Le sens du sacré chez les premiers peuples

À l’origine, nos ancêtres avaient un contact privilégié avec la Terre. Petit à petit, ces mémoires se ravivent, et il se révèle que le feu qui semblait éteint ne faisait que dormir sous les braises. Je suis une Métisse algonquine et j’œuvre à l’épanouissement de la culture autochtone en Outaouais.

Chez les premiers peuples, le sens du sacré était et est toujours présent. Il commence au lever du Soleil. Tous les animaux sont d’ailleurs complices de ce temps magique où la vie s’éveille. Les oiseaux commencent la journée en chantant pour le Soleil, afin de le remercier de revenir encore une fois nous réchauffer et fertiliser la Terre nourricière. La première pensée est dirigée vers le Grand Esprit; on le remercie pour notre vie.

Puis, à l’intérieur d’un abalone, sur une pierre ou avec ce que l’on a à notre disposition, on allume de la sauge. On peut sentir la fumée parfumée qui emplit la pièce où l’on se trouve. La sauge est une des quatre plantes sacrées les plus utilisées. On la retrouve dans toutes les maisons traditionnelles. C’est elle qui ouvre le chemin, qui prépare l’espace sacré.

On enfume nos mains, comme si on les lavait; pour certains, on les purifie mais pour d’autres, on les honore et on souhaite que tout ce qu’elles toucheront, elles le feront avec respect et douceur. On dirige ensuite la fumée vers nos yeux pour que notre regard soit toujours doux et que nos yeux soient utilisés de la bonne façon, puis on met de la fumée sur nos oreilles pour que celles-ci puissent bien entendre les messages et sachent écouter ce que les autres ont à dire. On amène aussi de la fumée à notre bouche pour que celle-ci soit bien utilisée et que les mots qui en sortent soient doux et respectueux. Enfin, on amène de la fumée de sauge à notre cœur pour qu’il soit toujours bon et ouvert. Certaines personnes amènent aussi la fumée à leur ventre, là d’où on vient. D’autres mettent de la fumée sous leurs pieds pour que leurs pas soient légers; il s’agit parfois de danseurs, des danseurs du Soleil, de danseuses à la Lune ou de danseurs et danseuses pour la Terre. Ils et elles dansent au rythme du tambour sacré, symbole du battement du cœur de la Mère Terre qui existe depuis toujours. Des chants au tambour accompagnent souvent les quatre points forts de la journée qui sont honorés : lever du soleil, midi, coucher du soleil et minuit. Les liens avec la nature sont toujours présents ainsi que les liens avec le cosmos.

La vie spirituelle fait partie du quotidien, notamment grâce à la roue de la médecine, avec ses quatre directions : l’est, où tout commence, la place de la vision et de l’aigle qui voit loin; le sud, porte de la médecine du loup ou du coyote, la place où on fait l’apprentissage de la vie; l’ouest, la porte de l’ours qui nous aide à guérir, et le nord, porte de la sagesse des aîné(e)s. Tant de sagesse cachée dans un cercle aux quatre couleurs des races originelles : jaunes, rouges, noirs et blancs…

Les rituels de passage, ces diverses cérémonies transmises de génération en génération par les aîné(e)s en héritage, transmises par répétition et de façon orale, marquent le temps et renforcent le lien avec la Mère Terre. Ils créent un espace sacré qui n’appartient pas qu’aux premières nations, mais à tous les habitants de la Terre qui souhaitent marcher en harmonie avec la nature qui les entoure. Nous sommes tous les enfants de la Terre.

(photo Dr Peter Stockdale)

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