Comment traverser le temps des Fêtes sans blâmer le père Noël? Petit manuel de survie!

Décembre, le mois des premiers vrais flocons. Ceux qui, virevoltant sous l’air de Vive le vent, égayent notre cœur d’enfant. C’est aussi le mois de la frénésie du temps des Fêtes, où l’achat de cadeaux, le party de bureau et la tournée des repas familiaux se multiplient, nous laissant parfois à plat.

Qui dit temps des Fêtes dit aussi enfilade de réunions avec la famille élargie et la belle-famille, où autant de rapprochements en un court laps de temps — dans l’amour et le partage — peut aussi faire ressurgir de vieilles tensions ou frictions dans nos relations.

Que faire alors face à la tentation de grimper dans les rideaux de tante Yvette?

Un premier pas consiste à revenir dans nos bottines ou dans nos talons hauts. Autrement dit, revenir en relation avec soi pour mieux saisir ce que révèlent nos réactions vives. Voici quelques étapes pour mieux y parvenir :

— Prendre le temps de s’installer dans un endroit propice au recueillement afin de visualiser cette situation ou cette relation qui nous fait tant souffrir ou sortir de nos gonds. Porter une attention aux sensations que provoque dans notre corps la simple idée de penser à cette relation. Peut être ressentirez-vous des tensions aux épaules et dans le cou, ou encore un point dans le ventre, ou un nœud dans la gorge.

— Prenez ensuite un moment pour voir quels sentiments ou émotions le fait de penser à cette relation fait ressurgir. Y a-t-il de la peine, de la tristesse, de la colère, de la culpabilité, un sentiment de non-importance, d’infériorité, d’injustice, de l’envie ou encore des peurs d’exister et de vous affirmer, etc.?

— Observez ensuite de quelle façon vous avez tendance à vous comporter en relation avec cette personne. Est-ce en vous isolant, en refoulant votre vécu et en ruminant? Est-ce plutôt en éclatant, en vous emportant et en blâmant l’autre? Est-ce en vous jugeant, en vous culpabilisant, en vous justifiant ou encore en vous autopunissant? Vous arrive-t-il aussi de banaliser votre vécu, en cherchant par exemple à comprendre l’autre et en vous perdant dans toutes sortes de pensées et de scénarios qui tournent en boucle?

— Il se peut fort bien que tout ce qui monte à la surface, lorsque vous prenez le temps de vous arrêter à votre vécu, vous soit insupportable et désagréable. C’est d’ailleurs ce qui vous amène à être défensif malgré vous dans cette relation. Accueillir ces émotions désagréables et créer un espace d’amour et de douceur en vous constituent deux étapes clés pour espérer retrouver un chemin relationnel plus satisfaisant. En redevenant ainsi sensible à vous-même, vous serez alors déjà moins en mode survie.

— Prenez ensuite un temps, dans cet espace d’écoute, pour prêter l’oreille aux besoins que vous aimeriez combler en relation avec cette personne. Il peut s’agir du besoin d’être entendu, considéré, reconnu, ou encore un besoin de goûter à de la légèreté, à de la liberté, ou encore un besoin d’aimer et de vous sentir aimé, etc. Parfois, il peut aussi s’agir du besoin de poser une limite ou de prendre une saine distance.

— Il vous reste maintenant à puiser dans vos ressources et à laisser votre créativité émerger afin de prendre soin de vous et de vos besoins en relation avec cette personne.

Sur ce, je vous souhaite de la douceur envers vous-même à l’occasion du temps des Fêtes et je vous offre cette citation que j’aime bien de Colette Portelance, auteure du livre Relation d’aide et amour de soi : « L’état intérieur de plénitude est un état que l’on atteint de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps quand on prend la longue et cahoteuse route qui mène au cœur de soi. »

Le plaisir de donner

Maintenant que le temps des Fêtes est à nos portes, les retrouvailles en famille et entre amis se multiplient. Les gens se regroupent et célèbrent une période de l’année propice au cocooning, au partage et au don. Les enfants des uns se mélangent aux enfants des autres, leurs cris et leurs rires se répercutent dans toute la maison pendant que les parents discutent calmement auprès du feu. Dans cette douce cacophonie, alors que la visite reste pour la nuit et qu’on trouve de l’espace pour tout le monde dans la maison, on réalise que le plaisir de se retrouver et de donner est au cœur de ces rencontres. Pourtant, que signifie réellement le don, et quels plaisirs pouvons-nous en retirer?

Donner… les bienfaits pour les autres et pour soi
Dans l’histoire de l’humanité, le concept de don est assez ancien. Il se retrouve dans plusieurs traditions religieuses et humanistes, par exemple par le biais de la charité et de l’obligation morale d’aider son prochain. Le don, qui se traduit par un principe spirituel, pousse les gens à partager avec les autres ce qu’ils aimeraient eux-mêmes recevoir. Donner est un acte qui nous ouvre à l’autre, sans compter que le don et le partage sont des façons de « reconnecter » avec ceux qu’on aime.

Donner fait du bien : c’est la conclusion de nombreuses études scientifiques. Et non seulement donner fait du bien, mais il a des bienfaits tant pour les autres que pour soi. D’abord, donner fait ressentir des émotions positives supérieures aux émotions vécues lorsqu’on dépense pour des biens personnels. Donner fait aimer sa vie et augmente de façon durable le sentiment de bien-être, tout en procurant une sensation générale d’apaisement. On sait également que donner renforce l’estime de soi, fait diminuer le stress et les risques d’accidents cardio-vasculaires, sans compter que, pour certains, donner les aide à se sentir plus riches. D’ailleurs, peu d’activités humaines simples ont autant d’impact sur le sentiment de bonheur.

Que donner?
Les individus tirent de la satisfaction personnelle dans l’acte de donner, et pendant le temps des Fêtes, plusieurs tentent de trouver le cadeau parfait pour ceux qu’ils aiment. Ce désir de faire plaisir va même les pousser à effectuer le petit détour qui leur permettra de mettre la main sur la trouvaille du siècle. D’autres, par contre, s’inquiètent de ne pas savoir quoi offrir, tandis que certains s’attristent de ne pas avoir les moyens d’acheter un petit quelque chose. Pourtant, donner ne se résume pas aux cadeaux offerts et aux achats de biens matériels. Donner et le plaisir de donner s’inscrivent plutôt dans une rencontre qui nous pousse à aller vers l’autre, et cela, sans qu’il ne soit nécessaire de débourser un sou!

Le partage de la joie de l’autre est l’un des trésors de la vie. Voir un sourire se dessiner sur le visage de l’autre dans le simple fait de vivre ensemble un moment de bonheur surpasse, de fait, tous les biens matériels. Ainsi, donner de son temps et de sa présence reste de loin le plus beau des cadeaux. Rendre visite à nos parents, jouer à l’extérieur avec les enfants, partager un repas entre amis, offrir un massage à l’être aimé, aller marcher en pleine nature avec un voisin, fabriquer de ses propres mains un foulard pour notre collègue, apporter une soupe à des nouveaux parents fatigués, les idées ne manquent pas lorsque vient le temps de donner.

Dans le tourbillon que peut rapidement devenir le temps des Fêtes, gardons à l’esprit que l’acte de donner va bien au-delà de l’achat de cadeaux. Être présents aux autres, les envelopper de notre amour et savoir les écouter restent la meilleure façon de toucher leur cœur et de leur dire que nous sommes là.