Silence… on médite!

« Je consens et j’accepte de ne rien faire sauf de me concentrer sur mon être, mon corps, mon mental, ma respiration. Je suis consciente qu’il n’y a aucun but, aucun résultat à atteindre, mais seulement le chemin et l’intention pure de me concentrer sur moi-même sans aucune distraction. »

Ceci a été ma déclaration que j’ai écrite dans mon journal à l’aube de mon expérience de méditation silencieuse d’une durée de dix jours dans un centre situé au cœur de la nature au nord de la Californie. Un lieu propice à une telle pratique, là où, je savais, évidemment, qu’aucune parole n’était permise ni exercice quelconque ni même le yoga, aucune écriture ni lecture et aucun contact des yeux avec d’autres participants n’était toléré. L’élément que j’appréhendais le plus était qu’au souper des fruits seulement y étaient servis.

J’étais prête mentalement à vivre ce périple à l’intérieur de moi-même afin d’expérimenter ce que « je suis » vraiment sans l’influence de toutes les distractions que peut offrir notre environnement ou nos activités. J’entrevoyais par cet isolement une capacité à mieux ressentir ce qui fonctionne pour moi ou non, de façon à faire des choix plus conscients et plus directs vers ma réalisation et le bonheur.

Mais qu’est-ce qui a bien pu me pousser à aller faire une telle expérience me diriez-vous?

Ce qui m’a d’abord invitée fut la lecture de « The Art of Living » par William Hart et S.N. Goenka, (traduction française : L’Art de Vivre), qui m’a été prêté par une amie dans des circonstances inoubliables sur la Grande Île d’Hawaii. J’avoue que je ne trouvais pas particulièrement attirant ce livre tout bleu pas très épais avec une roue comme illustration. Ah là, tout le sens de ne pas juger son livre par sa couverture! Je le lu entièrement, et j’ignorais encore, à ce moment-là, qu’il aurait un aussi grand impact sur ma vie. Et comme il est expliqué dans le livre, la méditation est comme tout autre chose de la vie et comme par exemple, la natation, on peut savoir tous les bienfaits, les différentes techniques pratiquées, tout savoir sur le sport en question en lisant des textes, mais en ne sautant jamais à l’eau, il nous sera impossible d’apprendre à nager.

Alors, j’ai plongé et j’ai décidé d’aller faire un cours d’introduction de méditation. Le premier cours est obligatoirement d’une durée de dix jours, le temps nécessaire pour intégrer la technique. Il comporte des règles précises à suivre dont un code de discipline et il est entièrement gratuit. En fait, l’organisation dans laquelle je me suis inscrite est basée sur le principe « payer pour le suivant ». Un ancien étudiant a déjà déboursé, selon son budget et son appréciation pour qu’un nouvel étudiant puisse suivre le cours sans frais.

Ce qui m’a vraiment poussée à y aller, c’est de voir à travers cette opportunité d’investissement de temps en moi-même de pouvoir modifier mon approche à la vie. Évidemment, je ne savais pas trop à quoi m’attendre ou ce que j’allais y découvrir, mais je savais que les résultats ne pouvaient qu’être positifs. Le moment était des plus propices, car j’envisageais de me reconstruire une nouvelle vie, il fallait bien, car celle que j’avais mise tellement d’efforts à mettre en place avait éclatée plus de dix-huit mois auparavant. Une tournure d’événements digne d’une nouvelle littéraire, mais au lieu d’une fin d’histoire, il fallait continuer à vivre. Je remettais tout en question, chaque geste, je recherchais inévitablement un sens à ma vie et surtout une nouvelle façon de l’aborder comme si je cherchais à mettre fin à cette démarche sur des œufs écrabouillés. Je m’étais retrouvée à Hawaii, un voyage improvisé qui jour après jour s’est avéré d’une période de neuf mois. Le temps d’une gestation. Avant mon départ, un jour, quelqu’un m’a dit que c’est un lieu où les guérisseurs vont pour se guérir, un site sacré de recyclage d’âme, un terrain de pratique de vie, c’est rassurant de rencontrer d’autres âmes abîmées! Néanmoins, ce périple de méditation devenait une étape importante pour ma libération avant que je retourne à ma résidence principale pour tout vendre, me libérer d’ancrage du passé pour ensuite m’aventurer vers une toute nouvelle vie.

Qu’est-ce la technique dite « Vipassana »?
Vipassana signifie voir les choses comme elles le sont vraiment. C’est une des techniques de méditation les plus anciennes de l’Inde, visant la transformation par l’observateur en soi. Elle comporte une approche très directe et simple se basant sur la loi de la nature en observant les sensations du corps, l’observation de l’impermanence. Elle focuse sur la profonde interconnection entre le mental et le corps, ce qui s’expérimente directement par une attention disciplinée des sensations physiques qui sont formées dans le corps et qui s’interconnectent continuellement par les conditions de vie du mental. En devenant de plus en plus habile avec cette technique, le plus rapidement quelqu’un va se sortir de la négativité. Graduellement, le mental devient libre des défilements, il devient pur. Un mental pur est toujours plein d’amour, d’amour inconditionnel pour les autres, rempli de compassion pour ceux qui souffrent et demeure équanime devant toute situation. Le fait qu’elle ne comporte aucune visualisation et imagination et qu’elle ne préconise aucune religion ont été les éléments déterminants à ma décision de poursuivre cette méthode.

Quels genres d’expériences peut-on s’attendre à vivre?
Il y a autant d’expériences différentes qu’il y a de personnes, puisque nous vivons notre réalité chacun à notre façon. Dans mon expérience, j’ai eu l’impression d’être nez à nez avec l’anxiété. J’étais étonnée de prendre conscience qu’après deux ou trois jours seulement, je comptais le nombre de jours restant avant la fin du séjour. J’avais pourtant délicatement choisi de vivre cette expérience de dix jours. Et comme nous vivons chaque moment de la façon dont nous vivons notre vie, je me suis aperçue en jetant un coup d’œil vers le passé, que c’est aussi la façon que j’avais abordé mes études, en prenant le plus grand nombre de cours possibles, pour en finir au plus vite, donc, à peine commencé, déjà le sentiment anxieux d’avoir terminé. Je me suis dit que c’est probablement avec la même attitude que je vivais ma vie. Quelle belle réalisation ce fut! Croyez-vous que je sois la seule à vivre ainsi? Si ce séjour ne m’avait qu’apporté cette prise de conscience, ce serait déjà très gagnant. Nombreuses sont les découvertes sur nos états d’âme lorsqu’on n’y met toute notre attention.

Évidemment, il y a des périodes éprouvantes comme se sortir du lit et piétiner sur la rosée fraîche guidée de la lampe de poche pour se rendre à la salle de méditation pour 4 h 30 du matin. Toutefois, ces moments s’apprivoisent et deviennent des occasions d’émerveillement devant la beauté de la nature et les possibilités infinies que nous offre cette aventure. Aussi, il y a ces énormes bols remplis de fruits à l’heure du souper qui reçoivent des regards un peu perplexes. Cependant, il est intéressant de constater la différence de la qualité du sommeil et de la facilité du réveil lorsque nous mangeons plus légèrement le soir, à moins de ne pas manger assez et qu’on ne puisse s’endormir! Aussi, en soirée, il y a un visionnement audiovisuel qui est présenté en guise d’accompagnement dans la démarche.

J’ai réussi à compléter le programme de dix jours et j’ai trouvé une façon d’apprécier le moment présent. J’ai eu le temps de replacer des moments de ma vie et de comprendre que mes efforts à préserver l’amour, le confort, la sécurité n’a rien à voir avec l’évolution d’une situation. Le dernier jour, j’ai ressenti de la tristesse, et même une certaine crainte, en quittant l’endroit le plus paisible au monde pour revenir dans le « vrai » monde, jusqu’à moment où j’ai réalisé que cet endroit fait partie de ma personne et que je peux y accéder à n’importe quel moment.

Le retour à l’usage de la parole après une telle période de silence est une expérience qu’il faut vivre pour comprendre. À la fin, les sourires accrochés, les yeux pétillants, le teint resplendissant, les initiés respirent le bien-être et la légèreté. La vibration de la joie et de l’amour est palpable. C’est normal puisqu’on s’est offert un tellement beau cadeau, celui d’avoir su mettre absolument tout de côté pour s’être donné enfin l’occasion de vivre pleinement sa rencontre avec soi-même. Une transformation irréversiblement positive, en plus de ramener à la maison une technique de méditation intégrée.

Je me sens privilégiée d’avoir eu la chance de rencontrer il y a maintenant six ans, cette technique de méditation sur mon parcours. Depuis, je continue à pratiquer la méditation régulièrement et je me devais de partager cette expérience avec vous.

Pourquoi la recherche intérieure?

De plus en plus de personnes sont à la recherche d’un mieux-être, se questionnent et cherchent à comprendre le sens profond de la vie. Mais les réponses sont loin d’être évidentes. La paix et la sérénité expérimentées parfois lors d’une pratique particulière nous échappent dans le quotidien, l’amour inconditionnel disparaît sous la frustration, la colère et la peur, la joie disparaît sous la déprime, l’énergie s’en va pour nous laisser fatigués. Nous perdons espoir. Pourtant l’intégration des plus belles valeurs spirituelles dans la vie quotidienne est possible si l’on respecte trois conditions.

Poussées par ce désir de mieux se comprendre et mieux comprendre le sens de notre existence, les personnes de bonne volonté s’engagent dans une recherche intérieure qualifiée souvent de spirituelle, puisqu’elle concerne non plus ce monde physique, mais le monde plus intérieur de l’être.

Les approches foisonnent maintenant, et elles présentent toutes un intérêt particulier. Pourtant, malgré des années de lectures ou de pratiques, il semble souvent que l’on piétine. En effet, malgré tous nos efforts à appliquer les principes et techniques spirituels que l’on a découverts, on a bien de la difficulté à mettre tout ce que l’on a appris en pratique.

La difficulté réside moins dans la discipline ou l’enseignement lui-même, que dans sa mise en pratique dans le quotidien. C’est là, en effet, que se trouve le test de l’authenticité de la démarche intérieure. Or la qualité de notre vie (relation, créativité, dynamisme, santé, etc.) ne dépend pas des circonstances extérieures, comme on a été conditionné à le penser. Elle dépend du niveau de conscience avec lequel on appréhende la réalité. Dans la mesure où on maîtrise les mécanismes de la conscience, on maîtrise sa vie.

Et maîtriser la conscience, ce n’est pas disparaître dans le nirvana. C’est maîtriser les trois mondes physique, émotionnel et mental afin d’y apporter paix, joie, lumière, créativité, beauté et liberté, autant pour soi que pour tous ceux qui nous entourent.

Lors de plus de vingt ans d’accompagnement de personne en démarche intérieure, nous avons pu observer les mécanismes de la conscience en action. Cette maîtrise de la conscience s’acquiert tout comme, par exemple, la maîtrise d’un instrument de musique, avec méthode et persévérance. Elle s’obtient par un travail sur trois niveaux :

Premièrement, par un travail de réflexion, d’observation et d’acquisition d’une connaissance approfondie des mécanismes de la conscience et en particulier du mental humain. Sans cela, pratiquer une discipline spirituelle, c’est vouloir apprendre à conduire une auto sans savoir à quoi servent le frein et l’accélérateur.

Deuxièmement, par un travail de libération des mémoires issues du passé, ancrées dans l’inconscient, qui dirigent notre vie tant qu’elles ne sont pas désamorcées.

Troisièmement, par un travail d’ouverture au supra-conscient, qui se matérialise dans une activité concrète de création, de service et de contribution.

Une approche complète devrait inclure l’ensemble de ces trois aspects pour permettre un réel épanouissement de l’individu. Souvent, les difficultés rencontrées sur le chemin proviennent du manque d’intégration de ces trois aspects dans la démarche.

Par exemple, travailler uniquement au niveau du supra-conscient amène l’esprit à planer dans un monde céleste, déconnecté de la réalité quotidienne. Cela n’apporte que bien peu de maîtrise.

D’un autre côté, si l’on explore seulement le domaine des connaissances philosophiques, ésotériques ou spirituelles, la réalité quotidienne devient vite pénible à vivre quand surgissent des mécanismes émotionnels non maîtrisés de l’inconscient.

Travailler seulement au niveau inconscient, comme peuvent le faire certaines thérapies, est utile, mais insuffisant. Souvent, après quelques succès, on tourne en rond. Il manque deux aspects fondamentaux. Tout d’abord la clarté du but et du travail à faire. Ensuite et surtout, il manque la puissance de l’être intérieur pour effectuer et soutenir un travail en profondeur de dégagement du passé, qui apportera paix et liberté.

Le but d’une démarche spirituelle n’est donc pas simplement une accumulation de connaissance, ni un nettoyage thérapeutique ni une recherche de transcendance, mais une intégration simultanée des trois approches. Il est possible de vivre le quotidien dans un état de conscience tel que notre joie, notre paix intérieure, notre énergie, notre créativité et notre bonheur deviennent indépendants des circonstances extérieures. Notre tâche d’évolution n’est pas de nier la matière en s’enfuyant dans un voyage hors de ce monde, ni d’en être prisonnier comme dans l’approche matérialiste. Notre tâche est d’apprendre à maîtriser les trois mondes, physique, émotionnel et mental, afin d’y apporter concrètement toute la beauté et la puissance de notre être intérieur. Notre vie quotidienne devient alors une occasion passionnante de créer concrètement un monde de paix, de joie et de liberté pour nous et pour tous. Ce n’est pas une utopie, cela se travaille et s’acquiert si l’on prend soin de bien comprendre le but du travail et de l’intégrer aux trois niveaux de la conscience.

La zoothérapie, ça vous dit quelque chose?

C’est l’utilisation stratégique d’un animal pour traiter un problème humain (Roy 92). C’est en 1867 au centre Bethel, centre de traitement pour l’épilepsie, que l’utilisation d’un animal dans un contexte thérapeutique fût découverte.

De nos jours, la zoothérapie est de plus en plus présente. Ce mode d’intervention fait partie du vaste répertoire des thérapies dites complémentaires. C’est-à-dire qu’il est possible d’utiliser les animaux de manière stratégique pour accompagner un traitement d’ordre plus médical. Par exemple, utiliser un animal comme agent de motivation et d’accompagnement pour faire de l’exercice dans des sessions de physiothérapie. De plus, les animaux sont flexibles et peuvent être incorporés dans un processus de travail avec les enfants, les adolescents, les adultes, de même que les aînés. Bref, c’est accessible à tous. Plusieurs spécialistes identifient la simplicité, la commodité et la polyvalence comme des qualités fondamentales et uniques à cette forme d’intervention. Tous ceux qui aiment les animaux peuvent bénéficier des nombreux effets thérapeutiques de la présence de ces petites bêtes. C’est le lien affectif que nous entretenons avec les animaux qui les rend puissants comme outils d’intervention.

Voici brièvement dans un premier temps, la liste des animaux recommandés selon les divers besoins et types de personnalités, et dans un deuxième temps, présentés sous forme abrégée, les impacts positifs reconnus sur la santé physique et psychosociale des personnes impliquées (Bouchard, Delbourg, 1995).

Chats
Pour les personnes plus introverties et réservées. Demande un minimum de temps d’entretien.

  • Diminue le stress
  • Peut-être un substitut à un enfant, à un conjoint ou un ami disparu
  • Facteur d’apaisement et de divertissement
  • Contribue au sens des responsabilités.

Chiens
Les chiens de grande taille conviendront généralement aux personnes extroverties, sociales, qui aiment le grand air. Les chiens de petite taille sont pour leur part idéaux pour les gens vivant dans un milieu plus limité par l’espace et ayant un mode de vie plus sédentaire. Pour toutes les espèces canines, les maîtres doivent accorder au moins 2 à 3 heures par jour à l’entretien général (nourrir, brosser, marcher, jouer, etc.).

  • Diminue la tension artérielle
  • Favorise l’exercice physique
  • Stimule les échanges sociaux
  • Donne un rôle social valable aux gens seuls
  • Stimule la bonne humeur.

Oiseaux
Animal à recommander aux personnalités plus sédentaires ou aux personnes allergiques. Les personnes doivent disposer de 30 minutes par jour au moins à consacrer à leur animal.

  • Stimulation visuelle et auditive
  • Amélioration de l’état psychologique
  • Éveil de l’intérêt et du sens des responsabilités
  • Apprentissage du deuil
  • Dérivatif à l’angoisse
  • Compagne de vie.

Poissons
Pour les personnes qui ont une personnalité anxieuse. À utiliser également dans les endroits générateurs d’anxiété chez les sujets qui sont susceptibles.

  • Le son de l’eau et du filtreur a un effet calmant sur le cerveau
  • L’observation des poissons a un effet hypnotique et, par conséquent, procure la détente
  • Réduit le stress dans les cabinets de médecin, de dentiste, à la cour de la justice, à l’école et aux services des urgences
  • Stimulation de l’ouïe et de la vue
  • Augmente le sens des responsabilités.

Cochon d’Inde (petit mammifère)
Pour les personnes curieuses, qui disposent de 30 minutes par jour.

  • Compagnon de jeux
  • Stimulation tactile, visuelle et auditive
  • Apprentissage du deuil et de la sexualité chez les enfants.

Chevaux
Pour les personnes en perte d’autonomie physique ou mentale qui peuvent avoir accès à un cheval.

  • Stimulation fonctionnelle du corps (personnes handicapées physiques)
  • Apprentissage de l’abandon et de la confiance
  • Éveil de l’intérêt
  • Activité de réminiscence pour les aînés (moyen de transport de jadis).

Les stimulations tactiles, visuelles et affectives que procure la présence des animaux sont souvent suffisantes pour améliorer la qualité de vie des personnes. Ce n’est pas sorcier et c’est efficace. Cela démontre qu’un élément de réponse face à des problèmes souvent complexes peut être quelques fois très simple. En conclusion, laissez entrer la tendresse d’un animal. Après tout, ce petit compagnon peut améliorer votre vie.

Ces accompagnements que l’on oublie…

On parle de plus en plus de l’accompagnement des personnes en fin de vie et sans doute est-ce là un grand bien. Il était temps, d’ailleurs, de retrouver cette préoccupation fondamentale dans notre société qui, depuis quelques décennies, s’est peu à peu appliquée à déshumaniser tout ce qui entoure notre départ. Car l’évidence est criante : on en est venu à ne plus concevoir la mort que comme l’échec de la vie… et de la médecine. Et c’est ainsi que les hommes et les femmes que nous sommes se sont progressivement laissés amputer de leur âme.

Nous ne sommes qu’au début d’un grand travail de restauration de la dignité humaine et d’une juste compréhension du phénomène de la mort. Cependant, si cette préoccupation nous amène inévitablement à nous poser des questions sur la valeur et le sens de notre vie, il convient sans doute d’aller jusqu’au bout de notre réflexion.

En effet, la mort de notre corps n’est assurément pas la seule des grandes métamorphoses auxquelles nous avons à faire face. Je crois en effet que les deux extrémités d’une vie terrestre se ressemblent étrangement. On ne se penche certainement pas assez sur tout ce qu’implique une naissance. On n’y voit, en général, qu’un « heureux événement » et c’est tout… On ne s’interroge pas, ou si peu!

Que vit pourtant l’être qui vient vers nous? Je devrais plutôt dire « que vit l’âme que nous accueillons à cet instant? ». Ne la confondons-nous pas trop systématiquement avec ce petit vêtement de chair qu’elle a souvent tant de mal à adopter? Alors que nous fêtons son arrivée, peut-être vit-elle, de son côté, une mort, l’arrachement à une autre vie, dans un autre monde, bref une métamorphose importante?

Ce sont là, entre autres, les conclusions auxquelles j’en suis venu après plus de vingt ans de recherche dans ce qu’on appelle les « états modifiés de conscience ». Des expériences extracorporelles troublantes m’ont amené à me rapprocher de plus en plus de ces âmes qui s’apprêtent à s’incarner. J’ai recueilli des confidences… parfois des appels au secours.

Car il n’est pas facile de naître à notre monde! Je puis en témoigner par mes incursions régulières dans ces espaces de plus ou moins grande lumière qui constituent la frontière entre les mondes. L’être qui tente de rejoindre à travers le ventre d’une mère a besoin d’être accompagné puisqu’il meurt à son ancienne existence.

De l’autre côté du rideau de la vie, il abandonne une famille, des amis, un soleil… Avec lui, qu’est-ce que nous accueillons? Quelle est cette réalité que nous recevons dans nos bras? C’est là, me semble-t-il, où non seulement, bien sûr, les parents, mais aussi tous ceux qui sont concernés par la naissance : sages-femmes, infirmières et médecins – devraient se poser une question fondamentale. La question de leur rôle d’accompagnateur.

Ils sont les témoins et les acteurs d’une métamorphose majeure. En ce sens, la vie les appelle à poser bien davantage que des gestes médicaux ou hygiéniques. La vie, dans ce qu’elle a de plus sacré, leur demande l’écoute et l’amour. C’est une mue douloureuse que celle qui consiste à devoir prendre un corps. Le premier aliment de l’âme devient alors la chaleur des cœurs humains qui vont l’assister dans son mouvement de naissance.

Que dire maintenant de ces êtres qui, pour de multiples raisons, ne parviennent pas à venir au monde… ou dont on ne veut pas? Que dire de l’amertume que laissent parfois les fausses couches et que penser de cette absence de conscience qui préside trop souvent à ce que l’on appelle pudiquement les « interruptions volontaires de grossesse »? Qu’il faut d’abord en parler et apprendre à y poser un nouveau regard. Qu’il faut ensuite et surtout songer à accompagner ceux qui, d’un côté ou de l’autre du miroir de la vie, en sont les acteurs silencieusement souffrants.

Depuis des années, j’ai suivi bien des âmes sur leur chemin de descente vers nous, dans leurs tentatives d’apprivoiser un corps, dans leurs allers-retours rapides entre les mondes et leur soif de tendresse inassouvie. J’ai recueilli leurs incompréhensions et leurs douleurs… Aussi est-ce dans leur direction que je voudrais aujourd’hui attirer l’attention du plus grand nombre… car il est temps de s’ouvrir à leur appel, à leur demande d’accompagnement.

Il ne s’agit pas de porter un jugement sur qui que ce soit, car toute histoire de vie a sa logique interne qui réclame de la compassion. Il est seulement question d’inspirer une réflexion, de distiller une information sur cette force si subtile et si mystérieuse qui nous habite et que nous avons peur d’appeler le Divin… Car c’est bien elle, en définitive, qui voyage et s’exprime à travers nous.

L’écoute et l’amour nous feraient-ils peur? Posons-nous la question sans tricher… Si c’est le cas, il est grand temps de réagir!

Pour en savoir plus :

Le non-désiré… Rencontre avec l’enfant qui n’a pas pu venir, Daniel Meurois-Givaudan

La photographie humaine

Photographie de bébés, de graduations, de mariages… Sollicité, le photographe capte ces moments joyeux de la vie, ces moments mémorables, ces tournants, ces débuts ou fin de cycles. Mais depuis un certain temps, on me contacte pour un autre genre de photographie. Je m’explique.

Le téléphone sonne… puis la voix tremblante d’une ancienne collègue : « Mon mari Michel vient d’apprendre qu’il a un cancer très avancé… Il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Nathalie, viendrais-tu faire une séance photo de toute la famille dès que possible? Ta sensibilité est ce dont nous avons besoin en ce moment. » Glurp. « Bien sûr, donne-moi les détails, j’y serai. » Frissons sur tout le corps. « Quel honneur. »

C’est ce samedi après-midi, dans une maison de ferme de la région de Merrickville, entourée de chevaux et de chiens, que j’ai cliqué pour cette famille. Une mère-épouse aux traits tirés, trois grandes filles dans la vingtaine et leurs conjoints, la sœur octogénaire de Michel, et Michel, fragile et souriant. Tous réunis, devant moi. Les mots me manquent pour décrire tout ce qui se passait. Un mélange de fragilité et de retenue. Un mélange de « Il ne faut pas pleurer, il faut être fort. » et de « Nous n’y croyons pas réellement, on dirait un rêve, papa va vraiment mourir? » et de « Sourions et profitons du moment pendant que la photographe est là ». Ouf.

Je ne veux pas faire un texte lourd, je tiens simplement à démontrer la beauté de toute cette histoire. Même si c’est lors de moments comme ceux-ci que, en silence, tu ravales tes propres larmes et, comme on dit, « tu fais ta job », j’ai eu une excellente session. J’aurais pu me laisser tenter par la performance technique et les poses parfaites. J’ai plutôt observé, écouté, accompagné et surtout, ressenti. Je n’ai pas cherché à meubler inutilement les silences pour gérer mes propres malaises, j’ai fait de l’espace pour ce qui devait être vécu en étant branchée à eux et à ce qu’ils vivaient. En respectant leur rythme. C’était de toute beauté.

La photographie humaine, selon moi, consiste à photographier ce qui est invisible à l’œil… tout ce qui baigne la scène finalement. Dans l’espace non physique. Toutes ces émotions. Ces non-dits. Au-delà des regards et des faux sourires. Au-delà des retenues et des incertitudes. Révéler la beauté et la vulnérabilité sous les masques, les rôles, les conventions sociales. Toute la fragilité de l’être humain. C’est aussi cela être photographe. La magie se produit quand nous sommes tellement connectés avec nos modèles que leurs émotions entrent par nos pores, pénètrent dans notre ventre et se connectent au cœur et au doigt qui, lui, clique sur le déclencheur. Une nano-seconde d’invisible, rendue visible!

La photographie humaine, c’est aussi montrer aux gens ce qu’ils ne voient pas d’eux-mêmes. À mon avis, c’est un processus thérapeutique puissant. Ces attentions, ces regards, ces douleurs et ces douceurs. Avec du recul, j’ai décidé d’offrir à cette famille toutes les photos prises lors de la session, vu les circonstances et les délais courts. J’avais envie de leur montrer ce que j’ai vu et ressenti en leur présence. À un certain moment, ils ont dit « Nous ne sommes pas des gens démonstratifs ni affectueux ». J’ai eu envie de répondre « Ah oui? C’est ce que vous pensez, mais attendez de voir ce que je vois! ». J’ai simplement souri.

« Si je pouvais le dire avec des mots, il n’y aurait pas de raison de prendre une photo. »
– Anonyme

Ces récentes expériences d’accompagnement ont donné un nouveau souffle à ma démarche artistique. (Comme si la photographie de mariages n’avait pas été assez révélatrice pour moi, j’ai eu besoin d’une rencontre spéciale comme celle de Michel pour réaliser à quel point je suis privilégiée de vivre tous ces moments avec les gens.)

Pour terminer, voici trois rappels, que je me répète souvent et que je veux partager avec vous :

• Réitérer l’importance du rôle du photographe

Que ce soit lors de mariages ou d’accompagnement de personnes mourantes, nous apportons et nous donnons des images aux gens. Ce sont nos yeux qui voient pour eux. Ce sont nos yeux qui leur permettront de graver des souvenirs dans leurs mémoires. C’est notre présence et notre conscience qui font que les photos seront percutantes de simplicité. C’est ce ressenti et cette connexion avec ce qu’ils vivent qui nous permet de comprendre, d’aimer, puis de vraiment démontrer une scène au final.

• Revenir au présent

Ah la photographie, quel bel outil pour nous ramener dans le présent! L’importance de vivre au présent. Durant ces quelques secondes, pour Michel et sa famille, le temps ne comptait plus. Ils étaient heureux. Dans le maintenant. C’est au photographe de rentabiliser ces secondes. De les documenter. De voir l’invisible richesse du présent, car le passé et le futur ne sont plus importants. Ces moments captés en images permettront peut-être à ces gens de vivre ou de revivre les émotions en revoyant les photos, mais pour l’instant, c’est le moment avec eux qui est précieux.

• Être conscient de notre propre état

Le fait de prendre conscience, soi-même, de nos émotions et de notre état personnel, nous porte à respecter les autres et ce qu’ils vivent. À leur donner la place sans se sentir menacé ou biaisé. Il faut se regarder franchement « Où suis-je aujourd’hui? Est-ce que j’ai moi-même des émotions présentes ou en suspens qui pourraient mettre un filtre à ce que je vois, à ce qu’ils vivent? » Se voir, reconnaître ses émotions du moment, puis les mettre à profit pour capturer les scènes devant nous… pour canaliser ses énergies au service des autres durant la session. Être calme, « groundé », éveillé, allumé, question de ne rien manquer. Être totalement présent pour l’autre, afin d’honorer ce qu’il vit.

J’ai beaucoup de gratitude envers les gens que j’accompagne en les photographiant dans tous les moments de la vie. Je ressens leur confiance et c’est une source incroyable d’apprentissages, que je souhaite à tous. Sur ce, profitez à fond de l’été, une seconde à la fois, avec ou sans vos appareils, car les moments sont tous tellement précieux! Clic.

De la peur à la liberté – Risquer l’aventure du Grand Canyon grâce à la technique Morita

Je pratique et étudie les applications des approches de psychologie japonaise Morita et Naikan avec le Todo Institute au Vermont depuis près de 20 ans maintenant. Ces principes et techniques forment la base de mon accompagnement et de mon enseignement comme professionnelle, un enseignement qui permet de développer des attitudes supérieures qui mènent à de grandes réalisations sur le plan personnel et professionnel.

La psychologie japonaise est une discipline de vie et de santé mentale inspirée de deux écoles de psychothérapies pratiquées au Japon : Morita (action) et Naikan (réflexion). L’approche Morita est centrée sur l’action alors que l’approche Naikan est basée sur la réflexion. La complémentarité des deux approches permet d’acquérir une discipline pour maîtriser sa vie. Les deux visent l’action et servent à rediriger l’attention en engageant la personne dans un but constructif.

Pour les besoins de cet article, je me consacrerai à la dimension Morita. Dans l’approche Morita, l’action est motivée par le but et non l’émotion. Contrairement à la pensée nord-américaine qui privilégie que l’on comprenne d’abord et « règle » nos émotions avant de passer à l’action, l’approche Morita suggère que c’est en passant à l’action et en dirigeant son attention vers une action constructive que l’on peut ultimement réaliser quelque chose de significatif tout en faisant avec les émotions de peur, de doute, la dépression et la procrastination qui cherchent à nous restreindre.

C’est cette technique qui m’a permis de marcher à flanc du Grand Canyon et de prendre l’hélicoptère en 2010 malgré ma peur panique des hauteurs, alors qu’une peur, cachée profondément dans mon inconscient, allait ressurgir durant mon périple dans le Grand Canyon, et influencer ma préparation du voyage.

Question de me rassurer, j’avais d’abord choisi de faire l’expédition en train à travers la vallée, puis en radeau sur le Colorado. J’ai entrepris ensuite d’escalader les rochers rouges à Sedona, pour ensuite marcher jusqu’au Pont du Diable, un rocher escarpé suspendu dans le vide, pour enfin me retrouver à flanc de montage dans le Grand Canyon et faire l’envolée en hélicoptère.

C’est durant cette dernière étape que la discipline Morita est entrée en jeu. L’apprentissage proposé dans l’approche Morita se fait à partir de trois postulats qui s’énoncent ainsi : 1) acceptes ton émotion 2) connais ton but et 3) fais ce que dois. Alors j’ai entrepris la marche en me disant : « J’ai très peur, je veux faire de ce voyage quelque chose de mémorable, tout ce que j’ai à faire, c’est de mettre un pied devant l’autre (laisser le corps mener) une marche à la fois ». Et me voilà en train de marcher à flanc de montage avec 4 860 pi. (1 481 m.) de profondeur à côté de moi (sans rampe merci!) mon attention dirigée sur mes pieds et la prochaine marche à prendre et j’ai continué la descente ainsi pendant 1 h 30.

Au retour de la remontée, forte de cette réussite, je me sentais prête pour l’hélicoptère, mais deux jours plus tard la peur panique a ressurgi et je pleurais encore peu de temps avant de monter dans l’hélicoptère. Une peur panique des hauteurs, qui s’était installée dans ma tendre enfance suite à un événement traumatisant vécu dans un manège du parc Belmont, allait faire surface juste au moment où la vie m’offrait l’opportunité de parcourir une des merveilles du monde à flanc de montagne et de l’observer à vol d’aigle. Je savais que je pouvais encore refuser de monter, mais le support et l’opportunité étaient là et cette fois j’ai décidé de saisir l’opportunité avec la peur, sans essayer de la contrôler, de la raisonner, de la justifier. Simplement l’accepter et faire un pas avec.

Et quelle réalisation, quelle satisfaction j’ai vécues! Je suis passée à un cheveu de manquer l’opportunité à cause d’une peur inconsciente de l’enfance. Une aventure qui est devenue un des moments les plus inoubliables de ma vie de couple, qui a mené à la création de mon entreprise et qui est maintenant une source d’inspiration importante de mon enseignement.

La seule façon d’y arriver, un pas à la fois! Au plus fort de l’effort au moment où j’étais prête à tout saboter, j’ai réalisé toute l’énergie que j’avais mise pour contrôler les événements et me garder dans une zone de confort rassurante au lieu de me laisser guider et d’accepter les circonstances. Cet effort avait généré beaucoup de douleurs que j’avais souvent essayé de justifier en blâmant les autres. La capacité d’agir à partir du but et non de la peur est une profonde discipline de vie qui peut mener à de grandes réalisations autant personnelles que professionnelles.

J’ai bien dû admettre à mon retour que ce qui m’avait apporté le plus de satisfaction durant le voyage, c’était ce dont j’avais eu le plus peur. Le reste me paraissait maintenant ennuyant. La réussite qui mène à la satisfaction profonde est faite d’une suite de petits pas. Le cerveau résiste aux grands défis, mais si vous séparez l’objectif en petites étapes, le cerveau présentera moins de résistance et éventuellement vous mènera au but. En vous maintenant dans l’effort en gardant le but en tête, la peur, la colère, le doute et l’incertitude risquent de s’évanouir d’eux-mêmes. L’effort en lui-même vaut la chandelle. Peut-être vous sentirez vous encore déprimé après avoir terminé la tâche, mais au moins vous aurez la satisfaction d’avoir accompli quelque chose de constructif dans votre journée. Je ne connais rien d’aussi efficace que les méthodes de psychologie japonaise pour vous maintenir dans l’action par rapport à un but désiré malgré la peur, le doute, l’incertitude, les malaises, l’attachement et pour vous aider à trancher dans l’illusion des plaisirs des mondes virtuels qui nous occupent, mais nous éloignent des réalisations qui pourraient donner un vrai sens à notre vie. Qui sait où le prochain pas pourrait vous mener? Êtes-vous prêt à prendre le risque de la liberté?

La danse divine des énergies féminine et masculine

Notre monde contemporain est à un point tournant très important dans son développement, un point qui implique une transformation radicale de la relation établie entre le féminin et le masculin. Depuis plus de deux millénaires, nous vivons selon un ethos sociétal où « le masculin l’emporte » et « le féminin subit » . Mais cela est loin d’être la relation saine et naturelle entre ces deux énergies. Cet état relationnel de domination / soumission permet de voir à quel point nous nous sommes installés dans la tête et le raisonnement intellectuel au détriment d’être centré dans la poitrine et la résonance du cœur. 

Le choix de raisonner au lieu de résonner, de laisser l’intellect diriger et gérer la vie selon un ethos de domination et de manipulation a permis un développement incroyablement puissant quant à la matière. Ce développement, sans ancrage dans le Cœur Conscient et ayant des conséquences désastreuses pour l’environnement, en est arrivé à un point tournant que la société ne peut plus ignorer. Attendu depuis longtemps, ce moment charnière nous mènera soit vers la destruction, soit vers une nouvelle forme d’expansion au service de la vie. Quoique l’enjeu soit sociétal, le choix de cheminer vers une nouvelle façon d’être et d’agir ensemble se fait en premier lieu à l’intérieur de nous-mêmes. 

La relation présente entre nos énergies féminine et masculine, non seulement sur le plan sociétal, mais aussi sur les plans intrapersonnel et interpersonnel, découle de grandes blessures portées autant par le féminin sacré que le masculin sacré. Lorsque ces grandes blessures reçoivent guérison, la danse divine entre les énergies féminine et masculine peut reprendre sa forme véritable et enfin, tête et cœur, intellect et émotion, pensée et intuition peuvent redevenir des alliés et mutuellement s’épauler. 

La plupart d’entre nous n’avons jamais vu cette danse divine à l’œuvre, étant plutôt en interaction avec les blessures que portent ces deux énergies : la blessure du féminin sacré est reliée à se sentir indigne de prendre sa pleine expansion et celle du masculin sacré, d’être impuissant et en danger d’anéantissement. Ces blessures ont tendance à soit mener à une tentative de rétrécir et subir sa vie, soit, à l’autre extrême, de contrôler et de surdiriger sa vie. Ainsi, le féminin sacré blessé aura tendance à tenter de se soumettre entièrement ou, au contraire, à être une force dominante et contrôlante. Le masculin sacré blessé, lui, tentera de se faire plus petit et soumis ou, au contraire,
cherchera à dominer et à contrôler pour éviter de se sentir faible et impuissant. 

Or, la vraie relation entre ces pola­rités est une danse divine de toute beauté. Le féminin sacré est pure énergie de vie, sans forme, sauvage, ouverte et toujours en processus de prendre plus d’expansion. Le masculin sacré, quant à lui, est l’ordre et la structuration, il crée le contenant permettant à cette énergie féminine d’avoir une base solide pour pleinement s’épanouir. La danse divine entre ces deux polarités du sacré est d’une splendeur et d’une puissance que nous voyons rarement dans nos sociétés actuelles, car cette relation a été inversée : la structure est au service de la matière plutôt que de l’énergie de vie. 

Un masculin sacré guéri n’a plus peur de l’impuissance. Il est en acceptation totale d’être anéanti à chaque fois que le féminin sacré veut s’amplifier car il sait que son rôle est de créer des structures toujours plus aptes à tenir et à épanouir – et non contraindre et écraser – cette énergie sauvage de la vie. Un féminin sacré guéri n’a plus honte de vouloir prendre plus de place, car elle sait que le masculin sacré la soutient et lui donne une structure qu’elle peut remplir de toute son énergie expansive et ainsi donner vie et remplir le masculin.  Il est grand temps de guérir la relation entre ces deux énergies. Or, cette guérison commence en chacun de nous. Prenez le temps de contempler l’état de la relation entre le féminin et le masculin sacrés en vous; guérir leurs blessures et retrouver leur danse divine est l’œuvre la plus importante de notre temps.

La rencontre de l’Âme et de l’Être dans les profondeurs du Sacré-Cœur

J’aimerais vous faire part de l’une des plus belles expériences à vivre dans le cadre du grand voyage d’exploration de la vie dans un corps : la rencontre, et l’unification, de l’Âme et de l’Être dans les profon­deurs du Sacré-Cœur. L’ayant moi-même vécue, je vous en parle non pas d’une façon hypothétique, mais bien de façon concrète et incarnée en vous racontant ma propre expérience d’éveil.

Ma nuit noire de l’Âme est survenue très tôt dans ma vie. Je me rappelle, à un très jeune âge, avoir questionné la nature de cette réalité qui ressemblait plutôt à un jeu que les gens prenaient beaucoup trop au sérieux. J’avais déjà une forte capacité intuitive qui me permettait de ressentir l’émanation énergétique des gens, et très rarement cette émanation corres­pondait aux apparences extérieures. À 12 ans, j’en conclus que ce monde était comme une pièce de théâtre où la plupart des gens portent des costumes à partir desquels ils interagissent avec d’autres costumes qui masquent leur essence. Cette réalité me causait beaucoup de détresse, car j’étais hantée de voir que ces gens ne semblaient pas être conscients de jouer ce jeu peu amusant.

Lorsque je posais des questions pour en comprendre les raisons, on me regardait comme si j’étais insensée, ou le regard des personnes à qui je posais mes questions était empreint de colère; pire encore, je ressentais à quel point mes questions leur faisaient peur. J’ai compris que je devais jouer ce jeu moi aussi, mais comment y arri­ver? En faisant semblant de ne pas ressentir l’énergie des autres? En ne parlant pas de ce que je voyais? Étant une personne très spontanée et expressive, fallait-il que j’apprenne à empêcher l’expression de ma vérité afin de ne pas déranger les autres et le « grand jeu sérieux »?

Ne pouvant résoudre ce dilemme qui prenait de plus en plus d’ampleur durant mon adolescence, je suis partie de la maison à 15 ans pour trouver un chemin qui me permet­trait d’être intègre envers moi-même et mon ressenti. J’ai vécu, sur ce chemin, de dures épreuves dont certaines m’ont donné le goût de quitter ce monde. Mais il y en a eu d’autres qui ont tissé la toile de lumière à laquelle je me suis accrochée et sur laquelle je me suis déposée. J’ai appris à naviguer et être dans ce monde sans être de ce monde.

En fait, l’enseignement est simple. Je l’avais déjà reçu, mais ne l’avais pas compris. J’en avais donc tiré des conclusions hâtives et erronées. Oui, les gens portent des costumes. Oui, les gens y sont généralement très identi­fiés. Mais il est possible d’interagir avec ces costumes de sorte à les rendre plus légers, plus souples et translucides, moins denses et serrés afin que l’essence puisse transpercer l’identité et s’éveiller à sa divinité. Comment? En leur offrant un regard plein d’amour, un toucher plein d’affection, un commentaire plein de compassion et, surtout, un exemple vivant de l’Être éveillée et de l’Âme libérée.

L’union de ces deux parties – la volonté et l’esprit, l’Âme et l’Être – est le but ultime du jeu, lequel commence par oublier et faire semblant que c’est très sérieux. Bref, personne n’est victime de ce jeu, car même l’expérience d’être une victime fait partie du jeu! Votre jeu avec la vie peut être dramatique et épeurant, mais il peut aussi être euphorisant et amusant. La question à vous poser pour déterminer où vous en êtes dans votre propre réunification est simple et directe : À quel jeu jouez-vous en ce moment?

Si votre jeu vous fait souffrir, il est grand temps d’en choisir un plus amusant. :0)

C’est l’été! Amusez-vous à laisser votre lumière briller afin d’alléger ce costume, parfois trop serré, que vous portez! Vous n’avez qu’à plonger dans le Sacré-Cœur, le centre de l’Être, et à laisser cette fréquence transformer le tissage de votre costume. Inspirez l’intention d’amplifier votre connexion au Cœur Sacré et expirez celle de diffuser cette fréquence à travers votre costume.

Notre maison et nous

Le printemps est enfin de retour, et le dégel dévoile les éléments enfouis sous une épaisse couche de neige. Et qui dit printemps dit grand ménage de notre maison, laquelle n’est pas que le fruit de catalogues d’ameublement et de boutiques de vêtements, mais également le reflet de notre personnalité, de nos souvenirs et de nos désirs conscients, inconscients ou oubliés. C’est dans notre maison que nous vivons la majorité des événements, qu’ils soient d’ordre amoureux, familial ou qu’il s’agisse de conflits, de peines ou de colères. Notre maison est à la fois le lieu qui nous dévoile et celui qui nous protège. Elle est le reflet de qui nous sommes.

Par analogie, sa façade représente la considération que nous avons envers nous-mêmes, l’importance que nous accordons à notre aspect extérieur. Elle fait référence à notre âme et à la façon dont nous construisons notre vie. Accordez-vous de l’importance à votre aspect extérieur? Vous reconnaissez-vous lorsque vous arrivez à la maison après une journée de travail?

Toujours par analogie, que pourrions-nous dire des pièces de notre maison? Le grenier représente les souvenirs familiaux, les modèles que nos ancêtres nous ont transmis. Pour faire état d’un certain équilibre, notre grenier ne devrait démontrer ni fouillis ni toiles d’araignées. Dans quel état est votre grenier?

Le sous-sol, synonyme de peur et d’insécurité lorsqu’il fait partie de nos rêves, démontre les réserves de l’âme, ce qu’elle n’a toujours pas réussi à équilibrer. Il représente ce que nous avons décidé de réprimer, à défaut de pouvoir le gérer. Au sous-sol, on fait ce que l’on désire, bien à l’abri du regard des autres. Il est notre jardin secret.

La cuisine, quant à elle, représente le cœur de notre maison, le lieu familial par excellence. Elle représente l’aspect nourricier et maternel. C’est un lieu de chaleur et de réconfort, le lieu le plus animé de la maison. Comment est votre cuisine? Grande et rangée ou petite et encombrée? Avez-vous l’impression de devoir la rénover?

Le salon est le lieu de rencontres par excellence, celui où l’on se dévoile aux autres sans entraves. La liberté et la création y sont de mise. Avec ses bibelots, ses photos de famille, ses meubles choisis avec soin, le salon démontre souvent le désir des gens de rester ensemble longtemps dans cette maison. Plus le salon est chaleureux, plus son énergie d’hospitalité et de respect de l’un envers l’autre est grande et équilibrée.

La fonction de la salle de bain a grandement évolué au fil des ans. En quelques décennies, elle a passé d’un lieu sacré et avant tout fonctionnel à une pièce qu’on aime faire découvrir à nos invités. Elle représente la libération de ce qui ne nous sert le plus, l’accueil de la nouveauté et de la création. À quoi ressemble votre salle de bain?

Et qu’en est-il de notre chambre à coucher, pièce qui représente notre facette intime? Contrairement au sous-sol et à la salle de bain, qui ont évolué au fil des ans, la chambre demeure encore aujourd’hui un lieu secret, personnel et réconfortant. Notre lit nous offre la protection et la sécurité dont nous avons besoin. C’est l’endroit où nous sommes libres d’être nous-mêmes, où personne ne nous juge, où nous vivons nos sentiments les plus intimes. C’est l’endroit où nous partageons notre vie avec les êtres qui nous sont chers. Votre chambre à coucher vous représente-t-elle? Est-elle vide, en désordre, rangée, à votre image?

Prendre conscience de ces aspects vous donnera sûrement le goût d’apporter des changements dans votre maison. Le printemps est synonyme de nouveauté, de projets et de renaissance. Vous ne verrez plus jamais votre maison de la même façon. Bonne découverte!

Donner un sens à sa vie

J’ai eu le privilège d’accompagner mon jeune frère de 42 ans pendant plus de trois ans et demie, et ce, jusqu’à son dernier souffle. Le temps s’arrête soudain. Nous nous mettons à nu sans réserve, et les confidences coulent à flots de part et d’autre.

Plusieurs années plus tard, la lecture du livre de Bronnie Ware, infirmière australienne en soins palliatifs, intitulé Regrets of the dying, corrobore les regrets de mon frère sur sa vie passée. Permettez-moi de vous les partager.

• J’aurais souhaité être fidèle à moi-même et non vivre en fonction des autres.
• J’aurais voulu ne pas travailler autant et voir grandir mes enfants.
• J’aurais aimé trouver le courage d’exprimer mes sentiments profonds.
• J’aurais dû garder le contact avec mes vrais amis.
• J’aurais aimé m’autoriser à être heureux.

En 2003, je m’offre un cadeau. Je donne un sens à ma vie qui bat de l’aile en devenant bénévole à la maison Mathieu Froment-Savoie (MMFS). À la suite d’une formation intense, je travaille aux soins auprès des personnes en fin de vie où les émotions sont à fleur de peau.

En 2006, le cancer frappe à ma porte. Un rappel musclé qui me force à examiner à la loupe ce qui brime ma santé psychologique et à mener une vie au plus près de mes aspirations. Je saisis enfin l’importance de la notion du plaisir et m’accorde sans culpabilité la permission de dire « non ».

Cette période de recul à titre de bénévole en soins palliatifs me permet de bondir plus haut et de retourner en poste, cette fois-ci, dans le domaine des collectes de fonds et à titre d’ambassadrice de la maison Mathieu Froment-Savoie et dans le cadre de la Campagne de charité en milieu de travail du gouvernement du Canada.

À votre tour de vous faire un cadeau : devenez bénévole à la maison Mathieu Froment-Savoie.

Voici les divers secteurs où vous pouvez être bénévole. Ces secteurs nécessitent une formation et un soutien continu :

• Accompagnement direct aux personnes en fin de vie à la MMFS
• Accompagnement direct aux personnes en fin de vie à leur domicile
• Accueil
• Administration
• Buanderie
• Couture
• Cuisine
• Décoration
• Entretien intérieur et extérieur
• Horticulture
• Collecte de fonds
• Photographie

Pour joindre notre équipe, veuillez communiquer avec la coordonnatrice des bénévoles, France Côté, au 819-770-3900, poste 225 ou par courriel à benevoles@mmfs.org.

Au plaisir de croiser votre route à la Maison où la joie est au rendez-vous.