Cohabitat Québec

Dans cette chronique, je vous présente différents projets au sujet du mouvement des communautés intentionnelles au Québec et dans le monde. Ces projets représentent un mode de vie épanouissant et porteur de sens, de même qu’une solution aux problè­mes environnementaux et sociaux.

Le cohabitat (cohousing en anglais) est un type de communauté intentionnelle composée d’unités d’habitation privées ayant des aires collectives. Ainsi, à la différence d’une coopérative d’habitation, les membres sont propriétaires de leur unité d’habitation qui peut être un condo ou une maison.

Le projet de Cohabitat Québec est situé dans le quartier Saint-Sacrement de Québec, à deux pas du cégep Garneau. Il est constitué de 42 unités d’habitation, soit 32 logements de 1 à 3 chambres et de 10 maisons de ville de 3 ou 4 chambres.

Dix ans avant le début du projet, Michel Desgagnés visite plusieurs projets de cohabitat aux États-Unis et en Europe et il prend beaucoup de notes et plusieurs photos. L’un des éléments importants qu’il retient de ses visites est l’importance de construire la maison commune en même temps que les habitations afin de s’assurer que l’espace de convivialité et de confiance entre les voisins s’établit dès le départ. À la suite de ces visites, un premier groupe se constitue pour bâtir un projet au Québec. Au bout de quelques années, les gens se rendent compte que certains voient le projet en campagne, d’autres en ville, et d’autres encore en banlieue. Pour Michel Desgagnés, il est clair que le projet doit se développer en ville. Il démarre donc un nouveau noyau sur cette base. Le groupe achète un terrain en juillet 2010, et la construction commence en 2012. La fin de la construction et l’emménagement des premiers membres ont lieu en juin 2013, quelques mois après le triste décès de son fondateur.

La construction est certifiée LEED Platine. Il n’y a que 22 places de stationnement pour les 42 unités d’habitation, dont l’une est dédiée à Communauto. On récupère les eaux de pluie et on en fait un jardin d’eau. On a fortifié la structure de l’un des toits pour accueillir éventuellement un toit végétal. En outre, on a conçu de petites unités d’habitation parce que les résidents ont accès à des espaces communs. Parmi ceux-ci, on compte des chambres d’amis, une salle de jeu pour les tout-petits, une autre pour les ados, une salle de lavage, des ateliers, du rangement, une grande cuisine collective et une salle commune.

Des résidents nous ont confirmé que la vie collective est vraiment active : pédibus, aide aux devoirs, repas communautaires une ou deux fois par semaine, prêts et emprunts de voitures et entre 9 et 12 heures de tâches communes chaque mois. La vie en cohabitat semble vraiment géniale. Parmi les voisins, il y en a qui s’occupent de choses spécifiques, comme une agronome qui travaille dans les jardins, des enseignants à la retraite qui offrent de l’aide aux devoirs, un menuisier qui aide dans l’atelier, etc. Les unités d’habitation sont bien situées pour les gens qui travaillent en ville. Les résidents ont une bonne conscience environnementale (ils habitent dans un bâtiment LEED Platine!). On sait que les enfants grandissent dans un environnement stimulant. Finalement, le projet est si bien conçu que quiconque peut envisager la vie en commun sans faire trop de concessions sur son mode de vie.

Le moment est parfait puisque des unités sont actuellement disponibles.

Référence : site Web de Cohabitat Québec : http://www.cohabitat.ca

Vivre autrement

Dans cette chronique, je vous présente différentes initiatives ou pistes d’information pour vous faire découvrir le mouvement des communautés intentionnelles, au Québec et dans le monde, comme une solution aux problèmes environnementaux et sociaux et comme un mode de vie épanouis­sant et porteur de sens.

Colibris est une initiative française pour la Terre et l’Humanisme lancée en 2007 par Pierre Rabhi. Beaucoup de chemin a été fait depuis, et l’association fait un excellent travail de diffusion, de transmission et de réseautage autour de projets inno­vants, axés vers les solutions et la construction d’un mode de vie plus solidaire et intégré à la nature.

Colibri, c’est le petit oiseau qui choisit d’aller chercher de l’eau pour éteindre un feu de forêt alors que tous les animaux observent, impuissants, leur habitat partir en fumée, sachant qu’il ne l’éteindra pas à lui tout seul, mais qu’il « fait sa part ».

La conférence sur « le sens dela communauté »
Le samedi 16 janvier, sur l’invitation de Colibris, cinq personnalités se rencontraient à Paris pour discuter de la question du sens de la communauté au XXIe siècle et pour redécouvrir le « vivre ensemble » et le « faire ensemble » :

1. Bernard Werber, écrivain
2. Margalida Reus, responsable générale internationale de la Communauté de l’Arche, Non-Violence et Spiritualité
3. Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France
4. Pierre Rabhi, paysan, philosophe, fondateur de Colibris
5. Mathieu Labonne, directeur de Colibris et coordinateur du centre Amma France

Ce beau mélange diversifié, tant par le point de vue que par l’expérience de chacun en ce qui concerne la vie collective, donne un résultat des plus inspirants! C’était une des premières fois que j’assistais à une table ronde où tous les participants et toutes les participantes considèrent la vie en communauté comme la solution la plus évidente aux problèmes du XXIe siècle.

Margalida Reus s’intéresse à la personne au sein de la communauté, à l’impact de la vie communautaire sur la transformation de l’individu et à l’importance de ces transformations personnelles comme indice de la santé d’une communauté. Wow, ça goûte bon! Ça fait du bien d’entendre quelqu’un qui a vécu en communauté­ pendant 33 ans nous le dire et en faire une analyse réaliste et pleine d’empathie.

Bernard Werber se penche, avec toute la curiosité d’un scientifique et toute l’imagination d’un écrivain de science fiction, sur la vie de groupe et analyse le thème du “sens des communautés” selon la perspective de l’histoire de la vie, et même celle de l’univers, pour en arriver à la conclusion que la coopération et la vie collective constituent la meilleure manière envisagée par la vie pour se reproduire, croître et s’adapter. Rafraîchissant!

Enfin, Pierre Rabhi nous rappelle que « vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire et exploiter votre prochain! Ce n’est pas incompatible. Le pro­blème, il est en nous, et s’il n’est pas résolu en nous, je ne vois vraiment pas comment il peut être résolu dans le monde ».

Les Oasis
Un des objectifs de Colibris est de soutenir la création de 100 nouvelles oasis dans les cinq prochaines années. Une oasis, c’est un lieu écologique et solidaire, en milieu rural ou urbain, qui peut prendre des formes différentes : écohabitat partagé, écoquartier, écohameau, écovillage, commune en transition…

En janvier, Colibri a lancé une formation en ligne, gratuite, ouverte à tout le monde et explorant toutes les dimensions de la conception d’une oasis : facteur humain, gouvernance, modèle juridique, montage financier, conception en permaculture…

Cette formation a connu un succès inattendu : 27 300 personnes s’y sont inscrites! Cela prouve bien que la soif de solutions est grande!

À consulter
La conférence sur le sens de la communauté. Le site Web du mouvement : https://www.colibris-lemouvement.org

Les films d’Anne Barth, tournés au Hameau des Buis : Vous pouvez visionner la bande-annonce de « Quels enfants laisserons-nous à la planète? », et l’entièreté du film « Les enfants de demain ».

Soutenez son film à venir, « L’arbre de l’enfance, aux racines de l’être ».