaloux, incapable de lui tendre la main.

Elle aimerait tellement comprendre qu’il est sain d’être désirable et qu’il appartient à l’autre, de gérer ses pulsions.  Tous les hommes ne sont pas « heureux comme Ulysse » qui ose entendre le chant des sirènes et transcender cet appel charnel.  Les sociétés où l’homme craint son désir, pour des raisons religieuses ou culturelles, enferment la beauté des femmes dans les voiles de l’ignorance, croyant que le désir est une étincelle que l’on étouffe avec la haine et le mépris.

Le désir d’une femme est une luciole

Le désir d’une femme est une luciole qui produit elle-même sa propre lumière.

Filet doré entre son cœur et son sexe, il engendre une pluie d’étoiles filantes dans son esprit et permet à Dieu de pénétrer son âme.  C’est d’ailleurs ce qui la rend séduisante et éternelle.  La beauté vient de l’intérieur et laisse le désir s’échapper dans l’éclat d’une pupille, dans l’érection d’un mamelon ou dans la chaleur humide d’un vagin.  La valse des hormones du désir fait tourner la tête de chaque cellule qui, dans un doux soupir, sourit de pouvoir ainsi s’abandonner sans danger.

La femme qui a reconnu sa peur d’être désirable, peut en conscience la dépasser pour laisser émerger sa sexualité sacrée.  Elle fait la paix avec peau d’âne, avec Marilyn et Aphrodite.  Elle a de la compassion pour ce vieil Œdipe et pardonne même à Abraham son manque de courage.  Quand le feu de la rancœur s’éteint dans son corps, il cesse de brûler les phéromones de ses désirs.  Des volutes sensuelles imprègnent ses ailes de femme divine et le vent qui se fait complice inonde son aura de mille délices.

En se promenant au bras de Sarah, une des trois matriarches de la bible, on sent les regards suivre en silence cette femme d’une grande beauté.  Abraham son époux en est tout gêné, surtout lorsqu’ils quittent le village et voyagent dans des contrées où des étrangers pourraient le jalouser.  Alors, Abraham présente sa femme comme sa sœur, pour la protéger dit-il.  En fait, avoir une femme désirable peut le mettre en danger.  Car on pourrait le tuer pour la lui ravir.  Par contre, si quelqu’un touche à sa « sœur », il pourra toujours jouer l’offusqué et l’accuser.  On inventa le mensonge pour sauver le mari.  Un mensonge doué de raison pour excuser la couardise d’une passion.

La sexualité… de l’insanité à la sanité!

À l’aube d’un été qui s’annonce chaud, plusieurs attendent impatiemment le retour des mini-jupes et des maillots de bain. Pourquoi? Parce qu’à la vue du corps dénudé, ils s’emballent et s’enivrent, et ce, jusqu’à s’en étourdir…  Je travaille comme sexologue et psychothérapeute en bureau privé depuis 2006 auprès de diverses clientèles, mais depuis quelques années, j’observe une augmentation d’une clientèle qui souffre du mal de vivre, du manque d’amour… que certains cherchent à combler au moyen de la sexualité. Voici donc un bref portrait de ce qu’est la dépendance sexuelle, qu’on appelle aussi sexolisme.

Ce qu’on cherche à comprendre au sujet de la dépendance sexuelle, c’est comment il se fait qu’on parle de dépendance alors que la sexualité est un besoin vital. Autrement, nous serions tous dépendants, tout comme il faut s’alimenter et que certains abusent de la nourriture. Le dépendant sexuel est celui qui a perdu le contrôle, qui n’a plus la liberté ni le pouvoir de choisir ou de modifier ses comportements sexuels malgré les conséquences négatives. On parle de sexolisme lorsque la sexualité est utilisée pour briser l’isolement, pour surmonter l’insécurité ou la peur; bref, pour cacher une émotion. On crée un appétit artificiel qui conduit à faire mauvais usage de la sexualité ou à abuser de cet instinct naturel. C’est, en définitive, une sexualisation de ses émotions.

Grâce aux données de Google Double Click Ad Planner, nous savons que les sites pornographiques génèrent 4,4 milliards de pages vues dans le monde entier tous les mois, et ce, sans compter les autres sources de consommation. Peu de recherches sont véhiculées à propos de cette dépendance. Elle est encore peu connue et très difficile à évaluer.

Mis à part la pornographie, il existe d’autres sources de consommation sexuelle (lignes téléphoniques érotiques, sites de rencontres à caractère sexuel, masseuses et danseuses érotiques, sextos, etc.). Quand on parle de dépendance sexuelle, il en résulte que beaucoup plus d’hommes que de femmes en souffrent, mais à vrai dire, cette dépendance se manifeste différemment. Les hommes la vivent de façon solitaire (masturbation jumelée à la pornographie) et les femmes, dans leurs relations (jeux de séduction en cherchant le regard désirant et approbateur des hommes). Le vide intérieur causé par le manque affectif peut expliquer pourquoi être désiré = être aimé.

En conclusion, je peux m’interroger. Si je n’avais jamais été en contact avec des messages ou des images­ hyper-sexualisées, quelle sorte d’individu serais-je devenu sexuellement? J’aurais reçu une programmation positive sur la sexualité : amour, respect, consentement, liberté, choix, tendresse, plaisir, etc. J’aurais une bonne estime de soi : je serais bien avec moi-même, heureux. J’apprécierais mon corps tel qu’il est, avec mes imperfections, et je mettrais en valeur mes atouts. Je ferais des choix éclairés, basés sur mes désirs, mes valeurs et mes besoins. J’aurais développé des habiletés de communication saine pour me sentir à l’aise de parler de sexualité. Je me respecterais, je ferais l’amour seulement quand j’en ai envie.  Je comprendrais et respec­terais les différences des sexes. Je serais en harmonie avec ma féminité/masculinité. J’apprendrais à connaître psychologiquement la personne aimée avant de la découvrir physi­quement. Je me laisserais séduire, je savourerais l’art de la séduction. Je mettrais la lenteur au cœur du processus de la rencontre intime et sexuelle, afin de nourrir la sensualité dans le moment présent. Je serais présent d’esprit, disponible émotionnellement, dans la pleine conscience corporelle. Je chercherais à vivre une expérience de connexion amoureuse, sexuelle et spirituelle sans chercher l’orgasme à tout prix. Enfin, j’aurais une sexualité saine parce que centrée, d’abord et avant tout, sur des valeurs intérieures.