Vibrer de tout son être

Vibrer, n’est-ce pas être touché? Se faire vibrer, c’est un pouvoir qui nous est donné, le pouvoir de reconnaître ce qui nous convient en tant qu’être « non conditionné » afin d’agir en fonction de notre réa­lité intérieure. Par exemple, s’il vous prend une envie d’exprimer quelque chose et que vous vous sentez jugé, une interférence ternira votre expression. Et les gens sentiront votre combat intérieur, ce qui rendra votre personne moins agréable.

La transparence et l’intégrité sont des états fondamentaux qui font vibrer votre être sans le bloquer. Pour vibrer, il faut donc apprendre à sortir du conditionnement. Un truc pour y parvenir est de vous assurer que vous parlez à partir de l’énergie du cœur. Votre cœur traduira immédiatement votre degré de transparence; il ne pourra pas réprimer vos divers sentiments d’oppression.

Cette oppression vient de l’accumulation des mémoires de l’âme, en tant que bande enregis­t­reuse de toutes vos expériences passées, bonnes ou mauvaises. Ces mémoires contiennent les valeurs du bien et du mal que vous avez imprimées. Votre âme « ressent » le bien et « ressent » le mal : elle est conditionnée par les deux. C’est pour cette raison que nous éprouvons souvent le besoin d’exprimer notre sentiment d’oppression en faisant vibrer notre âme, comme pour balayer les mémoires qui interfèrent avec notre moi pur, non conditionné.

Nous pouvons nous connecter à notre vibration sur deux plans : les sens et les perceptions extrasensorielles.

Les sens « interférence » de l’âme
Lorsque nous faisons vibrer notre âme sur le plan des sens, c’est la part de nous qui a besoin de danser, de chanter, de peindre, de se mouvoir pour ressentir son corps et le libérer du sentiment de confinement souvent lié à nos schémas familiaux. Tous les sens sont investis dans l’expression de l’âme. Nous éprouvons parfois des désirs inexplicables qui, lorsque nous osons les exprimer, nous libèrent de l’oppression. Faire vibrer notre âme est une étape intermédiaire à la liberté.

La vibration source
Sur le plan extrasensoriel, c’est notre propre esprit qui vibre. Il est notre source libre. Évidemment, tant que nos jugements, nos peurs et nos doutes interfèrent, le conditionnement bloque la fluidité de notre esprit. Pour faire vibrer notre être, il faut abandonner notre passé et être à l’écoute de l’instant présent.

Il faut plusieurs années pour atteindre un tel degré de liberté, mais dans chacune de nos vies, nous sommes à même d’identifier certains moments de grâce. Ces moments nous confirment que nous avons tous bel et bien l’aptitude innée de faire vibrer notre être sur le plan de l’esprit.

Par exemple, lorsque vous parlez à quelqu’un d’un sujet très intime et que vous vous révélez spontanément à l’autre, vous pouvez tous les deux être traversés d’un frisson. C’est la vibration de votre esprit qui s’exprime et qui vous confirme que vous avez débloqué une interférence et que vous êtes connecté à la source.

Pourquoi faire vibrer l’esprit?
Pour devenir authentique, renouveler votre énergie vitale, vous autoguérir, faire éclater toute oppression issue des valeurs « mortes » du passé, créer l’harmonie à chaque instant. Bref, pour devenir et rester un être libre.

Pour y parvenir, écoutez d’abord votre cœur, conscientisez les pensées qui restreignent votre capacité à le faire vibrer (fausses responsabilités, jugements et comparaisons). Puis observez vos réactions face aux autres, constatez à quel point vous tombez (facilement) dans le conditionnement bien-mal. Enfin, osez commencer à exprimer ce qui résonne pour vrai dans votre cœur.

À l’instar du violoniste, vous apprendrez à maîtriser votre son (émotion), à jouer les bonnes notes (intégrité) pour faire vibrer votre violon (être).

La respiration consciente — se libérer dans la simplicité

« Je ne peux plus faire mon travail. Je dois partir en voyage et je panique rien qu’à l’idée de devoir prendre l’avion » me dit Y.D. « Tu as besoin de tout contrôler, dis-je. Viens, nous allons te faire respirer dans tes émotions ».

Respirer? On fait ça tous les jours! Vraiment? Comment respirez-vous? Nous sommes souvent très peu conscients de notre comportement respiratoire. Pourtant, notre passé et des traumatismes que nous avions stockés au plus profond de notre ADN pour ne plus en ressentir les dissonances dans notre vie quotidienne se manifestent par notre respiration. Prenez dix secondes, pendant que vous lisez ces lignes, pour diriger votre attention vers l’intérieur de votre corps. Rien qu’en prenant conscience de votre respiration, vous pouvez observer qu’elle change de rythme. Donc oui, vous respirez tous les jours, mais le faites-vous librement? Sinon, qu’est-ce qui bloque votre souffle? C’est ce que nous traiterons lors d’une séance.

Leonard Orr a développé la techni­que de respiration consciente en Californie dans les années 70. Plutôt expérimentale à ses débuts, celle-ci a ensuite été perfectionnée et combinée à d’autres approches. Dans les années 90 survint une malencontreuse chasse aux sorcières. Au lieu de faire le ménage, les corporations de médecins et de psychologues se sont acharnées à faire table rase de cette pratique que je qualifie encore aujourd’hui de « miracu­leuse ». Si bien qu’il n’y a presque plus d’instructeurs pour transmettre et encadrer la pratique. Il est donc souhaitable que votre recherche d’un praticien en respiration consciente vous amène à en choisir un qui a reçu une formation de thérapeute.

Il n’en demeure pas moins que, lorsque bien pratiquée, la technique de respiration consciente est une ressource étonnante pour traiter de nombreux problèmes : asthme, stress, fibromyalgie, insomnie, phobies, peines d’amour ou deuils non résolus et, bien sûr, anxiété et crises de panique souvent liées à une obligation d’exceller, d’exceller sur le plan tant personnel que professionnel. Tant de choses peuvent être stabilisées lorsque nous prenons la peine de respirer en toute conscience dans notre corps!

Être conscient de notre corps, voilà un exploit, dans notre monde de plus en plus déséquilibré et violent. Pourtant, notre corps est doté d’un code d’intégrité naturel. Dès que nous écoutons notre souffle, nous ne pouvons pas passer à côté. Mais il arrive que nous soyons si préoccupés par les exigences extérieures que nous ne parvenons plus à donner priorité à notre intérieur. C’est alors que nous avons besoin d’un guide, d’où la nécessité de consulter un praticien en respiration consciente les premières fois, pour favoriser un lâcher-prise profond. Son rôle est de vous donner le courage de prioriser l’être plutôt que le paraître et de vous enseigner la discipline et la technique qui vous permettront de devenir de plus en plus autonome dans la gestion de vos émotions enfouies.

J’ai amené YD à reconnecter avec son corps par diverses variations du souffle, puis à prendre conscience de l’immense charge émotive qu’il retenait dans sa poitrine. Il a éclaté en sanglots. En haletant, il a fait passer une grosse dose de peurs, de doutes et de souffrances d’âme. À son retour de voyage, il m’a dit : « J’ai dormi comme un bébé dans l’avion! ». Il a ajouté : « Comment une personne qui a tout pour réussir peut-elle être à ce point confinée? ». Alors, je lui ai cité une petite phrase très sage de mon instructeur : « Tant que tu résistes, le mal persiste. Si tu l’embrasses, il s’efface ».