Où est donc le plaisir?

Bon Dieu que j’ai cherché… pendant 20 ans, j’ai cherché le plaisir partout, dans tout et surtout, dans la spiritualité. Parfois, je le trouvais, certaine de l’avoir bien ancré en moi et hop, après un certain temps, il m’échappait. À certains moments, j’étais convaincue que je l’avais trouvé pour de bon, après toutes ces recherches spirituelles, après avoir goûté tout le buffet du nouvel-âge, je l’avais enfin trouvé, je le dégustais finalement et hop, les problèmes se manifestaient et vlan, tout était à recommencer. C’était à n’y rien comprendre.

Et, il y a un an et demi, j’ai compris. J’ai compris ce monde dans lequel nous vivons, un monde duel où les pôles se marient autant qu’ils s’entrechoquent. J’ai également compris la non-dualité, le principe de l’unité où tout est relié jusque dans l’infiniment petit. Et j’ai finalement compris le non-dualisme pur où ce monde dans lequel nous vivons et le monde de Dieu s’excluent mutuellement. Le plaisir n’était plus très loin, je le sentais, mais allait-il s’échapper encore une fois?

Le plaisir est toujours relié à une recherche, une sensation, une émotion, un besoin. Est-ce possible que le plaisir soit utilisé pour combler un vide? Est-ce possible d’être en paix avec le plaisir dans un monde où le plaisir est l’ultime but?

Ce monde dans lequel nous vivons demande une attention spéciale et toujours incessante, notre corps demande également une attention particulière. Le corps a constamment des besoins, c’est une machine à besoins (le mot machine est plutôt faible ici) : besoin de manger, besoin d’oxygène, besoin de repos, besoin d’affection, besoin d’attention, besoin de plaisir, besoin d’exercice, besoin d’amour, besoin d’argent, besoin de protection contre les éléments…

Je ne suis jamais en paix avec le monde de la forme, il m’en demande toujours. Même avec le minimum de la simplicité volontaire, les demandes sont toujours là pour nous éloigner continuellement de l’essentiel, l’esprit. Tout existe dans ce monde pour nous détourner de l’esprit, là où la paix peut réellement habiter et où le plaisir a un sens. Vous pouvez vous retrouver sur une montagne verdoyante où le soleil chatouille tendrement vos orteils et votre corps repose sur une herbe veloutée, les oiseaux caressant avec harmonie vos oreilles, mais si votre esprit est perturbé, tout cet attirail devient une simple illusion de paix. Mais vous pouvez également vous retrouver dans ce même endroit thérapeutique et après plusieurs jours en ressortir paisible et détendu. Malgré tout, force est d’admettre que cela ne durera pas. Le monde dans lequel nous vivons est dysfonctionnel, les problèmes vont refaire surface. Rien dans ce monde ne peut apporter en permanence la paix d’esprit recherchée, le plaisir de la béatitude, le sourire satisfait de la Joconde. La paix de l’esprit n’est pas de ce monde, elle est dans notre esprit et c’est là que réside le vrai pouvoir.

Il est important de découvrir le but derrière notre poursuite de plaisir, même derrière ces petits plaisirs simples du quotidien tant encouragés par la psychothérapie. Aussi longtemps que l’on va rechercher le plaisir dans les choses extérieures (objets, personnes, situations…), la recherche va continuer. Le seul plaisir durable et profond n’est-il pas celui de la paix intérieure, celle que l’on acquiert justement en ne cherchant pas dans le monde, mais en soi? Cet état d’esprit paisible est justement le point de départ vers le plaisir, car il ne dépend pas d’un état extérieur, mais plutôt d’une attitude intérieure.

Ce n’est plus important si j’écoute un magnifique concert au clair de lune avec mon amoureux ou si je suis prise dans le trafic en retard d’une heure pour le rendez-vous de ma vie. La paix intérieure m’habite, m’inonde, et c’est elle qui m’apporte du plaisir, c’est elle qui me fait sourire, c’est elle qui me nourrit et m’émerveille, peu importe ce que je vis extérieurement. Je ne dépends plus des situations de ma vie pour être en paix, je suis libérée, je suis libre. Et en affirmant ceci, je ne nie pas pour autant le plaisir dans ce monde. Mais je sais qu’il est impermanent et changeant. Je choisis de ne pas en dépendre. Je peux ainsi l’apprécier davantage sans y mettre une charge émotionnelle importante, sans y rechercher quoi que ce soit. Je suis détachée et en paix.

Donc, est-ce si important de savoir si le monde fonctionnera mieux ou non ? Est-ce primordial de changer ce qui se passe à l’extérieur de nous quand le réel changement n’appartient pas à ce monde? Le plaisir vient de mon esprit, mon attitude, ma perception. Le système de pensée auquel je vais adhérer va réellement déterminer mon expérience. Un esprit inexercé ne peut rien accomplir. Un esprit en paix amène inévitablement un monde en paix. Tant que nous chercherons à l’extérieur de nous pour acquérir un état d’être intérieur, nous ne trouverons pas. La solution n’est pas dans ce monde, mais dans notre esprit. Que le plaisir soit avec vous… et avec votre esprit!

Indépendance financière

« Si vous ne travaillez pas pour vos rêves, quelqu’un vous embauchera pour travailler pour les siens » (Steve Jobs)

Vers l’âge de 32 ans, insatisfaite de ma vie suite au métro-boulot-­dodo, j’ai acheté le livre Votre vie ou votre argent de Joe Dominguez et Vicki Robin. Une révélation, je vous dis! J’ai lu ce livre d’une traite, comme un roman qu’on ne veut pas lâcher. Vous savez, même si vous devez vous lever tôt le lende­main matin et qu’il est 1 h du matin, vous vous promettez, sans trop y croire, que vous finirez un DERNIER chapitre et dodo après!

Ce livre m’a fait découvrir que je n’étais pas obligée de travailler jusqu’à ce que mort s’ensuive… Bon, j’exagère un peu, sûrement pas si pire que ça, mais c’était mon impression. Je me sentais prisonnière du système de consommation. Avais-je le choix de travailler si je voulais me nourrir, posséder une maison, des vêtements, une automobile, voyager? Oui, j’avais le choix, mais je n’en avais pas conscience.

Comme la majorité des gens, j’échangeais mon temps de travail contre de l’argent afin de rembourser mon hypothèque, payer ma voiture, mon épicerie, les restos, les vêtements, et, si possible, avoir des écono­mies au cas où… J’épargnais déjà, mais peu et pas assez. De plus, je ne cherchais pas à optimiser le rendement de mes placements financiers. Le concept de pouvoir­ vivre de mes revenus passifs m’étaient complètement inconnu.

J’étais bien conditionnée à travailler comme salariée jusqu’à l’âge de ma retraite, à moins de gagner à la loterie. Prise dans cette roue sans fin, je tentais, durant les fins de semaine, de faire ce qui me passionnait. Le dimanche soir, je déprimais en pensant à ma semaine de travail « forcée » comme une prisonnière du système capitaliste.

La lecture de ce livre m’a permis de comprendre que je pouvais sortir de cette prison, de ce « rat race » (comme disent les anglais) et de pouvoir accéder à l’indépendance financière dans 10 à 15 ans. Oh my God!… c’est une éternité 10-15 ans pour quelqu’un qui recherche une libération rapide, mais comme je ne gagnais pas de gros lot à la loterie, j’ai commencé à appliquer les diverses notions et principes établis dans ce livre. Difficile? Oui, ça l’est, même encore aujourd’hui. Difficile de sentir le jugement des personnes qui ne comprennent pas pourquoi vous faites cette démarche de simplicité volontaire, de minimalisme et puis de zéro déchet par la suite. Mais on y survit, on apprend à ne plus laisser le jugement des autres nous toucher, car mon but premier était d’atteindre l’indépendance financière.

En décembre 2017, à l’âge de 50 ans, j’ai atteint l’indépendance financière, donc je n’ai plus à travailler. Il m’a fallu 18 ans pour y parvenir pour plusieurs raisons, dont entre autres, deux retours aux études pour compléter deux baccalauréats à l’université, la construction de notre chalet, l’acceptation d’un salaire moindre pour travailler dans les organismes communautaires au lieu du gouvernement, ainsi que plusieurs congés non rémunérés.

Alors, je vous pose la question : Aimez-vous votre travail? Quelle est votre motivation pour vous lever tous les matins et aller travailler? Oui, bien sûr pour l’argent, mais est-ce que votre travail est en lien avec votre mission de vie? Si oui, c’est super, continuez de vous accomplir! Sinon, peut-être que le concept d’indépendance financière vous parle? En visant l’objectif de devenir indépendant financièrement, vous venez peut-être de trouver une clé pour vous sortir de votre prison « virtuelle ». Une motivation pour vous lever le lundi matin et aller travailler dans la joie de la perspective d’un demain libre de votre temps!

La simplicité volontaire, un art de vivre!

Si l’on doit à Richard B. Gregg, un américain disciple de Gandhi, l’expression « simplicité volontaire », on doit à Duane Elgin et à son livre The value of Voluntary Simpli­city, publié en 1936, la popularité qu’a connue cette expression au début des années 80, et à Serge Mongeau la paternité de ce courant au Québec, également dans les années 80.

Qu’est-ce que la simplicité volontaire?
Selon le Réseau québécois pour la simplicité volontaire, cette philosophie de vie privilégie l’être plutôt que l’avoir, le « assez » plutôt que « le plus », les relations humaines plutôt que les biens matériels, le temps libéré plutôt que le compte en banque, le partage plutôt que l’accaparement, la communauté plutôt que l’individualisme, la participation citoyenne active plutôt que la consommation marchande passive. La simplicité volontaire est aussi un courant social important, qui tente de répondre à des problèmes de société de plus en plus pressants (course folle de la vie moderne, endettement excessif, insatisfaction malgré une consommation débridée, épuisement professionnel, gaspillage, épuisement des ressources naturelles, etc.)

Pourquoi se joindre à un groupe de simplicité volontaire dans sa localité?
Les raisons sont nombreuses et résultent souvent d’intentions diverses, dépendamment des gens, de leur vécu ou de leur réflexion sur la vie. Par contre, la motivation première est souvent issue d’un intérêt particulier, comme l’environnement, ou elle découle de la spiritualité ou de la constatation que la société de consommation actuelle est un non-sens. Par contre, chaque membre finit le plus souvent par s’intéresser aux motivations des autres parce que ces objectifs sont complémentaires. S’entourer de gens qui ont des valeurs semblables aux nôtres devient une source de réconfort, puisque ces valeurs ne sont pas nécessairement prônées par l’ensemble des personnes faisant partie de notre milieu.

Mon expérience
J’ai été longtemps en quête du bonheur par l’acquisition de biens matériels, de sensations fortes et de plaisirs rapides, mais en restant toujours profondément insatisfaite et insatiable. Suite à de nombreuses lectures et de nombreux questionnements, j’ai réalisé que cette voie ne m’entraînait que vers des bonheurs éphémères et non durables. Ces réflexions m’ont donc amenée à modifier mon style de vie et celui de ma famille. La méditation me permet maintenant d’apaiser mon esprit et de cultiver ma spiritualité afin de développer une paix intérieure constante.

Mes études en naturopathie me conduisent en outre vers une alimentation et un style de vie plus sains tout en me permettant de comprendre les effets nocifs d’une mauvaise alimentation sur ma santé physique et mentale et en me faisant prendre conscience des impacts environnementaux de la surconsommation de viande, de produits industrialisés, de pesticides, etc. De plus, à tous les niveaux, je priorise maintenant les produits biologiques, écologiques et recyclés, et j’évite, dans la mesure du possible, les magasins à grande surface, visitant de préférence les commerces locaux. Enfin, pour réduire l’impact de la publicité omniprésente dans notre société de consommation, je limite intentionnellement mes heures d’écoute de la télévision et je privilégie les documentaires et les reportages éducatifs.

Amorcer une réflexion
Habituellement, dès que l’on amorce un processus de réflexion sur notre raison d’être en tant qu’être humain et sur notre impact sur la terre que nous habitons, la conscience s’ouvre indéniablement! Évidemment, ce qui s’ensuit peut amener à revoir complètement nos priorités et à apporter de nombreux rajustements à nos styles de vie. Il faut alors nous armer de patience, de tolérance et de gratitude afin d’arrimer sereinement et graduellement notre façon de penser à notre façon de vivre.

Lectures suggérées
Nous, de la simplicité volontaire, Diane Gariépy
L’ABC de la simplicité volontaire, Dominique Boisvert
La simplicité volontaire, plus que jamais…, Serge Mongeau