Apprendre à se connaître au-delà des différences que l’on porte

Tous les êtres humains sont différents. Même des jumeaux identiques le sont. Pourtant, l’acceptation de l’individualité de chacun demeure complexe dans une société où ne pas entrer dans un moule est encore mal perçu.

Il en est ainsi pour bon nombre d’adultes qui vivent avec un défi d’attention (TDAH) et envers qui j’ai une profonde empathie, ayant la même différence qu’eux.

L’acceptation de qui ils sont dans leur vérité profonde, dans un monde où ils se sentent souvent rejetés ou abandonnés, pèse parfois très lourd.

Mais si, au contraire, cette différence était une occasion incroyable de découvrir qui ils sont, au-delà des difficultés qu’ils rencontrent?

Rien n’est brisé ni dysfonctionnel
Pendant longtemps, j’ai cru que quelque chose n’allait pas chez moi. Le sentiment d’être différente était toujours présent et me laissait dans l’incompréhension la plus totale.

Au plus profond de mon cœur, je voulais être acceptée telle que j’étais, mais je me suis fait prendre au piège en essayant de changer.

Le chemin a été périlleux parce que ce faisant, je m’éloignais peu à peu de mon essence et je dilapidais mon pouvoir sans même en avoir conscience.

L’acceptation commence par soi. La compréhension aussi. Tant et aussi longtemps que le regard que l’on porte sur soi est le même, celui des autres ne changera pas.

Il en va de même avec le défi d’attention.

« Avant même d’espérer ou de vouloir que les autres vous perçoivent autrement, c’est d’abord VOTRE perception de vous-même qui doit changer »
Le regard que vous portez sur vous commence avec les mots que vous utilisez pour parler de vous. Est-ce que ce sont des mots bienveillants ou dénigrants?

Ce cerveau qui est le mien, avec sa manière unique de fonctionner, rend mon quotidien intéressant, drôle et parfois frustrant.

Je l’apprécie et le considère comme une force, un cadeau, parce que sans lui, je serais dépourvue de compréhension et d’empathie qui fait que je comprends vraiment ce que vous vivez. Parce que mon quotidien a déjà ressemblé au vôtre.

Une force sous-estimée
Il s’agit du titre de mon livre qui vient de paraître et aussi ce que je crois au plus profond de mon être.

J’ai souvent été la première à sous-estimer tout le positif qu’un cerveau atypique qui fonctionne de façon linéaire apporte.

Il est vrai que nous vivons dans un monde d’extrêmes et de paradoxes. D’un côté, nous excellons dans certaines choses et devons fournir un effort herculéen dans d’autres.

La force sous-estimée, c’est le côté lumineux de cette différence, et apprendre à me découvrir au-delà des difficultés a fait une énorme différence.

Les souffrances emprisonnées dans le cœur ne peuvent être libérées s’il est verrouillé, barricadé. La guérison des blessures, qu’il s’agisse de l’abandon, du rejet ou autre devient donc impossible. La transformation aussi.

Depuis que je suis de plus en plus alignée avec qui je suis, les incidences négatives du défi d’attention, qu’il s’agisse d’impulsivité, d’attention, de procrastination et d’hyperactivité, se sont estompées.

Les multiples facettes de la force sous-estimée du défi d’attention sont :

–           Être doté d’un sens logique hors du commun;

–           Penser en dehors des dogmes et paradigmes;

–           Trouver des solutions ingénieuses;

–           Développer des façons de faire originales;

–           Refuser de se conformer pour que les choses changent;

–           Faire preuve d’une profonde sensibilité;

–           Ressentir les autres et les évènements intensément;

–           Une capacité intellectuelle très développée;

–           Une facilité déconcertante à connecter avec les autres;

–           Une créativité inépuisable;

–           Une productivité qui peut en impressionner plus d’un;

–           Une authenticité sans reproche.

La nature au service du défi d’attention

J’aimerais vous faire une confidence. Vivre avec le défi d’attention, c’est rencontrer un éventail de difficultés complexes. Ce côté obscur reçoit trop d’attention et enflamme mon envie de plutôt faire jaillir le positif et l’extraordinaire et d’exposer avec amour le non-sens véhiculé sur le sujet. De cette façon, je peux contribuer à apporter un changement dans vos vies.

Tant de négativité amplifie la lourdeur d’une facette de nous-mêmes, qui rend l’acceptation difficile, alors que c’est la clé.

Nous avons le droit d’être différents. C’est même excellent que nous le soyons. Chaque être vivant est unique. Alors pourquoi faire autant de tapage autour du défi d’attention?

En mettant l’accent sur le côté lumi­neux du défi d’attention, il devient insensé, pour moi, de « gérer » le défi d’attention avec des substances chimiques.

La journaliste en moi a donc fait appel à ses atouts d’investigatrice, convaincue de l’existence d’une avenue naturelle.

Une véritable autoroute de solutions, allant de la nutrition à la supplémentation en passant par l’activité physique et la méditation, s’est manifestée. Ces découvertes sont réunies dans mon livre TDAH : Un pouvoir insoupçonné (disponible sur Amazon).

Sans fondation solide, tout s’écroule
Un ensemble de facteurs est à considérer dans une approche holistique. La façon de nourrir le corps est la base sur laquelle reposent les efforts déployés. Un cerveau en manque de nutriments ne peut fonctionner à son plein potentiel, avoir une concentration béton et une attention inébranlable.

Une alimentation inadéquate équi­vaut à essayer de construire une maison en commençant par le toit!

Les cellules ont besoin d’une quantité de nutriments nettement supé­rieure à celle des apports journaliers recommandés (AJR), établis au début des années 40 afin de prévenir des maladies comme le scorbut et le rachitisme.

Selon le Food and Nutrition Board, (conseil de l’alimentation et de la nutrition) « l’AJR est l’apport alimentaire quotidien moyen suffisant à remplir les besoins de presque tous les individus en bonne santé appa­rente à une étape donnée de la vie et pour chaque sexe ».

Ce conseil définit aussi le terme « besoin » comme « l’apport continuel le plus bas d’un nutriment qui, selon un indicateur de consommation suffisante, permettra de maintenir un degré défini d’équilibre sur le plan nutritionnel ».

Simplement dit, l’AJR équivaut au minimum requis pour prévenir les carences sans toutefois répondre aux besoins des cellules et sans tenir compte de la réalité des temps modernes.

Sols déminéralisés, engrais chimiques et nutrition
Les aliments de consommation ont perdu énormément de leur teneur en nutriments. Le chou, les tomates et les épinards, par exemple, ont perdu près de 80 % de leur teneur en calcium, en fer et en magnésium.

Les carences en vitamines (la vitamine D en particulier) et en minéraux (fer, zinc, magnésium) sont fréquentes chez les personnes avec un défi d’attention.

Leur grande sensibilité aux produits chimiques et artificiels (additifs, colorants alimentaires, édulcorants artificiels, nettoyants, etc.) est l’un des facteurs qui aggravent certains symptômes. Une déficience en nutriments exacerbe davantage le problème.

Diminuer l’impulsivité, l’inattention et l’hyperactivité
En apportant ces quelques changements, ma clarté d’esprit s’est grandement améliorée. Vous avez donc tout à gagner à les essayer.

  1.  Ajoutez un complément alimentaire, des acides gras essentiels et des probiotiques en vous assurant de choisir des produits de qualité pharmaceutique.
  2.  Éliminez autant que possible, sinon complètement, les aliments transformés.
  3. Favorisez une alimentation contenant le moins de sucre possible. L’Organisation mondiale de la Santé recommande un maximum de 25 grammes de sucre par jour.
  4.  Soutenez le système digestif adéquatement en complétant vos repas avec un supplément de fibres de qualité supérieure.

La patience est de mise. Allez-y graduellement et donnez-vous du temps pour constater les bienfaits.

Percevoir le TDAH de manière positive

La perception est une fonction fascinante de l’esprit. Mais la perception que nous avons du trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est souvent peu reluisante.

Il est, par conséquent, difficile de prêter attention à ce qu’il y a d’éclatant quand le côté obscur est mis de l’avant.

Ce qui est toutefois extraordinaire est qu’il nous est possible de modifier cette façon de voir la chose.

Beaucoup de gens ignorent le facteur multiplicateur qui accompagne le TDAH, c’est-à-dire que ceux qui le vivent : sont passés maîtres dans l’art de ruminer; portent par défaut leur attention sur leur difficulté à accom­plir quelque chose; ont besoin qu’on leur rappelle ce dans quoi ils sont doués pour que l’information s’imprègne.

Heureusement, il est possible de changer ce facteur multiplicateur en un scénario plus léger et plus agréable.

Tout comme le comédien répète quotidiennement son texte pour le mémoriser et s’en imprégner, la personne qui vit le TDAH doit miser sur ses forces en s’exerçant.

Et comme les aspects moins relui­sants du TDAH varient énormément selon les situations, les événements ou les circonstances, ils se manifestent de façon semblable, mais différente pour chacun.

Les avantages à changer sa perception sont nombreux, moins d’anxiété; moins de stress et une meilleure estime de soi, entre autres.

Une perception axée sur les forces plutôt que sur les faiblesses permet également de créer une nouvelle vision de soi-même.

Plus facile à dire qu’à faire? Peut-être bien, mais nous en avons tous la capacité.

La première chose à mettre en pratique est d’observer les mots, les phrases et les expressions utilisées pour parler du TDAH, ainsi que les pensées connexes.

Vous connaissez ce fameux discours qui joue en boucle dans notre tête :

• Je n’ai pas de mémoire;
• Je ne m’en rappelle pas;
• Je ne m’en souviens pas;
• J’ai oublié ou j’ai encore oublié;
• J’oublie toujours;
Avant que j’oublie;
• J’ai de la difficulté à me concentrer;
• J’ai perdu ma concentration;
• Je procrastine toujours;
Je n’arrive pas à être à l’heure à mes rendez-vous;
• Je ne suis pas bon;
• J’ai toujours eu de la difficulté à commencer ou à terminer une tâche.

La deuxième chose est de trouver l’équivalent positif, comme rem­placer avant que j’oublie par pendant que j’y pense. Ou encore je n’arrive pas à l’heure à mes rendez-vous par je fais des efforts pour arriver à l’heure.

La troisième chose est de trouver quelque chose de positif sur laquelle diriger son attention dès que le discours négatif se manifeste. Ce peut être une citation motivante, quelque chose qui vous rappelle une réussite dont vous êtes fiers ou tout simplement un compliment qu’on vous a fait.

Finalement, en prenant le temps de répondre aux questions qui suivent, vous serez en mesure de créer une liste d’éléments à laquelle vous référer au besoin :

• En quoi suis-je bon?

• Qu’est-ce que je parviens à faire qui me vient presque naturellement?

• Lorsque mes proches me disent que j’ai du talent dans quelque chose, de quel talent s’agit-il?

Tout est une question de perception, et notre façon de penser et de réagir aux événements et aux épreuves influencent grandement notre perception.

Percevoir le TDAH de manière positive est une pratique et un défi de tous les jours.

Choisirez-vous d’accorder plus d’importance au côté éclatant ou au côté obscur? Auquel accorderez-vous plus d’importance?