Féminin pluriel

Comment pourrions-nous limiter le féminin à une seule définition? Tellement de richesses et de visions sont contenues dans les archétypes du féminin. Ils habitent l’homme autant que la femme, car le féminin à mes yeux n’a pas de sexe au sens littéral du terme sans pour autant nier son origine chez la femme telle qu’elle est représentée dans les grands mythes ou dans les arcanes du Tarot. Ici comme dans diverses représentations, ses visages sont multiples et le féminin habite chacun de nous, en équilibre ou dans des proportions plus ou moins harmonieuses. Nous pourrions en dire autant du masculin.

L’essentiel n’est-il pas de prendre conscience de ce féminin qui nous habite et non seulement d’en être conscient, mais de lui laisser la place qui lui revient, sans honte, avec joie et plaisir.

Il y a un féminin passif et un féminin actif, un féminin qui reçoit, qui accueille, qui protège, qui aime, qui consent à donner sans retour, qui sème l’amour discrètement, qui se révolte, qui souffre, qui partage et se passionne pour la vie dans sa totalité.

L’avenir, en partie, est entre les mains du féminin. Que ferons-nous du féminin? Nous permettrons-nous d’y faire confiance, de le laisser s’exprimer dans ses formes infinies, à travers l’art, le politique, le social, les sciences et bien sûr à travers la spiritualité? Quel espace sommes-nous prêts à lui donner? Comment souhaitons-nous le célébrer? Peut-il se manifester sans guerre? Peut-être. Mais non sans combat, car il doit retrouver ses lettres de noblesse autant dans le fait d’entretenir un foyer, soigner des enfants, découvrir une nouvelle équation en physique ou dans les rituels au sein des diverses expressions religieuses. Il fut un temps où le féminin était représenté par le ciel et le père ou le masculin par la terre puis ce fut l’inverse. Souhaitons que le féminin soit sur la terre comme au ciel!

Je ressens une certaine tristesse en constatant le trop grand nombre d’hommes qui refoulent en leur profondeur le féminin et le trop grand nombre de femmes qui troquent le féminin pour un masculin disproportionné, dans le but de conquérir un pouvoir et une puissance qui répondent aux valeurs déformées de nos sociétés.

Respecter le féminin et le laisser vivre librement dépasse les images conformistes de la publicité. S’il doit passer par les soins du bébé, la sensibilité, la douceur, il doit aussi se manifester dans les luttes pour l’équité et la justice, la vision juste des choses, loin de la haine et des rancœurs. Le féminin est une arme à manier avec dextérité, souplesse et discernement.

La peur, chez les hommes, empêche trop souvent la manifestation des émotions et les remises en question, les luttes aveugles ou acharnées empêchent chez les femmes, dans une haine du masculin, l’essor du féminin. Je ne prétends pas ici que les luttes ou les revendications soient à bannir, mais à équilibrer.

Le féminin désire l’harmonie, l’équilibre, ce retour à la terre comme matrice de vie, cette relation féconde à l’eau, dans la joie, la danse ou le chant, dans le secret ou dans de grandes manifestations. Le féminin, c’est l’origine, la connaissance, la juste part des choses, l’imaginaire et la créativité, cette force intérieure trop souvent contenue, le don de soi, la sensualité, la part de mystère et la réalisation de soi.

Comment ne pas souhaiter que chaque femme et chaque homme puisse vivre le féminin jusqu’à l’extase? Je vous le souhaite amoureusement.

La danse des polarités en soi

On a « sacrifié » le féminin!

Nous avons tous une dimension féminine et masculine en soi, hommes et femmes. Nous pouvons tous être féminin et être masculin au lieu d’être féminin ou masculin. Nous pouvons tous danser dans ces deux polarités très différentes, voire opposées, mais très complémentaires. Nous pouvons équilibrer en soi le principe féminin et le principe masculin afin de cesser la lutte et de se battre intérieurement en soi ou avec les autres.

Être féminin, c’est être plus réceptif, plus intuitif, plus émotif, plus doux, plus lent, plus ordonné, plus près de son monde intérieur, de ses émotions, de son corps, plus dans l’être, etc. : enfin, tout ce qui correspond à l’énergie yin.

Être masculin, c’est être plus actif, plus dans le mouvement, plus dans le faire, plus rationnel, plus dur, plus rapide, plus dans le monde extérieur, etc. : enfin, tout ce qui correspond à l’énergie plus yang.

Nous sommes tous yin et yang, malgré que les hommes et les femmes aient un sexe différent. L’énergie féminine et l’énergie masculine circulent en nous. Certains individus vivent séparés d’une de leurs polarités. Certaines femmes ne sont que féminines ou que masculines et certains hommes ne sont que masculins ou que féminins. Ils se retrouvent handicapés d’une polarité. Ils éprouvent alors une difficulté à exprimer cette autre dimension.

À ce moment, il existe un déséquilibre dans les polarités. Une grande partie de soi-même ne s’exprime pas. Le corps exprimera ce déséquilibre. Un côté du corps sera plus tendu que l’autre.

On sait que l’hémisphère droit du cerveau gère le côté gauche du corps et est associé davantage à la créativité, l’imagination, les visions, les intuitions favorisées par la polarité féminine en soi. Il stimule les neurones associés à la compassion, l’amour, la douceur, la créativité, etc. Il fonctionne d’une manière synthétique et excelle dans tout ce qui est visuel, spatial, les perceptions et l’intuition. La pensée est non linéaire et non séquentielle et le traitement est très rapide. L’hémisphère droit analyse les choses de manière globale.

Alors que l’hémisphère gauche du cerveau gère le côté droit du corps et est associé à la logique, au langage et à la pensée analytique (abstraction symbolique, la parole, la lecture, l’écriture et l’arithmétique) favorisés par la polarité masculine en soi. Il stimule les neurones associés à l’action, la force mentale, la performance, etc. Son mode de pensée est linéaire, où chaque chose est placée dans un ordre séquentiel. Ce mode de pensée nous est inculqué à l’école, où l’accent est mis davantage sur la littérature et les mathématiques. Nous avons tous ces deux hémisphères du cerveau. Lequel avez-vous le plus développé, celui correspondant à votre dimension féminine ou masculine?

On nous « forme » et nous encourage à être plus masculins pour évoluer selon les valeurs sociales de notre époque. Les valeurs féminines ont déjà été plus reconnues et valorisées à d’autres moments dans l’histoire. Au 21e siècle, il devient important de reconnaître que nous portons les deux polarités et de vérifier qu’est-ce qui fait qu’une polarité ne soit pas exprimée? Y a-t-il des croyances sociales limitatives qui nous empêchent d’exprimer une polarité? Voici quelques exemples de croyances :

Une femme ne vit pas sa féminité car elle croit qu’elle ne sera pas reconnue et qu’il vaut mieux être masculine pour fonctionner dans la société. Une femme n’exprime pas ses émotions au travail car elle croit que qu’elle sera jugée faible ou incompétente. Un homme ne vit pas sa féminité car il croit qu’il sera jugé « homme rose ».

Toutes ces croyances sont considérées comme des vérités pour les gens qui les ont, alors que ce n’est pas le cas. Ces croyances proviennent de mauvaises expériences, de généralisations, de déductions ou sont tout simplement des croyances parentales ou sociales qu’on nous a inculquées.

Nous pouvons constater qu’il existe une réelle guerre des sexes :

Le masculin juge ce qui est féminin Le féminin juge ce qui est masculin
La raison juge l’intuition L’intuition juge la raison
La force juge la sensibilité La sensibilité juge la force
La vitesse juge la lenteur La lenteur juge la vitesse
Le rationnel juge l’émotionnel L’émotionnel juge le rationnel
La superficialité juge la profondeur La profondeur juge la superficialité
La dureté juge la douceur La douceur juge la dureté
L’humour juge le sérieux Le sérieux juge l’humour
L’actif juge le passif Le passif juge l’actif

Quand cesserons-nous de juger? Il est si facile de juger ce qui est différent de nous. Pourtant, nous portons tous ces deux polarités et nous pouvons choisir de les développer, en dansant dans ses deux polarités, au lieu de se battre et de les laisser se juger entre elles : on peut être drôle et être sérieux, on peut aller vite à certains moments de la journée et être lent à d’autres. C’est ce que j’appelle savoir danser dans ses polarités : savoir quand utiliser son intuition et sa raison, quand être rapide et être lent, quand être doux et être dur. Le mal-être ou le déséquilibre provient quand on est toujours sérieux, toujours dur, toujours vite, toujours lent ou toujours actif.

Trop souvent le masculin est favorisé et le féminin est sacrifié.

Les hommes et les femmes ont peur d’exprimer leur polarité féminine et d’être jugés dans la société actuelle qui a des valeurs beaucoup plus masculines. Alors, le féminin en soi se cuirasse, se « surprotège », à force d’être blessé, jugé, ignoré, banalisé, non respecté.

Le temps est venu de lui redonner sa place, de le « sacraliser » au lieu de le sacrifier.

De par sa nature, le féminin est plus intérieur, plus vulnérable, plus sensible, plus intime, plus caché, d’où sa dimension « sacrée » et l’utilité d’apprendre à le reconnaître, le protéger et surtout l’honorer, c’est-à-dire, reconnaître toute sa beauté, sa grandeur, sa puissance, son intelligence et lui redonner une place importante dans les valeurs sociales.

La femme a un grand bout de chemin de fait, puisque dès l’arrivée du féminisme, elle a découvert qu’elle pouvait être masculine et faire les mêmes choses que les hommes. Très peu d’hommes, par contre, ont fait le parcours d’intégrer leur dimension féminine.

Aragon a dit : « La femme est l’avenir de l’homme… ».

Le 21e siècle a besoin de retrouver toute la sagesse du « Féminin sacré» afin de créer un monde meilleur, plus harmonieux. Le féminin doit le faire en collaboration avec le masculin, mais c’est l’énergie féminine qui, en ce moment, semble être la Grande Initiatrice… celle qui invite les individus à cette nouvelle ère de transformation en dansant dans les polarités féminine et masculine en soi…

Pour conclure, je vous dirais, « Le couple intérieur est l’avenir de l’homme et de la femme… ».

 

Je m’épanouis… un peu, beaucoup, passionnément

On entend souvent l’expression « être épanoui sexuellement », qu’est-ce que cela veut dire exactement, à quoi faisons-nous référence? Est-ce la fréquence des relations sexuelles, le nombre ou le type d’orgasme qu’on a obtenu, le nombre de partenaires qu’on a eu, l’absence de dysfonction sexuelle ou le degré d’intimité souhaité?

C’est plutôt ce que je désire retrouver dans ma sexualité. Un partenaire à l’écoute de mes besoins, être bien dans sa peau, vivre du plaisir dans la vie quotidienne et dans sa relation sexuelle, être à l’aise de nommer ses besoins, ses désirs et non de tenter de répondre aux stéréotypes… Mais peut-on être totalement satisfaite ou insatisfaite au plan sexuel qu’on soit seule ou en couple?

C’est le niveau de satisfaction qui va nous dire si on est épanoui sexuellement. La satisfaction est le plaisir qui résulte de l’accomplissement de ce que l’on désire. Chaque être humain a un potentiel érotique, c’est-à-dire la faculté d’avoir une sexualité qui lui ressemble, à partir de ce qu’elle est comme femme ou comme homme. Donc, quels sont les ingrédients de ma satisfaction sexuelle? Qu’est-ce qui me permet de me laisser aller au plaisir sensuel, sexuel et érotique de ma sexualité? Qu’est-ce qui me permet d’être bien dans mon corps de femme ou d’homme, d’exprimer ma féminité ou ma masculinité? Qu’est-ce qui me permet de m’abandonner à l’autre et de me réaliser?

Pour être épanoui sexuellement, il faut évidemment être bien dans sa peau, par conséquent avoir une bonne estime de soi. C’est lorsque nous avons confiance en nous-mêmes que nous pouvons nous laisser aller, exprimer nos besoins, arrêter de focaliser sur la performance et ne pas nous inquiéter si nous mettons du temps à atteindre l’orgasme!

Nous devons nous responsabiliser par rapport à notre vie sexuelle, oser dire à l’autre ce qui nous plaît et nous déplaît. Oser aller chercher son propre plaisir au lieu d’en rendre l’autre responsable. Si nous demeurons « en attente », nous n’aurons pas une sexualité qui nous ressemble.

La notion de responsabilité inclut également l’équilibre entre donner et recevoir. C’est difficile de recevoir quand on cherche trop à faire plaisir à l’autre. Être responsable de sa sexualité suppose aussi prendre le temps de savourer le moment présent, de jouir du plaisir vécu pendant la relation sexuelle et de s’amuser!

Ne passons pas à côté de ce qui est réellement important à vivre et à ressentir dans cette belle énergie de plaisir et de sensualité qui nous habite car…

Être épanoui, c’est de se réaliser sur tous les plans de notre vie, non seulement au plan sexuel mais aussi dans les autres dimensions de sa vie comme dans ses amitiés, ses loisirs, professionnellement…, autrement dit, de nous accomplir en tant que personne, en tant qu’être sexué et d’être à l’écoute d’abord de soi et de vivre ce qui est « in » pour soi.

Femme ou fillette

L’artiste Isabelle Castonguay (http://www.lemondedecapra.blogspot.com/) m’envoyait récemment un message avec cette image et j’ai tout de suite ressenti la joie de sa petite figurine. Elle est en train de faire le RIRE DU CŒUR – les bras ouverts, le menton relevé et, à voir le sourire, on devine un petit rire joyeux qui part du cœur et qui va vers le ciel.

Savez-vous ce qui m’est venu à l’esprit en la regardant plus longuement? Je me suis dit que chaque instant de notre vie devrait être une CÉLÉBRATION! À la vie elle-même, à l’abondance, à la beauté, aux êtres qui nous entourent et qui nous font évoluer (ce qui n’est pas toujours évident!)…

Le RIRE DU COEUR, c’est à la fois un geste de grande ouverture, d’accueil et de transmission… On s’ouvre au monde, on baisse les gardes et on accueille. On accueille tout ce que la vie nous envoie, avec ouverture et en toute vulnérabilité. On transmet de notre cœur vers l’univers la beauté, la bonté, le rire et la joie…

Sa figurine est femme ou fillette? On ne sait pas. Mais on sent sa JOIE!

Et nous? Qu’est-ce qu’on attend pour cultiver la nôtre? Chaque jour, on peut faire de petits pas, de petites choses qui semblent anodines mais qui ont un impact très certain sur notre état d’esprit et sur l’Esprit du Rire en nous.

Si moi j’ai réussi à ressentir la joie de cette œuvre, croyez-vous que les gens peuvent ressentir notre joie intérieure lorsqu’ils nous croisent? C’est plus que certain! Vous me suivez?

Alors SOURIEZ pour commencer… laissez-vous aller à un petit rire, tout doux… et si vous vous surprenez à éclater de rire, ne vous taisez pas! Partagez, ouvrez, recevez et émettez! On change le monde… un rire à la fois!

Merci Isabelle d’avoir mise au monde une œuvre qui parle autant!

Namaste, rire, joie et paix

La féminité dans toute sa splendeur

Merci à la vie, je suis une femme.

J’ai toujours été heureuse d’être une femme. Dès ma plus tendre enfance, je voyais les avantages d’être du sexe féminin. On ne va pas à la guerre ; ce sont les hommes qui sont appelés pour cela (mon père est un blessé de la guerre 1939-1945), les filles peuvent porter des robes, se maquiller, danser à la corde, etc. Mes frères, eux, ne pouvaient pas. Yes! Je suis une fille!

Plus tard, j’ai compris qu’il n’y a que nous qui portons les enfants, qui éprouvons cette joie de sentir à l’intérieur de nous une autre âme, un autre corps. Puis, ensuite, nous avons la chance d’allaiter, moment exquis pour se reposer, s’abandonner, être tout simplement en communion. Voilà, je suis heureuse d’être une femme.

Deux éléments m’ont aidé à développer ma réelle féminité, non celle des femmes sexy, mais des vraies femmes qui osent être vulnérable et puissante dans leur vie.

Le yoga et la méditation ont ouvert la porte à mon énergie féminine. Femme plutôt yang, active, professionnelle avec 4 enfants qui n’arrête jamais, vous connaissez? J’étais une de celles-là. Puis, j’ai découvert le yoga, un peu d’air frais pour mon âme; du temps juste pour moi, enfin! Je suis devenue une accro. Je vous explique : lors de ma troisième grossesse, j’étais monoparentale avec deux enfants, je ne comprenais pas vraiment pourquoi cela m’arrivait (pourtant j’étais prof de biologie). J’ai commencé alors à faire du yoga et de la méditation quotidiennement. Quel cadeau je me suis offert! Je ne le savais pas à ce moment-là, je le faisais pour être en paix et mieux dans ma peau, jusqu’au jour où j’ai accouché, j’étais à la maison accompagnée d’une amie qui n’avait jamais vu d’accouchement de sa vie et de mes deux jeunes enfants qui entendaient les cris de leur mère. Environnement plutôt précaire pour une femme qui va accoucher. Pourtant ce fut une expérience exaltante, j’étais en tête à tête avec l’enfant que je portais et tout le reste n’avait plus d’importance, ce fut un accouchement simple sans intervention, puis la sage-femme est arrivée juste à temps pour accueillir l’enfant. Moment magique, merveilleux, merci, merci la vie ! Merci pour cette sage-femme qui m’a accompagnée tout le long de la grossesse et merci toute cette force intérieure que j’ai développée avec le yoga. Puis en cadeau, un bébé calme et tranquille. C’est suite à cette merveilleuse expérience que j’ai décidé d’enseigner, je suis allée chercher une formation comme professeure de yoga, et l’enseignement a débuté immédiatement, j’ai eu un autre enfant, accouchement simple et un bébé calme que demander de plus! Et me voilà, 20 ans après, toujours aussi heureuse de partager cet outil merveilleux.

Le yoga n’a pas le même effet sur chacun d’entre-nous ; pour certain, il permet de développer leur côté yang, le côté masculin et pour d’autres, c’est leur côté yin, féminin qui s’enrichit. Dans mon cas, j’ai développé mon côté yin, mon côté féminin qui m’invite à l’écoute de mon être profond. Ensuite, j’utilise mon yang : ma force d’action masculine au service de mon yin. Voilà l’équilibre, l’union du féminin et du masculin en nous. L’anjali mudra (geste sacré qui unit les paumes de mains l’une sur l’autre) représente bien cet équilibre et je l’utilise dans tous mes cours de yoga. Unir le côté gauche avec le côté droit, le féminin avec le masculin, tout le monde peut le faire, c’est si simple. Je l’utilise maintenant pour saluer votre être profond, votre structure cristalline située dans votre cœur énergétique. Je vous invite à faire de même. Unissons-nous simplement au niveau du cœur.

La femme révélatrice

Plus que jamais, l’archétype du féminin éternel se fait prévaloir. Nous lui concédons enfin sa place sacrée en face de l’univers.

Dans l’ordre universel, l’énergie féminine l’emporte sur le masculin. Le plus doux l’emporte sur le plus dur. Le refus de la violence, le goût du raffinement s’organise autour d’un centre organique qui régule la force féminine.

En tant que femmes, à travers nos propres mutations physiologiques et sociales, nous préparons l’aube d’un monde nouveau. Nous portons la conscience de l’énergie créatrice et, par le fait même, nous contribuons largement à la mutation humaine.

Le rythme de la femme est cyclique, et ses étapes de vie sont successivement épanouissantes. Comme la nature, cela fait d’elle un élément de transformation.

Ainsi notre destin de femme s’inscrit solidement dans cette ère de transformation. Nombreuses sont les femmes qui ne connaissent pas encore la valeur qu’elles détiennent ni l’immense pouvoir qu’elles exercent. Comme l’eau qui contourne le roc, l’esprit féminin épouse avec sagesse les différents appels de la vie.

Femmes, nous jouons un rôle de révélatrice! À travers nos périples, de la puberté à la maternité et jusqu’à la ménopause nous faisons preuve d’une force d’adaptation inébranlable. Être femme signifie d’être férocement persévérante. Des visions nouvelles nous propulsent sans cesse dans une énergie émergeante et passionnante de changements.

Or, la sagesse d’être femme, c’est comprendre qu’il n’y a pas de fin. La force mystique du féminin réside avant tout dans le cœur. En fait, tout ce qu’il y a apprendre sur la vie passe par le cœur. En lui sommeille la réceptivité, l’intuition, la paix, l’amour, la générosité, le respect, le pardon, la compassion, la sensibilité, la joie….

L’impact universel du resurgissement du féminin nous remet tous et toutes en contact avec notre divinité. Les différentes circonstances de l’existence ainsi que les précieuses leçons de la réalité qu’une femme est appelée à vivre et à faire vivre participent à l’ouverture de l’espace sacré de l’âme.

Choisir la force féminine ne doit pas évoquer une appropriation. L’homme est très présent dans nos réflexions. Nous invitons les hommes à s’unir à l’énergie intuitive et transformatrice avec nous. Bien que la vérité nous soit plus perceptible, on se doit de faire la liaison avec les deux forces féminines et masculines. C’est une condition pour atteindre l’unité. Sans aucun doute, l’esprit féminin n’a pas encore atteint son apogée.

C’est à nous les femmes de rayonner avec dignité, de consolider notre identité, de nous réjouir dans l’expérience renouvelée de notre corps et notre esprit. Il est essentiel pour la femme de nourrir sa reconnaissance personnelle, de retrouver sa place et d’exprimer sa vraie voix pour l’amour de l’humanité.

Le féminin, un attribut essentiel de la nouvelle terre

L’humain, dans son essence, possède les attributs féminin et masculin et le but de notre vie est de les équilibrer et de faire en sorte que chacune et chacun soit capable de vivre en concordance avec les caractéristiques de la féminité et de la masculinité. Comme je le décris dans mon livre, nous sommes en train de vivre un grand changement. Des nouveaux humains prennent leur place et ils ont une vision évoluée de leur réalité. Probablement que vous en êtes.

Les dernières décennies ont bousculé toutes nos vieilles croyances et nos façons de vivre. C’est une étape essentielle au grand changement en cours qui exige la mise en place de la vraie égalité entre les femmes et les hommes. L’humain doit se dépasser et atteindre dans son cœur la compréhension profonde de l’importance de l’humain et du respect de la personne.

La femme au foyer qui ne vivait que pour sa famille, soumise à l’homme et sans droits légaux qui lui sont propres a, dans les sociétés développées, fait place à la femme active au foyer ou ailleurs, celle qui choisit, qui développe ses goûts et ses habiletés et qui cumule de plus en plus de rôles qu’elle accepte de remplir au meilleur de ses possibilités.

Nous vivons maintenant dans une société où les femmes en mouvement, ayant les mêmes droits que les hommes, prennent en main les responsabilités de support matériel et familial, sont conjointes, mères et travailleuses engagées, tout en essayant de comprendre comment être une femme dans cette société qui l’accapare et ne lui laisse pas grand temps pour elle. La femme, maintenant plus instruite et autonome financièrement, prend souvent la décision de la rupture amoureuse. Elle veut se respecter et être respectée. Cette décision bouscule autour d’elle et lui donne souvent de nouvelles responsabilités qui s’ajoutent aux premières. Le plus important pour elle, c’est de comprendre comment demeurer une femme tout en prenant en charge ses attributs masculins.

La féminité est inspiratrice, elle est créatrice d’amour inconditionnel, de liens affectueux, de bontés et d’intuition. La féminité est la créatrice de la vie, du lien amoureux, de la beauté. C’est le pôle d’attraction de la vie familiale, c’est l‘émotion.

La vie moderne provoque chez la femme le développement des attributs masculins. Le défi pour elle est de demeurer une femme bien campée dans ses attributs féminins et heureuse d’être une femme, malgré son rôle dans un travail autrefois réservé aux hommes et malgré ses responsabilités de mère devant souvent faire vivre la famille. Elle apprend, sans préparation, à jouer des rôles qui la campent dans des fonctions l’obligeant à penser et agir en homme. C’est cet équilibre qu’elle est en voie de développer.

L’évolution du rôle de la femme a bousculé les habitudes masculines. Tout changement bouscule.

L’homme a subi ces grands changements sans souvent comprendre ce qui lui arrivait. On l’a détrôné du rôle de pourvoyeur, de responsable du bien-être matériel de la famille sans pour autant l’éclairer sur sa place dans ce nouveau monde. C’est ainsi, qu’en une génération, l’homme s’est retrouvé en compagnie de femmes magnifiques qui ont leurs opinions et qui sont souvent le pilier financier de la famille.

L’homme a dû apprendre à vivre avec cette nouvelle réalité et laisser la femme être qui elle veut être à son côté. Il a aussi appris à partager la responsabilité du foyer. Il a commencé à s’occuper de ses enfants. Il a pris de plus en plus de responsabilité à la maison en partageant les tâches familiales. Il y eut de longs ajustements et des grincements de dents.

Devant la rupture amoureuse souvent décidée par la femme, l’homme fait face à ses émotions. Il découvre la souffrance émotionnelle. Il apprend à pleurer. C’est la fin de « Un homme ça ne pleure pas ». Il apprend à toucher son cœur, à comprendre l’amour dans son essence. Il se rapproche émotionnellement de ses enfants. Il s’en occupe quel que soit leur âge. Des pères acceptent même de demeurer au foyer et de s’occuper de la famille pendant que maman travaille.

Le masculin, c’est la logique, le mental, la force d’action. C’est le pilier sur lequel on s’appuie et avec qui on se sent en sécurité. C’est la virilité, la solidité brute. L’homme s’est campé durant des millénaires dans ces rôles. Il a décidé et construit sans se préoccuper de cette autre partie de lui, son féminin. Toute émotion fut niée. Les hommes ont bâti notre monde sur la base de l’ego et ce monde est en décomposition.

Comme je le décris dans mon livre VERS LA NOUVELLE TERRE, nous vivons tous un grand changement et l’équilibre du féminin et du masculin en chaque être humain est une étape essentielle à la venue de cette nouvelle énergie où l’égalité et la complémentarité sont des attributs essentiels pour vraiment changer notre façon de vivre sur notre belle planète.

La prise de conscience de ce que nous vivons tous est un bon pas dans la réalisation de notre objectif commun, celui de bâtir une société ayant les qualités du cœur comme fondations. L’humain en premier. Nous sommes tous conscients qu’il y a encore du travail à faire en chacun de nous, mais nous sommes sur la bonne voie.

Bonne route à toutes et à tous.

L’authenticité somatique

Nous sommes des femmes en quête d’identité. Qui suis-je? Femme fatale, femme obéissante, femme indépendante, femme d’affaires, maman, femme de tête, pétard, femme folle, femme forte, sensible?

Beaucoup de la quête identitaire des femmes passe par son corps. Fabriquer un corps qui répond aux modèles?

Ou bien, pratiquer des méthodes qui nous mènent à une réelle authenticité?

Une authenticité somatique…

Dans notre société, les centres de conditionnement physique se sont fait une réputation vis-à-vis la recherche du bien-être et le renforcement du sentiment de soi. Le culte du corps tonique est véhiculé par les médias en représentant le succès, la capacité de performance, le plaisir, la jovialité, l’agilité et la sensualité. Le modèle de corps fabriqué dans des centres de conditionnement physique fait écho aux valeurs de productivité, de compétitivité, de performance, de rapidité et d’efficacité.

Les exercices proposés dans les centres de conditionnement physique sont la plupart du temps répétitifs et requièrent l’utilisation de plusieurs parties du corps à la fois. Héritiers des mouvements des ouvriers qui travaillent dans des grandes chaînes de production postrévolution industrielle, ces mouvements entraînent la fixation de certaines connections neuronales. Rapidement le pilote automatique s’installe. Pour remédier à la monotonie, nous lisons un livre pendant que nous montons des escaliers imaginaires; ou on regarde la télé pendant qu’on court sur le tapis roulant. Derrière le rideau : distension musculaire, tendinite, bursite, douleur pour les clients des centres de conditionnement physique qui, happés par les miroirs, n’écoutent pas les signaux du corps. Un mode de vie qui rend utilitaire la relation au corps. C’est une façon de vivre qui est en dette avec le savoir sensoriel inhérent à tout corps de femme.

D’un autre côté, l’authenticité somatique relève d’une intimité envers ses propres processus internes (sensations, sentiments, pensées…) et peut être atteinte par le biais des pratiques somatiques : yoga, tai-chi, danse, antigymnastique, feldenkrais, chi kung, gymnastique holistique, continuum, body-mind centering, etc.

Ces pratiques ont en commun une vaste palette de stratégies pédagogiques dont la scène est le mouvement du corps en tant que territoire à défricher. Réunir corps et esprit. Rendre le corps un lieu de plaisir et non de lutte. À la fois tonique et détendu.

L’authenticité somatique n’est pas contradictoire avec son identité socioculturelle. On aspire à un corps ferme, jeune…

Tel qu’un bol vide, l’authenticité somatique fournit un contenant à l’identité socioculturelle. Sans l’authenticité comme limite, nous ne serions que des masques, que des rôles, que des clans. Nous ne serions qu’appartenance à un groupe et notre singularité serait avortée. La personne s’identifie à 100 % aux rôles qu’elle construit de façon à être fonctionnelle dans son quotidien. Cependant, nous perdons de vue notre unicité.

Lorsqu’une personne se retourne vers son authenticité somatique, elle prend conscience de quelque chose qu’elle possède déjà. Un des marqueurs d’authenticité somatique se manifeste dans les moments où on se trouve beau, belle, en dehors des modèles de beauté véhiculés par les médias.

Nous sommes en même temps relation et singularité. Si nous considérons que le niveau de santé d’un individu est proportionnel au degré de mobilité qu’il peut avoir entre ses multiples rôles quotidiens et son authenticité somatique, nous comprenons pourquoi un mode de vie qui a pour seule valeur la capacité de performance et productivité des individus est voué à l’échec.

L’authenticité somatique est un état de disponibilité où poussent les graines d’une technologie interne. Savoir quoi faire pour s’autoréguler entre ses rôles sociaux et son unicité. Garder son équilibre interne vis-à-vis les demandes de l’environnement. Être authentique, c’est être intègre et apprécier la beauté qui émerge de l’acceptation de soi.

Myriam ou la dimension sacrée du féminin

Interview avec Jean-Yves Leloup

Il y avait longtemps que le personnage de Marie-Madeleine m’interpellait.  Il faut croire que sans bien le comprendre, je pressentais la force de ce symbole féminin par excellence.  En tout cas, depuis le jour où j’ai reçu l’éclairage de Jean-Yves Leloup sur ce personnage mythique, je ne cesse de découvrir les multiples facettes de la Marie-Madeleine en moi et de me mettre au défi de vivre les prises de conscience que cela suppose.  Tout un contrat, vous verrez!  Et en même temps, un chemin fabuleusement transformateur…

Prêtre orthodoxe d’origine française, docteur en psychologie, en philosophie et en théologie, Jean-Yves Leloup est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages hautement inspirés et chaudement accueillis par le public.  Cet homme à l’intelligence du cœur peu commune s’est rapidement intéressé au personnage de Myriam de Magdala (Marie-Madeleine), d’abord dans le cadre d’une démarche personnelle, puis en tant qu’érudit.

Q.  Jean-Yves Leloup, comment vous êtes-vous intéressé au personnage de Marie-Madeleine et à ce qu’elle symbolise?

R.  Cela s’est produit lorsque j’ai visité la Sainte-Baume, en Provence, qui est un lieu sacré dédié à la présence de Myriam de Magdala.  On peut dire que Myriam est l’incarnation du féminin face à la présence du personnage de Jésus, lequel est l’incarnation du masculin.  Tout cela est à réconcilier : que l’on soit de sexe masculin ou féminin, retrouver en soi le féminin sacré passe d’abord par une réconciliation psychologique et même physique avec sa propre mère, avec sa propre matrice.  Tant qu’on n’a pas rencontré son propre féminin ou son propre masculin, on le projette sur l’autre.  Quand on a l’impression de connaître quelqu’un depuis très longtemps et qu’on a ce que l’on appelle un coup de foudre, c’est en fait une partie ignorée de nous-même qui réagit.  La personne aimée nous aide à découvrir ce féminin ou ce masculin qu’on ne connaissait pas.  Lorsqu’on a retrouvé cet autre aspect en soi, il arrive alors qu’on se demande ce qu’on peut bien faire avec cette même personne!  Mais c’est peut-être justement le moment où on va commencer à l’aimer vraiment et à ne plus la considérer comme la projection d’une partie de soi-même.

Q.  Vous voyez donc le personnage de Marie-Madeleine comme un symbole non seulement spirituel, mais aussi purement psychologique?

R.  Je crois que cela a d’abord été une démarche psychologique de connaissance de moi-même à partir des différentes polarités, ce qu’on appelle « l’Anima » chez Jung.  Mais à côté du féminin spirituel, un féminin sacré; on parlera de la Sophia, c’est-à-dire de la sagesse.  Je crois que c’est en se réconciliant avec la dimension féminine de l’être que l’on se réconcilie avec sa dimension spirituelle.  C’est Graf Dürckeim qui disait que le chemin vers le spirituel passe par la reconquête de la dimension féminine, contemplative, creuse : la coupe qui accueille l’Être, le Graal.

Q.  On parle de l’Anima et de l’Animus en psychanalyse, du yin et du yang dans le Tao, mais dans l’enseignement chrétien, il me semble qu’on en parle très peu, hormis peut-être les personnages de Marie et Joseph?

R.  Dans la tradition chrétienne, c’est le personnage de Marie, la mère de Jésus, qui a pris toute la place.  Nous avons tous à vivre ce que Marie a incarné dans sa réceptivité.  Marie, c’est la terre, c’est le cosmos, c’est la matière qui accueille le Verbe, la formation créatrice.  Chacun de nous est appelé à devenir une Mère de Dieu, c’est-à-dire à mettre Dieu au monde.  Cela peut sembler un peu curieux que pour devenir mère, il faille devenir vierge!  Lorsqu’on dit que Marie est vierge, ce n’est pas dans le sens anatomique ou physique du terme, mais c’est la virginité de l’esprit, du cœur.  Dans ce silence du cœur, du corps, de l’esprit, une autre conscience peut naître, le verbe peut naître.

Q.  Dans l’imaginaire de bien des gens, Marie-Madeleine est en effet la prostituée.  Dans vos livres, vous remettez les pendules à l’heure sur ce point.

R.  Nulle part dans les Évangiles, il n’est question de Myriam de Magdala comme une prostituée.  C’est une création de l’Église qui est apparue par la suite.  Myriam était considérée comme une pécheresse, comme quelqu’un de hors-la-loi, qui n’entre pas dans les normes de la religion, dans la société de son époque.  La raison en est qu’elle cherchait la connaissance par l’étude de la Torah et des Écritures, un domaine réservé aux hommes.  Les femmes devaient rester à la maison, s’occuper des enfants et du ménage, et voilà qu’apparaît une femme libre à la recherche de la Connaissance.

Q.  Croyez-vous que les gens sont maintenant prêts à comprendre que ces métaphores s’adressent à des aspects intérieurs de nous-mêmes?

R.  Bien sûr, les écrits sacrés sont des écrits symboliques où Marie n’est pas simplement un personnage de l’Histoire, mais elle représente un archétype.  On pourrait dire qu’elle incarne le « oui originel ».  On parle toujours du péché originel, mais on peut aussi parler de la grâce originelle :  de cet état de Oui qui précède tous les Non.  Dans nos vies, le Oui consiste à découvrir ce qui est plus profond que notre premier Non, c’est-à-dire à trouver ce qui est plus profond que la peur.  Trouver le féminin sacré en nous, c’est découvrir en nous le « Oui à la vie », le « Oui sans peur ».  Chacun de nous a à découvrir en lui-même la Marie de son être, le féminin de son être.  On pourrait dire que chacun de nous a à vivre l’Immaculée conception, c’est-à-dire le silence immaculé qui conçoit le Verbe.  Il y a ce que l’on conçoit parce qu’on l’a appris, on l’a médité, on l’a lu, on l’a acquis.  Et il y a aussi ce qui est conçu à partir du silence, c’est ce qu’on appelle une Immaculée conception.

Q.  À quoi pourrait ressembler une société où le féminin reprendrait tout à coup ses droits?

R.  Ce serait une société beaucoup plus tranquille.  Ce ne seraient pas les valeurs de production et la réussite sociale qui compteraient.  L’important n’est pas d’être riche et d’avoir beaucoup.  L’important, c’est d’être et d’être riche dans ses relations.  Ne pas avoir peur du silence, de l’espace dans lequel la vie apparaît.  Se réconcilier avec le féminin, c’est se réconcilier avec la vacuité, avec cet espace dans lequel apparaissent toutes choses.