La mort : changement de décor sur l’éternel chemin de la vie

La mort nous interpelle et nous bouleverse. Plusieurs questions nous assaillent, et diverses émotions nous envahissent quand nous voyons mourir nos proches ou quand nous envisageons notre propre mort. Mais quelle que soit notre réaction, la mort est inévitable. Aussi bien l’apprivoiser.

C’est ce qu’ont fait Socrate, Platon, Épicure, Cicéron, Plotin, Montaigne et plusieurs autres philosophes qui en sont venus à penser que philosopher, c’est apprendre à mourir. Le sens de la mort découle de celui que l’on donne à la vie. Si nous pensons que l’existence humaine trouve son accomplissement ultime dans l’expérience sensorielle ou la performance intellectuelle, la destruction du corps marque évidemment la fin de tout et suscite un effroi bien légitime. À l’opposé, si nous pensons que l’univers répond à une finalité spirituelle et que l’âme est immortelle, la peur de la mort s’estompe. Elle apparaît alors comme une transition vers une autre forme de vie, un simple changement de décor sur l’éternel chemin de la vie.

Deux penseurs québécois, décédés au tournant des années 2000, ont exprimé par écrit les sentiments que leur inspirait la venue prochaine de leur propre mort. « On n’est pas athée par courage. J’admets que la mort paraît souvent plus facile à apprivoiser pour ceux qui croient profondément à une survie de la personne ou de l’âme […]. Pour l’athée, la mort sera une fin absolue et sans appel. Une petite fin du monde. »

Laurent-Michel Vacher, l’auteur de ce témoignage est décédé en 2005. Ses dernières réflexions donnent l’impression que ses convictions athéistes avaient faibli. « Vivre jusqu’à la fin le moins mal possible, goûter la joie de l’instant présent […], communier avec l’énigme de l’univers, se percevoir comme partie prenante du grand tout qui nous porte et nous emporte. »1

L’autre penseur québécois dont les propos sur la mort donnent à réfléchir est Doris Lussier, le célèbre « Père Gédéon » : « Il me semble impensable que la vie, une fois commencée, se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière, et que l’âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clartés, de si riches espérances et de si douces affections. »

Je soumets la profondeur de ces témoignages à la réflexion du lecteur. Que l’on soit athée ou croyant, on ne peut pas esquiver la méditation sur la mort.

1 Laurent-Michel Vacher, Une petite fin du monde, Carnet devant la mort, Montréal, Liber, 2005.

Le cadeau de l’été

Au cours des derniers mois, j’ai souvent pensé aux nombreux vacanciers qui peuvent, chacun à sa façon, se ressourcer sous le soleil et profiter de la chaleur qui nous manque tant tout le reste de l’année. Tous les mois de la période estivale ont été magnifiques. Nous avons tous été bénis par cette belle période de douceurs et de plaisirs tant mérités. Oui, bravo, Monsieur le monde…Compliments pour vos saisons qui nous donnent des idées de chansons!

Cheminement a maintenant 19 ans! Cette édition marque le début de sa 20e année d’histoire, de collaboration et de partages en Outaouais depuis 1997. Quelle belle aventure qui se poursuit! Nous avons grandi et, ensemble, nous poursuivons notre chemin d’enrichissement vers une conscience élargie des miracles qui s’opèrent en nous, ces nombreuses facettes et dimensions de l’être humain. Incroyable, au fond, de penser où nous en sommes lorsque nous songeons à la richesse des informations qui nous sont accessibles et aux valeurs humaines et spirituelles que nous avons su intégrer. Les jeunes générations sont déjà imprégnées de ces connaissances et valeurs que nous avons véhiculées ces dernières années.

Je suis inspiré par la nouvelle décennie qui débute pour Cheminement. Selon la numérologie, le chiffre 2 représente une énergie de relation, de collaboration et de partage avec l’autre, avec les autres. Cette inter­prétation donne bon espoir que la mission de Cheminement sera rehaussée dans ce rôle consistant à rendre accessible ce qui relève du meilleur pour nous tous, comme individus et comme communauté.

Dans le même ordre d’idées, j’admets avoir été très inspiré par le message­ du président des États-Unis, monsieur Obama, dans le discours qu’il a prononcé en juillet, lors de la convention nationale démocrate. Il a parlé du caractère historique que revêtira l’élection présidentielle de novembre parce qu’elle aura des répercussions importantes sur les nations de la planète entière, mais ce qui m’a particulièrement touché est l’invitation qu’il a lancée à chacun à jouer un rôle actif dans l’arène de la vie face à tous les grands changements qui se produisent de nos jours, les invitant à ne pas demeurer de simples spectateurs. Donc, oui, la collaboration, la relation, l’entraide, le dialogue font peut-être tous partie des valeurs universelles comptant parmi les plus essentielles dans l’espoir que nous instaurerons un monde nouveau, plus pacifique, plus joyeux et plus en santé en nous fondant sur les nouveaux modèles que nous établirons.

Je tiens à remercier tous nos auteurs­ et nos annonceurs grâce à qui Cheminement a pu franchir ce seuil pour en arriver au début de la vingtaine. J’adresse des remerciements tout particuliers à nos quelques bénévoles qui ont à cœur l’excellence de l’usage de la langue française et qui appuient tous nos auteurs en révisant et en corrigeant minutieusement tous les textes qui sont publiés dans chacune des éditions. Merci à Johanne Falardeau et à Sylvie Dubé de mettre leurs talents au service de l’excellence vers un mieux-être. Merci aussi à Michel De Beaumont pour son appui afin que les revues arrivent à bon port lorsqu’on les reçoit de l’imprimeur.

En conclusion, des nouvelles énergies émergent continuellement et viennent soutenir notre évolution vers le meilleur. Elles sont au-delà des mots. Comme une vibration qui touche le centre de notre être et qui nous appelle à nous centrer pour enfin nous unir à tous les cœurs qui battent sur cette terre.

Vous découvrirez dans cette édition des réflexions et des chemins qui nous sont proposés. Ils sont des voies et des pistes d’entraide qui ont pour seul but de nous appuyer dans notre démarche visant à trouver la paix dans la pleine conscience du NOUS que nous sommes.

Bonne continuité à chacun et bonne rentrée!

Le Cheminement Autoral en tant que Voie d’Éveil

De nos jours, peut-être comme jamais auparavant, pour beaucoup d’entre nous le besoin de bien-être et de bonheur ne rime non seulement avec la réalisation de Soi et du sentiment de se sentir justement positionné dans le moment présent, mais vibre avec une quête d’infini, là où l’Âme s’apaise, le cœur rentre en résonance, la pleine conscience vit de synchronicités entre collaboration et partenariat.

C’est bien là le besoin de s’ouvrir à cette vie profonde et réussie, à la fois intime et cosmique, à entendre ses appels, qui conduit à chercher un sens unifiant, décisif et fondamental, ainsi que des liens à l’existence. Ce cheminement s’accompagne donc d’une élévation de son niveau de conscience, d’une disponibilité aux exigences intérieures, un radical affranchissement du matérialisme, une orientation de sa vie en fonction d’un absolu qui peut prendre la forme d’une cause sociale ou politique, d’une recherche du beau, du bon, du juste et du vrai, d’un service à l’humain, entre humains en étant partenaires tout en étant fondamentalement Soi.

Cette métamorphose nécessite donc de puiser dans ce spirituel qui dépasse l’ordre des considérations purement utilitaires et immédiates, celles de l’acteur et du système, pour accéder au domaine de l’altruisme et de la réalisation de Soi, de la cohérence et de la liberté intérieure, de la contemplation mais aussi de la croissance et de la confiance. Cette démarche est celle de l’Auteur, Auteur de sa Voie, qui incarne les passages du dépassement de Soi à la reconnaissance du plus grand que Soi. Mais qu’est-ce qu’être Auteur et pourquoi cela est-ce si primordial?

Les linguistes disent que le concept « d’Auteur » vient « d’autorité », et sa racine latine est « Auctor ». Selon eux, un Auteur est une personne qui œuvre, qui crée du nouveau : une relation, un langage, un état d’être, une réalité, un produit, une tonalité. L’autorité vraie, celle de l’auteur, ne découle donc pas d’un statut (simple autorité légale selon le modèle bureaucratique); elle ne provient pas non plus d’une expertise technique (la connaissance du solfège ne suffit pas pour composer une œuvre) ni d’actions dans un système (en référence à Crozier et Friedberg, 1977).

Elle prend sa source dans l’attitude (Habermas, 1986), l’intention et la pleine conscience (Rosenberg, 2007) d’une personne qui rompt avec les prévisions d’un système établi, dans ses facultés à se réaliser dans des expériences optimales, à collaborer et à communiquer avec son environnement, (Csikszentmihalyi, 2004), mais aussi devenir un leader dans un référentiel intégral tel que proposé par Hatala et Hatala (2000).

Or dans le cadre d’un monde en perpétuelle transition, si « prévoir » consiste à voir avant, et si « prévenir » c’est agir avant même de connaître (c’est-à-dire pour chaque personne dans son environnement, sans autre référence à une hiérarchie fonctionnelle ou opérationnelle, ni à un statut socioculturel et professionnel particulier), « l’état d’être » d’Auteur, c’est-à-dire d’exprimer le « Quantum Autoral » (Kauffmann, 2013), c’est puiser dans les caractéristiques du paradigme du leadership Quantique (Erçetin et Kamact, 2008) et générer une ascendance Autorale (Kauffmann, 2007).

Ces dernières sont essentielles en termes d’impacts, car elles permettent à l’Auteur de répondre aux exigences relationnelles, communicationnelles et partenariales au niveau :

  • prévisionnel (simulation de scénarios, avec objectifs, qualifications, contrôles et régulations) pour faire face aux aspects déterministes (notamment ceux de la maladie),
  • computationnel et de réseaux (batterie d’outils et d’exigences socioprofessionnels, d’obligation et de normes, d’activités stratégiques et de produits) pour faire face aux aspects interactionnistes traditionnels (pour répondre aux aspirations de transcendances),
  • du développement de conscience pour aborder les profonds changements dans les relations, avec Soi, mais aussi avec l’Autre, les organisations et la société (Senge, 1994; Senge, Scharmer, Jaworski et Flowers, 2005).

Ainsi être Auteur, c’est aussi et avant tout être responsable, établir des priorités et les communiquer, rechercher l’adéquation des moyens et des fins dans un développement soutenable, durable et équitable de Soi-même en collaboration avec l’Autre. C’est également s’impliquer par rapport aux objectifs personnels, sociaux et environnementaux (Augustin, 2010).

Mais comme le dit John Maynard Keynes pour dépasser la typologie de l’acteur dans son système, « les hommes d’action qui se croient parfaitement affranchis des influences doctrinales, sont d’ordinaire les esclaves de quelques théories passées… et la plus grande difficulté n’est pas pour les individus d’accepter de nouvelles idées, mais d’oublier leurs anciennes… » (Arena, 1993). Dès lors, pour réussir sa vie et être en santé il n’existe pas de meilleure Voie que celle de l’Autorat pour chacun de nous car elle nous recontacte avec ce qu’il y a d’essentiellement véritable en nous. Pour vivre et expérimenter le bonheur, nous avons tous besoin de liberté, de qualité authentique dans notre relation aux autres et au monde, mais aussi d’assumer entièrement le réel au-delà de nos peurs et de nos craintes, de nos insécurités et incertitudes.