Mandalas : l’art de se créer soi-même

Le mandala est un symbole spirituel et rituel qui signifie cercle en sanskrit. Sa structure est généralement organisée autour d’un centre unifiant. Les mandalas de la tradition hindoue sont une métaphore de l’univers. Aussi adoptés dans les traditions orientales et amérindiennes, ils sont généralement un symbole d’unité et de complétude. Utilisés comme outils de guidance spirituelle, ils ont des formes circulaires qui servent souvent à focaliser l’attention de l’adepte, créant un espace sacré propice à la méditation ou à la contemplation.

Chez les bouddhistes, on utilise souvent le mandala comme exercice contemplatif de l’impermanence. Les moines, après avoir passé plusieurs jours ou même des semaines à créer des mandalas complexes dans le sable, voient leur œuvre détruite par les éléments suivant un rituel précis.

Le mandala n’échappe pas à l’atten­tion de la psychologie moderne. Dans la psychologie jungienne, il est un outil de guérison de ce qu’on appelle la crise de transition. Dans cet état, l’ego d’un individu se fragmente et se trouve en danger d’effondrement. Le mandala devient­ alors un espace protégé, comme un cocon, favorisant le processus de guérison jusqu’à ce que l’individu soit de nouveau prêt à émerger dans un état de plénitude renouvelée.

Carl Jung, qui s’est intéressé tout particulièrement aux propriétés du mandala, a écrit que, tous les matins, il avait esquissé dans un carnet un petit dessin en forme de rond, un mandala, qui semblait correspondre à sa situation intérieure. « Ce n’est que lentement que je trouvai ce que signifie à proprement parler un mandala […] Le mandala exprime le Soi, la totalité de la personnalité qui, si tout va bien, est harmonieuse […]1»

Créer un mandala aide à stabiliser et à réorganiser notre vie intérieure. Jung reconnaît que l’urgence de créer un mandala émerge souvent dans une période d’intense transformation personnelle. Son apparence indique souvent un profond besoin de rééquilibrer la psyché, le résultat étant une personnalité qui est plus complexe mais, surtout, mieux intégrée.

Il n’est donc pas étonnant que ce soit l’une des premières formes d’expression de l’enfant, ce qu’on appelle l’art naïf. Tout commence par des gribouillis circulaires témoignant de la formation interne de la psyché de cette petite personne en devenir; puis, au gré de son développement, l’enfant s’orientera de plus en plus vers l’extérieur, comme en témoi­gnera l’introduction de soleils ou de bonhommes au visage rond.

Les art-thérapeutes ont observé que la forme ronde du mandala a le pouvoir de forger une nouvelle relation entre l’ego et le soi. À la suite de sa rémission d’un cancer, Judith Cornell a écrit que le symbole sacré du mandala lui avait permis non seulement de découvrir son pouvoir intérieur de guérison, mais aussi de se libérer d’un sentiment de fragmentation sur le plan psychologique. Elle décrit cette redécouverte du soi comme synonyme d’illumination, réunifiant le corps, l’âme et l’esprit. En raison de ces qualités intrinsèques, le mandala connaît une popularité grandissante chez les praticiens de la santé holistique.

Internet regorge de ressources sur les mandalas et sur leur création. Plusieurs sites offrent gratuitement­ des mandalas prêts à colorier. Compte tenu de l’origine indienne du mandala, on peut facilement relier les couleurs choisies pour en enluminer les formes à celles des chakras (eux-mêmes représentés sous forme de roues ou de cercles) et à leurs propriétés respectives. En choisissant intuitivement des couleurs, on récolte non seulement les effets thérapeutiques du mandala, mais aussi de la légère trance provoquée par les mouvements répétitifs et méthodiques du crayon à colorier. Cet exercice nous permet d’atteindre de nouvelles sphères de notre incons­cient. Il n’est pas étonnant de voir la popularité explosive de l’art-thérapie proposée ces derniers temps dans les librairies. Il s’agit d’une acti­vité créative d’intérieur idéale pour les soirées douillettes de l’automne et les longues journées d’hiver à nos portes.

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1Jung, Carl Gustav, Ma vie : souvenirs, rêves et pensées, Éditions Gallimard, 1966, p.233”

L’alchimie spirituelle

Dans la conception populaire, l’alchimie est une science hermétique visant la fabrication du « grand œuvre », ou pierre philosophale, dont la propriété est de transformer les métaux vils en or précieux. Un autre but est la recherche de la Panacée, élixir d’immortalité. Ancêtre de la chimie moderne, l’alchimie tente d’appréhender la nature et d’en contrôler les états fluctuants par divers procédés complexes relevant plus de la magie que de la science.

On identifie des idées et des pratiques de type alchimique depuis plus de 2 500 ans, et ce, aux quatre coins du monde, y compris en Chine et en Inde. L’alchimie occidentale voit le jour en Égypte vers l’an -100. Plusieurs traditions philosophiques en sont issues au cours du Moyen Âge, donnant naissance aux mythes que l’on connaît aujourd’hui. Au-delà­ de l’apparente complexité de la recherche alchimique, le fil conduc­teur en reste le souci d’unifier des principes à prime abord disparates et chaotiques en un tout glorifié, purifié et divinement organisé.

Outre l’étude des astres, des plantes médicinales et des éléments, l’alchimie se penche spécialement sur les archétypes masculin (le mercure) et féminin (le souffre) en relation avec un élément neutre et stable (le sel). L’alchimie est fonda­mentalement un processus de séparation, de transformation et d’intégration. En opérant sur la Materia Prima (matière première), on en isole les matériaux bruts qui seront à leur tour purifiés, puis réunifiés en un Magnum Opus. La réciprocité des opposés est un thème prédominant : en étudiant la nature du monde extérieur, on contemple en fait notre nature intérieure. En appréhendant le microcosme, on donne un sens au macrocosme.

En effet, un symbole très répandu de la tradition égyptienne et qui s’apparente directement à l’étude alchimique est le caducée (ou bâton d’Hermès, symbole présent dans un nombre incroyable de civilisations et encore très répandu de nos jours comme emblème du corps médical). Représentées dans le caducée, les polarités sont parfaitement équilibrées. Circulant librement le long d’un bâton central (représen­tant la colonne vertébrale) et se croisant en différents points pour finalement atteindre le sommet, parfois représenté par une pomme de pin (glande pinéale), ces serpents atteignent leur apogée s’ouvrant sur une paire d’ailes (symbole de l’illumination). En effet, même dans la tradition hindoue, l’énergie vitale de la Kundalini, également symbolisée par un serpent dormant enroulé à la base de la colonne (Sushumna), une fois élevée à travers les chakras (centres énergétiques du corps), est attribuée à l’éveil spirituel du yogi.

Caché dans une pléthore de symbo­les et de procédures plus ésotériques les uns que les autres, se dévoile peu à peu le sens profond de la recherche alchimique. En étudiant la purification de la matière, l’initié accomplit à son insu une toute autre transmutation : celle de son âme. En plongeant au cœur de la matière, il est finalement témoin de lui-même.

L’alchimiste véritable est donc un chercheur contemplatif versé dans la science de la transformation personnelle et dans l’art de la magie intérieure. L’alchimie est en fait une interprétation alternative, spirituelle­ et philosophique de la vie, qui en englobe de manière holistique les aspects physiques, émotionnels et mentaux. Elle est une vision du monde profonde et élégante, toujours d’actualité dans la vie contemporaine.

L’alchimie spirituelle est une grande expérience que vous effectuez sur vous-même avec introspection critique et inquisition objective afin de découvrir votre nature profonde ainsi que de vous guérir vous-même à tous les niveaux.

Au final, l’alchimie est une voie accélérée pour la maîtrise et la réalisation de Soi.