Notre maison et nous

Le printemps est enfin de retour, et le dégel dévoile les éléments enfouis sous une épaisse couche de neige. Et qui dit printemps dit grand ménage de notre maison, laquelle n’est pas que le fruit de catalogues d’ameublement et de boutiques de vêtements, mais également le reflet de notre personnalité, de nos souvenirs et de nos désirs conscients, inconscients ou oubliés. C’est dans notre maison que nous vivons la majorité des événements, qu’ils soient d’ordre amoureux, familial ou qu’il s’agisse de conflits, de peines ou de colères. Notre maison est à la fois le lieu qui nous dévoile et celui qui nous protège. Elle est le reflet de qui nous sommes.

Par analogie, sa façade représente la considération que nous avons envers nous-mêmes, l’importance que nous accordons à notre aspect extérieur. Elle fait référence à notre âme et à la façon dont nous construisons notre vie. Accordez-vous de l’importance à votre aspect extérieur? Vous reconnaissez-vous lorsque vous arrivez à la maison après une journée de travail?

Toujours par analogie, que pourrions-nous dire des pièces de notre maison? Le grenier représente les souvenirs familiaux, les modèles que nos ancêtres nous ont transmis. Pour faire état d’un certain équilibre, notre grenier ne devrait démontrer ni fouillis ni toiles d’araignées. Dans quel état est votre grenier?

Le sous-sol, synonyme de peur et d’insécurité lorsqu’il fait partie de nos rêves, démontre les réserves de l’âme, ce qu’elle n’a toujours pas réussi à équilibrer. Il représente ce que nous avons décidé de réprimer, à défaut de pouvoir le gérer. Au sous-sol, on fait ce que l’on désire, bien à l’abri du regard des autres. Il est notre jardin secret.

La cuisine, quant à elle, représente le cœur de notre maison, le lieu familial par excellence. Elle représente l’aspect nourricier et maternel. C’est un lieu de chaleur et de réconfort, le lieu le plus animé de la maison. Comment est votre cuisine? Grande et rangée ou petite et encombrée? Avez-vous l’impression de devoir la rénover?

Le salon est le lieu de rencontres par excellence, celui où l’on se dévoile aux autres sans entraves. La liberté et la création y sont de mise. Avec ses bibelots, ses photos de famille, ses meubles choisis avec soin, le salon démontre souvent le désir des gens de rester ensemble longtemps dans cette maison. Plus le salon est chaleureux, plus son énergie d’hospitalité et de respect de l’un envers l’autre est grande et équilibrée.

La fonction de la salle de bain a grandement évolué au fil des ans. En quelques décennies, elle a passé d’un lieu sacré et avant tout fonctionnel à une pièce qu’on aime faire découvrir à nos invités. Elle représente la libération de ce qui ne nous sert le plus, l’accueil de la nouveauté et de la création. À quoi ressemble votre salle de bain?

Et qu’en est-il de notre chambre à coucher, pièce qui représente notre facette intime? Contrairement au sous-sol et à la salle de bain, qui ont évolué au fil des ans, la chambre demeure encore aujourd’hui un lieu secret, personnel et réconfortant. Notre lit nous offre la protection et la sécurité dont nous avons besoin. C’est l’endroit où nous sommes libres d’être nous-mêmes, où personne ne nous juge, où nous vivons nos sentiments les plus intimes. C’est l’endroit où nous partageons notre vie avec les êtres qui nous sont chers. Votre chambre à coucher vous représente-t-elle? Est-elle vide, en désordre, rangée, à votre image?

Prendre conscience de ces aspects vous donnera sûrement le goût d’apporter des changements dans votre maison. Le printemps est synonyme de nouveauté, de projets et de renaissance. Vous ne verrez plus jamais votre maison de la même façon. Bonne découverte!

Dépasser l’illusion de manque

Lorsqu’on prend le temps de regarder ce qui est au cœur de la majorité de nos souffrances, qu’il s’agisse de tourments banals, d’évènements dramatiques ou même de tragédies, on y trouve presque toujours une perception de manque.

« Quelque chose » n’est plus ou n’est pas tel que l’on souhaiterait qu’il soit.

Loin de moi l’idée de vouloir mettre en doute la légitimité d’avoir mal ou de minimiser l’importance de vivre nos émotions. Cependant, est-il vraiment nécessaire de souffrir, pendant des mois, des années et parfois pendant toute une vie, de ce qui n’est pas, n’a jamais été ou ne sera jamais plus?

Les bouddhistes disent que nos attachements sont à la source de nos souffrances. Or, comme nous vivons dans un monde où tout est en perpétuel changement, et ce, à un rythme de plus en plus rapide, il me semble d’autant plus indispensable de savoir comment se détacher sereinement et comment accueillir la nouveauté, surtout celle que l’on n’a pas choisie.

L’une des lois universelles qui peut grandement nous aider en ce sens est la loi de la conservation de l’énergie. Cette dernière stipule que l’énergie ne peut être ni créée, ni détruite, mais qu’elle se transforme. Comment cela s’applique-t-il à nos vies? On pourrait dire que « l’essence » d’une chose ne sera jamais perdue, mais qu’elle prendra différentes formes au fil du temps.

Je m’explique. Ces « essences », qui sont au cœur de ce qu’on affectionne particulièrement, se résument souvent à des sentiments. Par exemple, on est attaché à son animal de compagnie (la forme) pour le sentiment de complicité, d’amour inconditionnel ou de bonheur (l’essence) qu’il nous procure. On peut être attaché à sa maison ou à sa voiture (la forme) pour le sentiment de liberté (l’essence) ressenti. Nos êtres chers (aussi la forme) représentent eux aussi différentes « essences ».

Il est encore plus important de réa­liser que ces diverses « essences » que sont l’amour, la sécurité, la paix d’esprit et toutes les autres auxquelles vous pouvez penser, ne pourront jamais être livrées par la même source, toute une vie. Ce serait grandement désavantageux. Imaginez devoir trouver votre sentiment de sécurité dans une doudou pour le reste de vos jours… Cette forme ne vous serait pas très bénéfique lors de votre première entrevue d’emploi!

Ces « essences », qui sont toujours présentes, nous sont offertes sous les formes qui nous conviennent et nous soutiennent le mieux à divers moments de notre évolution. Ainsi, nul ne sert de s’attarder trop longtemps au manque de support d’une amie ou d’un conjoint, au manque de compréhension de nos enfants ou au manque de reconnaissance d’un parent ou du patron. Vous n’en serez que plus longuement éprouvés.

Cherchez plutôt à reconnaître la ou les sources sous lesquelles la Vie vous en fait cadeaux et comment ces dernières vous sont davantage bénéfiques. Je vous assure que lorsque vous aurez pris conscience de la générosité avec laquelle la Vie conspire à votre mieux-être, vous éprouverez un profond sentiment de gratitude et ne pourrez qu’être éblouis par la beauté de sa perfection.

Je vous souhaite réellement de pouvoir dépasser vos illusions de manque.

Vivre en équilibre. Vivre en cohérence cardiaque

Dans notre société qui carbure à l’adrénaline, aux projets, aux défis de toutes sortes, il est très facile de perdre son équilibre. Si l’adrénaline nous fait vivre d’intenses émotions, notre corps physique et mental a besoin qu’on lui accorde un temps de repos pour qu’il retrouve cet équilibre.

Cela semble évident, mais pourtant, dans nos vies bien remplies, s’octroyer un moment de calme, un moment de récupération n’est pas une routine établie chez tout le monde.

Si vous aviez l’occasion de voir votre vie de tous les jours sur un tachogramme, une représentation graphique de votre variabilité cardiaque (Heart Rate Variation, HRV), vous verriez un tracé chaotique qui représente les accélérations et ralentissements de votre cœur qui cherche continuellement à s’adapter à vos pensées, perceptions, émotions et sentiments.

Cette activité du cœur peut se comparer à la conduite automobile : il y a l’accélérateur et il y a la pédale de freins, ce qui correspond à notre système nerveux sympathique (accélérateur) et parasympathique (frein). Pour s’adapter à la route, nous avons besoin des deux!

Lorsque l’on entre en cohérence cardiaque, c’est comme si on déconnectait le système nerveux de l’environnement (préoccupations, soucis, etc.) le temps de permettre au cœur et au cerveau de retrouver leur équilibre, tel que le démontre le tracé ci-dessous :

Les effets sur la santé physique (meilleure tension artérielle, renforcement du système immunitaire, meilleur sommeil, entre autres) ou mentale (meilleures relations interpersonnelles, meilleures concentration et mémorisation, par exemple) ont été démontrés scientifiquement.

Comment faire pour produire cet équilibre?
Par la respiration. Mais pas n’importe laquelle! Celle que je propose est la résonance cardiaque, ce qui signifie une synchronisation entre la fréquence respiratoire et la fréquence cardiaque qui produit de la cohérence cardiaque.

L’approche est extraordinairement simple, et facile à pratiquer, d’autant plus qu’il existe moult logiciels* pour nous y aider. C’est vrai qu’elle est simple, mais… elle ne nous sert que si nous la pratiquons régulièrement! C’est exactement comme les repas. Nous avons besoin de manger tous les jours, car nous ne pouvons pas faire le plein de nourriture le lundi et vivre toute la semaine sur nos réserves, n’est-ce pas?

En pratiquant la résonance cardiaque une quinzaine de minutes tous les jours, on crée une empreinte, un endroit neutre qui nous permet de prendre la vie avec recul. Voici le protocole à observer :

Pour commencer, acceptez de mettre toute préoccupation de côté pour quelques minutes. Acceptez que vos soucis puissent attendre un peu, le temps nécessaire au cœur et au cerveau de retrouver leur équilibre, leur intimité.

• Prenez deux respirations lentes et profondes.
• Focalisez votre attention sur la région du cœur ou sur votre ventre tout en inspirant tranquillement sur cinq secondes : 1-2-3-4-5.
• Prenez le temps de ressentir votre expiration sur cinq secondes : 1-2-3-4-5.
• Prenez conscience du plaisir de respirer, du confort que vous parvenez à obtenir simplement en inspirant et en expirant.

Afin de favoriser la mise en place d’une pratique régulière de résonance cardiaque, je vous suggère de choisir la routine qui vous convient le mieux parmi les suivantes :
• 15 minutes le matin, au lever, avant de démarrer la journée;
• 3 x 5 minutes (avant les repas);
• 2 x 10 minutes (le matin et vers 16 h).

Pour conclure, un cadeau : cinq minutes de résonance cardiaque = cinq heures de « dé-stress ». En effet, des recherches en neurobiologie démontrent que, lorsqu’une pratique quotidienne de cohérence cardiaque est établie, le cœur et le cerveau sont en harmonie pour face aux situations de la vie. C’est donc une excellente solution pour partir ou repartir du bon pied durant toute la journée!

*Logiciels de résonance cardiaque : – IPhone : RespiRelax
– Android : macoherencecardiaque
À lire : – Cohérence cardiaque 365, Dr David O’Hare
– Cohérence cardiaque : Nouvelles techniques pour faire face au stress, Dr Charly Cungi et Claude Deglon

Anxiété et contact avec soi

L’anxiété est un sujet de conversation très populaire depuis plusieurs années. Qui peut prétendre n’avoir jamais ressenti d’anxiété dans sa vie? Selon les données les plus récentes de Santé Canada, l’anxiété touche environ la moitié de la population.

Tout le monde peut éprouver de l’anxiété. Il est même normal d’en vivre un peu à l’occasion. Mais qu’est-ce que l’anxiété? L’anxiété est une émotion désagréable qui combine des symptômes physiques (tachycardie, palpitations, respiration difficile, sueurs, tremblements, étourdissements, mains moites, tensions musculaires) et des pensées anxieuses (inquiétudes, ruminations, obsessions, doutes, craintes). Elle constitue une réaction émotive que provoque l’appréhension d’évènements pénibles. Elle remplit une fonction très importante : reconnaître le danger et y réagir. Elle est universelle et adaptative, c’est-à-dire que tout le monde est anxieux à un moment ou à un autre.

L’anxiété est une émotion causée par une menace ressentie, qu’elle soit réelle ou non. Le simple fait de la percevoir est suffisant pour déclencher l’émotion. Puisque l’anxiété est, comme on l’a déjà dit, une émotion désagréable, nous déployons d’importants efforts pour en réduire l’intensité. Lorsque ces efforts portent fruit et font disparaître la perception de menace, l’anxiété diminue, et nous retrouvons un état d’équilibre.

Imaginez que vous deviez traverser un pont. Il n’y a aucun risque à emprunter la voie de droite en raison du garde-fou. Vous ne risquez pas de tomber à l’eau avec la voiture. Le garde-fou vous semble solide, et vous avez confiance. Vous ne présentez aucun signe d’anxiété et vous pouvez même traverser sans trop y penser.

Mais qu’arriverait-il si vous deviez traverser un pont n’ayant pas de garde-fou? Vous préféreriez peut-être emprunter un autre pont, mais il n’y en a pas d’autre. Alors, vous le traverseriez sans doute en restant le plus au centre possible. Ai-je besoin de décrire le degré d’anxiété que vous éprouveriez durant cette traversée? Plus le pont serait étroit, plus votre perception du danger serait critique et plus le degré d’anxiété serait élevé. Cette anxiété disparaîtrait une fois le pont traversé. Mais, il va falloir revenir! C’est donc dire qu’il va vous falloir traverser de nouveau ce même pont. Vous allez anticiper le retour. S’installera alors une anxiété d’anticipation.

Cette allégorie définit tout de même bien notre société. Dans la vie, comme sur ce pont, nous avons besoin de balises claires et solides qui marquent clairement le chemin à suivre. Ces balises nous permettent de mieux discriminer le bien du mal et, ainsi, savoir que nous sommes sur un chemin sécuritaire. Ce sentiment de sécurité est l’antithèse de l’anxiété.

Sans balises, il devient difficile de bien orienter nos actions. Conséquemment, nous avançons dans la vie sans trop nous poser de question. Cette façon de faire peut convenir à court terme, mais viendra le jour où un sentiment de vide nous habitera.

Il est souvent facile de nommer ce que nous ne souhaitons pas. Çà l’est moins lorsque vient le temps de nommer ce que nous souhaitons. De là l’importance de prendre du temps pour soi. Pas du temps pour exécuter des tâches, s’occuper des enfants ou autre. Juste du temps pour soi. Du temps qui sert à entrer à l’intérieur de soi, ne serait-ce que pour reprendre contact avec soi. Ainsi, le véritable soi pourra émerger, un peu comme si notre essence émergeait par le biais de nos habitudes.

En respectant notre véritable soi, nous mettons en place nos balises. Ainsi, nos choix de vie sont en phase avec nous-mêmes, ce qui nous indique que nous sommes sur la bonne voie, laissant de fait moins de place à l’anxiété.

Comment rapatrier les « papillons » de l’amour?

L’amour : un sentiment, une émotion, un mot ou une idée, un concept peut-être… En tout les cas, il est très doué, car encore aujourd’hui, il réussit très bien à garder sa part de mystère.

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler des « papillons » ressentis au début d’une relation amoureuse, mais qui s’envolent au fil du temps, et des « papillons » qui agrémentent une relation plus mature, ceux qui permettent à la relation de traverser l’épreuve du temps.

Au début d’une relation amoureuse, on est sous le charme. On dirait que l’autre n’a que des qualités. On est proche, et le simple fait d’être ensemble nous comble de bonheur. C’est l’amour « intime ». Cette phase de séduction est bien importante, car elle deviendra un référent pour plus tard dans la relation.

Puis, les jours, les semaines, les mois passent. Il y a une maison, des enfants, des belles-familles, des carrières, des engagements, des contraintes.

Tout fonctionne bien… mais il n’y a plus de « papillons »! C’est comme si le couple, pris dans une routine, était passé de l’amour « intime » à l’amour « un team ».

Il est prévisible qu’au bout d’un certain temps de cet amour « un team », l’un ou l’autre des partenaires va ressentir un manque, une nostalgie de quelque chose… et c’est fort probablement une nostalgie des « papillons » du début de la relation.

Comment rapatrier les « papillons » amoureux?
Un ingrédient essentiel aux couples qui durent est une communication de qualité. Cette qualité se résume en des mots tels que respect, écoute active, ouverture d’esprit, courage, patience. Savoir communiquer ses sentiments ou ses émotions demande un peu d’habileté et, comme toute chose, ça s’apprend.

Dans ma pratique de coaching, je propose la technique de la carte à six points (S.P.A.C.E.E.). Cette technique de communication non violente favorise un climat de réceptivité.

Voici un résumé de la carte à six points  :

Premièrement, il est important d’employer le prénom de votre partenaire (S pour Source).

Deuxièmement, choisissez un moment qui lui convient, car vous voulez être sûr de sa disponibilité d’esprit (P pour Place ou moment).

Troisièmement, adoptez un ton amical, le ton de voix que vous aviez au tout début de la relation (A pour Attitude amicale).

Quatrièmement (c’est le point crucial), entrez dans le vif du sujet et résumez en une ou deux phrases les faits (C pour comportement objectif).

Cinquièmement, exprimez l’émotion ressentie (E pour Émotion).

Sixièmement, exprimez l’espoir que vous chérissez (E pour Espoir).

Voici de quoi pourrait avoir l’air le début d’une conversation dans un couple qui a besoin de se retrouver, de rapatrier les « papillons » de l’amour  :

« Germain, j’ai besoin de te parler. Quel ce serait le meilleur moment pour toi ? » (S.P.A.)

Le moment venu, Gisèle poursuivrait ainsi :

« Germain, cela fait bientôt trois ans que nous n’avons pas fait d’escapades en amoureux. Je me sens triste devant ce constat et j’aimerais qu’on planifie très prochainement une fin de semaine ensemble, rien que nous deux ». (C.E.E.)

Exprimer en peu de mots, sur le bon ton de voix, les bonnes choses au bon moment nécessite d’avoir réfléchi au message que l’on veut transmettre. Dévoiler à l’autre ses limites, ses besoins, ses désirs ou ses inconforts demande du courage.

Cette ouverture de soi risque de provoquer des battements de cœur, « des papillons »… mais n’est-ce pas précisément le but recherché?

À lire : Les mots sont des fenêtres (ou des murs), Marshall B. Rosenberg
Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse, David Servan-Schreiber

Donner un sens à sa vie

J’ai eu le privilège d’accompagner mon jeune frère de 42 ans pendant plus de trois ans et demie, et ce, jusqu’à son dernier souffle. Le temps s’arrête soudain. Nous nous mettons à nu sans réserve, et les confidences coulent à flots de part et d’autre.

Plusieurs années plus tard, la lecture du livre de Bronnie Ware, infirmière australienne en soins palliatifs, intitulé Regrets of the dying, corrobore les regrets de mon frère sur sa vie passée. Permettez-moi de vous les partager.

• J’aurais souhaité être fidèle à moi-même et non vivre en fonction des autres.
• J’aurais voulu ne pas travailler autant et voir grandir mes enfants.
• J’aurais aimé trouver le courage d’exprimer mes sentiments profonds.
• J’aurais dû garder le contact avec mes vrais amis.
• J’aurais aimé m’autoriser à être heureux.

En 2003, je m’offre un cadeau. Je donne un sens à ma vie qui bat de l’aile en devenant bénévole à la maison Mathieu Froment-Savoie (MMFS). À la suite d’une formation intense, je travaille aux soins auprès des personnes en fin de vie où les émotions sont à fleur de peau.

En 2006, le cancer frappe à ma porte. Un rappel musclé qui me force à examiner à la loupe ce qui brime ma santé psychologique et à mener une vie au plus près de mes aspirations. Je saisis enfin l’importance de la notion du plaisir et m’accorde sans culpabilité la permission de dire « non ».

Cette période de recul à titre de bénévole en soins palliatifs me permet de bondir plus haut et de retourner en poste, cette fois-ci, dans le domaine des collectes de fonds et à titre d’ambassadrice de la maison Mathieu Froment-Savoie et dans le cadre de la Campagne de charité en milieu de travail du gouvernement du Canada.

À votre tour de vous faire un cadeau : devenez bénévole à la maison Mathieu Froment-Savoie.

Voici les divers secteurs où vous pouvez être bénévole. Ces secteurs nécessitent une formation et un soutien continu :

• Accompagnement direct aux personnes en fin de vie à la MMFS
• Accompagnement direct aux personnes en fin de vie à leur domicile
• Accueil
• Administration
• Buanderie
• Couture
• Cuisine
• Décoration
• Entretien intérieur et extérieur
• Horticulture
• Collecte de fonds
• Photographie

Pour joindre notre équipe, veuillez communiquer avec la coordonnatrice des bénévoles, France Côté, au 819-770-3900, poste 225 ou par courriel à benevoles@mmfs.org.

Au plaisir de croiser votre route à la Maison où la joie est au rendez-vous.

Une approche créative pour faire des choix éclairés

Que de fois avons-nous remis une décision à plus tard! On éprouve de la difficulté à se décider parce qu’il nous semble que ce n’est pas le bon moment ou que telle situation se réglera d’elle-même. Par exemple, on déteste son travail mais n’ose le quitter pour de multiples raisons.

Parfois certaines décisions s’imposent d’elles-mêmes. Par contre, il y en a d’autres qui font surgir en nous des pensées et des émotions contradictoires qu’il nous faut décoder. De plus, on peut aussi se sentir tiraillés entre nos valeurs, nos désirs et nos besoins. Comment réussir à se sentir en confiance pour faire des choix lorsqu’on se sent ainsi partagé?

Pour ma part, le processus de prise de décision s’est simplifié lorsque j’ai découvert une approche simple et créative qui m’a permis de regarder un problème, une situation ou un projet sous différents angles. Cette approche repose sur l’idée que nous sommes habité par quatre personnages prêts à nous aider pour faire des choix éclairés.

Je vous présente ces précieux alliés. D’abord l’Explorateur et son esprit inventif, le Juge et son sens de l’analyse, l’Artiste et sa capacité d’être en contact avec ses émotions et le Guerrier qui n’attend qu’un mandat clair pour passer à l’action. Imaginez que ces personnages constituent votre comité de décision et qu’ils sont en mesure de vous éclairer dans vos choix si vous prenez le temps de dialoguer avec chacun d’eux.

Toi l’Explorateur, peux-tu m’aider à regarder cette situation sous des angles différents? Dois-je faire confiance à mes intuitions? Indique-moi de nouvelles pistes d’exploration. De quelle façon ce changement pourrait profiter à mon évolution? Me donnes-tu le droit d’innover?

Toi le Juge, je te demande d’être bienveillant mais de me donner l’heure juste afin de considérer les « pour » et les « contre » de telle situation (ou projet). Quels sont les faits sur lesquels je dois me baser? De quelles ressources matérielles et psychologiques ai-je besoin? Est-ce que j’ai toutes les informations nécessaires? Quelles seront les étapes de réalisation de ce projet? Quel en est l’échéancier?

Si vous entendez des phrases comme « Ça marchera pas! », « Tu rêves en couleur », méfiez-vous! C’est le juge « éteignoir » qui prend la parole. Celui-ci peut bousiller nos plus beaux élans créatifs par une seule phrase assassine.

Et toi l’Artiste, est-ce que ce projet te dynamise ou te laisse indifférent? Raconte-moi ce que tu ressens par rapport à ce projet? Peux-tu identifier les sentiments et émotions qui t’animent? Te donnes-tu le droit de les ressentir? Qu’est-ce que ces émotions ont à te dire?

Et toi le Guerrier, est-ce que tu es motivé pour passer à l’action? Est-ce que l’Explorateur, le Juge et l’Artiste t’on donné suffisamment de bonnes raisons pour aller de l’avant? Sinon, qu’est-ce qui te manque? Est-ce que ton mandat est clair? Est-ce que tu peux visualiser des résultats positifs?

En prenant le temps de dialoguer avec chacun des personnages, on peut ainsi recueillir beaucoup d’informations sur soi, ses intentions, ses motivations et ses ressources. Quelquefois, la réponse s’impose d’elle-même mais à d’autres moments un temps de réflexion est nécessaire. J’ai pu constater que le fait d’écrire permet de clarifier nos idées, nos émotions et aide à préciser nos besoins actuels.

Nous avons tous un personnage dominant et c’est lui qui a tendance à prendre le devant de la scène. Autrement dit, c’est lui qui a l’habitude de prendre les décisions. Parfois c’est correct mais habituellement, on y gagne à prendre le temps d’écouter chacun des personnages nous poser ses questions. Ainsi, nous mettons toutes les chances de notre côté pour faire les choix les plus judicieux.

Puisse votre équipe vous conduire vers le meilleur de vous-même!