Le plaisir de cuisiner

Adopter un nouveau regard… et renouer avec le plaisir d’être en santé.

L’alimentation est premièrement une question de perception. Dans le rythme de vie empressé qui est le nôtre, nous cherchons à sauver du temps. Malheureusement, c’est souvent au détriment de besoins essentiels de la vie quotidienne que nous récupérons des minutes : par exemple, emprunter du temps dans la préparation des repas ce qui définitivement en diminue la qualité. On rectifie le tir par un « rapido presto » sur un coin de table lundi, suivi d’un « tout préparé » dans la voiture mardi et peut-être un petit liquide protéiné tard en soirée mercredi. Ce qu’on oublie dans ces gestes banals, c’est que pour générer la santé et le plaisir, le facteur alimentation doit respecter les concepts de base qui contribuent à la croissance, à l’entretien et à la reconstruction du corps et du mental.

Difficile me direz-vous! Bien manger est un vrai casse-tête! J’ai de bonnes intentions, c’est un grand désir chez moi de bien me nourrir et de bien nourrir ma famille. Mais il arrive toujours quelque chose qui me fait abandonner mes bonnes résolutions. Le problème se trouve majoritairement dans la perception que nous avons face aux choix des aliments ainsi qu’à la préparation des repas. Il est essentiel de reconstruire notre regard face à notre alimentation. Notre perception a été altérée pour plein de raisons et ça n’a pas vraiment d’importance de les connaître.

Ce qui importe, c’est d’arrêter ce dérapage qui nous amène tout droit dans une impasse. La période des repas est un moment de plaisir, comme une nouvelle histoire à inventer, non comme une routine terne et ardue à affronter. C’est un temps privilégié pour se retrouver, communiquer, relaxer et profiter de l’abondance des odeurs, des goûts, des textures et de la variété colorée des aliments que nous avons consciemment choisis et préparés. Le plaisir ou le désagrément de cuisiner santé se trouve dans l’intention qui nous habite face à la préparation des repas : l’intention étant pour moi le but à atteindre, le résultat de ma capacité à imaginer.

Cette capacité d’imaginer étant unique à chacun, voici en exemple mon intention, animée par la valeur des nutriments générant la santé.

Quand je me retrouve devant les comptoirs de ma cuisine et que je choisis des aliments qui vont faire partie de la préparation de notre repas, mon regard est :

  • Je pense toujours aux bienfaits que chacun de ces aliments nous procurent ainsi que les particularités qui les représentent et ce qu’ils génèrent dans notre organisme.
  • En regardant les poivrons orange remplis de lutéine qui nourrit la macula de mes yeux, l’avocat gorgé d’acides gras essentiels qui nourrissent le muscle cardiaque, le cerveau, nos glandes, etc. je remercie pour l’abondance des choix qui nous sont offerts.
  • Je m’inspire de toutes les couleurs, des odeurs, des aromates et des légumes que je prépare et qui accompagneront parfaitement des lentilles aux milles vertus, déposées sur un lit de couscous de blé intégral, cuit dans un bouillon de Miso, reminéralisant par excellence, le tout rehaussé de fines herbes fraîches et curatives.
  • Ce plat mérite bien sûr que je crée une atmosphère : qu’il soit présenté dans une belle assiette, sur une table habillée d’une nappe colorée à souhait et accompagné d’un éclairage qui favorisera la paix et les discussions, prédisposition essentielle à la digestion et au plaisir de manger.

L’intention qui m’habite face à l’alimentation et à la préparation des repas est une intention de plaisir, de générer la santé, de découvrir de nouveaux aliments, d’inventer de nouvelles recettes, de réunir ceux que j’aime, de partager mon quotidien, de ralentir mon rythme et de vivre le moment présent avec les gens qui partagent cette table.

Et vous, par quelle intention êtes-vous habités quand vous vous retrouvez face à votre comptoir de cuisine?

Ce texte est tiré du livre « Choisir la santé une belle façon de s’aimer », Éditions grand vent.

Récupérer son instinct

Avons-nous perdu l’instinct de savoir et de choisir ce qui est bon pour nous?

Cet instinct est directement relié à la nature dont nous sommes partie intégrante. Tout dans l’univers est constitué d’énergie. Nous sommes énergie comme l’eau, la terre, l’air et le feu qui constituent les éléments de la nature. Étant interconnectés, faisant partie intégrale de ce champ d’énergie, il est essentiel de s’en inspirer pour trouver ce qui est bon pour nous et pour bâtir ou rebâtir notre énergie.

Je me questionne quand je pose mon regard naturopathique sur les choix dits santé que font les gens qui m’entourent et qui me consultent. La majorité des personnes possèdent certaines connaissances dans l’alimentation, pratiquent ou ont pratiqué sporadiquement une activité physique ou un sport; elles parlent de repos occasionnellement ou quand elles se sentent mal ou elles espèrent atteindre un meilleur équilibre émotionnel.

Les livres abondent sur ces sujets dans chacune de nos bibliothèques personnelles; on les échange, on en parle entre nous. Chacun et chacune participe à un atelier, un cours, le temps d’une saison ou plus : tai chi, méditation, massage, cardio plein air, alimentation santé, etc. Nous évoluons très rapidement, nous apprenons sans arrêt, nous sommes des boulimiques de connaissances; cependant nous stagnons très souvent face aux changements à adopter. Tout change de forme, de nom, de couleur, d’importance. Ce qui était bon pour la santé hier sur la scène médiatique n’a presque plus d’intérêt aujourd’hui. Ce qui est prôné comme miraculeux pour notre santé à l’heure où vous lisez ces pages sera peut-être dévastateur demain. Ce qui allume nos lanternes sur le chemin de la santé se retrouvera peut-être au banc des accusés quand nous l’aurons adopté, nous laissant un goût toujours plus amer de nous être encore fait tromper ou nous être trompés nous-mêmes, avec un sentiment d’avoir à faire rapidement un autre choix afin de garder le cap dans cette jungle aux solutions miracles.

Y a-t-il tellement de choix que, finalement, nous ne savons plus quoi choisir?

Sommes-nous trop sollicités, trop fatigués, trop pressés, trop stressés? Avons-nous abandonné notre pouvoir de choisir? Avons-nous perdu notre instinct de choisir?

Qu’est-ce qui fait que prendre un médicament : pour maigrir, digérer, dormir, se calmer, pour la déprime, la ménopause, pour faire l’amour… devient trop souvent la première solution adoptée?

Il est temps de faire un bilan de toutes nos connaissances en matière de santé afin de nous mettre en action avec ce qui nous habite aujourd’hui, de cristalliser nos acquis positifs, ceux que nous possédons en cette minute précise et d’adopter un regard naturopathique face à notre santé.

Notre plus grand problème en ce moment ressemble à un manque de confiance en notre instinct. Comme si notre chance de réussir à être simplement bien dans les différentes sphères de notre vie, en respectant le plus naturellement possible nos besoins fondamentaux, dépendait de notre vitesse à emmagasiner le plus de savoirs possibles. Simplement dit, nous nous sentons l’obligation de tout savoir.

Sortez vos antennes; ne vous battez pas contre le système, mais retrouvez le sentier de la nature et soyez déterminés à vivre en accord avec celle-ci selon votre propre vérité.