Cocooning

Se blottir, s’installer confortablement pour se prélasser, se ressourcer, trouver un bien-être chez soi, oser se faire plaisir, prendre soin de soi et s’accorder des petits moments de tranquillité : c’est ça, le cocooning. Voici les suggestions de Luc Labelle.

Quoi lire?
« L’enfant cheval : la quête d’un père aux confins du monde pour guérir son fils autiste », Rupert Isaacson, Éditions Albin Michel, 2009, 397 pages

Rowan a environ cinq ans lorsque le verdict tombe : il est autiste. Ses parents s’aperçoivent assez vite que le comportement de leur fils s’améliore au contact des animaux, surtout les chevaux. Le couple a beaucoup voyagé. Le père a contribué à l’écriture de plusieurs guides touristiques. Étant donné l’affinité que Rowan semble avoir avec les chevaux, ils décident de faire un périple en Mongolie, contrée de chevaux et du chamanisme.

L’histoire devient alors une quête initiatique en Mongolie, dans le but non pas de guérir l’autisme de Rowan, mais plutôt de l’apprivoiser et d’apprendre à vivre avec cette réalité. Le livre allie assez bien la réalité parfois dure de l’autisme au plaisir des découvertes faites lors d’un tel voyage hors des sentiers battus. Les cérémonies chamaniques auxquelles participe Rowan à l’égard de ses troubles autistiques permettent aussi maintes réflexions sur cette pratique encore largement méconnue.

Le père de Rowan résume bien l’autisme de son fils : « Si on utilise la force, on perd le lien, si on lui fait peur, il retourne à l’intérieur de lui-même comme un lapin se réfugie dans son terrier. Il faut trouver d’autres moyens pour communiquer, inventer sans cesse. La qualité de la relation s’en ressent. Je dis souvent que Rowan est mon professeur de vie. Il me demande de l’accepter tel qu’il est, il me fait grandir. »

Dans le livre, on explique que l’animal joue auprès de l’autiste un rôle protecteur. Il devient le lien « miraculeux » par lequel le patient reprend contact avec le monde extérieur. L’enfant cheval nous permet de mieux comprendre l’autisme, d’en saisir la complexité et de constater le lien véritable que peuvent entretenir les autistes avec les animaux. On peut également le constater avec l’histoire inspirante de Temple Grandin.

Quoi écouter?
Memorial, Michael Nyman, Bande originale du film « Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant », Éditions Caroline

Le Memorial de Michael Nyman s’inspire d’une marche funèbre d’Henry Purcell (musicien et compositeur anglais du XVIIe siècle) : What Power Art Thou? La pièce de Michael Nyman consiste en une phrase musicale qui est répétée continuellement, avec des instruments qui s’y ajoutent, qui se taisent et qui reprennent. C’est un crescendo envoûtant qui crée une certaine tension, une musique qui appuie avec brio la scène finale du film « Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant ».

Bien que s’adressant à un public averti, ce film est un des chefs-d’œuvre de Peter Greenaway et une grande réussite musicale de Michael Nyman, collaborateur habituel des films de ce cinéaste.

Par moments, Memorial nous rappelle même certaines des meilleures compositions musicales qu’Ennio Morricone a écrites pour les films de Sergio Leone.

Cette marche funèbre de douze minu­tes culmine avec l’ajout d’une voix de soprano presque stridente. Ces lamentations s’ajoutent à une musique déjà empreinte de tension qui captivera l’auditeur jusqu’à la note finale.

Quoi regarder?
« Temple Grandin », film réalisé par Mick Jackson (2010), avec Claire Danes (109 min.)

Histoire vraie de Temple Grandin, professeure universitaire de sciences animales au Colorado et propriétaire d’une entreprise de conseil sur les conditions d’élevage des animaux, dont l’autisme a été diagnostiqué lorsqu’elle était âgée de 4 ans. Grâce à la ténacité de sa mère, qui lui a appris à écrire, à lire, à compter et à parler, elle a pu faire son chemin dans un domaine qui lui a toujours tenu à cœur : les conditions d’élevage des animaux, particulièrement les méthodes d’abattage et de désinfection des bovins.

Elle a conçu des appareils menant les animaux à l’abattoir ou à la désinfection qui réduisent de façon significative le stress et la peur qu’éprouvent les bêtes lors du processus. Ces appareils sont aujourd’hui utilisés dans plus de 80 % des abattoirs américains.

Le film se regarde aisément et il est sans longueurs, tellement les performances de Claire Danes, dans le rôle-titre, et de Julia Ormond, dans celui de la mère, sont extraordinaires. Tout le long du film, on ne peut qu’être fasciné par le parcours hors du commun de cette personne audacieuse et tenace. Un autre exemple de ce que l’humain est capable malgré les difficultés qu’il doit souvent surmonter.

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